Hello pardon pour le retard monstrueux, je n'ai pas d'excuses..

Athina: non je n'ai pas abandonné et je ne compte pas abandonner cette histoire, seulement je suis en panne totale d'inspiration... J'ai une trame, un fil conducteur deja tout tracé mais il est plus simple de l'imaginer que de le mettre par écrit hehe. Merci en tout cas pour tes encouragements ça boost mine de rien!

Bonne lecture !

CHAPITRE 16:

Les premières lueurs du jour perçaient l'horizon, Thranduil était posté devant l'entrée principale, accompagné du seigneur Celeborn et de la dame Galadriel. Ils venaient accueillir le prince Legolas accompagné du reste de la troupe. Ils avaient mis un peu plus de temps que prévu et il s'impatientait désormais. Le roi n'avait pas dormi, il n'avait fait que ressasser ce qu'il s'était passé la veille avec son elleth.

Giselle était une elleth bien trop têtue, elle avait préféré choisir sa solution barbare plutôt que de risquer d'avoir un enfant. "Je ne reviendrai pas dans ton royaume" avait-elle osé lui répondre. Il était certain maintenant qu'elle était sincère. Elle aimait trop sa liberté pour se laisser dicter sa conduite. Même s'il appréciait cela, il était hors de question qu'elle lui échappe, elle était un baume à son coeur, lui permettait d'être bien moins négatif et lui apportait essentiellement du bonheur sans contrepartie… elle ne demandait rien, ni rang, ni une place importante au royaume, ni un mariage.. rien qui puisse l'aider à une quelconque ascension.

Le son des cors se fit entendre, interrompant le roi dans ses pensées. Il put apercevoir le prince en tête de file qui fut chaleureusement accueilli par le seigneur Celeborn.

– Mae govannen ernil Legolas. Allez-vous bien ? Votre voyage a-t-il été agréable ? S'enquit le seigneur.

Legolas descendit gracieusement de sa monture en flattant son encolure.

– Bien merci. Nous avons rencontré un warg sur le chemin, mais bien vite maîtrisé. Fit fièrement le prince.

Le seigneur Celeborn fronça légèrement les sourcils. Il ordonna alors d'envoyer une patrouille aux alentours, afin de s'assurer qu'il n'y en ait pas davantage.

– Nous allons vous escorter jusqu'à votre talan, votre voyage a dû vous fatiguer. De plus nous préparons, pour votre venue ainsi que celle du roi, un festin digne de ce nom. Il vous faut être en forme. Fit gentiment Celeborn sur un ton des plus enjoués.

Le prince acquiesça d'un hochement de tête et s'avança vers Thranduil qui l'attendait, totalement impassible. Son visage était indéchiffrable, il n'osa pas lui poser la moindre question au sujet de Giselle.

Adar. Fit-il un poing sur le coeur.

Thranduil imita son geste.

– Je souhaitais te questionner sur le retard de la troupe, mais ma question a trouvé sa réponse. Cette bête a-t-elle blessé quelqu'un ? S'inquiéta brièvement le roi.

– Comme je l'ai dit, nous l'avons bien vite maîtrisé. Mais il n'y a aucune garantie sur le fait qu'elle ait été seule. D'autres se cachent sûrement non loin.

Le roi mit un temps avant de répondre, semblant réfléchir un instant.

– J'accompagnerai la patrouille de chasse. Un peu d'exercice me fera le plus grand bien. Termina-t-il froidement.

Et il comprit. Son père n'était pas de bonne humeur, il n'en savait pas la cause exacte. Il savait que cela était en rapport avec ce qu'il s'était passé dans la forêt mais il n'en savait guère plus. Il n'osait pas le lui demander et encore moins déranger Giselle en abordant un sujet délicat.

Repose-toi, ion nîn, ton chemin a été long et fatigant. Nous nous verrons au banquet ce soir. Il se détourna et s'éloigna.

Legolas afficha un air demi inquiet. Il espérait en apprendre davantage. Voir son père si renfermé ne le rassura pas. Il suivit l'escorte jusqu'au talan qui lui avait été attribué. L'elleth lui céda le passage à l'arrivée et lui demanda s'il avait besoin de quelque chose en attendant l'heure du banquet. Il la congédia poliment en affirmant qu'il avait seulement besoin de repos.

Il se dirigea vers la salle de bain afin de détendre ses jambes endolories dans un bon bain fumant. Il se relaxa une bonne heure, se vidant l'esprit rien qu'un instant.


L'heure du banquet approcha et Giselle était nerveuse. Elle allait officiellement rencontrer le seigneur Celeborn et la dame Galadriel, elle n'avait pu être proprement introduite à son arrivée, à cause de ce contretemps fâcheux. De plus, elle était entourée d'elfes qu'elle ne connaissait pas. Déjà que les elfes sylvestres ne la portaient généralement pas dans leurs coeurs, alors ceux-ci… elle appréhendait beaucoup cette rencontre.

Et que dire de Thranduil ? Elle avait encore plus le trac de le voir. Leur dernière entrevue n'était pas des plus joyeuses et elle n'avait certainement pas changé d'avis concernant leur dispute et elle doutait que le roi ait changé d'opinion. Mais après tout, il n'avait rien à dire, il s'agissait de son corps, c'était facile pour lui, il n'avait pas à passer des mois à porter un être, il n'avait qu'à l'accueillir et basta. Et puis il fallait qu'il intègre qu'elle ne venait pas de leur monde et qu'elle ne se laisserait pas faire comme une gentille elleth obéissante qui dirait oui malgré son désaccord, juste pour faire plaisir à un homme. Plutôt être seule que de se plier aux quatres volontés d'une autre personne.

Des coups à la porte la firent sortir de ses pensées. Elle se déplaça directement, prenant une grande inspiration avant d'ouvrir la porte. Elle fut surprise de trouver Lelion le guérisseur. Alors Thranduil ne l'avait pas coupé en deux ? Bonne nouvelle.

– Tiens, Lelion. Que me vaut ce plaisir ? Fît sincèrement l'elleth.

– Bien le bonjour wen Giselle, j'espère ne pas vous déranger. Fit-il poliment.

– Du tout, j'angoissais bien trop toute seule dans ce talan.

– Vous angoissez ? A quel propos ?

– Ce fichu banquet. Si je pouvais m'abstenir et me faire livrer mon repas ici, ce serait le rêve. Elle sembla réfléchir un instant. Cette option est envisageable vous croyez ?

– Hélas non je le crains. Admit-il. Mais pourquoi angoissez vous ? Qu'y a-t-il de mieux qu'un bon repas animé de musique et de chants ?

– C'est sûr que vu comme ça.. gloussa l'elleth. Je ne souhaite juste pas voir certaines personnes, en plus je ne suis pas très appréciée en général. Elle avait détourné le regard de l'ellon en prononçant sa dernière phrase.

Il fronça légèrement les sourcils, qui craignait-elle exactement ? La dame de lumière ? Il est vrai qu'elle pouvait être étrange et intrusive mais… Giselle côtoyait quotidiennement le roi Thranduil, qui était bien plus intimidant que… n'importe qui.

– Dame Giselle, si je suis venue à vous ce n'était pas pour parler du banquet. Il prit une grande inspiration. Je suis venue vous présenter mes excuses, je n'aurais jamais dû vous parler ainsi de.. certaines méthodes quant à votre récent incident. Cela était déplacé de ma part.

Giselle haussa les sourcils. Il était sérieux ?

– Vous plaisantez ? Ce n'est pas à vous de me présenter des excuses mais bien à moi de vous remercier chaleureusement. Vous ne savez pas à quel point vous me sauvez la vie. Tout ce stress s'envolera dès que je pourrais m'en procurer.

Elle marqua une courte pause.

– C'est à cause du roi ? Dites moi qu'il n'a pas osé vous faire une leçon à la con je vous en supplie, si c'est le cas je vais l'étriper moi même !

Le guérisseur était choqué des paroles de l'elleth, il ne pouvait croire ce qu'il venait d'entendre.

– Giselle ! Vous ne pouvez parler ainsi du roi des elfes !

– Je m'en tape !! Son ton s'éleva. Répondez-moi: qu'est-ce que le roi vous a dit ?

– Cela importe peu, sachez simplement que cela ne se reproduira plus. Il s'inclina légèrement et tenta d'entamer sa marche retour lorsque Giselle lui attrapa vivement le bras.

– Vous en avez, n'est-ce pas ?

– Comment ?

– Cette chose miracle, vous en avez pas vrai ?

Ses lèvres se mouvaient, tentant désespérément de dire quelque chose mais aucun son ne put sortir de sa bouche. Giselle sourit. Sa solution miracle était proche. Le guérisseur détenait ce dont elle avait désespérément besoin.

– J'en veux. Lâcha-t-elle.

– Il en est hors de question ma dame, je ne peux aller contre les ordres de mon roi. De plus, vous n'en avez pas besoin, votre santé n'est pas en danger, cette fausse couche ne vous a pas endommagé de quelque façon que ce soit. Vous pourrez avoir de beaux enfants sans quelconque problème.

– Justement ! Je n'en veux pas. Et puisque c'est mon corps, c'est MA décision, il est hors de question que je vous laisse me barrer la route. Vous êtes la seule chose qui se tient entre moi et cette solution miracle. Je vous suggère de ne pas vous mettre en travers de mon chemin, j'ai passé des mois et des mois dans un stress atroce, qui s'est révélé bien plus que justifié. Alors ce n'est sûrement pas un simple ellon qui va m'empêcher de vivre comme je le souhaite, sans vous offenser bien sûr..

Giselle n'avait pas lâché Lelion des yeux une seule seconde durant son monologue. Il était même sûr qu'elle n'avait pas cligné des yeux une seule fois. Il pouvait sentir toute sa détermination, et devait avouer qu'il la comprenait totalement. Cette potion n'était plus aussi taboue qu'elle l'était fut un temps. La terre du milieu appartenait désormais aux hommes et certaines coutumes elfiques n'avaient plus leur place dans ce monde. Il pensait, lui aussi, que les ellith avaient le droit de choisir. Après tout, c'était elles qui donnaient naissance, c'était donc à elles de choisir.

– Et que faites-vous du roi ? Se risqua-t-il.

– Lorsque le roi pourra porter des enfants et les faire naître, il fera ce qu'il voudra… en attendant que ce jour arrive, c'est a dire jamais, je suis la seule à décider. C'est clair ?

– Très clair oui… mais je ne peux évidemment pas vous amener avec moi chercher ce que vous désirez.

Il fit tomber quelque chose qui ressemblait à ce que Giselle identifiait comme étant une clef.

– Je peux cependant vous certifier que cela ne se trouve pas dans la salle des guérisseurs sur la deuxième étagère à droite. Et qu'il ne suffit que de trois gouttes une fois par semaine. Je vous souhaite tout de même une bonne soirée. Il s'inclina et partit.

Giselle sourit et ramassa rapidement la clef tombée "accidentellement" au sol. Elle remercia mentalement Lelion. Elle était très étonnée de l'aide de l'elf. Ils n'étaient donc pas tous aussi cul serré que le roi.

Elle devait faire vite, le banquet était dans moins d'une heure et elle souhaitait mettre la main sur son précieux dès ce soir. Elle se dirigea vers la salle des guérisseurs, sur ses gardes.


Thranduil faisait les cent pas dans son immense talan. Il aurait tellement aimé que Giselle soit avec lui.. Non. Cette petite impertinente ne méritait pas de dormir avec lui après ce qu'elle lui avait dit. Elle ne méritait même pas qu'il pose les yeux sur elle. À moins qu'elle ne change d'avis bien entendu. Il savait de toute façon qu'elle ne trouverait pas ce qu'elle cherchait ici, et qu'elle viendrait ramper devant lui sous peu. Elle n'avait ni attache ni famille dans ce monde, par conséquent, elle lui appartenait.

Elle allait bien vite le réaliser, en attendant, il décida de ne pas lui donner la moindre importance lors du banquet. Pas avant qu'elle ne lui présente ses excuses.

Il enfila finalement ses bottes afin de finir sa tenue et sortit en direction du banquet.


Giselle ferma sa porte après s'être préparée… enfin… après que les servantes ne l'aident à se préparer. On lui avait fait porter une robe bleue. Partant d'un bleu ciel au bustier jusqu'au bleu presque ocean en bas de la robe. Toutes ces nuances de bleu rendait la robe si douce et légère. Les manches étaient longues mais elles étaient ouvertes, laissant les bras de l'elleth nus lorsque celle-ci les leva. Elle trouva cela pratique, elle éviterait au moins de salir ses manches en mangeant. Quelques finitions argentées venaient finir cette robe presqu'irréelle.

Elle avait pris soin de cacher la clef dans son bustier, espérant pouvoir la rendre à Lelion dans la soirée. Elle avait également fait attention à cacher sa potion dans un tiroir, enroulé dans un tissu. Sa mission d'infiltration n'a pas été sans mal, elle avait croisé plusieurs elfes qui l'avaient soit salué, soit regardé curieusement. Elle ne savait pas si c'était son attitude qui l'avait trahie ou bien s'ils étaient au courant de qui elle était. Il fallait dire que son arrivée ici n'était pas des plus discrètes. Mais elle avait tout de même réussi à prendre le flacon. Il était assez gros elle devait l'admettre, elle devait en avoir pour toute une année au moins, voir plus. "Seulement trois gouttes par semaine" avait dit Lelion, encore plus pratique que la pilule contraceptive qu'elle prenait sur Terre.

Elle s'avança finalement vers le banquet et espéra que son manque d'enthousiasme ne se verrait pas trop. La salle était magnifique, un lustre immense trônait au-dessus du banquet, les couleurs variaient entre le vert d'eau, le bleu et le lilas. Des couleurs assez froides mais qui donnaient une touche féerique à l'endroit. Tout le monde était si élégant.. une fois de plus la brune ne se sentait pas à sa place. Elle ne savait si c'était l'endroit en lui même mais les ellyn et ellith avaient l'air encore plus inhumains qu'a Eryn Lasgalen.

Giselle aperçut le roi en s'avançant davantage vers le banquet. Il était magnifique comme à son habitude… Il était vêtu d'une tunique argentée au reflets bleu, son pantalon et ses bottes harmonisaient la tenue. Une tiare en argent sertie d'une pierre bleue ornait son front, soulignant sa royauté. Giselle se dégoûtait elle-même de le mater de la sorte. C'était un con et il ne méritait même pas son attention, s'il pensait qu'elle allait faire le moindre effort ce soir il se mettait le doigt dans son magnifique oeil bleu azur. De toute façon, il n'avait même pas l'air de l'avoir remarqué. Elle s'avança finalement vers le banquet et s'assis, elle remarqua immédiatement qu'elle était assise en face de Thranduil, qui n'avait levé que furtivement les yeux vers elle sans y prêter plus d'attention. "Eh ben… La soirée va être longue" pensa l'elleth.


A suivre…