Cher journal,
J'ai une excellente nouvelle : ma Tante Philips organise un bal. Maman est un peu moins surexcitée par cette nouvelle que lorsque la milice était à Meryton mais elle était tout de même contente d'avoir un divertissement digne de ce nom.
C'est la première fois que nous irons à un bal toutes les deux ensemble. Imagine, cher journal, qu'avant nous étions cinq filles Bennet à y aller toutes ensemble.
Nous étions toujours présentées ainsi : "les cinq filles de Mr Bennet" et souvent les hommes s'arrêtaient au visage de "Miss Bennet" et ne regardait plus personne d'autre.
La beauté de Jane a toujours été mise en valeur par Maman et par nos voisins.
Pendant le bal, l'exubérance de Lydia et Kitty les mettaient, bien sûr, au premier plan et elles dansaient tout le temps.
Lizzie, elle, était appréciée pour sa conversation ou alors elle discutait avec ses amies : Miss Lucas en tête.
Et Moi ? me diras-tu cher journal.
Et moi, je jouais au piano.
Une salle de bal n'est pas, tu l'imagines bien mon cher journal, un endroit où je peux parler des livres que j'ai lu (et malheureusement peu de nos voisins ont lu suffisamment pour pouvoir me répondre lorsque je parle d'un livre) et j'essayais donc d'attirer l'attention en montrant à quel point je joue bien du piano.
Mais, si tu avais déjà assisté à un bal, tu saurais que les danseurs font rarement attention aux talents des pianistes.
Et, que cela était souvent peine perdue.
Ils dansent et regardent à peine ceux qui jouent de la musique.
Et, biens des pianistes médiocres voulaient jouer au piano. Quel dommage de ne pas avoir de vrai amateurs de musique ici.
Alors, est-ce que je regrette le temps où j'étais accompagnée de mes sœurs dans les bals ? Je me targue d'être toujours honnête dans mes paroles et dans mes écrits et je répondrai donc : Oh non, mon cher journal !
Je reprends la plume quelques jours après mes écrits pour te donner les derniers détails concernant les modalités du bal.
Comme tu le sais, depuis que mes sœurs sont parties, nous avons beaucoup moins de dépenses et il reste un peu plus d'argent chaque fin de mois. (Je sais que c'est mal de parler d'argent mais à toi je peux tout dire, cher journal.)
C'est, donc, avec espoir, que j'ai demandé à Maman si je pouvais avoir une nouvelle robe.
Si tu te souviens de mes résolutions, mon cher journal, cela ne te surprendra pas.
J'ai posé la question au dîner et même Papa m'a regardée avec étonnement.
Il est vrai que si je me déplace souvent pour aller à la bibliothèque de prêt ou si j'achète parfois des livres, j'utilise rarement de l'argent pour m'acheter quelque chose d'aussi futile qu'une robe.
Maman a dit oui et a déclaré que nous irions dès le lendemain.
Je pense qu'elle avait très envie de sortir et quoi qu'en dise ou en pense Papa, elle aime toujours autant mettre en valeur une de ses filles.
Nous avons, donc, choisi une robe simple et élégante. Une robe à mon goût.
Il faut dire que ayant peu eu l'habitude de danser, je voulais une robe avec laquelle je serais à l'aise.
Je pense que coiffer et habiller aux bons soins de Grace, notre femme de chambre, je serais assez jolie.
Cher journal, je vais essayer de laisser le piano à d'autres lors du bal et même si la musique n'est pas parfaite, j'éviterais de m'y asseoir.
Lors du prochain bal : je veux danser !
Cher journal, encore une fois, je reprends la plume pour t'annoncer une nouvelle (même si je n'ai guère de temps pour m'épancher, Maman m'attends), Edward Lucas m'a demandé de danser les deux premières danses avec lui !
Te rends-tu compte, cher journal ?
Un de mes premiers objectifs est déjà atteint !
