Ile artificielle Kousei
Une vingtaine d'Ouragan atterrissent sur la piste leur étant attribuée. Le chasseur de tête est piloté par Samuel. Il y a moins d'une heure, lui et son équipe étaient encore sur leur base quand ils ont reçu l'ordre de se rendre sur l'île artificielle Kousei. Ils n'ont pas eu plus d'informations.
- Très bien. Nous sommes bien arrivés. Je veux que tous les pilotes vérifient leur appareil et fasse remonter aux techniciens toute avarie ou problème détecté.
Tous les pilotes et copilotes répondent et font un travail minutieux. Sophie et lui le font également et ne constatent aucun problème.
- Bahamut, as-tu repéré quelque chose à ton niveau ?
- Aucune anomalie détectée de mon côté, lui répond l'IA.
- Très bien. Mets-toi en stand-by.
L'IA le fait aussitôt et il semblerait qu'aucun appareil n'ait subi d'avarie ou de problème quelconque. Tous les pilotes rejoignent le bâtiment qui leur est assigné. Samuel observe les alentours.
Ils se trouvent sur une île artificielle créée par l'Union Asiatique et en particulier le Japon. Elle est une structure imposante et sert principalement au stockage de la flotte aérienne et navale de l'Union Asiatique. Ils ne sont pas les seuls à se trouver présent. Les appareils Américains, Prussiens et Chinois sont présents. Il y a des chasseurs, des bombardiers et des drones, tous équipés de la même technologie spatiale. Alors qu'il observe ce rassemblement imposant, un sous-officier japonais le prévient de le suivre.
Il le suit. Durant son passage, il est salué par presque tout le personnel militaire. Il rend le salut et finit par arriver au lieu de rendez-vous.
- Ils n'attendaient plus que vous.
- Je vois. Merci de m'avoir montré le chemin.
Le japonais fait une courbette et repart. Il agrippe la poignée et pénètre dans la salle. Dans cette dernière se trouve quatre personnes. Il reconnaît facilement la colonelle Vsevolodovna. Il ignore qui sont le colonel américain et la colonelle chinoise. Cependant, il reconnaît aisément la quatrième personne. Il est certes âgé, mais sa prestance et le regard de ses yeux bleus est toujours aussi vif.
- Colonel Samuel Riqueti, dit-il simplement.
- Amiral Hood, répond Samuel en le saluant.
Une fois le salut du rang donné, ils se serrent la main.
- C'est un honneur de vous rencontrer, amiral.
- Moi de même colonel. Vos talents pour piloter un chasseur spatial ne sont pas passés inaperçus. Je pense que vous connaissez déjà la colonel Vsevolodovna.
- Heureuse de vous revoir Samuel, dit-elle en lui serrant la main.
- Moi de même.
Puis, l'amiral Hood lui présente le colonel Kane Watson qui représente l'armée américaine et la colonelle Xiang Lan pour la chine.
Le colonel Watson est presque aussi grand qu'Hood. Il semble un peu plus jeune que Samuel. Il a les cheveux blonds et un visage typé américain. Concernant la colonelle Lan, elle est plus petite que lui. Elle a de long les cheveux noir, ce qui est rare dans l'armée chinoise. Elle a une carrure normale et un physique simple. Ce qui permet à Samuel de déduire qu'elle a un caractère bien trempé. Il les salue puis s'assoit.
- Très bien, finit par prononcer l'amiral Hood. Vous avez été réuni ici pour un plan. Ce plan a pour nom de code STARDUST. Il s'agit d'attaquer la flotte ennemie avec tous nos chasseurs et drones spatiaux que nous avons.
- Voilà un plan audacieux qui me plaît, dit Watson avec amusement.
- N'est-ce pas prématuré ? questionne Lan. La république n'a pas déclenché les hostilités malgré qu'elle soit venu avec une imposante force.
- C'est exact. Ce plan ne sera enclenché que si cette dernière se montre hostile. Le plan sera d'ailleurs affiné en fonction de la situation.
- Je vois, c'est une bonne idée, admet Samuel. Ils ne devraient pas s'attendre à ce que nous possédions des chasseurs spatiaux comme eux.
- C'est le but, lui répond Hood. J'aimerais avoir le total de tous vos appareils respectifs.
- Pour nous amiral, commence Watson, nous avons quarante F-53 Eagles, dix B-21 Raider, vingt Boeing X-46 et trente XQ-225.
- Du côté chinois, répond Lan, nous avons également une quarantaine de Shanghai-18, quarante WJ-1000 et trente Wing Long V.
- Chez nous en Prussie, dit Vsevolodovna, nous avons une soixantaine de Soukhoï Su-105. Nous n'avons hélas pas de drones avec nous. La corruption des élites d'avant le président Yevgenievich et notre vassalisation avec l'ancien pouvoir de Chine nous a fait prendre un retard bien trop conséquent. Cependant, nos Soukhoï Su-105 font également bombardier.
- Je pense qu'ils seront plus utiles contre l'aviation, lui répond l'amiral Hood. Ils permettront de réduire leur nombre.
- Compris Amiral.
- En ce qui concerne la France, j'ai avec moi vingt Ouragans, de même que vingt drones Neuron de deuxième génération et trente AAROOK de deuxième génération. J'ajoute également que le Japon et la Corée nous renforcent de dix Ouragans en plus.
- Je vois, dit simplement l'amiral Hood.
- Il est cependant regrettable que le Royaume-Uni ne nous ait pas envoyé de chasseurs, dit Watson.
- Ils ont préféré se concentrer sur la protection de leur territoire, lui répond Samuel. Leur Tempest a été un long processus et coûteux. Ils n'ont pas envie d'en perdre.
- Je tiens à prévenir, énonce Lan, qu'ils ont amené une trentaine de leurs drones Taranis. Cela sera une aide appréciable.
- Oui. Cela fera une force redoutable. Avons-nous des informations sur le type de vaisseaux et de chasseurs que la république possède ?
Sans dire un mot, l'amiral Hood fait apparaître plusieurs projections holographiques. Chacune affichant un appareil distinct : Venator, Acclamator, Arc-Fighter, V-19 et Y-Wing.
- Ceci est toutes les informations que nous avons, dit simplement Hood. Nous ignorons leurs capacités réelles, mais nous devrions pouvoir faire des ravages. Prenez note et faites-les transmettre à vos pilotes.
Les quatre colonels prennent note. L'amiral reçoit un message.
- Mesdames, messieurs, il semblerait que la flotte de la République vient de quitter l'hyperespace. Nous comptons trente-deux Venators et trois Acclamator. Ils n'ont pas encore tenté de nous joindre. Vous serez prévenus si de nouvelles informations me parviennent. Rompez.
Ils s'exécutent et sortent de la salle. Ils discutent des informations sur les appareils ennemis.
- Dites Colonel Riqueti. Puisque vous allez avoir des Ouragans provenant de Corée et du Japon, vous aurez un second pour les commander.
- C'est exact. On m'a transmis que mon second se nomme Azuma Tsuki. Elle est japonaise et de grade capitaine.
Le colonel Watson se met à rire.
- Vous n'avez pas de chance. Vous avez la maudite comme seconde. Je n'aimerais pas l'avoir. Pas envie que mes pilotes aient la poisse, dit-il avec un air dédaigneux.
Samuel ne comprend pas le ton de l'américain sur cette femme. D'autant plus que son attitude ne plaît guère aux colonelles Lan et Vsevolodovna.
- On reconnait bien là un pur américain, dit Lan agacée. Des éternels beaufs malgré les événements.
- Toujours à médire sur les femmes. Je suis sûr qu'elle peut vous mettre hors combat si elle veut, continue Vsevolodovna.
- Parlez, collègues, mais on ne peut contredire que le nom Azuma est mine de rien maudit. Je ne fais que dire des constats. Je vous laisse. Je dois mettre au courant mes pilotes.
Il part, laissant deux femmes en colère et un homme très décontenancé.
- Pourquoi parle-t-il ainsi de cette femme ? demande Samuel.
- Vous n'êtes pas au courant ? s'indigne Lan. Cela a fait le tour du monde.
- Vous viviez dans une grotte ou quoi ?
- Cela va dépendre de l'année. Je pense avoir ma petite idée sur le moment, mais dites-le-moi.
- Cela s'est déroulé en 2052.
- Je m'en doutais. J'étais en terre australe de 2052 à 2054. Mon mandat a duré plus longtemps que prévu. Ma femme me l'a bien fait comprendre à mon retour.
- C'est compréhensible. Les terres australes sont une des rares zones du globe à avoir un réseau quasi inexistant. A ce moment, tout s'est calmé, du moins à notre niveau. Je pense qu'au Japon cela était plus tendu.
- Je vois. Je vais clarifier les choses avec la personne en question. Je veux me faire un avis sur elle et non sur les on-dit.
Il arrive à la salle lui servant de bureau. Il a transmis les informations à Sophie pour qu'elle les transmet aux autres, y compris les pilotes Coréens et Japonais. Il a demandé à voir Azuma Tsuki. Pendant l'attente de la venue, il analyse les moyens pour neutraliser éventuellement les destroyers Venator de la République. Finalement on toque à sa porte.
- Colonel Riqueti, je suis la capitaine Azuma Tsuki. Vous avez demandé à me voir.
- Oui. Vous pouvez entrer.
Samuel eut un haut-le-cœur en voyant la fameuse Azuma Tsuki. Il s'agit d'une femme semblant s'approcher de la trentaine. Elle est une très belle femme, avec un corps, assez généreux, des yeux et de long cheveux bleu foncé. Son apparence le déstabilise un bref moment avant qu'il ne se recentre.
- Excusez-moi mon égarement. Prenez place, je vous prie.
La capitaine japonaise s'exécute.
- Vous vouliez me voir, colonel.
- Oui. Vous allez être ma seconde durant le plan STARDUST. Mais avant de vous en parler, je voulais en apprendre plus sur vous.
- Sur moi ? s'étonne la femme.
- Oui. Car j'ai un de mes collègue, dit Samuel en pensant au colonel Watson, qui a fait allusion que vous étiez maudite. J'aimerais comprendre les raisons.
- Vous n'avez pas lu mes états ?
- Je n'en ai pas eu le temps malheureusement.
- Soit. Vous connaissez la crise des missiles de Cubas ? Eh bien, nous avons eu également une crise similaire au Japon. Nous l'avons nommé la crise des missiles Nord-Coréens.
- Je vous écoute.
- Suite à notre soutien envers la Corée du Sud et de la chute du régime de la Corée du Nord, nous avons eu de vifs griefs contre les militaires du Nord. Nous pensions et à raison que la Corée du Nord avait vu son armée réduite et neutralisée. Ce fut une grave erreur. En 2052, plusieurs navires se sont révélés et ont menacés à la fois la nouvelle Corée unifiée et le Japon avec la menace d'envoi de missiles nucléaires. Une patrouille aérienne comprenant mon père, Azuma Nakazo, a localisé la position des navires. Ils ont réussi à couler tous les navires, mais le dernier navire contenant les missiles brouilla l'électronique des chasseurs. Mon père, comprenant le danger précipita son chasseur et le fit s'écraser sur le navire. Il offrit sa vie pour protéger les deux pays.
- Je vois. Un noble sacrifice. Si je m'abuse, vous aviez reçu une dotation de nos Rafales ?
- Oui. De la catégorie F5. Le brouillage a surpris tout le monde, y compris les industriels de votre pays.
- Je n'en doute pas. Mais je doute que cela soit le début de votre réputation. Continuez.
- Mon père fut acclamé en tant que héros national de la nation. Mais pour ma mère et les quatre enfants, moi compris, elle a perdu son mari et un père pour ses enfants. On organisa une grande célébration à la capitale et plusieurs membres du nouveau gouvernement Coréen firent le déplacement. Notre famille se trouva être le centre d'attention. Le premier ministre offrit un discours à ma mère. C'est là que tout se transforma en cauchemar pour mes petites sœurs et moi, dit-elle avec une voix allant vers le chagrin.
Elle se retint de pleurer et continua de parler.
- Des infiltrés Nord-Coréens s'étaient mélangés à la foule. Ils ont ouvert le feu sur ma mère et les dignitaires Coréens. Ce fut la panique totale. Je vis ma mère effondrée sur le sol, une profonde blessure à la poitrine, du sang sur tout le corps. Elle vivait encore. Je l'aidais du mieux que je pouvais. Le meneur arriva et insulta ma mère. Cette dernière ne lui rendit qu'un simple sourire avant de me dire d'être courageuse. L'homme l'abattit sans aucune pitié devant mes yeux. Mais il n'en avait pas assez. Il tourna son regard vers moi et leva son arme pour me tuer également. Je serais morte si le meilleur ami de mon père, Haruyama Gennai n'avait pas descendu l'homme.
Un silence pesant se forme après qu'elle vient de finir.
- Je comprends mieux. Cet événement avait pour but d'élever un lien avec la Corée et il se transforma en bain de sang. Y avait-il d'autres victimes que votre mère ?
- Oui. Des dignitaires Coréens et Japonais. Pourtant, leur action a eu l'effet inverse. Il a soudé un lien plus fort entre nous. Mais pour notre famille, c'était une tout autre affaire.
- Vous avez perdu vos parents en un rien de temps et peut-être de la pire des manières.
- Oui. Mais cela ne s'est pas arrêté là. Les familles de nos parents n'ont aucunement voulu de nous. Nous allions être laissés à notre sort après le choc que nous avons subi. Heureusement, Haruyama Gennai et sa femme nous ont pris et nous ont élevés. Ils ont tout fait pour que nous surmontions le traumatisme. J'ai décidé après une longue réflexion de rejoindre l'armée de l'air. Le début fut difficile et j'ai été la cible d'un scandale.
- Laissez-moi devinez, abus sexuels envers vous ?
- Hélas. Cela a même était jusqu'au viol. Mon père adoptif entra dans une énorme colère quand il apprit cela et fit tout son possible pour que les personnes incriminées, qu'importe leur position, payent pour leurs actes. Il a pris sur lui. Mais malheureusement, il subit un accident avec son appareil. Heureusement il a survécu, mais il dut abandonner pour de bon d'être pilote. C'est à ce moment-là que la réputation sur notre famille commença à prendre de l'ampleur.
Une fois son histoire terminée, Samuel comprend finalement la situation.
- Je vois. Je saisis les événements. Je compatis sincèrement pour ce que vous avez subi. Cependant, vous allez être ma seconde pour ce qui va suivre. J'ai besoin que vous ayez l'esprit clair. Je ne veux pas de sacrifice. Car vous avez une valeur bien trop grande pour être sacrifié. En outre, une femme comme vous, qui a surmonté de telles épreuves a le caractère pour comprendre les situations difficiles. J'attends de vous un comportement exemplaire.
- Compris, mon colonel. De quel plan s'agit-il ?
Samuel explique à Tsuki le plan STARDUST. Une fois dit, elle saisit les paroles du colonel.
- Je peux compter sur vous, capitaine Azuma ?
- Oui, mon colonel ! dit-elle avec détermination.
- Voilà ce que je veux voir. Maintenant que tout cela est réglé, j'ai une question et dites-moi si elle est déplacée. Êtes-vous mariée ?
- Non. Je suis toujours célibataire. Un autre effet des événements. Ne soyez pas surpris. Je sais que mon apparence laisse à penser que j'ai porté des enfants. Mais non, je suis encore seule.
- Je comprends. Si vous le voulez bien, je vous offre un verre, de préférence non alcoolisé bien sûr.
- Ce n'est pas nécessaire mon colonel.
- J'insiste. Je vous ai fait remonter des souvenirs douloureux de par mon ignorance. Le moins que je puisse faire est de vous aider à avancer.
La capitaine finit par céder et accepte la proposition de Samuel. Ils se dirigent vers le bar de la zone. Une bonne partie des pilotes s'y trouvent. La bonne ambiance est de mise. Samuel retrouve Sophie.
- Commandante Lemaigre, je vous présente la capitaine Azuma Tsuki, elle sera ma seconde.
- Enchantée de vous connaître, capitaine Azuma.
- Moi de même commandante.
Les deux femmes se serrent la main et Samuel passe une commande. Tsuki commence à boire qu'une femme s'approche d'elle. Comparé à Tsuki, elle est plus banale et a les cheveux coupés court.
- Comment va notre capitaine ? demande la femme avec joie.
- Je vais bien, Maya, lui répond la capitaine un brin agacée.
- Tant mieux. J'avais peur que ta malédiction soit pour quelque chose pour cette convocation.
- Elle m'a juste permis de mieux la comprendre, dit simplement Samuel. Vous êtes ?
- Lieutenante Satow Maya, co-pilote de la capitaine Azuma. Et sa meilleure amie de surcroît. C'est moi qui lui remonte son moral.
- Voilà une amie sur qui on peut compter, admet Sophie.
Ils rejoignent les pilotes français, japonais et coréens. Les français apprennent que la capitaine Azuma est encore libre et plusieurs lui font des avances, ressemblant plus à de l'humour. Pourtant, Azuma releva le jeu et prononça que celui qui parviendra à la battre pourra sortir avec elle. Bien évidemment, aucun n'accepte, se doutant du piège. Pourtant, le pilote le plus fort tente sa chance. Il se fait maîtriser avec une aisance surprenante par Tsuki que tous en rigolent de bon cœur.
- Je pense donc que le vaincu doit payer une tournée générale, prononce Samuel.
Le pilote blanchit en comprenant ce qu'il va devoir payer. Seulement, son colonel est bon joueur.
- Mais seulement pour le groupe franco/japonais/coréens. Sinon, ce n'est pas une solde qui suffira à payer tout le monde présent.
Samuel rejoint les trois femmes.
- Je dois admettre que vous avez été très efficace. Le pilote en question est pourtant un sacré gaillard.
- J'ai appris à me défendre depuis mon viol. Je sais également qu'aucun n'avaient de vraies vues sur moi.
- C'est exact. Ils décompressent et profitent d'un moment joyeux qui peut être le dernier.
- Sinon colonel, notre capitaine pourrait s'occuper de vous au lit si vous lui demandez gentiment, prononce avec mesquinerie Maya.
- J'aurais accepté la proposition, admet Samuel. Vous êtes une très belle femme, avec des atouts et un caractère que peu d'hommes ou femmes pourraient résister. Seulement, j'ai déjà une femme et des enfants que j'aime. Je sais que si ma femme apprend que j'ai couché avec une autre, elle me stérilise de la manière la plus douloureuse qu'il soit. Je me dois donc de refuser cette demande.
Le groupe rigole de bonne foi. Le temps passe tandis que la flotte républicaine avance sur eux. Ils sont en pleine discussion que Samuel reçoit un appel et pas des moindre.
- Il semblerait que nous ayons eu des informations supplémentaires. Je dois vous laisser. Capitaine Azuma, votre présence est requise également.
Les deux partent et arrivent dans la salle de réunion. Tout le monde est présent.
- Quelles sont les nouvelles ? demande Samuel.
- La république nous déclare la guerre, prononce simplement Hood de manière froide.
L'annonce semble surprendre les officiers.
- Pourquoi veulent-ils la guerre ? demande Lan. Je pensais qu'ils étaient plus à l'écoute que ça.
- J'ai reçu l'échange entre le conseil et le général jedi. Il semblerait qu'ils viennent car on aurait, selon les dire du jedi détruit un de leur navire d'exploration il y a de cela un mois avec une puissante arme.
- Un mois ? N'est-ce pas exactement quand la CSI nous a attaqué ? demande Watson.
- C'est exact. Et la présidente Cheron allait donner notre version avant que le général républicain ne la coupe, ne voulant pas nous écouter davantage.
- Voilà qui est fâcheux, dit Vsevolodovna. Qu'avons-nous comme informations supplémentaire ?
- Le groupe de guerre électronique sous la tutelle de Freeman a semble-t-il déjà percé leurs défenses. Selon ses dires, nous avons le contrôle de leur flotte.
- Très bien, mais pourquoi ne pas le faire ? demande Azuma. Cela nous éviterait un conflit et épargnerait des vies.
- Il est vrai. Seulement, plusieurs hackeurs ont émis l'hypothèse que cette faible défense est peut-être un piège. Le conseil a décidé d'utiliser ce levier au meilleur moment, c'est-à-dire quand le plan STARDUST sera lancé. Le plan sera lancé quand toutes les forces républicaines sur la planète se seront soit rendues, soit détruites.
Tous acquiescent.
Venator Hope
La capitaine Stasim observe la terre au niveau du pont de commandement. Cela va faire maintenant un moment que les généraux jedis Amari et Illi sont avec la 234ième. Elle a envoyé les renforts demandés, mais depuis, elle n'a plus de nouvelle de leur avancée au niveau du front.
- Contactez les généraux Amari et Illi. Je veux connaître leur avancée.
Son ordre est transmis et une projection des deux jedis se forment.
- Navré de vous déranger généraux, mais je viens aux nouvelles. Comment se passe les batailles au sol ?
- Nous avançons, s'exprime Illi. L'ennemi résiste, mais il ne fait pas le poids.
- Nous venons de prendre leur base aérienne proche de la capitale, continu Amari.
- Voulez-vous un appui aérien ?
- Non capitaine. Ils ont malgré tout de bonne défense AA. Nous vous préviendrons de notre avancée.
- J'en prends note généraux.
La communication se coupe. Malgré les paroles des généraux, la capitaine a le pressentiment que quelque chose cloche. Son instinct lui dicte un problème qu'elle ne peut pas voir.
- Les boucliers sont toujours activés ?
- Oui capitaine.
- Avez-vous constaté des anomalies dans le réseau ?
- Pas que nous sachions. Nous n'avons rien trouvé.
Elle est pensive.
- Mettez-moi en liaison avec l'amiral Yularen.
L'hologramme de l'amiral se forme.
- Vous voulez me parler, capitaine Stasim ?
- Oui, amiral. J'ai le pressentiment que quelque chose ne va pas. Est-ce que le général Skywalker a donné des nouvelles ?
- Oui. Il a réussi à faire une percée dans les défenses de la ville. Il avance péniblement mais devrait réussir à prendre le bâtiment où se trouve le conseil terrien. Concernant votre pressentiment, que craignez-vous ?
- Je l'ignore, mais je sens que l'on veut nous faire croire que tout se passe bien pour les forces au sol.
- Hm…J'en doute fort. Il faudrait que l'ennemi possède des compétences en piratage très poussés et je doute qu'ils arrivent à percer notre réseau au point de nous donner des fausses informations.
- Je le pense également, seulement…
- Si vous voulez vous en assurer, prévenez le général Windu. J'ai cru comprendre qu'il avait à bord de son vaisseau une équipe unique de clone.
- J'en prends note. Je vais le contacter. Merci de vos conseils, amiral.
La liaison est coupée pour passer à celle avec le général Windu. Ce dernier ne comprend pas la demande de la capitaine, mais accède à sa requête. En attendant l'arrivée de ladite équipe, elle continue de faire vérifier le bon état du navire.
- Capitaine, ne surestimez-vous pas ces primitifs ? lui demande son second.
Aryaali se tourne vers ce dernier. Il s'agit d'un homme plus jeune qu'elle. Il a le grade de lieutenant. Il a la même taille qu'elle et des cheveux brun coupés court. Il a un visage noble, montrant ses origines aisées. Il se nomme Erijar de la famille Dowgum, une famille importante et ayant donné naissance à de talentueux commandants de vaisseau.
Erijar a toujours montré un mépris à peine voilé envers elle, estimant que ce n'était pas le rôle d'une femme de commander un navire.
- Nous ne devons pas nous montrer suffisant, lieutenant Dowgum. Ils ont beau avoir une technologie spatiale très balbutiante, nous ignorons de quoi ils sont capables pour le reste.
- Vous avez écouté le discours des jedis et de l'amiral Yularen. Nos forces sont en train de les écraser, tels les insectes nuisibles qu'ils sont, prononce-t-il avec plein de mépris.
- Changez de ton, lieutenant, lui réprimande Aryaali sur un ton ferme. Je ne tolérerais pas un tel langage sur mon vaisseau. Suis-je clair, lieutenant ?
Le lieutenant lui répond avec un regard mauvais avant de se rétracter. Finalement on lui prévient que la fameuse équipe de clone est arrivée à bord. Elle n'a pas besoin d'attendre plus longtemps pour découvrir cette fameuse équipe. Le moins qu'elle puisse dire est que l'appellation équipe unique colle bien à celle-ci. Chaque clone a un physique et une armure bien distinct par rapport aux autres clones habituels.
- Je suis le sergent Hunter. Le général Windu nous a prévenu que vous aviez un souci.
- C'est bien cela.
- Est-ce qu'il s'agit de faire sauter quelque chose ? demande le plus imposant des quatre.
- Du calme Wrecker, lui dit un autre portant de nombreux éléments pour le piratage. Si c'était pour détruire quelque chose, on nous aurait envoyé sur la terre ferme.
- C'est cela. J'aimerais savoir si notre réseau n'aurait pas été piraté.
- Alors c'est un travail pour moi. Je me nomme Tech. Il me faut juste un point de raccordement et je vous fais une analyse complète et poussée.
Le clone Tech branche sa télécommande sur un branchement et commence son travail.
- Tiens…C'est curieux.
- De quoi Tech ? lui questionne Hunter.
- J'ai découvert un programme inconnu dans le réseau du vaisseau.
- Comment ça inconnu ? s'exclame la capitaine Stasim. Quel est son rôle ?
- C'est ce que je vais tâcher de découvrir.
Tech pianote sur sa télécommande avant de s'exprimer.
- Eh bien, ce programme est très complexe. Cela va me prendre plus de temps pour le décortiquer.
- Tech qui bute sur quelque chose, s'exprime le quatrième, je n'aurais jamais pensé le voir, dit-il avec un poil de cynisme.
Après plusieurs minutes à analyser le programme, il parvient à le décrypter.
- J'ai réussi à le décrypter.
- Quel est son rôle ?
- D'après ce que je vois, il doit permettre à un utilisateur externe de prendre le contrôle du vaisseau.
- Prendre le contrôle, vous voulez-dire le contrôler ? questionne Stasim.
- C'est à peu près ça et j'ai découvert également que chaque vaisseau de la flotte possède ce programme dormant.
- Prévenez le général Windu que nous avons été piratés !
- Capitaine, impossible de joindre le général Windu. Nous sommes totalement isolés.
- Comment est-ce possible ?
- C'est une autre partie du programme que je viens de découvrir. S'il vient à être analysé, il bloque automatiquement toute communication avec le navire.
- Désactivez-moi ce programme au plus vite. Alors lieutenant, toujours à dire qu'ils sont primitifs ?
Erijar le foudroie d'un regard mauvais, tandis que Tech commence à neutraliser ledit programme.
Zone inconnue aux Etats-Unis.
Une salle imposante où se trouve des dizaines d'experts en guerres électroniques de la terre entière discutent sur la facilité du piratage de la flotte républicaine. L'un d'eux, leur chef, Ronan Freeman est assis dans sa chaise, passablement ennuyé. Il a un corps frêle, une taille moyenne et une apparence un peu quelconque. Mais sa plus grande force est son talent. C'est un génie dans le piratage informatique et de la guerre électronique.
Dès son plus jeune âge, il réussit à pénétrer le système de défense du Pentagone et plus tard, de bien d'autres pays. Il ne le faisait pas par malveillance ou appât du gain. Il le faisait pour s'amuser et prouver ses capacités. Depuis, il aide plusieurs nations dans la protection de leur programme militaire en détectant les différentes failles de sécurité et en proposant des moyens de combler ces dernières.
Mais depuis un moment, l'ennui est ce qu'il rencontre le plus. Il n'arrive pas à trouver un système de protection ou autre qui ne lui résiste pas. Alors quand la nouvelle que l'existence des extraterrestres a été prouvé, il eut un regain, se disant trouver enfin un challenge à son niveau. Mais tout rechuta quand il découvrit l'inexistence de protection dans les systèmes de la CSI. Il espérait avoir un challenge avec la République. Cependant, le constat fut le même qu'avec la CSI.
Il ne cacha aucunement sa déception quand le conseil de l'ONU le contacta. Il rumine son agacement quand on vient le voir.
- Il y a un souci ? demande Ronan à l'homme.
- Oui. Il semblerait que quelqu'un essaie de désactiver le programme que nous avons implanté sur un des navires.
- Vraiment ? dit-il avec intérêt commençant à apparaître.
- C'est cela. Le programme a déjà bloqué toutes les communications du vaisseau. Il semblerait qu'un hackeur tente de stopper le programme.
- Voilà qui est plus intéressant. Je vais m'occuper de cet hackeur personnellement.
Il fait craquer ses phalanges et allume ses ordinateurs. Il se met au travail, pianotant sur deux claviers à la fois comme si c'était normal pour lui. Les autres hackeurs observent avec intérêt le duel virtuel qui se lance.
Dans l'Hope, Tech est toujours en train de tenter de neutraliser le programme malveillant.
- Il semblerait que quelqu'un essaie de m'empêcher de poursuivre mon travail.
- Tu peux le contrer ?
- Je vais voir. Ce n'est pas un plaisantin, admet Tech. Il a un sacré niveau.
Tech se met à son tour à pianoter à la fois sur sa télécommande et sur le clavier proche de la borne de branchement. Tout le monde l'observe, entendant juste le bruit de ses doigts qui pianotent. Soudain, un violent arc électrique survient, forçant Tech à reculer.
- Bon, j'ai bien peur d'avoir perdu contre mon adversaire.
- Tu plaisantes Tech, là ? semble être surpris Wrecker.
- Tu ne peux pas retenter ? lui demande Hunter.
- Non. Si jamais j'essaie de me reconnecter, mon matériel sera détruit complètement.
- Damnation ! s'exclame la capitaine Stasim. Un instant, sergent Hunter, ne pouvez-vous pas contacter le général Windu avec vos propres moyens ?
- J'ai déjà essayé capitaine, lui répond Hunter, mais il semblerait que rien ne puisse sortir du vaisseau. Même avec notre vaisseau nous ne pourrions communiquer avec les autres.
La capitaine reste sans voix. Elle n'arrive pas à croire que son vaisseau a pu être si aisément neutralisé. Pire, il est devenu une prison pour eux. Alors qu'elle se questionne, le projecteur holographique s'active de lui-même. Il affiche Ronan Freeman.
- Salutation, envahisseurs, dit-il simplement mais avec courtoisie. Je me nomme Ronan Freeman et je vous préviens que j'ai le contrôle de votre vaisseau.
- Je suis la capitaine Aryaali Zeusia Stasim, commandant ce vaisseau. Vous voulez vous servir de nous comme otages ?
- Loin de moi l'idée d'user d'un tel stratagème, admet Ronan. Ce n'est pas comme si vous pouviez communiquer avec le reste de votre flotte.
- Alors pourquoi venir ?
- Pour m'adresser à mon adversaire, dit-il simplement.
- C'est moi, dit Tech. Je dois admettre que je suis sans voix que quelqu'un ait réussi à outrepasser mes capacités.
- Pour moi, c'est d'avoir trouvé enfin quelqu'un de mon niveau. Cela fut gratifiant, bien plus que de prendre le contrôle de votre flotte. Soit dit en passant, je trouve cela très déconcertant le vide de protection contre la guerre électronique que la République semble posséder. Tout autant que celui de la CSI par ailleurs.
Le fait que le terrien fasse mention de la CSI éveille la curiosité.
- Un instant, ingénieur Freeman, s'exprime Stasim. Comment pouvez-vous avoir connaissance de la CSI ? Nous ne vous l'avons jamais énoncé.
- Je pense que le conseil ne m'en voudra pas de vous dire la vérité. De toute façon, toutes vos forces à la surface de notre planète sont en train de se faire écraser. Nous constatons également déjà certaines de vos forces qui se sont rendues comme celles attaquant la France et les Etats-Unis.
- Comment ? Les généraux Plo Koon, Skywalker, Illi et Amari se sont rendus ? s'exclame de stupeur la capitaine. Mais alors qui ai-je eu lors de mes échanges ?
- Des IA qui se sont occupées de répondre à vos demandes, dans la mesure du possible pour ne pas éveiller les soupçons. Je vous préviens que cette situation est identique pour chaque force attaquante. Elles sont toutes aussi coupées de la flotte que vous ne l'êtes en ce moment.
Freeman laisse à l'équipage se remettre de ces nouvelles avant de répondre à la première question de la capitaine Stasim.
- Concernant la CSI, la raison est simple : ce sont eux qui nous ont attaqué il y a de cela un mois. Si vous ne me croyez pas, je pense que cette petite vidéo pourra vous convaincre.
Freeman disparaît pour laisser place à la vidéo et tous observent en silence ce qu'ils voient. Une fois la vidéo terminée, Freeman réapparaît.
- Pourquoi ne pas nous l'avoir dit dès le début ? dit la capitaine avec colère.
- Oh, mais c'est ce que la présidente française, Eliane Cheron allait faire si votre général jedi ne l'avait pas coupé. Et inutile de me demander de vous permettre de vous adresser à lui. Il retournera votre parole d'un simple mouvement de la main.
- Qui nous dit que vous avez vraiment le contrôle du vaisseau ? s'exprime le lieutenant Dowgum, la provocation se lisant dans sa voix.
- Je vois que pour les esprits simples, il faut une démonstration plus poussée. Commençons.
Ronan commence par bouger lentement le navire à bâbord, puis à tribord. Il le fait vaciller lentement. L'équipage ne peut qu'observer avec horreur la véracité de ses paroles. Enfin, il désactive et réactive à plusieurs reprises la gravité artificielle.
- Alors, est-ce que mes paroles sont véridiques ? D'ailleurs, j'ai vu clair dans votre petit jeu, lieutenant Dowgum. Vous vouliez, avec mon orgueil, que je fasse des mouvements des plus visibles et ainsi donner l'alerte. Dommage, mais je ne suis pas tombé dans un piège si prévisible.
- Qu'allez-vous faire de nous ? demande la capitaine, inquiète pour son équipage.
- Rien, dit simplement Ronan. La seule chose à faire est d'attendre la fin de cette guerre. Elle devrait d'ailleurs bientôt prendre fin.
- Par la victoire de la république ! crie Dowgum. Votre peuple de barbares ne peut pas gagner.
- Vous verrez bien, dit Ronan avant de couper la communication.
Une fois le calme revenu, Aryaali réfléchit.
- Tech, pouvez-vous m'assurer que vous pouvez neutraliser leur programme ?
- J'ai bien peur de devoir répondre par la négative. Cet ingénieur est aussi compétent que moi, si ce n'est plus. Il serait plus logique d'attendre.
- Tech a raison, continue Hunter. S'il l'avait voulu, il aurait pu ouvrir les sas et éjecter tout l'air du navire et nous laisser suffoquer.
- Je vois. J'avais compris qu'il ne voulait pas nous faire de mal, mais juste nous faire comprendre notre position, admet la capitaine. Très bien, nous allons attendre.
- Vous n'y pensez pas, capitaine ? s'indigne Dowgum.
- Nous n'avons pas le choix. En outre, je suppose qu'ils peuvent écouter nos discussions si l'envie leur prend. Nous sommes pieds et poings liés. Les terriens se sont montrés bien plus imaginatifs et capables que nous le pensions.
Si tous acceptent la chose plus ou moins, il y en a un pour qui attendre est contraire à son caractère.
- On aurait dû nous envoyer ! se plaint Wrecker. On ne se serait pas ennuyé du tout au lieu de rester ici à ne rien faire.
Navré Wrecker, mais on pourra se rattraper plus tard, en démolissant du droïde, lui dit Hunter pour le calmer.
