NDA 16/08/24 : Bonjour à tous et désolée du retard. J'avais prévu de poster hier, mais j'ai eu du monde surprise, et ensuite, je me suis perdue dans les méandres de mon esprit. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.
Voici les trois nouveaux passages dans la vie de Minerva. J'espère que ça vous plaira, merci d'ailleurs à ceux qui ont mit cette histoire en favoris ou qui la suivent. C'est très gentils. N'hésitez d'ailleurs pas à donner votre avis!
Octobre 1994
« Par tous les saints, Albus, ne me dites pas que vous allez laisser cela se faire ? » Hurlait Minerva en suivant le sorcier jusque dans son bureau.
« Je n'ai pas le choix, professeur McGonagall… » Répondit-il en s'arrêtant devant la statue d'ouverture.
« Pas le choix ? Faire concourir un étudiant de 14 ans dans un tournoi où seuls étaient autorisés les élèves majeurs, sous prétexte qu'une coupe magique l'a dit, vous appelez ça pas le choix ? » Sa voix grimpa d'une octave. « Mais vous êtes un sorcier compétent oui, ou non ? Monsieur Potter est bien trop jeune, retirez-le du tournois, personne ne vous en voudra ! »
« Minerva, comprenez-le, j'aimerais pouvoir le faire, mais les lois… »
« Ah ne recommencer pas là-dessus ! Vous et moi, nous savons très bien que vous ne les suivez que lorsque ça vous chante ! »
« Voyons, Minerva, c'est faux, j'ai toujours fait les choses dans les règles… »
La sorcière releva un sourcil, presque outrée qu'il la contredise ainsi, en sachant pertinemment que c'était tout le contraire. Elle inspira longuement, avant de venir essuyer ses lunettes avec froideur en utilisant un mouchoir de soie prit dans sa poche.
« Ecoutez-moi, bien, Albus. Les directeurs des autres écoles n'apprécient pas cela, pour eux, c'est vu comme un acte de tricherie… Mais ils n'ont aucune idée des risques qu'on fait prendre à un enfant qui n'a pas le niveau pour se battre. Les autres risquent déjà leur vie, en étant apte à se défendre. Monsieur Potter va juste y laisser sa peau parce qu'une seule fois dans votre vie vous aurez décidé de jouer selon les règles. » Elle replaça ses lunettes et se détourna de lui pour s'éloigner d'un pas vif.
« Minerva, attendez, voyons, ne dites pas cela… Je… » Et alors qu'il la rattrapait, trop vivement pour un homme de cet âge, elle fit volte-face, et darda ses prunelles émeraudes dans les siennes.
« J'ai mis un an, vous savez ? Un an à me remettre d'avoir abandonné cet enfant sur le pas de la porte d'une famille aussi ignoble. Vous m'avez convaincu que c'était la meilleure chose à faire, et j'avais fini par vous croire… » Elle vint poser son index sur le torse du sorcier, le faisant reculer.
« Mais depuis que le jeune Potter est arrivé Poudlard, vous ne cessez de le mettre en danger sans rien faire. Je suis au courant pour le fait que vous attendiez patiemment qu'il s'occupe de cette satanée pierre philosophale, et pour Sirius Black. Vous auriez pu éviter tout cela, depuis le début, et il aurait pu grandir dans une famille aimante qui puisse le protéger. Et maintenant, vous le condamnez à participer à ce tournoi parce qu'un stupide sassenach a voulu mettre le nom de ce gamin dans la coupe pour le faire tuer ! »
Elle gronda sourdement, et sa magie crépita autour d'elle, comme une menace à l'encontre du directeur. « J'aurais dû vous dénoncer depuis longtemps à la société sorcière de protection de l'enfance, mais je ne l'ai pas fait parce que je pensais que vous saviez ce que vous faisiez. Aujourd'hui, je le dis, et je vous le jure… Si Harry Potter perd la vie dans ce tournoi, ou se retrouve handicapé à perpétuité, j'enfoncerai cette satanée coupe de feu au plus loin de votre faciès jusqu'à ce que votre défunte sœur ne puisse même plus vous reconnaitre de l'autre côté ! »
Et sur ces menaces bien lourdes, Minerva se changea en félin tigré, et disparu dans le couloir suivant tout en feulant.
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Aout 1995
Minerva était attablée au 12 Square grimmaud, le coude sur la table, tenant sa tête comme si elle avait de nouveau une migraine de tous les diables causés par les paroles de Gilderoy Lockhart. Mais rien de tout cela. Non, la cause de sa migraine se distinguait dans le fait qu'elle possédait deux voix. L'une féminine, et l'autre masculine. Et que si cela continuait encore, l'animagus allait en prendre un pour taper sur l'autre.
La directrice des lions grimaça soudainement lorsque la voix féminine grimpa d'une octave pour agresser l'autre. Elle avait l'impression d'assister à un match de Tennis Moldu entre Sirius Black et la mère Weasley. Ils étaient ainsi depuis que le professeur Dumbledore et Arthur Weasley étaient passés annoncer qu'une ronde de détraqueurs auraient agressé Harry non loin de chez lui, et que ce dernier les ayant repoussés d'un sort devant moldu, il se retrouvait en procès.
L'espace d'une seconde, Minerva se questionna sur ce qui pouvait être réellement pire que le retour de Voldemort dans le monde sorcier. Et puis Molly Weasley augmenta le volume de sa voix pour se faire entendre par son ancien élève, et la sorcière sût ce qui était pire. Apercevant Severus à l'autre bout de la pièce, elle envisagea possiblement une porte de sortie, mais ce dernier lui fit signe qu'il s'en allait, et c'est un regard furibond qu'il prit au tournant.
Severus partit, Minerva resta à table, fixant son verre de whisky vide, presque hagarde, lorsque le professeur Dumbledore lui-même prit la parole en rentrant, donnant raison à la mère Weasley. Si elle n'écoutait pas au début, les propos des deux hurluberlus, elle ne pouvait s'empêcher de le faire avec les propos d'Albus… Et ces mots ne firent qu'un tour pour qu'elle-même s'en mêle.
Albus disait que Harry était trop jeune, et qu'il ne devait rien savoir de ce qu'il se passait ici. Que l'ordre gèrerait toute cette histoire, et que la partie liée à la prophétie devait disparaitre de leur vocabulaire le temps que le petit serait là. Inutile de dire que l'animagus tiqua fortement, avant de saisir son verre vide et de le frapper sur la table sèchement.
« Auriez-vous décider de vous recycler dans l'homicide, tous les deux ? Serait-ce vos anciens choix de vie qui vous aveugle ? »
Sirius, qui s'apprêtait à répliquer, se tourna vivement vers elle, ne sachant pas quelle opinion elle allait défendre, et hésitant à lâcher l'affaire s'il devait lutter contre trois personne.
« Vous désirez mettre au courant les plus jeunes, mais pas lui, sous prétexte d'une sécurité plus importante ? » Elle ricana. « Déjà, laissez-moi vous dire qu'il lui suffira de mettre un pied ici pour que Miss Granger et Monsieur Weasley ne lui racontent tout ce qu'ils savent déjà, et je ne parle pas des messieurs Weasley qui écoutent présentement notre conversation. »
Elle se releva ensuite et fit quelques pas en direction du directeur et de la mère de famille. « À force de le couver comme vous le faites, vous allez juste réussir à le faire tuer. Réfléchissez une seconde, s'il a été capable de vivre dans un placard à balais jusqu'à ses onze ans, puis combattre plusieurs fois Voldemort là où nous autres, nous trainons à suivre la route, ce n'est pas pour rien. Si au lieu de l'abrutir comme vous le faites avec vos niaiseries, vous lui enseigniez quelques connaissances utiles pour sa survie depuis le début, nous n'en serions pas là. »
« Merci Minerva, c'est ce que je me tue à dire ! C'est presque un homme maintenant, il a le droit de faire ses preuves et… »
« Je me fiche pas mal de vos idées machistes, Black, seule la survie de cet enfant et son bien-être me concerne. S'il est l'élu, comme vous le dites, vous devriez vous préoccuper un peu plus de son entrainement, et un peu moins de son infantilisation. Il a 15 ans désormais, et si vous vouliez le pouponner, c'était avant qu'il fallait le faire. Plus maintenant. »
Molly s'offusqua, plaçant ses poings sur ses hanches, avant de gonfler presque les joues pour répliquer quelques paroles sèches, qui coutèrent cependant la présence du professeur McGonagall à cette réunion.
« Ne me dites pas comment élever mes enfants, ni Harry. Vous n'en avais jamais eu, je ne vous permets pas de juger là-dessus, vous ne faites que les instruire ! »
Dumbledore tenta de calmer la colère Weasley, mais le mal était déjà fait. Minerva darda son regard sur la rousse replète, et prononça d'une voix presque semblable à celle de Severus. « Non en effet, je n'ai pas d'enfants. Mais vu votre comportement avec les vôtres, ces derniers n'ont qu'une grand-mère gâteuse en guise de génitrice. » Elle les salua alors tous, avant de quitter la salle à manger d'un pas rapide, passer la porte, et transplaner jusqu'à Poudlard.
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Mai 1996
Les yeux clos, la tête posée sur un oreiller blanc, et le nez frémissant à cause de tous ces produits aseptisant mit dans la pièce, Minerva réfléchissait. Elle pouvait comprendre qu'on s'inquiète à cause de son âge, ou des diverses attaques qu'elle avait reçues pendant qu'elle tentait de protéger Hagrid, pourchassé par ces crétins analphabètes du ministère.
Oui, elle comprenait la partie inquiétude.
Ce qu'elle ne comprenait pas, c'était pourquoi elle était forcée de rester ici encore une semaine, alors qu'ils avaient déjà pu constater qu'elle n'avait aucune séquelle laissée par les stupéfix, ni les coupures magiques lancées. Même Pomfresh avait dit que tout allait bien, alors pourquoi s'acharner à vouloir la garder en observation ?
Elle n'avait pas perdu de membres, elle n'avait pas de plaies béantes, ni de blessures profondes. Aucun de ses organes vitaux n'avaient été touché. Pire, même son pronostic vital n'avait pas été engagé. Elle était arrivée consciente, seulement quelques coupures, et cet imbécile de Trelawney disant qu'elle l'avait vu prendre trop de stupefix pour survivre. Comme accompagnatrice, on aura fait mieux.
Le résultat était là, bien visible. Elle était sanglée pour avoir tentée une seconde fois de s'enfuir sans demander son reste. Personne ne voulait la prendre au sérieux. Pas même Dumbledore, qui semblait presque prendre un certain plaisir à la voir calme et attachée à ce lit, sans pouvoir l'insulter copieusement. Oui, car depuis presque six ans maintenant, elle ne cessait de le remettre en question, et elle voyait bien qu'il n'appréciait pas la chose du tout.
Il avait même eu le culot de dire qu'il était rassuré de la voir ainsi prise en charge. Inutile de dire qu'elle avait eus très envie de lui assener un sort de son cru dans le faciès. Heureusement, quelqu'un était venu rattraper la chose. Quelqu'un qui pourtant, était de plus en plus mal vu dans l'ordre depuis cette histoire de prophétie et l'attaque du ministère. Mais Minerva n'avait jamais aimé les « on dit » et savait très bien ce que valait la personne qui lui faisait face.
« Des nouvelles intéressantes ? Dites-moi que je peux sortir d'ici, Severus… » Demanda la sorcière.
« Hormis le fait que le directeur a signé à votre place pour que vous restiez encore un moment, et une dizaine de retenues pour vos élèves, rien… » Un soupir lourd, proche d'un grognement, franchit les lèvres de la directrice des lions.
« Celui-là… Dès que je sors, je lui en colle une à la moldu… Peu distingué, mais qu'est-ce que ça fera du bien ! »
« Vous les écossais… » répondit narquoisement Severus.
« Vous n'êtes pas mieux, vous les gallois… » Et elle eut un demi-sourire avant de soupirer. « Il faut que je sorte d'ici… Par tous les moyens… »
Il y eut un rire presque sardonique, avant de reprendre. « Je peux peut-être vous aider… Il faudrait juste que vous parveniez à atteindre le rez-de-chaussée sans que d'autres médicomages grassement payé par notre directeur ne vous repèrent… à partir de là, je pourrais me charger de signer la décharge de votre départ sans qu'on ne puisse rien en redire, et vous repartiriez avec moi pour Poudlard… » Le rire blasé de la lionne retentit, avant qu'elle ne tourne les émeraudes qui lui servaient de prunelles vers lui.
« Et je vous devrais quoi en échange… ? » Un silence s'en suivit, avant qu'il ne lui demande qu'un jour, elle concède à lui rendre service dans la mesure du possible, et sans se poser de question. Elle n'avait pas hésité, et sa parole était d'or. Severus lui fit donc signe que l'heure des visites était terminée, et qu'il l'attendait en bas sous une heure.
Cependant, alors qu'elle s'apprêtait à prendre la poudre d'escampette lorsque son infirmière personnelle vint lui apporter une potion tranquillisante, on l'arrêta… Deux médicomages vinrent la maintenir sur son lit, assise, pour qu'elle boive sagement. Mais elle ne réfléchit plus. Et si d'abord, elle tente de se débattre… C'est une déferlante de magie qui s'exprime ensuite. Les sangles sont explosées à coup de sortilèges de métamorphose sans baguette, et elle parvient à neutraliser les trois sorciers qui voulaient la garder ici, toujours sans baguette.
Fatiguée et surprise d'être parvenue à ce résultat, elle s'empare de la baguette de l'infirmière, et appelle la sienne d'un accio, avant de laisser celle qu'elle a emprunté sur le sol. Elle se changea ensuite en félin, et rejoignit au pas de courses, le potioniste, qui l'attendait, papiers signés, avec une parfaite imitation de la signature du directeur, et visiblement, du polynectar sous la main…
C'est donc avec l'aide d'un Severus complice, que Minerva quitta Ste Mangouste au nez et à la barbe de tous, y compris son propre employeur.
