Comme tu peux t'en douter, mon cher journal, je me suis levée aux aurores ce matin afin de répondre à mon Edward.
Moi, qui ai la plume facile avec toi, j'ai mis pas moins de deux heures avant de mettre le point final à ma lettre.
Je lui ai décrit mes visites à ma Tante Philipps sans lui dire les quelques remarques auquelles j'ai eu le droit. Si je veux être totalement honnête avec toi, je dois te dire que dans ma première lettre, je lui disais que ma Tante avait sous-entendu qu'il passait des soirées aux bals. Je me disais qu'il me renverrait une lettre pour me rassurer et me dire que ce n'était pas le cas.
Puis, j'ai relu sa lettre et ai retrouvé mes esprits. Heureusement !
J'ai repris une feuille et me suis appliquée cette fois à le questionner sur ses activités quotidiennes et non sur les soirées auxquelles il était invité.
De toute façon, je sais au plus profond de mon coeur qu'Edward me racontera chaque détail de ses journées dès qu'il le pourra.
Il ne me cachera rien.
Bien sûr, je sais comment Lydia, Kitty ou Lizzie pouvaient se comportaient avec les hommes en uniforme rouge : je le sais.
Je l'ai souvent vu.
Je sais que Lydia a perdu sa tête et son honneur pour cet uniforme.
Mais, je sais aussi qu'Edward ne regardera pas les femmes qui se comportent de cette façon.
Il aime la lecture et la musique.
Il aime ce que j'aime.
Jamais il ne lirait un roman, par exemple.
De quoi pourrait-il parler avec une femme comme Lydia ? De rien, je le sais, mon cher journal.
Lui et moi, nous sommes fait du même bois.
Dans ma lettre, j'ai, donc, essayé de le lui dépeindre mes journées. Je pense qu'entre les lignes, il lira qu'il me manque, comme entre ses lignes, j'ai lu que je lui manquais.
Qu'il est bon de se savoir compris !
Quelle chance j'ai, mon cher journal !
Mon cher journal, j'ai souvent remarqué qu'une lettre n'arrive jamais seule et qu'il peut se passer des journées sans réception d'une lettre puis une semaine où les lettres se multiplient.
J'ai, donc, repris la plume pour te dire que je viens de recevoir une lettre de Lizzie. Elle n'a pas perdu de temps ! Elle m'invite, dès réception de la lettre, à venir le plus vite possible à Pemberley.
Je suis partagée entre la hâte et l'appréhension. Je suis heureuse de revoir bientôt mes sœurs et j'ai peur de manquer une lettre d'Edward.
Mais j'ai eu une idée, mon cher journal !
Je vais lui réécrire vite pour lui demander de m'écrire à Pemberley pendant quelques temps et je vais essayer de retarder un peu les préparatifs d'une journée ou deux au cas où il m'aurait réécrit.
Je te laisse, mon cher journal, j'écris vite à mon fiancé !
