Cher journal,

Me voici à quelques heures du bal.

Jamais, je n'ai été aussi impatiente d'aller à un bal et jamais je n'ai autant souhaité aller chez ma Tante Philipps.

Jamais, Jamais, Jamais.

Me croiras-tu, cher journal, si je te dis que je n'ai pas réussi à jouer une seule de note musique depuis ce matin et que je n'ai pas pu lire une seule ligne ?

Eh oui, moi qui n'ai jamais supporté l'oisiveté, je me suis retrouvée à ne rien faire une bonne partie de la matinée.

J'étais simplement en train de penser à cela : danser, danser, danser, danser, danser, danser, danser, danser, danser,...

Je pourrais continuer sur des lignes et des lignes mais je crois que tu as compris l'idée.

J'ai tellement envie de danser que j'ai l'impression que les heures ne défilent pas. J'ai l'impression que jamais ce bal ne viendra alors que le bal est dans trois heures.

Je descends régulièrement dans le salon pour vérifier l'heure et j'ai l'impression que les aiguilles sont cassées.

Je suis impatiente.

Dans combien de temps pourrais-je décemment demander à Grace de m'aider à m'habiller ? Bientôt, je crois.

Cher journal, je reprends la plume juste avant de partir à Meryton.

Je suis coiffée et habillée et je ne cesse de contempler ma robe. Jamais je n'ai tant regretté de ne pas avoir eu le temps d'apprendre le dessin (c'est l'une des rares choses que je n'ai pas apprises)..

J'aimerais te dessiner ma robe pour et ma coiffure pour que tu juges par toi-même.

Grace m'a dit que j'étais très jolie lorsqu'elle a fini. Je ne sais pas si elle dit vrai. Je ne sais pas si on me le dira lors du bal mais j'ai hâte de le savoir.

Oh mon cher journal, je ne peux m'empêcher de te raconter ce merveilleux bal alors que je suis fatiguée.

Je reviens du bal comme tu peux t'en douter.

Je dois te dire que, en début de soirée, ma Tante Philipps a mis mes nerfs à rudes épreuves lors de notre arrivée à Maman et moi.

Tout d'abord, elle a tenu à me présenter le clerc de mon Oncle Philipps. Il s'appelle Thomas O'Brien.

Et, elle a insisté sur les mariages récents de Jane, Lizzie et Lydia. Elle a parlé de la beauté de Jane et de la fortune et de l'influence de Mr Darcy en des termes vraiment élogieux.

Puis, elle a, enfin, parlé de moi.

De loin, je voyais la Famille Lucas arriver. Maria, la sœur de Charlotte Collins, assistait à son premier bal et elle regardait avec émerveillement les danseurs. Et, Edward se tenait à côté d'autres hommes.

Tu sais, cher journal, que ma Tante Philipps a failli me faire commettre un impair. Elle a demandé à Thomas O'Brien de m'inviter à danser pour les premières danses et j'ai, donc, répondu que j'avais déjà été retenu pour ces premières danses.

Elle a eu l'air un peu surprise et a arrêté de parler pendant au moins deux minutes.

Lorsque les danses ont commencé, Edward est venu vers moi et nous avons dansé. Il est très bon danseur et nous avons parlé de musique.

Il m'a surpris en m'annonçant qu'il aimerait rentrer dans l'armée : il est vrai que la Famille Lucas n'a pas de fortune et qu'il doit, donc, se choisir un métier.

Nous avons passé un très joli moment ensemble.

Ensuite, Thomas O'Brien m'a invité, puis, un jeune frère d'Edward m'a invité. J'ai ensuite encore dansé avec deux cavaliers quand Edward m'a dit être surpris que je ne veuille pas jouer au piano.

Je lui ai répondu, comme il se doit, que les différents pianistes avaient été très bons et que je ne voulais pas succéder à d'aussi bons musiciens. Je t'avoue, cher journal, que c'était un mensonge de pure forme : nos voisins ne sont malheureusement pas aussi bons qu'il le faudrait pour un tel bal.

Et, Edward Lucas a insisté pour m'entendre jouer. Malgré le souhait que j'avais émis il y a quelque pages, je me suis dit qu'il fallait que je m'exécute.

J'ai joué et, tu le croiras ou non, Edward est resté près du piano et n'a invité aucune danseuse tout le temps où j'ai joué.

Mon cher journal, c'était vraiment une merveilleuse soirée.