Mon cher journal, cela fait une semaine que je suis fiancée.

Te rappelles-tu ce que je te disais au tout début de ce carnet ? Je voulais absolument être fiancée. C'était mon but et bizarrement maintenant que cela est arrivé, je ne me sens pas aussi heureuse que je ne l'aurais cru.

Je pensais que mes fiançailles seraient synonymes de bonheur intense.

C'est ce que disent tous les manuels.

J'espère que lorsque je serai mariée, je serai plus heureuse que cela.

Voilà que je philosophe sur le bonheur…

Il faut dire, mon cher journal, que je rends visite à ma Tante Philipps ce matin et que je n'en ai pas très envie.

Cela me met un peu de mauvaise humeur pour ne rien te cacher.

Je sais : il faut pardonner et avancer. Je vais y aller avec le sourire et en apportant un petit panier de victuailles.

Espérons que la visite se passera mieux que la dernière fois.

A tout à l'heure, mon cher journal. Heureusement que je t'ai à ma disposition pour dire tout ce que je n'ose confier à personne.

La visite est finie, mon cher journal.

Et, je dois te le dire, même si ce fut pas pire que la fois précédente, cela ne s'est pas très bien passé.

Ma tante Philipps était seule ce matin et je lui ai donc offert le panier que j'avais préparé. Elle m'a remercié du bout des lèvres.

Elle a posé énormément de questions sur Edward et sur notre prochain mariage.

Malheureusement, je n'avais que peu de réponses à lui fournir.

Je sais qu'Edward va bientôt partir mais j'ignore quand exactement. Dans une semaine, je pense.

J'ignore combien de temps vont durer nos fiançailles et je ne sais pas encore quand la cérémonie sera célébrée.

J'ai répété à maintes occasions que nous attendions qu'Edward se fasse une situation et qu'il gagne suffisamment d'argent pour que nous puissions nous établir sereinement mais ma Tante ne cessait de me demander des dates, des périodes,... On aurait dit qu'elle pensait que je cachais quelque chose.

Si elle savait, que je suis la première à me poser toutes ces questions et que ces questions ne cessent de tourner et de se retourner dans ma tête. Je n'ai aucune réponse. Et, je pense qu'Edward n'en a pas davantage.

Il y a beaucoup trop d'inconnus pour que nous puissions annoncer une date.

Heureusement, encore une fois, Maman était là.

Et, elle a déclaré que, dans dix-huit mois, je serais mariée.

J'ignore si c'est un vœu, un mensonge ou une prédiction.

Connaissant Maman c'est peut-être les trois à la fois.

Puis, Maman a changé de sujet et a dit que nous attendions des lettres de Lizzie et de Jane.

Je pense que ces lettres arriveront bientôt.

Mes sœurs doivent être au courant maintenant et devraient m'envoyer leurs félicitations prochainement.

La visite ne s'est pas prolongée beaucoup après cela.

Je me rappelle que Lydia pouvait passer des heures ici, j'ignore, quel réconfort elle pouvait y trouver. Je sais juste que ma Tante aimait Lydia et qu'elle ne me comprend pas moi. Elle y fait quelquefois allusion : "Quel dommage que Lydia ne soit plus ici!".

Je sais, mon cher journal, il me faut pardonner mais cela serait beaucoup plus facile si ma Tante présentait des excuses.