Mon cher journal, je reprends la plume ce soir pour t'écrire, quelle douce surprise j'ai eu ce matin !

Une lettre d'Edward a été apportée dans la matinée. J'étais donc ravie d'avoir déjà écrit une lettre et je lui répondrai demain matin.

La lettre d'Edward était charmante. Il me disait avoir préféré envoyer directement une lettre à Pemberley. Il espérait que sa lettre serait là le jour de mon arrivée chez Mr Darcy.

Il faisait ses amitiés à Lizzie et Jane ainsi qu'à leurs époux et si j'en crois l'échange de regards qu'il y a eu entre Lizzie et Jane lorsque je leur ai transmis les mots de mon Edward, cela a été très apprécié par mes sœurs.

Mr Darcy m'a, également, remercié. Sans sourire, mais, si tu voyais Mr Darcy, mon cher journal, tu comprendrais qu'il ne sourit jamais, excepté lorsque Lizzie lui parle. J'espère que j'aurais le même effet sur Edward lorsque nous serons mariés : qu'il sourira dès que je serais à côté de lui.

Mais, je me perds, de nouveau, en conjoncture : il faut dire que de voir les jolis mariages de mes sœurs me donnent envie d'être, comme elles, dans ma maison avec mon époux.

Jane semble plus heureuse que jamais. Plus ouverte aux autres, si je peux dire. Elle semble épanouie comme si sa place avait toujours été à côté de Mr Bingley.

Je ne cesse d'observer mes sœurs et je me demande : est-ce que, moi aussi, je changerais comme elle lorsque je serais mariée ?

Pour revenir à la lettre, Edward me demande de lui raconter en détail chaque journée. Il a très envie de connaître mes impressions sur ce voyage (je lui ai confié que je n'étais pas beaucoup sortie de ma maison ces dernières années).

Il s'intéresse aussi beaucoup à chacune de mes sœurs : je retrouve, dans ces écrits, les phrases qu'il m'a dites… Oui, Edward est quelqu'un de très attentionné. Il s'intéresse à ma famille, à mes pensées, à moi.

Il me pose toujours mille et une questions et oublie parfois de me parler de lui-même. Oui, Edward est quelqu'un qui s'intéresse d'abord aux autres.

Je crois que c'est ce que je préfère chez lui ? Ne dit-on pas qu'il faut toujours faire passer les désirs des autres avant les siens ?

Mon cher journal, Edward est absent mais il toujours tellement présent dans mes pensées. Je m'imagine sans cesse à côté de lui. Je nous vois à l'église, je nous vois aller rendre visite à mes parents, mes sœurs, mes oncles et tantes (oui même Mrs Philipps), à Sir et Mrs Lucas, bien entendu, à Mr et Mrs Collins et je nous vois les recevoir à mon tour.

Comme je te l'écris toujours : j'ai tellement hâte.

Mon cher journal, je dois te laisser car je dois finir le vicaire de Wakefield : je veux absolument connaitre la fin.

Demain midi, nous ferons un pique-nique entre soeurs dans le parc. Quelle bonne idée !