Pemberley !

Bien arrivée hier après-midi, mon cher journal.

Lizzie avait mis les petit plats dans les grands pour nous accueillir et elle avait invité Jane et Kitty (Kitty dort dans la demeure de Mr Bingley et Jane, en ce moment). Les retrouvailles furent chaleureuses et même merveilleuses.

Le dîner fut sympathique mais, comme tu le sais, la présence de Mr Darcy et de Mr Bingley n'inspirent pas aux confidences.

Nous avons diné et parlé de choses et d'autres (Mr Darcy m'a demandé si mon voyage s'était bien passé et Mr Bingley lui a multiplié les questions sur la santé de Papa et Maman). Kitty a l'air parfaitement à son aise.

Je l'ai trouvée différente.

Je ne saurais te dire pourquoi, mon cher journal. C'est comme si Kitty avait pris quelques années en quelques mois.

Auparavant, elle aurait monopolisé la parole et posé mille et une questions sur mes fiançailles et, hier soir, elle était calme, posée.

Peut-être est-ce normal : quel changement pour nous toutes depuis un an : trois sœurs mariées et moi fiancée ! Qui aurait pu le deviner ?

Après le souper, j'étais sur le point de me mettre au piano lorsque Mr Darcy et Mr Bingley ont choisi de se retirer pour aller dans l'immense bibliothèque de Mr Darcy.

Nous nous sommes donc retrouvées toutes les quatre et cette fois les questions sur mes fiançailles ont été au centre des conversations.

Jane, Lizzie et Kitty m'ont félicitée et re-félicitée.

Quel bonheur !

Cela a été la première question de Lizzie : es-tu heureuse ? Jane a regretté de ne pas pouvoir voir Edward et de ne pas avoir l'occasion de lui parler.

Kitty, elle, pense chiffons (j'ai retrouvé un peu la Kitty que je connaissais quand elle m'a demandé quel genre de robe j'aimerais porter).

Elles ont voulu tout savoir : comment Edward et moi avions commencé à développer des sentiments l'un pour l'autre, quelles conversations nous avions, comment était le bal organisé chez les Lucas, ce que j'ai ressenti lors de ma première danse avec lui,...

Des tas de questions, je te le répète, mon cher journal.

J'ai tant parlé que j'ai dû réclamer deux verres d'eau avant d'aller me coucher.

Leurs questions m'ont tourné la tête avant de m'endormir. Je n'arrêtais pas de repenser aux conversations que nous avons eu Edward et moi. Je le revois près de moi lorsque je jouais au piano. Je me suis endormie avec cette pensée et c'est certainement pour cela que j'ai rêvé de lui cette nuit.

Un drôle de rêve où je recevais une lettre d'Edward et où il m'annonçait qu'il n'obtiendrait pas d'avancement avant cinq ans. Il me demandait de l'attendre et je refusais. C'est étrange, n'est-ce pas ?

Comme si je refuserais d'attendre mon Edward… Les rêves sont de drôles de choses. C'est certainement pour cela qu'il ne faut jamais sombrer dans l'oisiveté.

Ce matin, je me suis, donc, levée tôt. Impossible de dormir longtemps. C'est pourquoi je t'écris si tôt. Je pense que tous dorment encore. Je n'entends aucun bruit.

Ma chambre donne sur le parc de Pemberley : il est immense. Tout est si calme ce matin. Je m'imagine revenir ici dans deux ans en compagnie d'Edward.

Quel plaisir cela sera de lui montrer tout cela. Nous pourrons nous promener dans le parc. Il pourra pêcher en compagnie de Mr Darcy comme le fera tout à l'heure Mr Bingley.

J'ai tellement hâte, mon cher journal.

En attendant, je vais lui écrire pour lui dire que mon voyage s'est parfaitement passé.