Edward est parti.
Je n'ai même pas cœur à écrire ce matin.
Mon cher journal, je t'ai bien délaissé cette semaine. Une semaine sans t'écrire. Tu me le pardonneras et tu devineras aisément ce qui m'a causé du tourment. Ce qui continue de me causer du tourment.
Je ne t'ai pas écrit, mon cher journal, mais j'ai écrit à Edward. J'espère qu'une de mes lettres lui est déjà parvenue.
J'espère qu'il va bien.
Je lui ai écrit chaque jour, depuis son départ. Je lui ai promis lors de notre dernier diner ensemble. Je sais, cher journal, je ne t'ai pas encore parlé de ce dîner. Il me semble si loin. J'ai peine à penser qu'il y a une semaine, mon Edward me complimentait sur ma beauté, et, qu'aujourd'hui, je pleure son absence.
C'est si loin.
J'attends une lettre d'Edward. Il m'a dit qu'il m'écrirait dès son arrivée.
Pas de lettre d'Edward mais des lettres de Jane et de Lizzie sont arrivées cette semaine. Lizzie me propose de venir à Pemberley dès qu'Edward sera parti. Les aléas du courrier font que cette lettre me parvient bien tard. Quelle ironie n'est-ce pas ?
Lizzie et Jane me félicitent et me disent qu'elles espèrent me voir heureuse.
Ces lettres résonnaient étrangement en moi tout au long de ma lecture. Chaque mot semblait être ironique.
Jane et Lizzie ne sachant pas quand Edward partirait (et qu'il partirait si tôt) me disait de profiter de chaque moment avec mon fiancé, de me dire par retour de courrier, la date de son départ et qu'ainsi je pourrais venir me changer les idées lorsqu'Edward partirait.
Papa et Maman m'ont conseillée de répondre immédiatement. Ils ont vu que j'avais une grande baisse de moral.
Je t'avoue que cela me réjouit à moitié : j'ai envie de me changer les idées mais lorsque je serais à Pemberley, les lettres d'Edward m'attendront ici et je ne pourrais les lire.
J'attends, donc, la lettre de Lizzie me confirmant mon départ avec appréhension.
Maman est aux petits soins avec moi en ce moment. Je crois qu'elle se rend compte que je ne suis pas comme d'habitude.
Elle a même invité ma Tante et mon Oncle Philipps ainsi que Thomas O'Brien à dîner ce soir.
Cela partait d'une bonne attention, je le sais. Elle ne s'imagine pas à quel point les paroles de ma Tante peuvent me blesser.
Je ferai bonne figure, mon cher journal, je te le promets.
