Mon cher journal, j'ai à peine le temps de t'écrire. J'ai ma nouvelle robe (elle est de couleur blanche). Grace m'a coiffé et a encore fait des merveilles avec mes cheveux. J'aimerais être coiffé comme cela tous les jours.
Lorsque je l'ai demandé à Grace, elle m'a répondu que je paraîtrais trop apprêtée si j'étais coiffée ainsi chaque matin mais qu'elle pourrait me faire une coiffure plus simple le matin si je le désirais.
J'ai accepté tout de suite.
Oh, mon cher journal, j'ai hâte et j'ai peur ! Je goûte ce sentiment que tant de jeunes femmes avant moi ont eu.
J'ai envie d'y être, de danser. Je veux être vu et j'ai peur des regards. J'ai envie que cette soirée dure toujours.
Est-ce cela le bonheur ?
Mais, vite, je dois déjà partir pour MON bal.
Mon cher journal, j'ai peine à rassembler toutes mes pensées.
Je me réveille, un peu groggy, toujours fatiguée. Il faut pourtant que je me lève. J'ai des maux de tête, ce qui ne m'arrive quasiment jamais mais la soirée a été tellement longue.
J'ai dansé, dansé, dansé.
Edward et moi avons ouvert le bal. Il m'a dit que j'étais très belle. Je n'ai pas osé lui faire remarquer que je portais une nouvelle robe.
J'imagine que peu d'hommes font attention à ce genre de choses. En fait, je n'en connais aucun qui fasse ce genre de choses.
Nous avons reçu les félicitations de tout le voisinage. Ils étaient tous souriants et adorables. Même ma Tante a été d'une gentillesse rare.
Elle m'a dit que ma mise en beauté était très réussie ce soir.
(Je dois en parler à Grace. Je pense qu'elle sera ravie de savoir que tout le monde m'a admiré. Je dois lui raconter ma soirée bientôt. Elle m'a dit qu'elle serait à la première heure tant elle était impatiente de savoir comment ce bal se passerait.
Je crois qu'hier, Grace était aussi excitée que moi à l'idée de cette soirée.)
Après les félicitations et après l'ouverture de bal, Edward m'a fait remarquer qu'en tant que reine de la soirée, j'allais danser avec tous les danseurs .
Je n'y croyais pas mais Edward avait raison !
Tous les hommes sans exception m'ont invité. C'était tellement étrange de voir tous ses hommes me demander de leur réserver plusieurs danses, de devoir me rappeler avec qui je devrais passer les prochaines danses.
J'avais peur de vexer quelqu'un en oubliant une danse mais tout s'est formidablement déroulé.
J'ai eu quelques conversations intéressantes pendant ces danses. J'ai trouvé que Mr O'Brien était particulièrement drôle et prévenant.
Je crois qu'il a pitié de moi depuis la désastreuse journée où ma Tante Philipps a appris mon futur mariage.
Je crois que Me O'Brien est une personne profondément gentille. Pendant nos deux danses, il n'y a jamais eu de temps mort dans nos conversations.
Ce n'était pas la même chose lorsque j'ai dansé, juste après, avec le colonel F***. Je n'avais tellement rien à lui dire et lui avait tellement l'air de penser à autre chose que ce fut les danses les plus longues de cette soirée. J'étais au supplice. il ne parlait pas, je ne savais quoi dire et je ne pouvais cesser de me dire que c'était étrange de danser sans parler. Je me suis creusée les méninges mais rien ne venait. C'était bizarre. Simplement bizarre. Je fus tellement soulagée de voir la danse se finir.
Enfin, me suis-je dit.
Comme tu le vois, mon cher journal, le bal s'est formidablement passé ! J'aurais aimé qu'il dure plus longtemps.
Je me suis tellement amusée.
Edward m'a promis de passer me voir aujourd'hui. C'est pourquoi je me suis levée tôt et c'est pourquoi j'ai hâte de tout raconter à Grace avant de le recevoir.
