Mon cher journal,
Les journées ne se ressemblent plus guère ici. Chacune d'entre elles semblent apporter un jour différent à la situation.
Mon voyage chez mon Oncle, M. Gardiner, se rapproche. J'en suis ravie. D'autant plus que Mr O'Brien m'a apportée de nombreuses cartes et quelques livres parlant de Londres. Je découvre cette ville à travers de nombreuses images et j'ai envie de la parcourir à mon tour. A pieds.
Si cela est possible.
Mr O'Brien dit que c'est le meilleur moyen de découvrir une ville.
Mais cessons de parler de Mr O'Brien.
Hier, j'ai eu la surprise (si on peut appeler surprise le fait de tomber sur Mr Lucas, puisque je le croise partout et tout le temps) de voir Mr Lucas.
La surprise fut que Mr Lucas me fasse son Mea Culpa.
Oui, il avait osé penser que se marier avec moi aurait pu lui donner de l'avancement. Oui, il s'était dit que, peut-être, Mr Darcy intercéderait en sa faveur si cela était en son pouvoir.
Oui, il a pu avoir ses pensées.
Mais, et Mr Lucas me l'a répété, il n'aurait jamais eu ses pensées si il n'avait pas senti que nous avions un état d'esprit similaire.
Il a, évidemment, tout de suite senti que nous aimions les mêmes choses. J'aime la musique et la lecture.
Lui aussi a des "livres sérieux" en livres de chevet.
Lui aussi apprécie de se plonger dans des sermons lorsqu'il a du temps libre. Lui aussi aime se promener en solitaire lorsqu'il en a le temps.
Son emploi très prenant lui a montré à quel point nos discussions lui manquaient. Il avait même pensé, à un moment, avancer la date de notre mariage.
Mais, il ne voulait pas m'imposer un mode de vie pauvre.
Enfin, il m'a demandé de rester amie avec lui, malgré notre passé commun. Il me demande la permission d'inviter ma famille entière dans la maison de ses parents bientôt. Cela serait l'occasion de montrer à tous que nous sommes en bons termes.
J'ai informé Mr Lucas de mon prochain voyage à Londres.
Il s'en est étonné.
J'ai accédé à ses demandes.
La journée fut, donc, mon cher journal, comme tu le vois pleine de surprises. Je suis en paix avec moi-même.
Je le pense sincèrement. Je me pose encore la question : aurais-je étais heureuse si je n'avais pas découvert la lettre de Lizzie, si je n'avais pas rompu mes fiançailles. Oui, je me le demande toujours.
C'est une question qui restera en suspens.
La sagesse ne nous recommande t-elle pas d'accepter ce qui ne peut être changé ?
Je méditerai cela avant de avant de dormir, dans quelques instants.
