Désolée pour ce laps de temps assez long entre deux publications.

Il y a eu quelques évènements qui ont fait que l'écriture et les corrections ont été au ralenti...

Au plaisir de lire vos reviews!

ps : le chapitre 8 est à la correction!

"Comment oses-tu te pointer ici et demander une chose pareille ?"

Théodore serra la mâchoire. Il était dans une impasse depuis la veille, quand le directeur du service des Aurors l'avait convoqué dans son bureau. Les policiers moldus se rendaient compte de la "disparition" soudaine de criminels, tous ayant des profils similaires. Le directeur n'était pas un idiot et avait rapidement compris que ces personnes volatilisées avaient eu le malheur de croiser le chemin d'un sorcier. Théodore fut alors mis en garde : il devait trouver une autre solution, plus discrète, s'il voulait éviter les problèmes. Le directeur fermait les yeux, refusant de le dénoncer et ainsi nuire d'une quelconque façon à Harry Potter. Que dirait la population sorcière si elle apprenait que son héros était devenu une créature sanguinaire ? Ne pouvant plus offrir à Harry des proies humaines, Théodore devait se rabattre sur une autre solution pour trouver du sang frais. Il avait été naïf en pensant que son vieil ami Zabini l'aiderait.

L'ancien Serpentard à la peau d'ébène faisait les cents pas, furieux de sa requête. Ou plutôt de l'audace qu'il avait eu de venir lui demander un service. Blaise vociféra plusieurs insultes et continua à lui demander ce qu'il lui était passé par l'esprit pour formuler une telle chose. Théodore déglutit et garda le silence. Il savait que, parmi toute la promotion d'élèves de sa maison, il était celui qui s'en était sorti le mieux. Dès la disparition de Voldemort, nombreux d'entre eux ont été inquiétés par le Ministère : Drago, Goyle et Parkinson furent rapidement enfermés à Azkaban avec leurs parents, Blaise dut s'exiler à Salem pour finir ses études et n'était revenu que lorsque la horde d'avocats de sa mère avait réussi à prouver qu'ils n'avaient rien à voir avec les mangemorts. Même les Greengrass, pourtant favorables aux né-moldus depuis des années, s'étaient vu contraints de se faire discrets. Théodore ne devait son salut qu'à l'intervention de Madame Pomfresh, qui s'était soudainement insurgée en le voyant encerclé par des Aurors. L'infirmière les avait bousculés, baguette à la main, révélant à toute l'assistance que Théodore était battu par son père et qu'il n'avait clairement rien à voir avec les idéologies de son géniteur. Cela avait permis à Théodore de ne pas être inquiété par les semblants de procédures judiciaires, de passer ses examens et d'être accepté en École de Médicomagie. Beaucoup de ses camarades avaient vu cela comme une forme d'injustice. Injustice qui s'était transformée en trahison pour Blaise lorsque Théodore avait intégré le Ministère et le service des Aurors.

"Je n'ai pas d'autres solutions pour le moment," finit par se justifier Théodore. "Je paierai chaque fiole le prix qu'il faudra."

La colère de Zabini était telle qu'elle alerta ses employés. Chacun s'était retourné pour observer et écouter. Malgré son retour à Londres, Blaise n'avait pas réussi à redorer le nom de sa famille et les affaires de sa mère n'étaient plus aussi florissantes qu'avant. Son ancien camarade avait alors ouvert un type d'entreprise peu recommandable mais qui avait su tirer son épingle du jeu : une maison close en plein cœur de l'Allée des Embrumes. D'un petit établissement discret, son affaire était devenue l'une des plus fréquentées de la capitale. Théodore avait bêtement pensé que ses employés et lui seraient heureux de faire de l'argent en échange de fioles remplies de sang. Mais il avait légèrement oublié la rancune tenace de Blaise, ou même de n'importe quel Serpentard digne de ce nom. Le salon où ils se trouvaient était vide de clients mais la plupart des employés étaient présents, vaquant à leurs occupations, leur activité se faisait généralement à la tombée du jour. Deux employés vinrent vers eux, la femme obligeant son patron à se rasseoir et s'installant sur ses genoux, l'homme questionnant sur une telle agitation.

"Ce Veracrasse veut marchander avec moi !" gronda Blaise.

"Allons, chéri," susurra la femme. "Les affaires sont les affaires, tout argent peut être bon à prendre.

- Que voulez-vous ?" demanda l'homme.

"Des fioles de sang," répondit simplement Théodore. "Une fiole équivaudra à deux heures de travail.

- Venant d'un guérisseur, cela semble honnête," jugea la femme, en observant Théodore.

"Il veut du sang pour nourrir un Vampire…" rectifia Blaise.

Les deux employés grimacèrent aussitôt. Une agitation se fit brusquement sentir parmi les personnes présentes. Les Vampires avaient aussi mauvaise réputation que les loups-garous. Nourrir l'un d'entre eux, même indirectement, était une idée dégoûtante et choquante. Mais le prix proposé par Théodore n'était pas négligeable. Et puis, au milieu de ce tumulte, surgit une voix masculine, étrangement calme et déterminé : il était volontaire. Une onde de surprise électrisa l'assemblée, figeant chaque regard sur celui qui osait défier le patron. Ce dernier avait déjà refusé l'offre. De sa position, Théodore ne vit pas celui qui avait parlé. Il ne put seulement constater que les autres résidents semblaient agacés. Blaise se releva, bousculant la femme sur ses genoux. Encore une fois, il s'opposa à l'offre de Theo et déclencha le ricanement d'un des employés.

"Pour une fois qu'il peut rapporter de l'argent," maugréa une autre.

"Il n'est pas en état," se justifia Blaise, piquant la curiosité de Théodore.

"Il n'est jamais en état pour rien," se moqua un garçon aux cheveux bleus.

"Tu le surprotèges," remarqua une femme à la peau bronzée, levant les yeux au ciel.

"On est une maison close, soit il couche soit il dégage," gronda la femme que Blaise avait repoussée. "Deux semaines qu'il est là. Il n'a eu que deux clients que tu as jetés dehors. Depuis, personne ne veut coucher avec un type comme lui," remarqua-t-elle, acerbe. "Accepte au moins qu'il vende son sang ! Il ne sait rien faire de ses dix doigts et ne fait pas de magie. Pour une fois qu'il peut se rendre utile…

- Je peux payer plus," intervint Théodore en se levant de sa chaise. "Si cela peut contenter tout le monde, l'argent ne sera pas un problème.

- C'est un problème pour moi," rétorqua Blaise. Les employés se déplacèrent lentement alors que leur camarade s'avançait :

"Je veux le faire," affirma-t-il, d'une voix faible.

"Affaire conclue alors," annonça Théodore avant de se tourner pleinement vers celui qui pourrait l'aider à nourrir son invité.

Mais il déchanta immédiatement lorsqu'il reconnut l'employé qui se tenait au centre de la pièce. Le choc le saisit, une secousse brutale qui ébranlait ses certitudes. Il resta bouche bée face à la silhouette maigre et la peau trop pâle. Il jura sur le nom de Serpentard alors que l'autre jeune homme tendait son bras vers lui, le regard baissé.

"Quand je dis que c'est une très mauvaise idée," pestifera Blaise.

"Il est ma seule option," souffla Théodore, encore sous le choc.

"Tu es tellement devenu comme eux que tu ne savais même pas qu'il était sorti, hein ?

- Je l'ignorais. Si j'avais su, je…"

La réalité le frappait de plein fouet, la conscience aiguë de sa propre déchéance, de sa descente aux enfers morale. Et dans ce moment de vérité brutale, Théodore réalisa difficilement que le passé ne le laisserait jamais tranquille. Cette part d'ombre en lui ne se dissiperait pas totalement et continuerait de le hanter, influençant continuellement ses choix. Blaise et les autres avaient finalement raison : il leur avait tourné le dos, il avait oublié d'où il venait, il avait abandonné ses amis nés dans le mauvais camp pour rejoindre le camp victorieux de "la Lumière"... Il prenait et utilisait ses anciens camarades pour donner à son nouvel ami. Mais le passé revenait le hanter, réveillant d'anciens sentiments qu'il pensait disparus…

Harry s'avança silencieusement près de Théodore. Il avait immédiatement remarqué que quelque chose n'allait pas. Cela faisait deux soirs qu'il se réveillait sans une troisième présence humaine dans le château, sans aucune proie digne de ce nom à vider de son sang. A cet instant, l'odeur âcre de la fatigue enveloppait l'ancien Serpentard. Le guérisseur était affalé sur son canapé, les yeux fermés et les traits du visage tirés. Une grande fiole était posée sur la table basse devant lui. Légèrement inquiet, Harry s'assit délicatement sur le grand canapé. Il remarqua aussitôt que les vêtements de l'autre jeune homme portaient un agréable parfum. Est-ce qu'il avait vu quelqu'un ? Harry se demanda si ce rendez-vous s'était si terriblement passé et approcha sa main du visage de Théodore. Celui-ci sursauta en sentant la peau froide du Vampire se poser contre son front. Mais il garda les yeux fermés et grogna simplement.

"Tu ne vas pas bien", constata l'ancien Gryffondor.

"Ma journée a été un cauchemar," gémit Théodore.

"Est-ce la raison pour laquelle il n'y a pas de criminel au menu de ce soir ?" plaisanta Harry, dévoilant ses canines blanches.

"Le chef a compris que j'attrapais des moldus pour te nourrir, tu es à la diète jusqu'à ce que je trouve une meilleure solution.

- Merde… Tu vas avoir des ennuis ?

- Aucun ennui quand il s'agit d'aider le grand et adoré Harry Potter," ricanaThéodore en ouvrant les yeux. "Pour le moment, je peux te proposer du sang prélevé sur un sorcier…

- Et cette douce odeur sur toi ?" questionna Harry. "Il s'est parfumé pendant que tu le piquais ? C'est hyper glauque comme rendez-vous galant, non ?

- Pitié, tais-toi : je m'en veux tellement pour ce que j'ai fait aujourd'hui…

- Il n'était pas consentant ?

- Si mais… Pitié, disons juste que j'ai acheté ce sang et ne parlons plus de son origine. Bois."

Harry fut surpris du comportement de son hôte mais ne répondit pas, respectant la demande de Théodore et son état visible de contrariété et de fatigue. Il s'écarta de l'ancien Serpentard et prit la fiole dans ses mains. Lorsqu'il la déboucha, l'odeur enivrante qu'il avait sentie sur Théodore se décupla. Le Vampire eut alors une envie irrésistible de boire son contenu et poussa un long gémissement de plaisir tandis que le liquide rouge touchait à peine ses lèvres. Ce fut au tour de Théodore d'être surpris par une telle réaction. Il se tourna pleinement pour observer le Vampire qui affichait un air d'extase alors qu'il buvait l'entièreté de la fiole. Cela lui rappela brièvementun vieux souvenir : la fois où lui et ses deux meilleurs amis avaient appris à stocker leurs souvenirs dans une pensine et qu'ils avaient partagé quelques-uns qu'ils avaient en commun. L'un d'eux avait opté pour le moment où Théodore avait goûté pour la première fois aux friandises lors de leur premier Halloween à Poudlard. Le plaisir et la joie sur son visage étaient tels que Malefoy avait chapardé toutes les friandises de Goyle et Crabbe pour les lui offrir le lendemain. Théodore se souvenait même de la remarque de la douce Daphnée Greengrass : il était mignon quand il souriait ; et de la plaisanterie taquine du blond : il l'était encore plus lorsqu'il rougissait. Cette période était si lointaine…

"Je ne sais pas à qui est ce sang, et si c'est parce qu'il vientd'un sorcier, mais il est absolument divin !" s'enthousiasma Harry avant de tourner la tête vers Théodore.

L'ancien Gryffondor perdit son sourire en voyant des larmes silencieuses sur le visage de son ancien collègue. Il posa lentement la fiole et se déplaça pour se rapprocher de lui. Doucement, il lui demanda ce qui n'allait pas, lui précisant qu'il pouvait partir, quitter le pays et se nourrir autrement si son éthique était compromise. Théodore se sécha les joues, souriant faiblement, avant de répondre qu'il ne s'agissait pas de cela, qu'il était heureux de pouvoir l'aider.

"Ca c'est la réponse typique d'un guérisseur," sourit gentiment Harry. "Digne du meilleur guérisseur que je connaisse !

- Je ne suis qu'un usurpateur…

- Comment ça ?

- Médicomage, ce n'était pas mon rêve de gosse… C'était celui de Malefoy.

- Oh… Je me suis toujours demandé si vous étiez proches à Poudlard… Tu ne trainais jamais avec lui.

- Zabini et lui étaient mes seuls amis, je les aimais comme des frères. Drago… Ils étaient importants pour moi. Ils le sont toujours…

- Paraît que Zabini est revenu vivre à Londres y a quelque temps maintenant," fit Harry en posant sa joue sur le dossier du canapé. "Tu ne le vois plus ?

- Mon choix de carrière est… Une trahison pour lui. Je suis le seul à m'en être bien sorti, tu comprends, et je fais le métier que Malefoy fantasmait en secret.

- C'est pour ça que tu vis seul dans cet immense château, à ne jamais recevoir personne," comprit Harry. "Pour les autres Aurors, ton nom rime encore avec celui de ton père et de son allégeance. Pour tes anciens amis qui ne sont pas à Azkaban, tu leur as tourné le dos.

- Ils me manquent," souffla Théodore, las.

"Je retire ce que j'ai dit : je ne partirais pas," murmura Harry. "Je suis là, maintenant."

Théodore eut un faible sourire avant de changer de position. Le canapé était assez long pour lui permettre de s'allonger et de poser la tête sur les genoux de l'ancien Auror. Les mains d'Harry glissèrent dans ses cheveux, caressant son cuir chevelu et ses longues mèches châtains. Ils restèrent un moment ainsi, profitant chacun de leur nouvelle promiscuité. Puis Théodore leva les yeux et observa Harry. Il avoua alors qu'il souhaitait donner tout ce qu'il avait pour ne pas avoir le sang contaminé et ainsi pouvoir le nourrir. Les lèvres d'Harry s'étirèrent en un sourire amusé :

"Ca, c'est la réponse typique du meilleur guérisseur que je connaisse," dit-il. "Digne du meilleur guérisseur du monde !"

Le sourire de Théodore se transforma lentement en une expression plus joyeuse et amusée. Il souffla à quel point l'ancien Auror pouvait être "bête" mais garda son air heureux. Harry le trouvait beau alors qu'il semblait plus naturel et à l'aise. Et cette facette de l'ancien Serpentard plut au Vampire. Depuis qu'ils cohabitaient dans l'immense château, Harry avait appris à le connaître et l'autre jeune homme l'attirait de plus en plus, d'une manière presque inexplicable. Lentement, le Sauveur se pencha en avant, ses yeux fixant ceux du sorcier sous lui. Il lui laissait le choix. Il sentit alors le corps du guérisseur se cambrer et leurs lèvres se sceller. Les mains du Vampire continuèrent leurs caresses, l'une dans les cheveux doux de l'ancien Serpentard et l'autre sur la joue imberbe de celui-ci. Leurs bouches sesavourèrent alors avec plus d'empressement. Theodore finit par se redresser pour venir se placer à califourchon sur les cuisses de Harry.

Le Vampire poussa un grondement de satisfaction alors que le sorcier se faisait plus entreprenant. Le guérisseur attrapa les poignets de la créature de la nuit et les maintint sur le dossier du canapé, son bassin se plaquant contre le bas ventre excité de l'ancien Auror. Harry se laissa faire, avec une docilité mêléeà un certain amusement, tandis que Theodore commençait son exploration, sa bouche caressant la joue avant de descendre déposer des baisers le long de la mâchoire puis sur le cou pâle. Le Vampire gronda d'excitation quand il sentit les dents de l'humain mordre la peau fine de son épaule. Ils avaient tous les deux conscience que Harry pouvait briser le corps de Théodore en une fraction de seconde. Pourtant, le Vampire appréciait les initiatives du guérisseur. L'ancien Serpentard remonta ses lèvres vers l'une des oreilles de Harry et la mordilla doucement.

"Ta chambre," souffla soudain Théodore.

Le Vampire ne se fit pas prier pour l'emporter, fardeau aussi léger qu'une plume, jusqu'au lit à baldaquin, où ils basculèrent. Le Serpentard se retrouva sous le corps musclé du Gryffondor. Ce fut au tour de la bouche d'Harry de partir à la découverte de la peau de Théodore. Avec empressement, ildéchira sa chemise en soie puis fondit sur le torse lisse du châtelain. Harry l'embrassa, le lécha, le mordit légèrement. Sous lui, Théodore se cambra d'excitation. Le Vampire gronda encore en sentant les doigts de son amant s'enfoncer dans son dos. Il se redressa à genoux entre les cuisses du guérisseur et retira rapidement son tee-shirt. Les mains de Théodore vinrent immédiatement se plaquer contre sa peau, musclée par des années d'entrainements au Quidditch puis au combat. L'ancien Serpentard siffla, alors que ses doigts dessinaient les contours du griffon tatoué sur la poitrine de Harry.

"Il te plaît ?" susurra le Vampire.

"Ça te rend encore plus sexy… Adolescent, je voulais un tatouage pour faire rager mon paternel.

- Jaloux ?" question Harry, avec sarcasme.

- Un serpent sur le bras rappelait trop à l'époque ce que mon père voulait ce que je devienne," pouffa Théodore.

Harry eut un sourire carnassier, dévoilant ses canines parfaitement blanches et aiguisées. D'un geste habile, il continua de dévêtir son amant. Le pantalon vola dans la pièce avant de tomber négligemment sur le sol. L'ancien Auror siffla d'appréciation en observant la silhouette longiligne allongée sous ses yeux. L'excitation de Théodore était visible à travers le tissu noir de son sous-vêtement. Une bosse généreuse s'était formée et semblait appeler à la débauche. Ce fut au tour du guérisseur de gronder, jurant pour que son amant cesse de le contempler. Un ricanement s'échappa de la gorge du Vampire avant qu'il ne plonge une nouvelle fois vers lui. Ils s'embrassèrent à nouveau, leurs langues valsant alors que leurs mains caressaient, palpaient et griffaient tout ce qui était à leur portée. Les doigts d'Harry glissèrent sous l'élastique du dernier obstacle à la nudité de Théodore. Le tissu craqua et rejoignit les lambeaux de l'ancienne chemise en soie. Le Vampire se lécha la lèvre supérieure.

"Putain, je donnerais tout pour que tu me mordes," souffla l'ancien Serpentard. "L'inter cuisse ou l'aine, ça doit être si jouissif…

- Tu n'as pas très bon goût," lui rappela doucement le Vampire. "Mais je peux faire d'autres choses tout aussi excitantes. Là, par exemple, j'aimerais savourer une autre partie de toi."

Théodore couina en sentant son corps être subitement retourné contre le matelas. Allongé sur le ventre, il se cambra instinctivement pour offrir au Vampirele galbe de son postérieur. Il ferma les yeux en sentant les doigts d'Harry se poser sur sa peau, traçant d'anciennes lignes qu'il aurait tant voulu oublier. Pomfresh avait longtemps pris soin de lui mais ses capacités avaient leurs limites…

"Qui t'a fait ça ?" demanda doucement Harry.

"Mon géniteur.

- Je pensais que la médicomagie pouvait venir à bout de toutes les… Plaies.

- Rien ne peut effacer les traces de la magie noire, Harry.

- Alors c'est… C'est ce dont parlait Pomfresh lorsque les Aurors ont voulu t'emmener ?

- Entre autres…" acquiesça Théodore contre les draps. "Mon père me torturait durant les vacances mais elle… Elle devait aussi soigner les plaies que je m'infligeais.

- Tu te mutilais ?" questionna Harry, avec stupeur.

Ses doigts continuaient à courir sur la peau qui lui était offerte, caressant les cicatrices qui zébraient presque tout son dos et ses épaules. Ces marques, profondes et difformes, témoignaient du passé douloureux que l'ancien Serpentard avait enduré, des tourments infligés par la cruauté de son géniteur. Harry ressentit un mélange de compassion et de colère bouillonner en lui. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une profonde empathie pour son amant. Chaque cicatrice semblait raconter une histoire de douleur et de résilience, un rappel constant de la cruauté et de l'injustice qui avaient marqué la vie de Théodore. En même temps, une fureur brûlante montait en Harry, une indignation face à l'inhumanité dont avait fait preuve le père de son ami. Comment pouvait-on infliger de telles souffrances à son propre enfant ? L'idée que Théodore avait dû endurer de ces atrocités lui était insupportable, faisant naître en lui un désir ardent de justice. Pourtant, malgré la colère qui grondait en lui, Harry se concentrait sur l'instant présent, sur le besoin urgent de réconforter son ami blessé. Ses doigts continuaient leur danse apaisante sur la peau marquée, exprimant silencieusement sa compassion et son soutien inconditionnel à celui qui avait tant souffert.

"J'ai toujours aimé voir la souffrance, elle me fascine tellement. Pomfresh et Rogue disaient que ça venait de ce que j'ai en moi, que ce n'était pas ma faute.

- C'est pour cela que tu m'as toujours observé boire," comprit Harry.

"J'aime voir la souffrance. Mais je ne me résous pas à torturer pour le plaisir," confia Théo. "J'ai appris à obtenir satisfaction de ma propre douleur quand je ne peux pas assouvir certaines pulsions…

- D'où ton souhait que je te mordre."

Il s'était attendu à entendre de la peine ou de la pitié dans la voix du Vampire mais il n'y avait rien de tout cela. Théodore se redressa légèrement sur les coudes, tournant la tête pour plonger son regard dans celui du l'observait encore comme s'il était la chose la plus désirable et excitante qui soit. Ses lèvres étaient toujours étirées en un sourire de prédateur prêt à assouvir ses pulsions. La main droite de l'ancien Gryffondor glissa sur son dos jusqu'au milieu de ses omoplates. Théodore gémit en sentant un poids le forcer à se remettre contre le matelas alors que la seconde main de Harry lui soulevait les hanches.

"Ne bouge pas," ordonna la voix du Vampire. "Interdiction de te toucher ou de faire le moindre mouvement.

- Harry…

- Je vais te donner tout ce dont tu as besoin, Théo," lui promit l'ancien Auror. "Tu as pris si bien soin de moi, je vais te rendre la pareille".

Le guérisseur acquiesça et sentit brusquement une vive douleur sur ses fesses. La main de Harry venait de claquer contre le lobe gauche. « Pas bouger », lui rappela la voix soudainement autoritaire du Vampire. Le guérisseur gémit en sentant son cœur devenir fou dans sa cage thoracique. Ses mains agrippèrent les draps sous lui alors que celles d'Harry malaxaient sans douceur le galbe de ses fesses. Après un moment, l'excitation de Théodore l'amena à en vouloir plus, il poussa une plainte vocale, forçant Harry à lui demander ce qu'il voulait.

"Je veux tellement que tu me baises… Occupe-toi de mon cul…

- Je pourrais te manger mais tu dois demander gentiment," s'amusa l'ancien Auror dans son dos. Théo poussa un autre gémissement plaintif.

"S'il te plaît, Harry : j'aimerais que tu me manges le cul.

- Tes désirs sont des ordres."

Cette fois, le guérisseur gémit en sentant une chose humide et chaude glisser entre les lobes de ses fesses. La langue de Harry trouva son chemin sur sa peau sensible jusqu'à l'entrée de son intimité. Théodore tenta de rester immobile tandis qu'Harry léchait son anneau de chair, mais il reçut plusieurs claques sur les fesses pour avoir osé se tortiller d'excitation et de plaisir. Entre ses cuisses, Harry suçait, mordillait et léchait sa peau avec une avidité déconcertante. Théodore haletait et gémissait, se concentrant tant bien que mal pour ne pas jouir immédiatement contre les draps.

Bientôt, un doigt accompagna la langue de Harry contre son antre. Le guérisseur frémit à ce contact, avant de souffler qu'il en désirait plus. Son vœu fut rapidement exaucé lorsque le Vampire le pénétra lentement d'une phalange, puis d'une seconde. Harry ricana doucement, affirmant à haute voix que le cul de l'ancien Serpentard semblait être affamé et l'avalait sans problème. Théodore acquiesça en répondant qu'il prendrait en lui tout ce que Harry lui donnerait. Satisfait de cela, le Vampire embrassa tendrement la fesse du sorcier avant de se redresser. Il caressa à nouveau les fesses rondes de Théodore puis le retourna sur le dos.

"Je veux te voir prendre ton pied," annonça le Vampire en se plaçant entre les cuisses de Théodore.

L'ancien Serpentard hocha la tête tandis qu'Harry soulevait ses jambes et se positionnait. Le médicomage observa alors son amant cracher dans sa main et se masturber en quelques mouvements. L'instant d'après, le gland de son sexe était contre l'entrée impatiente de Théodore. Harry poussa, sentant l'anneau de chair peu préparé se dilater lentement. Le guérisseur gémit en sentant l'intrusion douloureuse. La douleur se mélangea au plaisir pendant que le sexe dur et épais du Vampire se glissait en lui. Les mains de Harry attrapèrent ses hanches tandis qu'il arrivait en lui jusqu'à la garde. Théodore ferma les yeux, s'attendant à des mouvements brutaux de la part du Vampire. Il hoqueta de surprise en le sentant au contraire bouger lentement dans son antre. Il jura en ouvrant les yeux, cherchant un contact visuel avec les prunelles cramoisies du Vampire. Harry le dominait de toute sa hauteur et souriait malicieusement.

"Tu as vraiment besoin qu'on prenne soin de toi," fit l'ancien Sauveur.

"J'ai besoin de tellement de chose, Harry, si tu savais…

- Je suis là maintenant."

Théodore acquiesça alors que Harry reprenait ses lents va-et-vient entre ses cuisses. Le guérisseur se laissa aller, s'abandonnant complètement au Vampire. Au-dessus de lui, l'ancien Gryffondor le caressait et l'embrassait avec une tendresse qui déconcerta Théodore. Jamais personne n'avait pris soin de lui, jamais personne n'avait mis ses besoins avec les siens… Des larmes silencieuses s'échappèrent des yeux de l'ancien Serpentard. Harry le remarqua et fronça les sourcils. Il craignit un instant d'avoir mal fait quelque chose mais l'odeur que son amant dégageait le rassura : Théodore pleurait de soulagement et de joie.

Petit à petit, les mouvements d'Harry s'accélérèrent. Il se pencha en avant, capturant les lèvres de Théodore pour un baiser plein de passion. Cette fois, le guérisseur osa bouger et s'agrippa aux épaules du Vampire. Ses jambes entourèrent son bassin. L'un contre l'autre, seuls les halètements et les gémissements de plaisir quittaient leurs bouches, se mêlant aux bruits obscènes du claquement de leurs peaux. La main d'Harry se glissa entre leurs deux corps, saisissant l'érection de Théodore pour la caresser au même rythme que ses pénétrations. Le corps du guérisseur se cambra sous lui. Théodore était au bout de ses limites mais quelque chose semblait le bloquer. Harry mordilla doucement son trapèze gauche avant de murmurer à son oreille :

"Jouis pour moi, Théo."

Ce fut alors comme s'il venait d'appuyer sur un bouton et de libérer le flot d'émotions du médicomage. Théodore atteignit brutalement son orgasme et jouit longuement entre ses doigts. Harry sentit les entrailles de l'ancien Serpentard se resserrer contre son érection et il éjacula à son tour. Foudroyé par son plaisir, Théodore était inerte sous lui, reprenant son souffle, la tête pleine des émotions qu'il venait de , Harry se retira et s'allongea à côté de lui, l'attirant dans une étreinte douce et réconfortante.

"Est-ce que tu vas bien ?" Demanda Harry quelques secondes plus tard alors que Théodore avait posé sa tête contre sa poitrine.

"Je crois que si ça continue comme ça entre nous, je finirai par être follement amoureux de toi…

- Est-ce une mauvaise chose ?

- Je ne pense pas…

- Alors nous n'avons qu'à continuer ainsi," fit Harry en souriant. "Dors, je reste là."