Heya ! On est le 15 du mois !
Je n'ai miraculeusement pas oublié de poster ! Yippeeeee !
Merci à Andromeda pour son travail de bêta-lectrice, ainsi qu'à Nitroshield pour son aide à l'écriture !
Grand merci également à Mainysla pour le follow ! Bienvenue dans la bande !
Sur ce, je vous souhaite à tous une bonne lecture~!
Au cours du dîner, Emerald resta silencieuse et Hermione ne se mêla pas non plus à la conversation. La brunette se contenta d'engloutir son repas à une vitesse ahurissante puis se leva pour retourner à la bibliothèque. Quand les trois autres eurent fini de dîner, ils se levèrent. Les garçons se dirigèrent vers leur dortoir, mais alors que la Serpentard passait la porte de la Grande Salle, elle entendit la jambe de bois de Maugrey claquer dans son dos.
- Coldstone, c'est ça ? demanda-t-il de sa voix rauque.
La demoiselle se tourna vers l'homme et son escorte, puis hocha brièvement la tête.
- Viens avec moi, dit-il.
De son pas claudiquant, il guida la jeune fille jusqu'à son bureau. Emerald se sentit nostalgique de ses visites pendant les périodes de pleine lune, à déposer des remontants pour le professeur Lupin. Maugrey la fit asseoir et s'installa face à elle pendant que l'auror aux cheveux bleus préparait du thé à une vitesse éclair.
- Il y a un problème ? demanda finalement la jeune fille, brisant le silence qui régnait jusque-là.
L'escorte profita de ce moment pour déposer une tasse de thé devant la Serpentard, puis devant son mentor.
- Empoisonné, comme d'habitude, dit-elle tranquillement.
Maugrey la fusilla du regard, avant de renifler le contenu de sa tasse, y donner quelques coups de baguette, avant d'enfin accepter de boire, toujours avec un air de reproche envers son apprentie.
- Tu es puérile, Mina, lança-t-il.
- Mais vous continuez d'y croire, sourit la femme avec amusement.
Avec un grommellement inaudible, Maugrey reposa sa tasse.
- Revenons-en au sujet. Coldstone, à la fin de mon cours, j'ai eu comme l'impression que Potter et Londubat n'étaient pas les seuls à s'être rappelés de mauvais souvenirs. Au vu de l'état dans lequel tu étais en sortant de ma classe, j'ai l'impression que tu portes un bagage assez lourd. Peut-être même plus lourd que celui de Potter, je me trompe ?
- Je ne sais pas si c'est vraiment pertinent de faire une telle comparaison, répondit la demoiselle à la fois méfiante et confuse.
- Mais tu ne nies pas.
Emerald prit quelques secondes pour réfléchir à une réponse.
- Je ne vois pas l'intérêt de nier alors que vous avez tout vu.
- Est-ce que ça aurait un lien avec le fait que je ne t'ai jamais vue avant aujourd'hui ? La rentrée était en début de semaine.
- Je ne suis pas certaine que s'immiscer de force dans sa vie privée soit le meilleur moyen, intervint l'escorte.
- Les Mangemorts n'utiliseraient pas la méthode douce, Mina, grommela le vétéran.
L'auror aux cheveux bleus tira une grimace avant de regarder Emerald.
- Désolée, j'aurais essayé, mais ça ne sert à rien d'insister avec lui.
Maugrey ignora complètement les paroles de son apprentie alors qu'il se penchait sur son bureau.
- Coldstone, où étais-tu ces trois derniers jours ?
- Vous me posez la question comme si j'étais coupable d'un crime… répondit la jeune fille en sentant ses muscles se tendre à nouveau.
- Nan, pas coupable d'un crime. Mais il t'es arrivé quelque chose et j'ai besoin de savoir quoi pour éviter que tu sois encore tétanisée dans mes cours. L'ignorance est un danger pour soi et les autres.
Emerald prit quelques secondes pour se remettre les idées en place. Ses pauvres nerfs étaient déjà assez éprouvés pour une journée, et l'idée que sa volonté de se taire puisse mener à d'autres situations de ce genre ne lui plaisait vraiment pas.
- Les professeurs vous ont parlé de moi ? demanda-t-elle finalement.
- Nan.
- Alors on va résumer ça à l'été que je viens de passer, conclut la demoiselle. Quand je suis descendue du Poudlard Express, j'ai croisé la mauvaise personne et… j'ai juste "disparu" pour le monde moldu. Les trois premiers jours de cours, j'étais à l'infirmerie. Quand vous avez fait vos démonstrations…
Elle déglutit et se passa une main sur la nuque, mal à l'aise.
- J'ai pensé à ce qui aurait pu arriver… de pire.
Maugrey se laissa retomber contre le dossier de sa chaise.
- Je vois… dit-il pensivement.
Essayant d'éviter le regard de son professeur, Emerald posa un instant les yeux sur l'apprentie qui affichait à peine sa surprise d'une façon très subtile.
- Coldstone, j'ai l'intention de vous apprendre à résister à l'Imperium. Ce serait un moyen pour toi d'éviter de te retrouver à nouveau dans une mauvaise situation. Pour les deux autres sorts, je ne peux pas faire grand-chose, mais je vais vous apprendre à vous défendre de toute façon. Ça te va ?
Après quelques secondes, Emerald hocha la tête.
Au cours des deux semaines suivantes, Emerald se plongea avec bonheur dans le travail scolaire. Avoir dû travailler ses devoirs de vacances en cachette et craindre en permanence de ne plus jamais pouvoir venir en cours avait exacerbé son amour des études magiques. Sans compter que pour une fois, lorsqu'elle n'avait plus de devoirs à faire, elle n'était pas à cours de choses à lire ou étudier pour autant.
L'art de l'alchimancie était un mélange absolument fascinant d'alchimie et de magie, qui fonctionnait grâce à des cercles tracés et à des runes. Le livre racontait que les cercles pouvaient se passer de runes, et qu'ils fonctionneraient tout de même, mais celui qui les utiliserait risquerait de voir toute son énergie lui être aspiré dépendant de la puissance et du temps d'activation.
Au cours de la deuxième semaine, alors qu'elle cherchait une salle vide pour étudier ce domaine interdit de la magie sans se faire prendre, elle avait fini par en trouver une au septième étage, derrière une tapisserie où un sorcier tentait d'apprendre à danser à des trolls. Elle y passait donc tout son temps libre quand elle n'était pas avec les Gryffondor, et avait même commencé la pratique.
En parallèle de ça, Madame Pomfresh avait conclu que malgré une fatigue persistante, la demoiselle n'était plus à risque et n'avait donc plus besoin d'être examinée régulièrement. La Serpentard avait sauté sur l'occasion et cela faisait maintenant trois jours qu'elle gardait inlassablement une feuille de mandragore dans la bouche, ce qui n'était pas chose simple.
Quand les élèves arrivèrent en cours de Défense contre les Forces du Mal, le professeur Maugrey leur annonça qu'il allait leur faire subir à tour de rôle le sortilège de l'Imperium, afin de montrer la puissance de ses effets et de voir s'ils parvenaient à y résister.
- Mais... vous nous avez expliqué que c'était interdit, professeur, dit Hermione d'une voix mal assurée, tandis que Maugrey repoussait les tables d'un coup de baguette magique pour aménager un espace libre au milieu de la classe. Vous avez dit que... l'utiliser contre un autre être humain...
- Dumbledore veut que vous sachiez quel effet ça fait, répliqua Maugrey, son œil magique se tournant vers Hermione et la fixant d'un regard inquiétant, sans le moindre cillement. Si vous préférez l'apprendre d'une manière plus brutale — le jour où quelqu'un vous le jettera pour de bon et vous imposera totalement sa volonté —, je n'y vois aucun inconvénient. Vous pouvez même sortir immédiatement, je vous dispense de cours.
Il montra la porte de son doigt noueux. Le teint d'Hermione vira au rosé vif et elle s'empressa de balbutier qu'elle n'avait jamais eu l'intention de partir. Harry et Ron échangèrent un sourire. Hermione préférerait avaler du pus de Bubobulb plutôt que de manquer un cours d'une telle importance. Emerald était moins d'humeur à rire, mais elle était déterminée.
Maugrey appela les élèves à tour de rôle et leur jeta le sortilège de l'Imperium. Les uns après les autres, les jeunes sorciers se mettaient à faire les choses les plus inattendues sous l'influence du sortilège. Dean Thomas fit trois fois le tour de la classe en sautant et en chantant l'hymne national. Lavande Brown imita un écureuil. Neville enchaîna d'incroyables mouvements de gymnastique qu'il aurait été certainement incapable d'exécuter dans son état normal. Malefoy démontra un certain talent pour la danse classique. Aucun d'entre eux n'eut la force de combattre les effets du sortilège. Ils ne retrouvaient leur liberté de mouvement que lorsque Maugrey annulait le mauvais sort.
- Potter, grogna-t-il. À toi, maintenant.
Lorsque Harry se fut avancé au centre de la classe, Maugrey leva sa baguette magique, la pointa sur lui et prononça la formule :
– Impero !
Il se passa de longues secondes durant lesquelles le Survivant se mettait à fléchir les genoux, puis revenait en position normale. Il semblait hésiter. Emerald regarda avec grand intérêt les signes plus ou moins évidents qu'il montrait une forme de résistance. C'était un très bon signe, ça prouvait que c'était effectivement possible.
Finalement Harry sembla perdre le combat et sauta sur le bureau tout en s'efforçant de ne pas sauter, le faisant tomber dessus à plat ventre et renverser le meuble.
- Regardez bien, vous autres... fit Maugrey alors qu'il levait le sort. Potter s'est battu ! Il a résisté au sortilège et il a presque réussi à le repousser ! On va encore essayer, Potter, et vous, faites bien attention, regardez attentivement ses yeux, c'est là qu'on voit ce qui se passe. Très bien, Potter, vraiment très bien ! Ils vont avoir du mal à te contrôler, toi !
Le professeur insista pour soumettre le Survivant à l'Imperium quatre fois d'affilée jusqu'à ce qu'il parvienne à en neutraliser les effets. Quand le jeune homme en fut au point de simplement hausser les épaules, il accepta de le laisser tranquille, et se tourna vers Emerald.
- Coldstone, c'est ton tour.
Déglutissant, la demoiselle s'avança au centre de la classe, tendue.
- Impero !
Elle éprouva aussitôt une sensation extraordinaire. C'était comme si tous ses soucis lui sortaient peu à peu de la tête, laissant place à une sorte d'euphorie indéfinissable. Ses épaules se détendirent alors qu'elle restait debout au milieu de la salle, sans prêter la moindre attention aux multiples regards posés sur elle.
"Prends un partenaire… Faites une valse…"
Emerald fronça légèrement les sourcils alors qu'elle se mettait distraitement à avancer vers la personne la plus proche. Pourquoi est-ce qu'elle danserait la valse alors qu'elle était en cours ?
Alors qu'elle levait la main vers l'élève qu'elle approchait, elle la rabaissa et fit un pas en arrière.
"Prends ce partenaire… Prends ce partenaire tout de suite…"
La demoiselle secoua la tête alors qu'elle levait les yeux vers le visage d'un Malefoy en sueur, et lui attrapait la main pour le tirer avec elle lorsqu'elle recula. Elle se mit en position, forçant bien malgré elle son partenaire inattendu à en faire de même, et ils commencèrent à tourner autour de la pièce.
"Danse la valse… Danse la valse…"
Malefoy voulut se dérober, mais lorsqu'il chercha à s'éloigner, elle lui attrapa la main de nouveau et le fit tournoyer avant de revenir en position. Intérieurement, la jeune fille se débattait pour résister au sortilège, mais elle était incapable de se rappeler des raisons qui la poussaient à faire ça. Elle n'avait que du positif en tête, et danser avec Malefoy qui semblait avoir reçu des leçons n'était pas désagréable.
"Continue de danser… Continue…"
Mais il fallait qu'elle résiste. C'était nécessaire de résister et de s'en tirer. Harry l'avait bien fait, elle pouvait y arriver aussi !
Il fallait juste… Qu'elle… Résiste…
"Continue de danser…"
- Non merci, dit soudain une autre voix.
Emerald arracha soudain ses mains de leurs positions et recula de quelques pas. Maugrey leva le sortilège.
- Nous avons une autre battante ! déclara-t-il avec un sourire. Bien joué Coldstone. On va retenter quelques fois au cas où, quand même.
Avec une légère grimace, la jeune fille adressa un "navrée" à Malefoy qui s'était tendu à nouveau. Il fallut encore six tentatives avant qu'Emerald ne parvienne enfin à contrer totalement les effets du sortilège. Quand Maugrey passa à un autre élève, elle n'eut aucune honte à aller s'affaler contre l'un des murs, épuisée. Depuis son coin à côté de la porte de la classe, Lise, l'auror, lui adressa un sourire encourageant et leva le pouce.
- Il a une façon de présenter les choses, marmonna Harry à la fin du cours, en sortant de la classe d'un pas chancelant.
- Si on m'avait dit que je danserais dans un cours où on est censé apprendre à se défendre… marmonna Emerald.
- Ouais, tu danses plutôt bien, ricana le Survivant.
- Quant à vous, évitez le saut en longueur, vos jambes ne le supporteront pas, répliqua la Serpentard.
Après qu'ils aient échangé des sourires amusés, Harry reprit.
- On dirait qu'on va tous se faire attaquer d'une minute à l'autre.
- Ouais, c'est vrai, dit Ron qui marchait à moitié à cloche-pied.
Il avait eu beaucoup plus de mal que les autres membres du quatuor à résister au sortilège mais Maugrey lui avait assuré que ses effets se seraient dissipés à l'heure du déjeuner.
- En parlant de paranoïa...
Il jeta des regards inquiets autour de lui pour être certain que Maugrey ne pouvait les entendre et reprit :
- Pas étonnant qu'ils aient été contents de s'en débarrasser, au ministère. Tu l'as entendu raconter à Seamus ce qu'il a fait à cette sorcière qui avait crié : « Bouh ! » dans son dos le 1er avril ? Mais quand est-ce qu'on va avoir le temps de s'entraîner à combattre l'Imperium avec tous les autres devoirs qu'on a à faire ?
Les élèves de quatrième année avaient été frappés par l'augmentation sensible de la quantité de travail qu'on leur imposait. Le professeur McGonagall leur en expliqua la raison après que toute la classe eut accueilli d'un grognement particulièrement sonore l'annonce des devoirs de métamorphose qu'elle avait décidé de leur donner.
- Vous entrez désormais dans une phase très importante de votre apprentissage de la magie ! leur dit-elle, le regard dangereusement étincelant derrière ses lunettes rectangulaires. Vos Brevets Universels de Sorcellerie Élémentaire approchent...
Malgré les plaintes de ses camarades, Emerald ne s'en plaignait absolument pas. Se plonger dans le travail lui plaisait et l'aidait à penser à autre chose.
Dans le même temps, le professeur Binns, le fantôme qui enseignait l'histoire de la magie, leur faisait faire chaque semaine une dissertation sur la révolte des Gobelins au XVIIIe siècle. Le professeur Rogue, quant à lui, les forçait à rechercher des antidotes, une obligation qu'ils prenaient très au sérieux car il avait laissé entendre qu'il pourrait empoisonner l'un d'eux avant Noël pour en tester l'efficacité. Enfin, le professeur Flitwick leur avait demandé de lire trois livres supplémentaires afin de mieux se préparer au cours sur les sortilèges d'Attraction.
Même Hagrid leur imposait un surcroît de travail. Quand elle avait pu assister à son cours après ses trois jours d'absence, Emerald avait fait la connaissance des Scroutts à pétard.
On aurait dit des homards difformes, dépourvus de carapace, d'une pâleur horrible, d'aspect gluant, avec de petites pattes qui dépassaient aux endroits les plus inattendus et sans tête visible. Leur anatomie n'avait pas le moindre sens et cela lui donnait des migraines à force d'y réfléchir. Longs d'une quinzaine de centimètres, ils rampaient les uns sur les autres, se cognant contre les parois de leur boîtes, comme s'ils étaient aveugles, et dégageaient une forte odeur de poisson pourri. De temps à autre, des étincelles jaillissaient à l'extrémité de l'une des créatures qui se trouvait alors propulsée de plusieurs centimètres en avant.
Les Scroutts grandissaient à une vitesse étonnante, compte tenu du fait que personne n'avait encore découvert en quoi consistait leur régime alimentaire, apparemment. Hagrid était enchanté et suggéra, dans le cadre de leur « projet », qu'ils viennent le soir à tour de rôle jusqu'à sa cabane pour observer les Scroutts et prendre des notes sur leur extraordinaire comportement.
- Il n'en est pas question, dit Drago Malefoy d'un ton catégorique lorsque Hagrid eut proposé l'idée avec l'expression du père Noël sortant de sa hotte un jouet inattendu. Je vois suffisamment ces bestioles répugnantes pendant les cours, merci bien.
Le sourire de Hagrid s'évanouit.
- Tu vas faire ce qu'on te dit, grogna-t-il, sinon, je pourrais bien suivre l'exemple du professeur Maugrey... Il paraît que tu fais très bien la fouine, Malefoy.
Les élèves de Gryffondor éclatèrent d'un grand rire. Malefoy rougit de colère mais, ô miracle, se retint de répondre. À la fin du cours, le quatuor revint au château d'excellente humeur. Voir Hagrid rabattre le caquet de Malefoy était d'autant plus satisfaisant que ce dernier avait bien failli provoquer le renvoi du garde-chasse.
À leur arrivée dans le hall d'entrée, il y avait un tel monde qu'ils eurent du mal à avancer. Les élèves étaient agglutinés autour d'une grande pancarte installée au pied de l'escalier de marbre. Ron, qui était le plus grand des quatre, se dressa sur la pointe des pieds pour essayer de lire par-dessus les têtes ce qui était écrit sur la pancarte :
"TOURNOI DES TROIS SORCIERS
Les délégations de Beauxbâtons et de Durmstrang arriveront le vendredi 30 octobre à 18 heures. En conséquence, les cours prendront fin une demi-heure plus tôt que d'habitude."
- Magnifique ! s'exclama Harry. Le dernier cours qu'on a, vendredi, c'est potions ! Rogue n'aura pas le temps de nous empoisonner !
"Les élèves rapporteront leurs affaires dans les dortoirs et se rassembleront devant le château pour accueillir nos invités avant le banquet de bienvenue."
- Plus qu'une semaine ! dit Ernie MacMillan, un élève de Poufsouffle, le regard brillant. Je me demande si Cedric est au courant ? Je ferais bien d'aller le lui dire...
Et il partit en courant.
- Cedric ? dit Ron d'un air étonné.
- Diggory, répondit Harry. Il doit être candidat au tournoi.
- Cet idiot, champion de Poudlard ? s'indigna Ron tandis qu'ils se frayaient un chemin parmi la foule.
- Ce n'est pas un idiot, protesta Hermione. Tu ne l'aimes pas, simplement parce qu'il a battu Gryffondor au Quidditch. J'ai entendu dire que c'était un très bon élève. Et en plus, il est préfet, ajouta-t-elle comme si ce simple fait mettait fin à toute discussion.
- Tu l'aimes bien parce qu'il est beau, c'est tout, dit Ron d'un ton cinglant.
- Je te demande pardon, mais je ne suis pas du genre à aimer quelqu'un parce qu'il est « beau » ! s'emporta Hermione.
Ron fit semblant de tousser, d'une toux étrange qui laissa deviner le nom de « Lockhart ».
L'apparition de la pancarte dans le hall d'entrée eut un effet spectaculaire. Au cours de la semaine qui suivit, il semblait n'y avoir plus qu'un seul sujet de conversation, quel que fût l'endroit où Emerald se trouvait : le Tournoi des Trois Sorciers. Les rumeurs circulaient parmi les élèves à la vitesse d'une épidémie : qui allait se porter candidat au titre de champion de Poudlard, quelles seraient les épreuves imposées aux concurrents, à quoi ressemblaient les élèves de Beauxbâtons et de Durmstrang ? Étaient-ils très différents d'eux ?
Le quatuor remarqua également que le château était soumis à un nettoyage exceptionnel. Plusieurs portraits un peu crasseux avaient subi un récurage que ne semblaient guère apprécier leurs sujets. Réfugiés dans un coin de leur cadre, ils marmonnaient des protestations d'un air sombre et faisaient la grimace en effleurant du bout des doigts leurs joues rosé vif. Les armures avaient soudain retrouvé tout leur éclat et remuaient sans grincer. Quant à Argus Rusard, le concierge, il se montrait si féroce envers les élèves qui oubliaient d'essuyer leurs pieds en entrant que deux filles de première année avaient été prises d'une véritable crise de terreur.
Certains professeurs paraissaient étrangement tendus, eux aussi.
Lorsqu'ils prient leur petit déjeuner au matin du 30 octobre, ils découvrirent que la Grande Salle avait été décorée au cours de la nuit. D'immenses banderoles de soie étaient accrochées aux murs, chacune représentant l'une des maisons de Poudlard — une rouge avec un lion d'or pour Gryffondor, une bleue avec un aigle de bronze pour Serdaigle, une jaune avec un blaireau noir pour Poufsouffle et une verte avec un serpent argenté pour Serpentard. Derrière la table des professeurs, la plus grande des banderoles portait les armoiries de Poudlard : lion, aigle, blaireau et serpent entourant un grand P.
Le quatuor aperçut Fred et George à la table des Gryffondor. Cette fois encore, contrairement à leur habitude, ils étaient assis à l'écart et parlaient à voix basse. Ron s'approcha d'eux, suivi des trois autres.
- C'est pénible, d'accord, disait George à Fred d'un air grave. Mais s'il ne veut pas nous parler en personne, il faudra bien lui envoyer la lettre. Ou alors on la lui donnera en main propre. Il ne peut quand même pas nous éviter sans arrêt.
- Qui est-ce qui vous évite ? dit Ron en s'asseyant à côté d'eux.
- Pas toi, hélas ! répliqua Fred qui paraissait agacé par son interruption.
- Qu'est-ce qui est pénible ? demanda Ronald à George.
- D'avoir un idiot de frère qui se mêle de tout, répliqua George.
- Vous avez eu des idées pour le Tournoi des Trois Sorciers ? demanda Harry. Vous avez trouvé un moyen d'être candidats ?
- J'ai demandé à McGonagall comment les champions devaient être choisis, mais elle n'a rien voulu dire, répondit George d'un ton amer. Elle m'a simplement conseillé de me taire et de continuer à métamorphoser mon raton laveur en silence.
- Je me demande quelles tâches les champions auront à accomplir, dit Ron d'un air songeur. Tu sais, Harry, je suis sûr qu'on arriverait à s'en sortir, on a déjà fait des trucs dangereux…
- Je suis d'avis que Harry a suffisamment risqué sa vie jusqu'à maintenant, intervint Emerald.
La grimace qu'afficha le Survivant alors qu'il y réfléchissait disait tout ce qu'il fallait savoir.
- Et puis vous avez pas fait tout ça devant une assemblée de juges, répliqua Fred. McGonagall dit qu'on attribue des points aux champions en fonction de la façon dont ils ont réalisé les tâches imposées.
- Et qui sont les juges ? demanda Harry.
- Les directeurs des écoles participantes font toujours partie du jury, dit Hermione.
Tout le monde se tourna vers elle, avec une certaine surprise.
- Les trois directeurs ont été blessés au cours du tournoi de 1792 lorsqu'un Cocatrix que les champions devaient attraper a réussi à s'échapper, expliqua Hermione.
Voyant leurs regards fixés sur elle, elle ajouta, de son ton agacé, qu'avec tous les livres qu'elle avait lus, il était normal qu'elle en sache plus qu'eux.
- Tout ça figure dans L'Histoire de Poudlard, dit-elle. Oh, bien sûr, ce n'est pas un livre auquel on peut entièrement se fier. L'Histoire révisée de Poudlard serait un titre beaucoup plus approprié. Ou même « Une histoire très partiale et incomplète de Poudlard, qui laisse dans l'ombre les aspects les moins reluisants de l'école ».
- De quoi tu parles ? demanda Ron.
- Les elfes de maison ! répondit Hermione d'une voix forte. Pas une seule fois dans tout le livre, il n'est indiqué que nous contribuons tous à l'oppression d'une centaine d'esclaves !
Emerald haussa un sourcil.
- Il y a des elfes de maison à Poudlard ? s'étonna-t-elle.
Les garçons lui adressèrent un regard horrifié alors qu'Hermione se tournait vivement dans sa direction.
- Il se trouve que oui ! Il y a une centaine d'elfes à Poudlard qui s'occupent d'entretenir le château, de faire la cuisine et tout ce qui nous apporte du confort ! Pas de salaires, pas de vacances, rien !
Emerald cligna des yeux.
- Enfin c'est inadmissible ! fit la brunette. Tu n'es pas d'accord ?
- Euh…
Hermione sortit soudainement de son sac une boîte en fer blanc.
- Alors tu peux entrer dans la S.A.L.E. ! Tu peux acheter un badge pour deux mornilles qui serviront à financer des actions pour améliorer les conditions des elfes !
- Oulà, fit Emerald, mettant une halte. Désolée, moi je suis une Serpentard, je suis une méchante.
- Mais-
- Ah non, c'est contre les règles de ma maison, je n'entrerai pas dans cette association.
Alors que les garçons étouffaient des rires, Hermione eut l'air trahie, avant de lui lancer un regard noir et de se mettre à bouder.
Merci aux mécènes qui me soutiennent : Andromeda, Clixia, Mariam Pizette et portgas yuwine !
