Bonjour !
Qui dit mercredi, dit nouveau chapitre. D'abord, je voulais vous dire un immense merci, l'histoire a déjà dépassé les 100 reviews. Je ne peux qu'être super heureuse !
Au programme de ce onzième chapitre : une nouvelle robe, un bal, une Pansy agacée et des excuses...
Bonne lecture !
PS : Comme d'hab, le site fait de nouveau des siennes et n'envoie pas de mails. N'oubliez pas de me suivre sur Facebook (Damelith) ou sur Instagram (damelith_) pour ne rien louper des publications !
Réponse aux reviews anonymes :
PL : Merci pour tes deux reviews :) J'espère que l'histoire continuera de te plaire. À bientôt !
Hermione n'aimait pas faire les magasins.
Elle ne trouvait jamais son bonheur, les lumières des cabines d'essayage étaient affreuses et elle tombait toujours sur les vendeuses désagréables qui la faisaient se sentir mal dans sa peau.
"Vous devriez prendre quelque chose de moins moulant"
"Vous êtes petite, les robes midi ne vous vont pas".
De quoi créer des complexes.
Heureusement qu'Hermione avait confiance en elle et en son corps pour ne pas les laisser l'atteindre avec leurs critiques faciles.
Pourtant, aujourd'hui, il fallait bien qu'elle entre dans la boutique de prêt-à-porter de Tsvetengrad afin de trouver ce qu'elle voulait. Dans le cas contraire, elle devrait se rendre à Sofia et si elle pouvait éviter, elle ne s'en porterait que mieux.
Elle poussa la porte du magasin et fut tout de suite accueillie par le sourire commercial de monsieur Flanelle.
- Bienvenue chez Flanelle, là où la vie est plus belle ! chantonna-t-il. Que puis-je faire pour vous ?
Hermione fut déstabilisée par cet entrain et ce large sourire un peu figé. Derrière ses épaisses lunettes, les yeux noirs du gérant de la boutique étaient si grands ouverts qu'ils paraissaient presque sortir de leurs orbites.
- Bonjour. Je cherche une robe…
- De bal ?! la coupa-t-il brusquement. Qu'est-ce que vous préférez ? Longue ? Courte ? Col bénitier ? Cintrée à la taille ? Des voilages ? Avec votre teint, vous devriez porter du jaune ou du blanc… ou du rose ! J'ai une fantastique robe rose incarnat qui vous irait à ravir.
D'un geste de la main, Hermione lui fit signe de ralentir la cadence. Il avait parlé si vite qu'il en était essoufflé.
- Merci pour vos conseils, monsieur Flanelle, mais je vais d'abord jeter un coup d'œil à la boutique. Je n'hésiterai pas à revenir vers vous au besoin.
Le gérant parut déçu et repartit derrière son comptoir, les épaules basses.
Hermione culpabilisa un peu, mais l'urgence de la situation la rappela à l'ordre.
Elle devait trouver une robe de bal. Par Godric, quand elle y pensait, cette situation était absurde !
Elle avait accepté de se rendre au bal de Noël avec Malefoy. Cela lui paraissait si lunaire qu'elle peinait à y croire. Le simple fait qu'il lui propose d'être sa cavalière était saugrenu, alors celui qu'elle accepte ?
Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait dit oui, d'ailleurs. Leur relation pouvait se définir comme un début d'amitié, mais de là à être cavaliers d'un bal… Et pourtant, sur le moment, cela lui avait semblé la meilleure réponse à donner.
Ils avaient partagé un bon moment lors du cours de Magie offensive et défensive, ils se plaisaient à se taquiner avec la couleur des étoiles au sommet des sapins, ils parvenaient à discuter sans se taper dessus… Et il avait promis de la faire danser.
Comment refuser ?
Seulement, maintenant, elle devait trouver une robe qui lui aille et qui soit adaptée à la situation. Elle n'était pas en couple avec son cavalier, elle ne cherchait pas à lui plaire, mais elle n'était pas non plus une adolescente de quinze ans.
Âge auquel elle avait acheté sa seule et unique robe de bal.
Hermione avança au fond de la boutique, là où étaient rangées les robes. Monsieur Flanelle les avait classées par couleur, ce qui lui permit de se diriger directement vers celles qui lui plaisaient le plus. Elle n'en était pas sûre, mais il y avait de fortes chances que Malefoy soit obligé de porter une tenue protocolaire, noire ou rouge, les couleurs officielles de Durmstrang. Par pur esprit de contradiction, et pour le taquiner, elle voulait une robe qui soit totalement à l'opposé.
Elle parcourut les portants pendant de longues minutes avant de mettre la main sur quelque chose qui lui plaisait. Elle se faufila en cabine pour l'essayer, mais alors qu'elle peinait à remonter la fermeture éclair dans son dos, elle se figea.
- Rappelle-moi pourquoi je suis ici ? lui parvint la voix de Malefoy.
- Il faut que tu m'aides à lui choisir un cadeau.
- Et tu crois vraiment qu'un vêtement serait le genre de cadeau qui ferait le plus plaisir à George Weasley ?
Hermione écarquilla les yeux. Avait-elle bien entendu ?
- Je veux simplement faire un pas vers lui. Je ne veux pas un cadeau qui crie "je t'en supplie, pardonne-moi d'avoir été idiote et culbute-moi sur la commode".
- Quelle vulgarité, ricana Malefoy.
Toujours cachée dans la cabine, Hermione avait plaqué sa main contre sa bouche pour étouffer un gémissement. Elle était au courant que George et Pansy avaient couché ensemble, il le lui avait avoué, mais elle ignorait que cela durait depuis !
Une fois la surprise passée, un sourire s'y substitua. Elle allait pouvoir le taquiner un peu maintenant qu'elle avait connaissance de cette information.
Hermione reprit finalement sa tentative de fermeture de robe là où elle l'avait laissée. Mais en se contorsionnant pour y parvenir, elle se pinça le doigt entre les dents de la fermeture éclair.
- Aïe ! couina-t-elle. Saleté de, humpf !
Elle contint un juron entre ses dents et pria Merlin, Morgane et les quatre Fondateurs de Poudlard pour que Malefoy et Parkinson ne l'aient pas entendue.
- Granger ? entendit-elle Malefoy l'appeler. C'est toi ?
Hermione ferma très fort ses yeux, prise au piège.
- Si je dis non, vous allez partir et faire comme si de rien n'était ?
- Dans tes rêves, lança Parkinson, coupant ainsi la parole à Malefoy qui avait tenté de répondre le premier. Qu'est-ce que tu as entendu ?
Peu désireuse de parler à travers un rideau, Hermione y passa sa tête et fit face aux deux anciens Serpentard. Parkinson, les poings sur les hanches et les pupilles qui brillaient de défi. Malefoy, nonchalamment appuyé contre une poutre en bois et les bras croisés sur son torse. À l'inverse de sa meilleure amie, il semblait amusé par la situation.
- J'ai tout entendu, avoua Hermione. Mais je ne dirai rien, ça ne me regarde pas.
- J'ai ta parole ? voulut lui faire jurer Parkinson.
Hermione ne parvint pas à se retenir de lever les yeux au ciel. Tout ceci était ridicule ! Lorsqu'elle croisa le regard de Malefoy, il sembla lui aussi dépassé par la situation.
- À qui veux-tu que j'en parle ? De toute façon, j'étais déjà plus ou moins au courant.
- À son frère, pardi ! gronda Parkinson.
- Ah, oui, Ron… Bon, ça va. Tu as ma parole, finit par promettre Hermione.
Et comme si cela lui suffisait, Parkinson tourna les talons et sortit de la boutique les mains vides.
- Je croyais qu'elle devait acheter un cadeau à George, dit Hermione.
Malefoy haussa les épaules. Visiblement, les sautes d'humeur de sa meilleure amie étaient Mornille courante et il n'en faisait plus cas.
Avant de partir lui aussi, il ne put s'empêcher d'essayer de voir derrière le rideau. Hermione comprit tout de suite son petit jeu, alors elle s'efforça de rester cachée, s'enroulant presque dans le tissu, de façon à ce qu'il ne voie rien. Hors de question qu'il ait le moindre indice. Elle n'était même pas sûre d'acheter cette robe-là.
Lorsqu'il comprit qu'elle ne cèderait pas, il rendit les armes.
- À bientôt, Granger.
- C'est ça, à bientôt.
Un rictus amusé au bord des lèvres, Malefoy s'apprêtait à quitter la boutique quand Hermione l'interpella.
- Malefoy !
L'intéressé se retourna, sa main qui allait ouvrir la porte suspendue dans le vide.
- Un jeu vidéo.
Malefoy fronça les sourcils.
- Si Parkinson veut faire un pas vers George et lui faire plaisir, elle devrait lui offrir un jeu vidéo moldu. Il se passionne pour ça en ce moment, il va adorer.
Hermione ne savait pas pourquoi elle venait de céder sa propre idée de cadeau à Parkinson, mais une petite voix dans sa tête lui disait qu'elle devait aider son ami. Elle l'avait peut-être trouvé distrait ces dernières semaines, mais elle l'avait aussi trouvé heureux. Et si c'était grâce à Pansy Parkinson, alors soit, elle réfléchirait à une autre idée.
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Le bal était arrivé bien trop vite au goût d'Hermione.
Il fallait dire qu'elle avait été très occupée à essayer de convaincre Koslowski que ce n'était pas un affront ni une atteinte à la pudeur que Izia et Ludmila aillent ensemble au bal. À force d'arguments et de subtiles menaces de la part de Malefoy, ils avaient finalement obtenu gain de cause, pour le plus grand plaisir des concernées.
Hermione trouvait tout de même aberrant qu'ils aient dû batailler si fort pour ça, mais elle essayait de voir le bon côté des choses : il avait fini par accepter. C'était un petit pas en avant, mais c'était encourageant et porteur d'espoir.
Assise à sa coiffeuse, Hermione glissa une boucle derrière son oreille et passa ses doigts sous ses cils pour en arranger la courbure. Elle ignorait pourquoi elle était nerveuse à l'idée de se rendre à ce bal. Était-ce parce qu'elle y allait accompagnée par Malefoy ? Était-ce parce qu'elle n'était pas habituée à ce genre d'événement ? Peut-être un peu des deux, finalement.
Ce qui était sûr, c'était que si elle restait encore ici à remuer ses pensées, elle n'allait jamais se décider à partir. Alors, elle rangea sa baguette dans sa pochette, glissa ses pieds dans des chaussures à talons et attrapa au vol un châle sur le dossier d'une chaise avant de quitter sa chambre.
Le trajet jusqu'à la salle de réception fut long. La boule dans son estomac ne faisait que s'accentuer et les commentaires sur son passage n'arrangeaient rien. Elle entendit même un élève de Durmstrang pouffer. Elle était si ridicule que cela ?
Hermione n'eut pas le temps de s'appesantir plus sur ses doutes puisqu'elle croisa le regard de Malefoy qui l'attendait au haut du grand escalier.
Elle avait vu juste. Il portait un pantalon de costume noir de jais et une veste rouge foncé, cintrée à la taille par une ceinture en cuir. Sur son épaule gauche reposait une longue cape du même rouge bordée de fourrure. Le col officier de sa veste lui donnait un port de tête très droit, très strict, mais son sourire offrait un contraste rassurant.
Timide, Hermione s'approcha de lui tout en triturant nerveusement ses doigts. Si elle n'avait pas les lèvres pleines de gloss, elle aurait rongé ses ongles. Lorsque Malefoy lui tendit son bras droit, elle vit là l'occasion parfaite de ne pas abîmer sa manucure.
- Nous ne pouvions pas être moins bien assortis, ricana-t-il. Mais tu es… très belle.
Hermione ne sut pas pourquoi il avait marqué un temps d'arrêt avant son compliment, mais elle l'accepta volontiers.
- Merci. Je dois être honnête, j'ai un peu fait exprès…
- Comment ça ?
- Je me doutais que tu allais être obligé de porter les couleurs de Durmstrang, alors j'ai choisi une robe qui n'avait rien à voir, expliqua-t-elle, taquine.
- Tu ne cesseras donc jamais de me provoquer ?
- Dit-il alors que ces pauvres étoiles sont redevenues argentées !
Hermione pointa du doigt les fameuses décorations au sommet des sapins et Malefoy abdiqua.
- Je ne vais pas m'en plaindre. Le jaune te va à ravir.
Afin de cacher le rouge qui gagnait ses joues, Hermione baissa les yeux sur ses pieds pour ne pas trébucher dans les escaliers.
Les champions, accompagnés de leurs partenaires respectifs, patientaient devant l'entrée de la salle de réception.
Hermione offrit un sourire encourageant à Izia, ainsi qu'un clin d'œil complice, avant d'entrer au bras de Malefoy.
La salle avait été décorée dans des tons hivernaux et les tables avaient été poussées de façon à laisser un espace vide au milieu pour la piste de danse. Des centaines de lanternes flottaient dans les airs pour illuminer le lieu. Hermione n'arrivait pas à quitter ce plafond lumineux des yeux. C'était magnifique, cela conférait à cette salle d'habitude plutôt austère une ambiance chaleureuse et conviviale.
Les champions firent leur entrée les uns derrière les autres sur une musique jouée par l'orchestre et Hermione en profita pour saluer Viktor, placé non loin d'elle. Il était accompagné d'une magnifique femme qui semblait plus jeune que lui et qu'elle devina être sa petite-amie. Viktor lui chuchota quelque chose à l'oreille en la pointant du doigt et la jeune femme la regarda avec un sourire, articulant un "bonsoir". Hermione lui répondit poliment avant de reporter son attention sur les champions qui ouvraient le bal.
Une main se tendit devant elle et Hermione leva les yeux vers son propriétaire. Le dos droit et l'ombre d'un sourire sur ses lèvres, Malefoy l'invitait à danser.
- Je te l'ai promis, dit-il.
Hermione accepta sa main sans hésiter et ils rejoignirent la piste de danse.
Malefoy s'avéra être un très bon danseur. Il menait d'une main de maître, sans lui marcher sur les pieds et sans se départir de son sourire. Hermione avait de très vagues souvenirs de la valse. Si elle aimait danser, elle espérait être à la hauteur et ne pas paraître ridicule. Cependant, Malefoy était confiant pour deux et son sourire la rassurait.
- À quand remonte la dernière fois que tu as dansé la valse ? lui demanda-t-il.
Hermione perdit un peu sa concentration, contrairement à lui qui était toujours très à l'aise.
- Tu vas te moquer…
- Moi ? Jamais !
Hermione le regarda avec scepticisme tandis que Malefoy souriait de toutes ses dents, espérant être convaincant. Elle n'y crut pas, puisqu'elle connaissait la vérité, mais cela ne l'empêcha pas d'être amusée par sa tentative.
- Alors ? insista-t-il.
- Il y a une émission de télévision moldue qui s'appelle Strictly Come Dancing. Des célébrités sont associées à des professionnels de la danse et, chaque semaine, ils s'entraînent pour montrer le résultat devant un jury et un public. Il y a toutes sortes de danses, y compris de la valse. Et… Merlin, je n'en reviens pas que je sois en train de te raconter ça ! J'adore cette émission, j'ai regardé toutes les saisons et il m'arrive, parfois, d'apprendre certaines chorégraphies pour les reproduire. Je suis très mauvaise, je manque de rythme, mais… ça me rend heureuse et j'aime danser malgré ça.
Embarrassée par son aveu, Hermione se mit à fuir le regard de Malefoy qu'elle savait braqué sur elle. Elle n'était pas sûre d'avoir déjà raconté cette anecdote à qui que ce soit… Ce qui était certain, c'était que même ses meilleurs amis n'étaient pas au courant. Pourquoi était-elle si honnête ce soir ? Elle ne le savait pas vraiment, mais Malefoy faisait des efforts envers elle et elle se devait de lui rendre la pareille.
La moquerie qu'elle attendait ne vint pas. Hermione se risqua alors à le regarder. Son visage était neutre, son sourire ne s'était toujours pas envolé et il était… bienveillant. Oui, bienveillant.
- Tu ne te moques pas ?
- Pourquoi le ferais-je ? Tu es une passionnée et tu me parles de quelque chose qui te fait vibrer, je n'ai aucune raison de me moquer. Tu fais partie de ces gens qui ne font jamais les choses à moitié, alors ça ne m'étonne pas. Je n'aurais même pas été surpris si tu m'avais dit que tu avais tenté de t'inscrire pour participer.
Hermione se pinça les lèvres, le rouge aux joues, et Malefoy se mit à rire.
- Tu l'as fait ?!
Elle hocha la tête pour toute réponse et il bascula sa tête en arrière sous un éclat de rire plus franc.
- Mais je n'ai aucune chance ! C'est une émission moldue et je ne suis pas célèbre.
- Granger, regarde-moi droit dans les yeux.
Elle obéit et fut surprise de la sincérité de son regard. À cet instant, elle lui aurait confié tous ses secrets et ses péchés.
- Si un jour les sorciers développent une technologie permettant d'avoir la télévision, je militerai pour créer une émission de ce genre dont tu serais l'invitée d'honneur.
- Tu pourras demander à ce que Neil Jones soit mon partenaire ? demanda-t-elle d'une petite voix. Je l'adore.
- Ce sera mon cheval de bataille.
Hermione lui sourit. Elle savait que c'était impossible, mais elle était émue. Elle était touchée par la bienveillance de Malefoy et par son envie de bien faire. Elle ne pouvait plus douter du fait qu'il avait changé. Leur simple présence ici en était un bel exemple.
Ils dansaient toujours lorsque Koslowski prit la parole pour faire un discours qu'Hermione n'écouta que d'une oreille. Son regard était résolument fixé sur son cavalier qui faisait semblant d'être concentré par ce que racontait son collègue.
Quelque chose venait de changer dans sa vision de Drago Malefoy et c'était assez effrayant.
Pansy errait dans les rayons du magasin sans savoir quoi choisir.
Elle était bien mignonne, Granger, avec son idée de cadeau, mais pour quelqu'un comme elle qui n'y connaissait rien, cela s'avérait compliqué.
- Je peux vous aider ? entendit-elle dans son dos.
Elle se tourna pour faire face à un vendeur de la boutique. Il lui souriait et attendait qu'elle se décide. Puisqu'elle était dans un magasin moldu, Pansy devait faire attention à ses mots pour ne pas se trahir ou passer pour une idiote.
- Je cherche un jeu vidéo pour offrir à quelqu'un, dit-elle avec précaution.
- Yes, pour quelle console ?
Ça y était, elle était déjà perdue. Comment ça "quelle console" ? Il en existait plusieurs ?! Ces Moldus étaient définitivement bizarres.
- Je ne sais pas. En fait, on m'a donné cette idée de cadeau parce que je ne… connais pas bien la personne, mais on ne m'en a pas dit plus. Vous savez, moi, les jeux vidéos…
- OK, je vois ! Si on vous avait demandé d'acheter du maquillage, vous n'auriez pas eu besoin d'aide, quoi.
Il éclata de rire, fier de sa blague, mais Pansy ne riait pas du tout, au contraire. Son visage s'était fermé et si ses yeux avaient pu lancer des Doloris, le vendeur se tordrait de douleur sur le carrelage. Il l'invita à le suivre, mais elle ne bougea pas.
- Vous me suivez ? lui dit-il.
Ce naturel, comme si ce qu'il avait dit était banal, eut raison de Pansy. Elle envoya balader tous ses principes, toute sa discrétion et toutes ses résolutions à passer pour une femme lambda.
- Absolument pas, cracha-t-elle alors que la colère grimpait en elle. Écoutez-moi bien, espèce de troll, il est hors de question que je donne une Noise à une personne aussi sexiste que vous, c'est clair ?
Le vendeur était désorienté, comme en témoignait son regard qui jonglait entre elle, sa boutique, et son index qu'elle appuyait contre son sternum.
- Sexiste ? Mais non, je… enfin, je voulais dire que…
- J'ai très bien compris ce que vous vouliez dire, n'essayez pas de vous défendre, ce sera forcément pitoyable et faux. Donc vous savez quoi, vous allez me présenter vos excuses et je ne partirai que quand j'aurai estimé que c'est suffisant.
Pansy croisa ses bras sur sa poitrine et commença à taper du pied par terre. Elle voyait le vendeur se ratatiner sur lui-même au fur et à mesure que les regards des différents clients se posaient sur lui. Pansy essaya de masquer sa fierté, histoire de ne pas passer pour une ingrate, mais, au fond, elle jubilait.
- Je… euh, bafouilla-t-il avant de déglutir de façon très audible. Je suis désolé, je n'aurais pas dû dire ça. C'était, hum, sexiste et très déplacé.
Il ne semblait pas convaincu par ce qu'il disait, mais Pansy n'avait pas le temps de s'appesantir sur son cas. Elle avait un cadeau à acheter.
- Soyez sûr, en tout cas, que je ne remettrai plus les pieds dans votre magasin. Vous pouvez compter sur moi pour vous faire très mauvaise presse.
Pansy tourna les talons, non sans lui avoir adressé un dernier regard méprisant, et quitta les lieux après avoir informé les femmes présentes qu'elles feraient mieux de s'en aller elles aussi.
Désormais satisfaite, elle se mit en quête d'un autre magasin de jeux vidéo où elle espérait être accueillie avec le respect qu'elle méritait.
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- Je n'en attendais pas moins de toi, dit Drago en faisant tinter son verre de Negroni contre celui de Pansy.
- Merci. Je n'allais pas me laisser faire par un pauvre Moldu dans son genre.
Elle but une longue gorgée de sa boisson avant de reposer son verre sur la table basse.
- Et après ça ? demanda Drago.
- Après ça quoi ?
- Eh bien le jeu vidéo !
Le sujet fâcheux.
Une fois l'objet en main, Pansy s'était retrouvée face à un problème : comment le lui faire parvenir ? Elle ne pouvait pas se rendre en Angleterre pour le lui offrir, c'était hors de question. Elle n'avait pas envie de se retrouver face à lui et à ce que cela impliquait. Elle ne pouvait pas lui envoyer un Patronus pour qu'il vienne le récupérer, il avait autre chose à faire. Alors elle avait décidé d'attendre. Attendre qu'il rentre à Durmstrang d'ici quelques jours et de lui faire passer le cadeau par Drago. Seulement, c'était une chose dont son meilleur ami n'était pas encore au courant.
- Il est dans mon dressing, joliment emballé dans un papier cadeau avec des petits sucres d'orge dessus.
Blasé, Drago la regarda de travers.
- Mais quoi ?! pesta Pansy. Je n'allais quand même pas prendre un Portoloin jusqu'à Londres pour le lui offrir.
- Et pourquoi pas ?
- Parce que c'est ridicule et que ce n'est pas mon genre.
- Ah, parce que c'est ton genre d'acheter un cadeau pour un mec qui n'est même pas le tien et avec qui tu as couché une seule fois ?
Acculée, Pansy se renfrogna et replia ses genoux contre sa poitrine avant de les entourer de ses bras.
Elle détestait son meilleur ami quand il pointait des évidences ainsi. Bien sûr que non, ce n'était pas son genre, mais ce n'était pas non plus dans ses habitudes d'avoir un béguin si fort pour quelqu'un, surtout pas pour un Weasley. C'était tellement nouveau pour elle qu'elle ne savait pas comment agir.
- Donc je suppose que si je te demande de lui donner le cadeau à ma place, tu ne vas pas le faire ?
Au rire qu'il eut, Pansy comprit qu'elle avait vu juste.
- Tu ne veux pas non plus que je le baise à ta place ?
- Par Salazar, la vision d'horreur !
Drago continuait de rire tandis que Pansy essayait vainement de chasser les images qu'elle avait de son meilleur ami en train de copuler avec Weasley.
- Eh mais attends, tant qu'on parle de baise, comment va Granger ?
- Oh, le raccourci facile et absolument faux.
- Tu ne m'as pas raconté comment s'était passé le bal. Tu as été si évasif quand je t'ai vu le lendemain que j'ai cru que tu avais quelque chose à me cacher.
- Absolument pas, nia Drago. Il ne s'est rien passé parce que le but n'était pas qu'il se passe quelque chose. Je l'ai invitée parce que je n'avais pas de cavalière, qu'elle m'a dit qu'elle voulait danser et que j'avais envie de lui faire plaisir. Ça s'arrête là.
Derrière son verre, Pansy arqua un sourcil. Il était trop crédible pour que ce soit un mensonge. S'il avait vraiment voulu lui cacher quelque chose, il aurait exagéré le trait, elle le connaissait par cœur.
- Donc il n'y a rien eu ? s'enquit-elle.
- Rien. On a dansé, on a discuté, on a rigolé, on s'est moqué de Koslowski et d'Apolline Saint-André qui est vraiment beaucoup trop coincée, mais c'est tout.
- Je suis presque déçue, déplora-t-elle.
- Nous n'avons pas tous ta vie amoureuse et sexuelle, Pansy.
- Je ne suis pas amoureuse, rectifia-t-elle en le pointant du doigt d'un air menaçant. Je ne veux pas m'amouracher d'un type qui a déjà eu une vie, qui a une ex-femme et deux morpions collés à ses baskets.
Pansy ne parvint même pas à croire à son propre discours tant il sonnait faux. Cependant, Drago eut la gentillesse de ne pas insister. Peut-être que son trouble était suffisamment perceptible…
Des coups résonnèrent à sa porte d'entrée et Pansy sursauta un peu, surprise qu'on lui rende visite. Elle alla ouvrir et se figea, sa main sur la poignée, quand elle découvrit l'objet de tous ses tourments sur le pas de sa porte. Malgré l'angoisse qui commençait à lui nouer l'estomac, elle essaya de voir le bon côté des choses. Ainsi, elle n'aurait pas à faire le premier pas vers lui.
Drago, qu'elle n'avait pas entendu se lever, lui tapota l'épaule pour qu'elle se décale.
- Je vais vous laisser, je ne voudrais pas être de trop.
Il lui envoya un clin d'œil auquel Pansy répondit par une grimace.
- Weasley, le salua-t-il en le contournant. J'espère que tes fêtes de fin d'année ont été bonnes.
- Plutôt, oui, merci.
Une fois derrière Weasley, qui ne le voyait pas, Drago regarda Pansy en mimant des gestes obscènes qui auraient pu la faire rire si elle n'était pas aussi pétrifiée.
Elle revint à elle quand Weasley s'éclaircit la gorge.
- Est-ce que je peux entrer ? lui demanda-t-il.
Sans mot dire, Pansy se déplaça légèrement sur la gauche pour qu'il puisse pénétrer dans son appartement.
Elle s'était rarement sentie si peu à l'aise dans son propre corps et dans son propre espace de vie. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire, ni même quoi penser. Elle se trouvait ridicule mais, en même temps, incapable de faire autre chose que rester plantée dans l'entrée.
Weasley lui rendit service en refermant la porte derrière lui et Pansy se dirigea vers la cuisine. Sans son regard sur elle, c'était plus simple.
- Tu veux un Negroni ? proposa-t-elle.
- Pas tout de suite. J'aimerais avoir les idées claires quand tu t'excuseras, histoire de m'en souvenir.
Pansy manqua de peu de lâcher son verre, qu'elle était en train de remplir. Enfoiré. Quel coup bas que de la mettre ainsi face à ses responsabilités… Mais, au moins, il lui donnait l'impulsion qu'il lui manquait.
- Je dois m'excuser pour quoi ? dit-elle en revenant dans le salon où Weasley s'était mis à son aise.
Assis dans le fauteuil préalablement occupé par Drago, il reposa sur le guéridon le cadre photo qu'il était en train de regarder.
- Il faut que tu sois un peu plus précis. Parce que, jusqu'à preuve du contraire, je t'ai remercié quand tu es venu me donner ce cadeau.
- Oui, justement, tu n'as fait que ça, lui rappela-t-il. Un merci froid, impersonnel, et…
- Que voulais-tu que je dise de plus, Weasley ?! Que je te saute au cou en te remerciant ? Que j'érige un autel à ta gloire ?
- Il faut toujours que tu exagères, déplora-t-il. Je dis juste que j'aurais aimé… je ne sais pas, un petit quelque chose en plus, mais j'ai été bête. Après tout, depuis que je t'ai tout dit à propos de mes enfants, il n'y plus ce "petit quelque chose en plus" entre nous, je me trompe ?
Pansy essaya tant bien que mal d'ignorer la pointe que ça venait de créer dans son cœur.
- Je sais que c'est délicat, reprit-il, et je ne m'attendais pas à ce que tu prennes bien la nouvelle, parce que ce n'est pas rien, quand même. Mais je pensais qu'on était au moins amis, ou un truc du genre.
Pansy soupira. Tout ce flou dans sa tête l'empêchait de penser convenablement. Alors, comme elle était plus douée avec des gestes qu'avec des mots, elle s'éclipsa dans sa chambre avant de revenir avec le cadeau qu'elle déposa sur les genoux de Weasley. Ensuite, elle se blottit contre les coussins du canapé.
Weasley hésita. Son regard interrogateur jonglait entre elle et les petits sucres d'orges sur le papier glacé. Il se décida à ouvrir le paquet au bout d'une minute qui sembla interminable à Pansy. Elle ne quitta pas des yeux ses doigts fins qui défaisaient l'emballage avec une précaution telle qu'on aurait pu croire qu'il voulait le réutiliser plus tard. Ses doigts qui l'avaient un jour touchée avec volupté, délicatesse, mais aussi avec force et désir.
Pansy essaya de calmer le feu sur ses joues. Ce n'était pas du tout le bon moment.
Lorsque Weasley découvrit le jeu vidéo, ses pupilles s'illuminèrent. Il regarda aussitôt le dos de la boîte avant de lever les yeux vers elle. On aurait dit un enfant le matin de Noël et si Pansy n'avait pas été aussi gênée, elle en aurait souri d'émotion.
- Tu sais que j'y ai joué pendant toutes les vacances avec Lee ? J'ai tellement adoré que j'ai songé à me l'acheter, mais tu m'as devancé. Merci beaucoup, Pansy. Comment as-tu eu cette idée ?
On aurait dit que toute leur conversation précédente n'avait jamais eu lieu. Qu'ils étaient simplement deux amis qui échangeaient leurs cadeaux de Noël avec un peu de retard. Pansy s'en sentit soulagée.
- Il paraît que tous ces trucs moldus deviennent à la mode chez les sorciers, répondit-elle en espérant qu'il croie à son mensonge.
- Si l'occasion se présente, on y jouera ensemble. Tu devrais aimer, c'est un jeu coopératif.
- Tu es sûr de vouloir jouer avec moi ? Je suis mauvaise perdante, je triche et j'ai tendance à accuser les autres pour mes erreurs.
- Rien d'insurmontable, dit-il avec un clin d'œil.
Et cette fois, Pansy ne put que sourire. Tout était simple quand il était là et qu'elle arrêtait de réfléchir. Elle avait quand même de la chance qu'il ne soit pas rancunier…
- Tu le veux, ce Negroni ? lui demanda-t-elle.
- Pas encore, tu ne t'es toujours pas excusée.
Pansy soupira avec, malgré tout, un léger sourire aux lèvres. Il était tenace… Rien d'étonnant de la part d'un ancien Gryffondor, finalement.
- OK ! céda-t-elle. Je suis désolée, je n'aurais pas dû agir ainsi. J'aurais dû te rouler une méga pelle quand tu m'as offert cette broche et te remercier dignement, si tu vois ce que je veux dire.
Weasley se mit à rire.
- Je n'en demandais pas tant, mais j'accepte tes excuses. Tu peux me le servir, ce Negroni.
- Bien, voilà quelque chose de sensé.
Pansy l'abandonna quelques minutes le temps d'aller préparer son cocktail. Depuis la cuisine, elle le vit reprendre le cadre photo qu'il regardait un peu plus tôt. Si cela avait été quelqu'un d'autre, elle aurait trouvé cela intrusif mais là, elle ne dit rien. Elle le laissa regarder silencieusement ce cliché de ses parents lors de leur mariage.
Elle ignorait si elle devait revenir sur le sujet de ses enfants, lui expliquer le fond de sa pensée, mais elle ne le fit pas. Elle préféra repousser l'échéance et ne pas gâcher ce nouveau départ.
Eh voilà !
Alors, ce bal ? Vous l'attendiez avec impatience, j'espère que vous n'êtes pas déç ? J'ai adoré écrire ce petit moment privilégiée entre Drago et Hermione, et cette promesse qu'il lui fait. C'est beau, non ?
Quant aux deux autres, ça avance aussi. Elle lui a présenté ses excuses et cela semble reparti sur des bons rails... Jusqu'à quand ?
J'ai hâte de lire vos reviews.
Du love pour vous, à mercredi !
