Heya ! On est le 15 du mois !
J'ai pas grand-chose à raconter à part que j'ai mal à la tête U.U
Merci à Andromeda pour son travail de bêta-lectrice !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
- 21 février 1514 -
La jeune fille attacha solidement le bateau de pêche à la bitte d'amarrage et poussa un soupir. Elle y était. Swan Island.
Depuis le départ de Law elle avait navigué seule et cela lui avait semblé plus long, plus fatiguant, sans avoir personne à qui parler, ou pour la relayer. Le jeune homme lui manquait déjà affreusement et elle espérait avoir de ses nouvelles bientôt.
Tami quitta son navire et verrouilla soigneusement la porte, avant de monter du port jusqu'au gigantesque campus qui dominait l'île depuis le haut d'un plateau rocailleux. Le chemin qui serpentait était pavé, ce qui facilitait la montée en pente, mais visiblement les gosses de riche qui s'inscrivaient ici trouvaient que c'était toujours trop pour eux, comme en témoignait les traces de roues qu'on voyait çà et là.
Elle mit une vingtaine de minutes à arriver devant la grille d'entrée et un homme qui était visiblement un agent de sécurité, s'approcha.
- Je peux t'aider ? demanda-t-il.
Elle fouilla dans sa sacoche de cuir pour en sortir une enveloppe et la tendit au gardien.
- J'ai une convocation de la part de monsieur Crowlak, lui dit-elle.
Avant le départ de Law, elle s'était arrangée pour écrire un courrier destiné au maître des lieux lui demandant une entrevue, se faisant passer pour quelqu'un d'intéressé par le programme boursier de son école. L'homme lut la convocation, puis la fit passer le portail avant d'appeler quelqu'un avec un escargophone.
Un petit quart d'heure après, une dame habillée de façon chic arriva.
- Monsieur Crowlak vous attendait, suivez-moi, lui dit-elle sans même un bonjour.
Tami emboîta donc le pas à la femme, qui la fit passer la grande double porte du bâtiment principal et la guida à travers les couloirs et les escaliers. Après une longue marche, elle s'arrêta devant une autre double-porte, d'une taille tout de même plus raisonnable, à défaut d'autre chose. La dame frappa à la porte.
- Monsieur ? Votre candidate est arrivée, lui dit-elle à travers le panneau de bois.
- Entrez ! répondit une voix de l'autre côté du battant.
La femme ouvrit la porte et fit signe à la demoiselle de la suivre alors qu'elles pénétraient dans le bureau du Roi de cette île, qui était décoré comme tel. Des grands tableaux montrant des paysages magnifiques étaient accrochés de part et d'autre de la pièce, permettant de remplir un grand vide créé entre les quatres grandes bibliothèques dans les coins. Au centre de la pièce, il y avait un ensemble de sofa et fauteuils autour d'une table basse ouvragée, et une dizaine de mètres plus loin, le bureau en bois massif du directeur.
Silas Crowlak adressa un sourire chaleureux à la jeune fille. L'homme était plus impressionnant en personne que dans les journaux : d'une belle taille de 1m95, la peau bronzée, des yeux perçants d'un bleu électrique et des cheveux d'une couleur de chocolat noir soigneusement coiffés.
- Bonjour, tu dois être Estìa, la salua-t-il. Vous pouvez nous laisser, Soline.
La dame s'inclina avant de sortir de la pièce, referma les portes derrière elle. Tami s'approcha du bureau du directeur quand celui-ci lui fit signe de venir s'asseoir.
- J'ai cru comprendre que tu étais intéressée par la bourse de mon établissement ?
- Oui monsieur.
- Quels arts pratiques-tu, par simple curiosité ?
La demoiselle sortit son cahier à dessin de sa poche et le feuilleta pour montrer ses dessins les plus beaux et les plus travaillés au directeur qui hocha la tête avec un air appréciateur.
- Pas mal. J'imagine que tu veux continuer d'étudier le dessin, dans ce cas ?
- En fait, j'aimerais faire un cursus spécial, répondit la jeune fille.
Crowlak haussa un sourcil, intrigué.
- Un cursus spécial ?
C'était le moment de sortir le grand jeu.
- Oui. Bien sûr j'aimerais étudier le dessin, mais aussi le théâtre, l'écriture, et les différentes techniques du Magicien.
Alors qu'elle fixait l'homme dans les yeux, celui-ci gardait une expression plutôt neutre, mais il ne put empêcher le tic qui agita l'une de ses paupières.
- Je te demande pardon ? demanda-t-il calmement.
Tami sortit son carnet de notes.
- J'ai simplement remarqué que partout où vous passez, le Magicien n'est jamais très loin. Et sauf votre respect, la forme de vos visages sont un peu trop similaires vu de près.
- Je vois. Et donc, tu m'accuses d'être le Magicien pour ces coïncidences ?
- C'est très peu, et je n'ai pas de preuve à proprement parler, admit la demoiselle. Mais l'omniprésence du Magicien dans les environs où vous vous trouvez n'aurait pas particulièrement attiré mon attention si ça n'avait été qu'une ou deux fois. Mais pratiquement à chaque fois que vous avez un déplacement connu publiquement ? C'est un peu gros. Et aussi un excellent alibi pour vous.
Elle leva deux doigts.
- En suivant ce raisonnement, on se retrouve avec deux options : soit le Magicien travaille pour vous et ne vous ressemble que par un pur hasard, soit vous et lui êtes la même personne.
Crowlak joignit les mains sur son bureau et posa son menton dessus.
- Pour venir me parler de tes conclusions, j'imagine que tu dois être sûre de toi, commenta-t-il après un moment. Bien, admettons que je sois le Magicien. Pourquoi voudrais-tu me voir, au lieu de me dénoncer à la Marine ?
- Parce que je ne cherche pas à vous détruire, je veux devenir votre apprentie, répondit sincèrement la demoiselle.
- Pourquoi donc ?
Tami baissa les yeux un instant, avant de les replonger dans le regard bleu électrique du directeur.
- Je veux protéger quelqu'un, et pour y arriver, je dois être capable de mettre la main sur toutes les informations que je pourrai trouver. Tous les talents que le Magicien a démontré sont justement ce que je cherche à pouvoir accomplir pour atteindre mon but.
Le silence s'installa entre les deux alors que la demoiselle attendait de savoir si le destin, ou plus précisément Silas, l'aiderait. Celui-ci prit un long moment pour y réfléchir, avant d'ouvrir l'un des tiroirs de son bureau pour se mettre à fouiller dedans.
- Je ne sais pas si je pourrai vraiment t'aider pour atteindre ton objectif. Je dirige une école d'art, pas une cellule de formation révolutionnaire. Quoi qu'il en soit, tu es admise dans le programme boursier, il serait dommage de gâcher ton talent.
La jeune fille sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine, alors que le directeur posait une feuille présentant un planning vide de toute annotation devant elle.
- Les emplois du temps sont adaptés à chaque élève individuellement, indiqua-t-il en commençant à écrire sur la feuille. Est-ce que tu pratiques un sport ?
- Euh, oui, je m'entraîne au combat au corps à corps et au tir à l'arc, répondit-elle, à la fois intimidée et excitée.
- Je vois. Je vais te faire une petite place pour le tir et le dessin. Tu commenceras dès lundi matin à huit heures, et tu suivras ces cours pendant les premières semaines.
Il fit glisser l'emploi du temps fraîchement annoté vers la demoiselle qui se mit à le lire, et ne put empêcher la confusion qui s'afficha sur son visage.
- Mais… Je n'ai que de la gymnastique toute la journée ? demanda-t-elle, perplexe.
- Bien sûr que non, tu as deux heures de tir et deux heures de dessin le vendredi, réfuta Crowlak.
- Euh… Mais…
- C'est ce qui est attendu d'une apprentie Magicienne, jeune fille. Si tu hésites maintenant pour un simple emploi du temps, peut-être que mon cursus spécial n'est pas fait pour toi.
Tami déglutit alors qu'elle relevait les yeux vers le directeur, avant de secouer la tête, fronçant les sourcils.
- Je vais le faire ! déclara-t-elle.
Le directeur reprit lentement son sourire.
- Bien. Lundi matin, huit heures.
- 23 février 1514 -
Le premier jour de Tami venait d'arriver à sa fin et elle était épuisée. Le professeur de gymnastique, monsieur Saltim avait été intransigeant et bien qu'elle soit déjà naturellement souple, lui avait fait faire des étirements et des exercices destinés à l'assouplir davantage, avec pour seule pause le déjeuner.
Se laissant tomber sur un siège dans le réfectoire, à l'écart des autres pour le repas du soir, la demoiselle avait du mal, ne serait-ce qu'à lever les mains pour se servir dans la nourriture, ou se saisir de ses couverts. Ses muscles étaient si fatigués d'avoir été sollicités non-stop qu'ils tremblaient au moindre effort.
Crowlak assurait en tant que directeur : les élèves mangeaient à leur faim et devaient pratiquer au moins un sport pour maintenir leur santé, mais on ne pouvait pas dire qu'il ne fallait pas mériter sa place dans son école, bourse ou non.
Si elle n'avait pas vécu la première partie de sa vie à constamment mourir de faim, la fatigue de Tami seule aurait pu être suffisante pour l'empêcher de manger. Mais on ne crachait pas sur un repas lorsqu'on en avait l'occasion.
Quand elle passa le portail du campus pour retourner à son bateau, elle ne prit même pas la peine de se changer et s'effondra sur son lit pour s'endormir en une demi-seconde.
Pendant les quatre mois suivants, Tami suivit l'emploi du temps que lui avait donné le directeur. Les premiers jours furent parmi les plus difficiles qu'elle n'ait jamais connus en termes d'entraînement. Même à ses débuts dans la Family, et malgré ses nombreuses difficultés de l'époque, elle n'avait pas eu autant de mal à suivre. Les courbatures de ses muscles étaient tellement sévères qu'elles entravaient ses mouvements, lui attirant les foudres de son instructeur.
Malgré la douleur et la fatigue, cependant, la jeune fille y retournait toujours, se montrant ponctuelle et volontaire, et au bout de quelques semaines, son corps y fut suffisamment habitué pour ne plus poser de problèmes. L'épuisement se changea en une fatigue plus saine et moins "fatale" qui l'empêchait de faire autre chose que dormir en dehors des classes.
Désormais le professeur Saltim semblait plutôt satisfait de ses performances, maintenant qu'elle avait pris ses marques. Il l'encourageait à pousser toujours plus loin, à faire toujours plus difficile, tout en lui mettant des limites pour ne pas en faire trop, et grâce à ses conseils, elle s'améliorait très rapidement.
Tami avait été agréablement surprise de constater qu'elle pouvait marcher en équilibre sur plus ou moins n'importe quoi sans grande difficulté, tant que son poids était supporté. L'entraînement imposé par le directeur faisait visiblement des merveilles.
S'adapter à la vie d'étudiante n'avait pas non plus été une mince affaire. La moitié des élèves présents étaient des gosses de riches qui la regardaient de haut à cause de son statut, mais les autres étaient plus ou moins des jeunes dans une situation similaire mais différente à la sienne, ou tout simplement pauvres.
Forcément, entre les deux partis, il y avait des étincelles. Les élèves boursiers aimaient plaisanter sur le fait que la moitié des étudiants avaient payé leur place à l'école, et que l'autre moitié était là pour leur talent. Et bien que la demoiselle ne se soit pas vraiment rapprochée de ses camarades, elle faisait tout de même l'effort de répondre à un "bonjour" ou une invitation à manger avec eux pour ne pas se montrer impolie. Cela semblait suffisant et ça lui allait très bien, honnêtement, elle savait ne pas être très douée pour se faire des amis.
- 29 juin 1514 -
- Plus souple sur les appuis !
Tami ajusta immédiatement sa position alors que Saltim continuait de faire pleuvoir des instructions dans le gymnase désert. Étant donné le fait que tous les autres élèves de l'école avaient un emploi du temps normal, il arrivait très souvent qu'ils aient la salle entière pour eux.
- Bon, stop, je vais te refaire la démonstration.
La demoiselle descendit de la poutre pour échanger sa place avec le professeur, reprenant son souffle. Après tous les exercices qu'elle avait déjà fait, il était passé à des chorégraphies précises et très complexes qu'elle s'efforçait de performer. Le défi en soit n'était pas déplaisant, mais l'intransigeance de l'instructeur faisait qu'elle devait sans arrêt recommencer jusqu'à ce que ce soit parfait à ses yeux.
Le professeur Saltim retira sa veste et monta sur la poutre avant de se lancer dans un enchaînement de mouvements d'une souplesse et d'une précision parfaite, très impressionnants. Difficile de ne pas se laisser distraire.
La jeune fille s'efforça de se concentrer sur les appuis de l'instructeur pour voir où elle avait fauté.
- Tu as vu ? demanda-t-il dès qu'il fut descendu de la poutre.
- Oui.
Les doutes n'étaient pas permis dans les cours de Saltim. Répondre un "je crois" dans ce gymnase, c'était s'exposer à la sévérité du professeur et elle y avait suffisamment goûté pour ne pas avoir envie de retenter l'expérience.
- Prouve-le moi, ordonna-t-il.
Tami remonta sur la poutre et se mit en position, faisant particulièrement attention à ses appuis cette fois. Elle commença par une roue des plus basiques, avant de continuer l'enchaînement avec des mouvements millimétrés et toute la souplesse et la vitesse dont elle était capable. Lorsqu'elle eut terminé, elle entendit des applaudissements et haussa un sourcil vers l'instructeur, mais ça ne venait pas de lui.
À une dizaine de mètres derrière Saltim, Silas Crowlak était celui qui applaudissait. Ceci expliquait cela.
- Monsieur le directeur, salua respectueusement le gymnaste.
- Bonjour Alejandro, répondit celui-ci sur le même ton.
La demoiselle s'inclina poliment devant Crowlak.
- À ce que je vois, ça travaille dur ici.
- Oui monsieur, acquiesça Saltim. Estìa, recommence, tu manques encore de vitesse.
La jeune fille eut un hochement de tête et repartit à l'autre bout de la poutre pour refaire son enchaînement sans broncher, essayant d'être plus rapide.
- Pouvez-vous me dire ce que vous pensez de cette élève ? demanda Crowlak.
- La première chose qui me vient à l'esprit, c'est "motivée", monsieur. Elle est arrivée ici avec le strict minimum d'équilibre et de souplesse, et en quatre mois elle est arrivée à un niveau qui pourrait lui faire gagner des concours inter-royaumes.
- Je vois. Si vous me le permettez, je vais vous l'emprunter.
Saltim hocha brièvement la tête alors que la demoiselle finissait son enchaînement.
- Bien mieux, Estìa, lança l'instructeur. Passe aux vestiaires, monsieur le directeur veut te parler.
Tami s'inclina brièvement et passa rapidement sous la douche, non sans un certain soulagement. Une fois propre, elle enfila son uniforme (gracieusement fourni par l'école) et suivit Crowlak jusqu'à son bureau. Le directeur s'installa dans l'un des fauteuils et présenta le sofa à la jeune fille qui s'y assit docilement.
- J'ai cru comprendre que le professeur Saltim était très content de tes progrès, dit-il.
- Je fais de mon mieux, monsieur, répondit-elle.
- J'ai pu le constater. J'ai observé nombre de vos entraînements, et je pense que tu es enfin prête à passer à l'étape suivante.
La demoiselle ne put cacher sa curiosité.
- Je pense que tu es assez agile pour commencer ton apprentissage auprès de moi, annonça Crowlak. Je vais donc réduire tes heures de gymnastique afin de libérer ton emploi du temps pour tout le reste. J'ai bien dit "réduire", pas "supprimer". Tu peux encore t'améliorer.
- Qu'allez-vous me faire étudier d'autre, alors ? demanda-t-elle avec une pointe d'excitation.
- Le théâtre pourrait être un bon début si tu prévois de t'infiltrer quelque part. Savoir jouer la comédie et adapter ton rôle à toutes les situations est une part importante du travail. Et en tant que fille, la danse et le chant te seraient sans doute très utiles.
- Pourquoi ça ? s'étonna-t-elle.
Le directeur prit le temps de réfléchir à sa réponse.
- As-tu reçu la moindre éducation avant d'entrer dans mon école ?
- Euh… Mon ami veut être docteur, et il m'a appris quelques choses, balbutia-t-elle.
- Connais-tu le principe de séduction ?
Tami cligna des yeux. Silas se passa une main sur le visage et eut un léger soupir.
- Je vois. J'admets être un peu surpris, étant donné ton âge, dit-il, avant de se repositionner dans son fauteuil. La séduction, c'est le fait de charmer les gens pour les attirer vers soi.
- Charmer les gens ? répéta la demoiselle.
- Eh oui. Lorsqu'une personne est attirée par moi, elle oublie de se méfier de moi, ce qui me laisse l'occasion d'agir, comprends-tu ? exposa-t-il.
La jeune fille prit le temps de la réflexion, mais finit par hocher la tête. Elle comprenait au moins ça.
- Et donc, la séduction peut se faire par un grand nombre de moyens, comme offrir des cadeaux, danser, chanter, ou même tout simplement parler. En tant que fille, tu aurais un avantage avec le chant et la danse qui permettent d'attirer bien plus facilement toutes les personnes attirées par les femmes.
- Je vois… Et donc je vais étudier tout ça à partir de maintenant ?
- Mais pas seulement. Tu devras aussi étudier un peu d'histoire et de géographie, cela t'apprendras comment chercher des informations qui pourraient être essentielles pour une infiltration. Si, par exemple, un évènement célèbre du passé t'échappe, alors il serait facile de te démasquer. Je pense aussi que reprendre ton entraînement au combat serait une sage décision, et pour le reste, je me chargerai de t'enseigner comment te déguiser, comment voler, et comment prévoir tes futurs cambriolages.
Au fur et à mesure des paroles du directeur, Tami sentit sa tête se mettre à tourner.
- Mais… Comment je vais faire tout ça en une semaine ? demanda-t-elle.
- On trouvera le temps, assura-t-il.
Miraculeusement, Crowlak avait effectivement trouvé le moyen de caler tous les cours dans son nouvel emploi du temps. Il lui avait d'ailleurs ajouté un peu plus d'heures de dessin, sans doute un acte de pitié de sa part quand on voyait à quoi ressemblait le planning.
De huit heures à dix-huit elle n'avait pratiquement pas un moment de libre sans compter les repas, et enchaînait les différentes matières les unes après les autres, entrecoupées par ce que Crowlak avait appelé "cours spéciaux". Et tout le samedi était désormais réservé à ces fameux cours. Certes, elle ne passerait plus la majeure partie de son temps à faire de la gymnastique, mais voir l'emploi du temps rempli à craquer avec toutes ces matières encore inconnues était… Tout sauf rassurant.
Tami avait beaucoup d'appréhension dans les premiers temps, plus particulièrement sur les cours du directeur, car elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il allait lui faire travailler.
Après quelques semaines, cependant, elle s'était rapidement habituée à son nouveau rythme de travail et avait commencé à prendre ses marques. Les cours de géographie n'étaient pas les plus palpitants, l'Histoire était un peu plus intéressante, mais pour le reste, il n'y avait pratiquement pas de théorie, que de la pratique, ce qui était un peu plus son style d'apprentissage.
Le théâtre avait été très difficile au départ, sa peur d'être ridiculisée pour son manque d'expérience lui avait posé problème. Le chant avait été un peu plus simple malgré un léger trac, là aussi. La danse était sans doute là où elle avait le moins de mal, en dehors peut-être de ce qu'elle faisait déjà avant d'arriver à l'école. Le combat au corps à corps lui était très vite revenu, d'ailleurs, malgré ses quatre mois sans pouvoir vraiment s'entraîner là-dessus. Le professeur Saltim était peut-être un peu déçu de la voir moins souvent, mais la faisait travailler encore plus dur comme pour compenser. Le tir à l'arc et le dessin restaient les moments où elle pouvait enfin respirer pendant la journée étant donné qu'ils ne demandaient ni effort physique trop intense, ni de retenir des dates et lieux à n'en plus finir.
Quant aux cours spéciaux… Si le professeur Saltim s'était montré intransigeant, alors il fallait trouver un nouveau mot pour décrire Silas Crowlak. La moindre erreur et elle se retrouvait à devoir recommencer ce qu'elle faisait depuis le début.
D'abord il l'avait mise au défi de réussir à voler ce qu'il avait dans ses poches sans qu'il ne puisse le sentir ou le réaliser tout de suite, et elle était censée faire ceci pendant qu'il lui enseignait autre chose. Et si elle échouait à fouiller ses poches assez discrètement, elle se retrouvait avec les mains tendues, à attendre avec appréhension la cravache qui s'abattrait sur ses paumes.
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il commence par lui enseigner "l'Étiquette", mais elle n'allait pas s'en plaindre, les mains douloureuses et le corps fatigué avec toutes les activités physiques qu'elle pratiquait déjà quotidiennement, elle bénissait presque le bref repos qu'il lui accordait le temps qu'elle s'adapte.
Puis au fur et à mesure des mois, il passa des bonnes manières au déguisement, incluant la création de tenues, d'accessoires piégés, de masques, comme installer des perruques et des lentilles pour changer la couleur des yeux, etc, etc. De temps en temps, entre deux leçons sur les déguisements rendant méconnaissable, il lui enseignait des techniques d'illusionniste et la façon dont il les appliquait pour ses casses.
- 1er octobre 1514 -
Tami prit bien soin de confier son message à la mouette avant que celle-ci ne prenne son envol. En théorie, il devrait être transmis pile pour l'anniversaire de Law. En espérant que celui-ci n'allait pas se bourrer la gueule sans être accompagné, cette fois.
Chaque mois elle avait scruté les pages du journal pour y trouver des nouvelles du jeune homme, et jusque-là, il avait tenu sa promesse et elle savait donc qu'il allait bien et qu'il travaillait dur. Elle ne manquait jamais de répondre à ses messages. Il lui manquait terriblement.
Le soir, lorsqu'elle retournait sur le bateau de pêche pour dormir, elle relisait parfois les annonces découpées qu'elle avait collées dans l'un de ses carnets vierges, et s'endormait en serrant son phoque en peluche contre elle.
Poussant un soupir, la demoiselle regagna la terre ferme pour se diriger vers le portail de l'académie, elle avait quatre heures de gymnastique, suivi de quatre heures de danse après le repas. Le moindre retard ne lui serait pas pardonné avant au moins une dizaine d'années, autant qu'elle se dépêche.
Merci aux mécènes qui me soutiennent : Andromeda, Clixia, Mariam Pizette et portgas yuwine !
