A peine ai-je mis le pied dans le salon que Grace m'a posé mille et une questions. C'est drôle comme notre relation a évolué depuis que mes sœurs sont parties. Grace m'a dit qu'avant, elle était toujours pressée car elle avait peur de ne pas avoir le temps de s'occuper de nous cinq.
Elle avait à peine le temps de nous parler car elle devait aller de Jane à Lizzie et de Lizzie à Lydia (Lydia n'a jamais su respecter l'ordre imposé par nos dates de naissances, si elle avait pu, elle aurait pris la place de Jane et se serait fait appeler Miss Bennet). Maintenant qu'il nous n'y a plus que moi (et parfois Kitty), avec Grace nous pouvons parler pendant des heures.
Au début, ces conversations me rebutaient.
Pourquoi passer tant de temps à parler de robes, de chapeaux ou de coiffures. Ceux ne sont que des robes, des chapeaux ou des coiffures…
Donnez-moi les premières choses qui viennent et tout ira pour le mieux.
Mais, au fur et à mesure, j'ai compris.
Et, ce n'est pas totalement idiot d'en parler puisque que quelques livres en parlent également. Les livres parlant des fiançailles nous disent bien de faire attention à notre apparence en toutes circonstances.
Conclusion : ce n'est, donc, pas du temps perdu que de consacrer du temps à ma mise en beauté.
Grace m'a demandé tous les moindres détails de cette soirée. Je lui ai raconté chaque danse et l'entrée du bal.
Elle m'a dit que c'était "très romantique" de faire une telle entrée. Je lui ai, ensuite, dit que j'avais dansé avec chaque danseur et elle m'a félicité.
Grace est définitivement la personne la plus gentille que je connaisse.
Je crois qu'on a parlé pendant des heures. Bon, peut-être pas pendant des heures mais au moins pendant une heure.
Ensuite, Grace a dû s'absenter pour aller en cuisine et nous avons déjeuné avec Papa et Maman.
Ni l'un ni l'autre n'a reparlé du bal.
J'en ai été un peu déçu car je crois que je ne pourrais jamais me lasser de raconter cette soirée.
Et, maintenant, j'écris un peu en attendant Edward.
Excuse-moi, mon cher journal, je t'ai refermé avec brutalité car j'avais entendu qu'Edward arrivait.
J'ai dû te lancer dans ma chambre sans ménagement mais je pense que tu peux comprendre que cela serait embarrassant de devoir te lire à Edward.
J'y pense : peut-être qu'Edward comprendrait ? Et, qu'il a lui-même un journal ? Est-ce une question qui se pose en tant que fiancée ?
Je devrais peut-être écrire à Lizzie ou Jane et leur poser la question.
Toujours est-il que j'ai vu Edward. Nous avons pu parler seul à seul, ce qui n'était plus arrivé depuis une éternité.
Je l'ai remercié pour ce bal magnifique et il a répondu que je l'avais ébloui de ma présence. (Quel compliment magnifique.)
Malheureusement, la suite de la conversation a été plus triste. Edward part dans 5 jours.
Eh oui ! Déjà 5 jours.
Il m'a dit ne pas avoir voulu m'assombrir avant le bal et qu'il avait voulu me l'annoncer seulement maintenant.
5 jours.
C'est court. Plus que cinq jours avec Edward et j'ai l'impression qu'il me manque déjà. Je sais que c'est pour la bonne cause et qu'il reviendra le plus vite possible.
Il me l'a promis en prenant ma main entre les siennes. il m'a promis, en me regardant droit dans les yeux, qu'il reviendrait dès que sa situation se serait stabilisée.
Mon cœur battait si fort que je pensais qu'il allait l'entendre.
Il reviendra me voir le plus souvent possible pendant ces cinq jours (bien que ces préparatifs risquent de lui prendre du temps). Il me l'a promis également.
Plus que cinq jours à le voir aussi souvent que possible.
