Mot de l'auteur: Bonjour à vous! Et merci pour votre présence renouvellée au dernier chapitre. On a dépassé la barre des 500 reviews, ce qui est SUPER Genial. Donc merci merci merci beaucoup! Cela fait d'autant plus plaisir que ça commence à devenir difficile de publier sur ce site entre bug sur les alertes mails et plateforme qui tombe en rade pendant plusieurs jours... Sinon, désolé, ce chapitre n'est pas la suite immédiate du dernier chapitre, au contraire, on repart en arriere pour une petite interlude. Mais le placer avant le chapitre précédent aurait cassé tout le suspens. Cela répondra cependant peut être à certaines des questions que vous vous posez... Bonne lecture!

Interlude 6 : La Réserve des Hébrides

C'était quelques mois plus tôt…

-As-tu déjà vu des Regal Coppers ? Demanda Charlie à Damian alors qu'ils se dirigeaient vers la Corniche d'Envol où les attendaient Derianth et Emlith.

-Non. Tout ce que je sais, c'est ce que Montemps nous en as appris. (il tendit un premier doigt) Leurs bronzes sont les plus grands dragons d'Europe, même si les Magyars à Pointes sont juste derrière. (un deuxième doigt) ils sont à l'origine d'un croisement exclusivement demandé par la famille royale d'Angleterre et les bronzes ont tous une couleur qui tire sur le roux, contrairement aux bronzes d'autres races qui peuvent tourner sur le gris ou le vert, ce à quoi ils doivent leur nom, (un troisième doigt) ce sont des cracheurs de feu et leurs mâchoires sont à craindre, mais leur queue n'est pas très puissante, à part s'ils l'équipe de boulets (un quatrième doigt) et pour un brun, c'est le genre de dragon « courage fuyons » ?

Charlie émit un rire face à sa boutade en s'emparant d'une lanière du harnais de Derianth :

-Assez vrai. Mais tu ne seras jamais seul pour en affronter un… Et espérons que tu n'auras jamais à le faire.

Il grimpa souplement sur le dos de Derianth et câlina son échine alors que sa Moitié s'étirait vers le rebord.

Derianth était aussi d'une brillante couleur cuivre, la nuance qu'il trouvait la plus belle pour les bronzes.

/Serais-je couleur gadoue, ce serait devenu votre couleur préférée./ S'en amusa Derianth. / Y allons-nous maintenant ou continuons nous à nous admirer ?/

Il disait cela, mais Charlie savait qu'une partie de son attention était sur Talath, sur sa corniche habituelle, qui observait l'agitation et qu'il faisait en sorte de se mettre en valeur.

Ce qui était un peu inutile à son avis, car la seule beauté qui intéressait Talath à son stade de développement, c'était la sienne. Tout comme Harry faisait ses propres armes avec son corps de jeune homme.

Il eut un sourire mi figue mi raisin pour lui-même en songeant à ce qu'il allait faire à son sujet, puis comme Damian était prêt, il donna le signal de départ.

Alors qu'ils préparaient leur assaut contre le Ministère de la Magie Britannique (et Charlie ne croyait pas qu'un jour il dirait cela), le Gérant avait demandé à plusieurs chevaliers de se rendre dans les autres Réserves de l'Alliance afin d'apaiser les différents Chefs et tout naturellement, la Réserve des Hébrides avait échue à Charlie.

Parce que c'était la plus proche et la plus fidèle de la Grande Bretagne, il était nécessaire de s'assurer qu'elle resterait aussi neutre que possible, car ils seraient les premiers sur place si le Ministre Fudge appelait à l'aide.

Et comme venait de le dire Damian, ils ne voulaient PAS de Regal Copper contre eux ce jour-là.

Ils firent une étape en Allemagne, avant de faire le dernier saut les envoyant en Ecosse, non loin de Poudlard. Il s'autorisa une pensée pour sa fratrie, probablement bien occupée avec des choses comme la St Valentin ou les batailles de boules de neige, puis tous 4 volèrent dans le vent glacial en direction approximative de la Réserve jusqu'à tomber sur une Tour de Garde.

Là se trouvait deux dragons perchés, du givre pendant à leurs gueules et de la vapeur sortant de leur naseaux.

Aucun des deux n'était un Regal Copper, qui aurait à peine pu tenir sur les poutres destinées au repos des dragons, mais des Noirs des Hébrides, des poids légers un peu plus grands que les Verts Gallois, et dont la particularité était d'avoir des écailles dures aux reflets noirs, des ailes très semblables à celles des chauves-souris, munies de griffes à l'articulation et une queue se terminant en flèche. Deux cornes s'élevaient de leurs fronts et des barbillons couraient le long de leurs échines.

Dans la tour, deux silhouettes de chevaliers se penchèrent à la fenêtre pour les regarder.

L'un d'eux pointait une arbalète à dragon sur eux, ce qui avait toujours tendance à le rendre nerveux. Derianth, lui, restait aussi placide que toujours en mission et Charlie essaya de l'imiter. Ils n'avaient aucune raison de montrer de la peur, même si la situation politique était à deux doigts de l'explosion.

Personne ne savait qu'ils avaient mis sous clef la Représentante du Ministère et mis sous geôle la Garde des Verts Gallois. Pour tous ceux qui n'étaient pas de la Montagne Blanche ou leurs très proches alliés, le Ministère britannique avait leur réserve sous son contrôle.

/Nous demandons audience au nom de la Réserve de la Montagne Blanche./ Répondit Derianth à une question que posa l'un des dragons. / Non, c'est juste ce brun et moi./ Puis à Charlie:/Ils demandent./

-Posons-nous alors, fit-il et Derianth relaya l'ordre à Emlith qui s'empressa avec joie de rejoindre le sol rocailleux et enneigé de ce coin d'Ecosse.

Sachant que cela pouvait prendre un peu de temps, Charlie se releva de selle et s'étira. Juché sur la colonne vertébrale de son bronze, le paysage était à couper le souffle. Il prendrait plus de mission en Grande Bretagne si toutes lui permettait de profiter d'immenses espaces et de vent qui fouettait ses cheveux, car c'était dans ce genre d'environnement qu'il se sentait le mieux.

Il avait toujours eu un sentiment d'étroitesse et d'étouffement quand il devait faire des courbettes aux politiques, que ce soit au Ministère de la Magie, à Poudlard ou même dans les résidences de sorciers. A ce moment-là il ne pouvait que prendre conscience de leur petitesse avec leur prétendue retenue et leurs prétendues manières, leur volonté de montrer toujours la plus grande bienséance.

La meilleure réputation.

Quand ils étaient en réalité jaloux de leur liberté et de la façon dont ils jouissaient de l'existence sans se préoccuper du regard d'autrui.

Ou presque, parce que si auparavant Charlie ne s'était jamais préoccupé de la façon dont il paraissait, il y avait désormais Harry et la façon dont il le voyait importait.

Il savait qu'au début Harry l'avait idéalisé, cherchant son attention et dévorant le moindre de ses gestes avec la lueur d'adoration pour les héros dans ses yeux. Puis cette adulation avait fait peu à peu place à autre chose tandis qu'Harry grandissait dans sa stature de chevalier dragon et dans sa puberté… avant la fracture provoquée par les révélations maladroites de Desclare. Le jeune homme était alors devenu méfiant et distant avec tous les bronzes, lui compris.

Et c'était cruel que plus le temps passait, plus il s'éloignait, plus il s'épanouissait en force, en intelligence et en beauté.

Si parfois il se demandait où était passé l'adorable garçon aux grands yeux verts de biche qu'il avait rencontré il y a cinq ans, il n'arrivait pas à être mécontent de la métamorphose.

Et c'était fou comme il était tombé amoureux de lui. Bien sûr, il était conscient que l'obligation de garder ses distances avait probablement joué un petit rôle pour le rendre aussi épris, car il était du genre à attaquer sans attendre, et se découvrait désormais la patience d'un chasseur qui observe sa proie dans l'espoir de l'ouverture parfaite.

Et sa proie n'était qu'à un Vol de lui.

Tout comme leurs ambitions à Derianth et à lui.

/Je ne veux que votre bonheur./ Rectifia Derianth. /Toutefois quoi de plus normal que votre bonheur corresponde à la propre idée que je m'en fais. Je ne vous ferais pas défaut./

-Quand bien même tu le ferais, nous retenterions notre chance.

Même si cela risquait d'être de tristes années, obligé de voir l'objet de ses affections dans le lit d'un autre.

Il mit fin à ces pensées en voyant que le chevalier qui braquait son arme sur Derianth reculait et cessait enfin de les menacer. Au loin le bruit des tambours se faisait entendre. Charlie ferma les yeux pour se concentrer sur le son et décrypter le code : même s'il était un peu différent d'une Réserve à une autre, il crut comprendre qu'ils étaient attendus.

L'un des chevaliers étrangers avait d'ailleurs rejoint son dragon, un bleu qui s'ébroua pour faire tomber neige et stalactites de glace, et tous d'eux s'envolèrent pour les guider jusqu'à leur Réserve.

Ce n'était pas la première fois qu'il venait, mais comme toujours, Charlie était incapable de se rappeler le chemin menant à la Réserve. Pas quand la position de celle-ci, comme toutes les autres, était incartable.

C'était le cas, du moins, jusqu'au moment où il traversa la barrière magique et qu'ils firent un contournement au-dessus de la mer pour que la Falaise criblées de centaines de trous et de corniches de tailles différentes apparaisse.

Pour des chevaliers vivant dans un volcan, cet habitat au-dessus des flots semblait peu attrayant, mais les chevaliers des Hebrides s'en accoutumaient très bien.

Plusieurs Regal Coppers étaient d'ailleurs agrippés le long de la paroi, offrant leur dos aux quelques rayons de soleil comme des lézards surdimensionnés sur un mur. Alors que Derianth s'inclinait pour viser la plus grande corniche, il vit la mâchoire décrochée de Damian dont les yeux étaient vissés à la grande forme dorée qui se tenait couchée sur un piton rocheux qui jaillissait de l'eau. Cela devait être la Reine de la Réserve et à vue de nez, elle faisait presque le double de la taille de Talath. Sa queue simple et lisse se balançait légèrement comme un fauve attentif alors qu'elle les observait atterrir et la saluer d'une courbure de tête.

Les Regals Copper, un peu comme les Grands Chevaliers français, avaient une tête massive avec une mâchoire puissante. Charlie avait un jour vu une représentation du dinosaure T-rex et il trouvait que leurs têtes étaient très semblables. Le cou et le reste du corps étaient de même puissant, comme les ailes – mais pas aussi grandes que celle des Longwings. Leurs flammes n'avaient pas non plus beaucoup de portée, elles avaient cependant une projection large, comme un mur de feu, dont il fallait se méfier.

Charlie et Damian mirent finalement pied à terre et se tournèrent vers les deux chevaliers qui venaient à leur rencontre.

Le roux força son sourire à rester en place en découvrant que l'un d'entre eux était Mordecaï Yaxley, chevalier bronze d'un Regal Copper et capitaine d'escadrille.

/Ignorez le, quoiqu'il vous dise, ce n'est pas à lui que nous devons parler aujourd'hui. / Rappela Derianth qui connaissait l'inimitié entre les deux chevaliers.

Mordecaï était grand, mais plus comme un anaconda pouvait l'être, de façon sinueuse et allongée. Ses cheveux noirs et bouclés tombaient d'une façon arrogante sur son front blanc et une cicatrice tachait le dessous de son œil droit comme une larme. Il y avait toujours eu quelque chose de sombre chez cet homme qui provoquait un sentiment de répulsion chez Charlie, et cela n'avait certainement pas été arrangé par les commentaires mesquins qu'il faisait au sujet de sa famille.

Comme tous deux étaient issus de familles de sorcier sang pur britannique, ils connaissaient une partie des mauvaises histoires sur chacun de leur sang.

Charlie n'ignorait donc rien du fait que l'oncle de Mordecaï, Corban Yaxley travaillait au Ministère de la Magie et votait conservateur au Magenmagot, méprisant les gens comme Arthur Weasley.

Et même si la relation de Charlie avec ses parents était compliquée, il ne détestait pas toutes les valeurs qu'ils prônaient.

-Charles Weasley, quelle surprise ! Se moqua Mordecaï, alors que l'autre chevalier à ses côtés ne semblait pas à son aise. Puis-je savoir ce qui nous vaut cette visite, en ces temps si incertains ?

-J'ai bien peur que cela ne concerne que ton chef de Réserve pour l'instant, Mordecaï, répondit-il platement alors que Jade crachait méchamment sur son épaule et que Damian les regardaient l'un après l'autre sans beaucoup de subtilité.

Il aurait peut-être dû prendre plutôt Reyn avec lui…

-Le Chef de la Réserve vous attend, intervint l'autre chevalier en leur faisant signe de les suivre, les entrainant vers l'intérieur des galeries.

Tout ici sentait trop le sel et les algues pour lui, mais alors qu'ils s'enfonçaient dans de plus petits couloirs, l'humidité glaciale de la mer s'estompait grâce aux braseros aux feux craquants et aux précieuses pierres de soleil insérée dans les murs à des emplacements stratégiques.

La Montagne Blanche n'en possédait pas et n'en avait pas besoin grâce au magma qui dormait tranquillement sous leurs pieds, ce qui était un avantage car les pierres de soleil, à l'inverse des cristaux de lumières possédés par tous les peuples troglodytes, se déchargeaient petit à petit de leur pouvoir chauffant et nécessitaient un remplacement.

Et seuls les nains fournissaient cette denrée à prix très onéreux.

Cela expliquait sûrement pourquoi l'uniforme des Chevaliers de la Réserve des Hébrides était un haut en laine épaisse à col haut sous une écharpe de tartan aux couleurs de la réserve, des rayures bleues, grises et rouges, passant au-dessus de l'une de leur épaule et retenu par une broche. A la ceinture, ils portaient tous le poignard traditionnel écossais en plus de leur arme personnelle.

Arrivant dans la Caverne prévue pour accueillir les visites, qui était une curieuse structure de grotte imbriquée dans une plus grande grotte car des trous ouvraient sur une zone où les dragons pouvaient circuler et les observer.

La première fois, alors qu'il n'avait que 16 ans, il s'était fait une frayeur en apercevant un grand œil qui le fixait depuis ce qui semblait être un mur.

Il avait ensuite compris que quelques zones avaient été arrangée ainsi, car contrairement à la Montagne Blanche qui était construite tout autour d'une caldeira et permettait aux dragons et aux chevaliers d'être pratiquement toujours à proximité, cette réserve avait creusé ses trous en profondeur dans la roche pour s'éloigner du froid de l'Océan Atlantique Nord.

Damian était ainsi à nouveau bouche bée, ce qui lui aurait arraché un ricanement si Mordecaï n'était pas toujours là et si le chef et la dame de la réserve ne s'avançaient pas vers eux avec un air avenant et doucement amusé.

Jens Svendsen se révélait être un assez jeune chef, la trentaine, opérant pour son troisième Vol d'affilée. Il était grand et blond, aux yeux bleus clairs et ouverts, presque une caricature qu'on se ferait des hommes de l'Europe du Nord dont il était originaire. L'une des choses les plus caractéristiques à son sujet, en plus du fait qu'il montait le plus grand des Regal Copper de la Réserve, était que son visage ne portait aucune cicatrice ou marque.

La Dame des Hébrides était, comme c'était assez souvent le cas, plus âgée, devant approcher de la quarantaine, la peau mordorée, brune avec quelques fils d'argents, les cheveux tressés en deux lourdes tresses et aux yeux sages à force de côtoyer des générations de chevaliers trop fougueux et indisciplinés. Charlie s'efforça de faire son visage le plus diplomatique, salua l'homme et adressa un sourire à la maitresse de la Reine dorée, lui prenant la main pour lui faire un baise main :

-Dame Neha.

Elle lui rendit une expression d'indulgence maternelle alors qu'il se redressait.

-Que nous vaut cette visite impromptue Sir Charles ? Demanda pour sa part le Chef Jens avant de continuer avec un rire : Sir Ivan a-t-il débloqué sa mâchoire ? Je ne l'ai plus vu depuis la dernière réunion des Accords et à ce moment-là elle semblait fermement bloquée ! Et a raison ! Je n'arrive pas à croire qu'on l'ait obligé à accueillir la Garde et leurs poneys !

-C'est justement au sujet de cette réunion que Desclare m'envoi… Mais pourrions-nous parler dans un endroit plus confidentiel ?

Comme toujours, l'arrivée de chevaliers d'autres réserves avaient attirés un certain nombre de curieux dans la pièce, et Mordecaï qui n'avait plus de raison d'être là, restait nonchalamment près du couple dirigeant.

-Oui, bien sûr, fit Dame Neha en se retournant avec une invitation du bras pour le suivre.

Elle leur fit emprunter un escalier naturel, puis un couloir, et durant tout ce temps-là, Charlie était conscient de la présence de Mordecaï sur leurs pas. Sir Jens semblait en être tout autant agacé, car dès qu'ils rentrèrent dans ce qui semblait être le bureau du chef, il attendit qu'ils passent, pour ni plus ni moins claquer la porte au nez de l'autre homme avec un regard noir.

-Voilà, dites-nous tout maintenant ! Lança-t-il en se frottant les mains comme s'il venait d'exécuter une besogne nécessaire.

-Eh bien, c'est au sujet de la Réserve de la Matra… Commença alors Charlie.

-D-

Mordecaï Yaxley voyait rouge. Le bois de la porte centenaire se trouvait à quelques centimètres de son visage et il se détourna d'un mouvement royal, avant de remonter furieusement les galeries vers ses appartements en bousculant quelques domestiques au passage.

Il fit claquer sa porte, faisant sursauter la jeune femme blonde qui était adossée à son lit et occupée à vernir ses ongles de pied. Il la fusilla du regard :

-Roxie ! Tu ne devrais pas être auprès de Guineth ?!

-Et pourquoi ça ?! Répondit-elle d'une voix geignarde. Elle ne fait que surveiller ses œufs, c'est ennuyeux !

Elle fit la moue en tordant ses épaisses lèvres rose et agita ses doigts de pieds. Mordecaï souffla, observant la jeune dame dorée avec sévérité :

-Cela permettrait de te montrer comme une Dame dorée responsable et attentive, digne de remplacer Neha !

-Qui veut ressembler à cette vieille indienne ? Marmonna Roxie avec mauvaise humeur.

-Si tu ne veux pas de montrer aussi noble que Neha, alors tu pourrais aider l'Intendante à ses tâches comme le fait Sophie, ou aider à l'infirmerie, comme Bedella ! Ces deux-là ont tout compris !

-Je ne vois pas pourquoi trimer comme une esclave ferait de moi une meilleure candidate au titre de Dame de la Réserve, répliqua t'elle hautement.

-Je ferais peut être bien mieux de les choisir à ta place !

-Toi ! Fit-elle en se mettant aussitôt sur ses pieds et Mordecaï ne put que constater une nouvelle fois que malgré ce qu'il venait de dire, Roxie était la plus belle des dames de la Réserve et qu'il ne voyait personne d'autre à ses côtés pour diriger.

-Quoiqu'il en soit, sors d'ici, j'ai besoin de ma chambre !

Il l'attrapa par le bras et la tira vers la sortie sans se préoccuper de sa tenue légère. Une fois débarrassé d'elle, il récupéra un miroir de poche caché dans son coffre et s'installa sur son lit :

-Oncle Corban ? Appela-t-il.

Le miroir ne reflétait pas son visage, mais un flou sombre car il s'agissait d'un miroir à double sens. Il le répéta encore deux fois avant que le flou devienne plus clair et qu'un visage dur et marqué apparaisse.

- Que se passe-t-il Mordecaï ? Fit son oncle. Tu peux parler, je suis seul.

-Charles Weasley est là. Il est en train de parler au chef, au sujet de ce qu'il s'est passé à la dernière réunion des Accords. Je n'ai pas pu en apprendre plus, mais tu m'as demandé de te faire remonter tout ce qui me paraissait suspect.

-Hum, oui, tu as bien fait… Des choses se préparent. Il serait bien que tu tiennes prêt.

Mordecaï répondit d'un froncement de sourcil, frustré :

-Mais le chef ne nous permettra jamais de bouger sans être sûr d'obtenir la permission de tous les membres de l'Accord ! Il ne comprend rien à tout ça ! C'est un sale sang de bourbe dannois qu'on aurait jamais dû accepter sur les Sables de notre Réserve !

-Je sais Mordecaï, je sais… C'est pourquoi nous travaillons à améliorer les choses. Ne te préoccupe pas de ce sous-sorcier, lorsque le Seigneur des Ténèbres s'emparera du pouvoir, la première chose qu'il fera sera de remettre ces individus à leur juste place et de te placer à la tête de la Réserve des Hébrides avec ta Dame !

Cette affirmation chassa aussitôt sa mauvaise humeur et il se félicita une fois de plus d'avoir un oncle aussi bien placé.

-Donc réunis les chevaliers qui sont le plus fidèle à notre cause et à notre pays et tenez-vous prêt. Je peux compter sur toi ?

-Vous n'aurez qu'un mot à dire mon oncle, et je serais là.

Le miroir redevint un flou de sombre alors que son oncle le rangeait dans sa poche.

-D-

Corban Yaxley tapota machinalement sa poche intérieure de veston, puis bombant le torse, sortit de son bureau au Ministère pour se diriger vers le Cabinet du Ministre.

Il n'avait pas un poste très important, ce qui le dérangeait peu actuellement car il savait que ce n'était qu'une question de temps et il s'activait plutôt à prouver sa valeur au Seigneur des Ténèbres, ainsi que son implication dans la cause.

Il croisa à la sortie de l'ascenseur un autre de ses compagnons, Herakles Crabbe qui semblait attendre de même, à moins que Lucius Malefoy lui ait demandé de rester dans le coin.

-Crabbe ! Fit-il et le visage aux traits grossiers de l'autre homme se tourna vers lui sans un mot.

Mais ce n'était pas surprenant, il avait toujours peu à dire, et rien de très intéressant, mais il restait un Crabbe, alors…

-Lucius est-il avec le Ministre ?

-Oui, répondit l'homme au même moment où un autre homme, grand, roux arrivait depuis le couloir menant au bureau ministériel, des lunettes en écailles sur son nez, et disait :

-En effet, êtes-vous ici pour une audience avec le Ministre ?

Il s'agissait très ironiquement de Perceval Weasley, le troisième fils de la famille et le seul à avoir un semblant de dignité qui accompagnait ses dents qui rayaient le parquet. Il s'était peu à peu immiscé dans le cabinet du Ministre en tant que Secrétaire Principal en se montrant serviable et obséquieux, ce qui était des traits appréciés plus que tout autre par Cornelius Fudge.

-Oui, j'ai obtenu des informations qu'il trouvera sans doute très intéressantes.

-Il n'aimera certainement pas être interrompu, ainsi vous pourriez m'entretenir à ce sujet et je lui ferais un rapport, minauda mielleusement Weasley qui pensait certainement déjà à s'attribuer tout le mérite.

Heureusement Corban n'eut pas à intervenir car Crabbe le fit à sa place d'une voix dégouté :

-Un secrétaire devrait juste OBEIR et aller passer les messages, Weasley !

Le roux se crispa et le regarda un bref instant avec le même dégout avant de se rappeler certainement de l'influence politique de ce dernier et de reprendre un air avenant.

-Bien sûr, si vous voulez bien m'excuser un instant !

Il fit demi-tour d'un pas un peu trop vif et Corban échangea un regard moqueur avec l'autre sorcier.

-Il ne sait pas rester à sa place, grogna Crabbe.

-Oui, c'est terriblement honteux.

Weasley revint et leur demanda de le suivre, Crabbe et lui furent ainsi introduit dans le vaste bureau du Ministre où Lucius Malefoy se tenait aussi, élégamment assis sur un canapé qui faisait face à celui où se trouvait Fudge et aux grandes fenêtres donnant sur l'Atrium.

Corban voulut s'avancer vers lui mais Weasley s'interposa en se raclant la gorge, montrant deux petits flacons :

-S'il vous plait, par mesure de sécurité, veillez prendre cet anti-polynectar. Ensuite je vérifierais que vous n'avez pas de glamour sur vous…

Il haussa un sourcil, surpris, mais avala le flacon d'un coup, tout comme Crabbe après l'avoir reniflé suspicieusement.

Au moment où Weasley voulut les scanner, ils furent dérangés pas deux aurors, Shacklebolt et son apprentie, la jeune Tonks qui était connue pour sa maladroitesse maladive.

(En plus d'être la fille sang mêlée d'une Black reniée)

-Un mot Ministre… Commença l'auror, avant d'être coupé par Fudge avec brusquerie :

-A un autre moment Kingsley, vous voyez bien que nous sommes déjà en pleine réunion !

-Toutes mes excuses…

Alors que Corban était scanné pour vérifier les sorts d'illusions, les deux aurors partirent, la Tonks se cognant en se retournant contre une table basse et rattrapant de justesse un vase probablement centenaire.

Si ça, c'était les aurors qu'ils devaient craindre, Corban se disait que tout allait se passer pour le mieux. Une fois fini, Weasley s'écarta et partit en refermant la porte derrière lui, l'air déchiré de devoir le faire.

-Monsieur le Ministre, salua t'il alors. Lord Malefoy.

-Yaxley, quels sont ces informations dont Weasleby me parlait ?

Corban jeta un regard entendu vers Lucius, jouant comme si ça ne l'arrangeait pas qu'il soit là. Malefoy était le principal lien avec le Seigneur des Ténèbres après tout.

-Oh, vous pouvez parler devant Lucius, lui assura Fudge avec bonhomie. J'ai la plus grande confiance en lui !

Lucius accueillit l'hommage de confiance avec un sourire poli et une main sur sa poitrine en salut :

-Je suis honoré de votre appréciation à mon égard.

Ses yeux d'argent étaient cependant aussi froids que toujours et se posèrent sur lui et Crabbe, même s'ils finirent surtout par se concentrer sur lui, comme s'il pouvait lire directement dans ses pensées comme le faisait leur Seigneur.

-Mon neveu Mordecaï, qui est le chevalier d'un Regal Copper bronze, vient de m'avertir que Charles Weasley était à la Réserve des Hébrides et a demandé une entrevue personnelle au Chef et à la Dame…

-Quoi ?! S'exclama Fudge, bondissant du canapé pour se rendre à son bureau d'où il fit émerger un ensemble de lettres qui diffusèrent un parfum fleuri féminin qui était assez distinctif pour qu'il sache qu'elles venaient de Dolores Ombrage.

Il dut relire les dernières avant de cracher, contrarié :

-Dolores ne m'a pas parlé d'une visite aux Hebrides !

-Je ne pense pas que notre chère Sous-Secrétaire d'Etat soit au courant de cette escapade, supposa Lucius en croisant les mains devant lui.

-Je l'ai envoyé JUSTEMENT pour qu'elle contrôle leurs allers et venues ! Et que fait donc la Garde par Merlin ?!

-C'est une bonne question, répondit Lucius avec désormais l'air songeur.

Corban se racla la gorge pour attirer de nouveau l'attention sur lui :

-Mon neveu a pu découvrir que Weasley était là-bas pour leur parler de la dernière réunion aux Accords…

Fudge se tendit, mais il fut bien le seul car Corban remarqua avec agacement que Lucius cacha très rapidement un petit sourire comme s'il était au courant de quelque chose qu'il ignorait.

C'était possible, une petite minorité de partisan avaient été réunis en un cercle fermé autour du Seigneur des Ténèbres, parmi eux se trouvait Lucius, mais aussi les Lestrange, le jeune Bartemius Croupton et le loup garou Greyback.

-Oh misère… Lucius, qu'allons-nous faire ? Et si les autres réserves découvraient ce que nous avons fait pour empêcher la Réserve de la Matra pour participer ?

-Ne vous en faites pas Monsieur le Ministre, ronronna Lucius. Que peuvent-ils faire ? Vous êtes le Ministre de la Magie Britannique, vous êtes puissants… de plus il est impossible que quiconque puisse remonter à vous concernant ce qu'il s'est passé en Hongrie : aucun sorcier envoyé là-bas n'appartenait au Ministère…

-Oui… Oui ! Fit Fudge en reprenant confiance. Je suis irréprochable !

-Et le processus démocratique des Accords est long et contraignant… Continua le blond. D'ici qu'ils se mettent d'accord pour faire quoique ce soit, nous serons prêt à toute éventualité… Néanmoins, par sécurité, nous devrions peut-être envisager de renforcer nos défenses aériennes…

-Mais avec la Garde à la Montagne Blanche, nous n'avons que les habituelles sentinelles fournies par les Hébrides… Et je ne vois pas Sir Jens nous en fournir plus, il est incroyablement peu concerné par la sécurité des sorciers de Grande Bretagne ! La façon dont les Réserves choisissent leurs commandants me laissera toujours perplexe ! Tout comme le gamin Potter… Seigneur d'une réserve ! A-t-on déjà vu ça !?

-Je pense pouvoir vous aider, intervint Corban en voyant l'opportunité de se mettre en avant, lui et sa famille : j'ai encouragé mon neveu à réunir autour de lui des chevaliers fidèles à notre… Ministère. Ils seront prêts à intervenir en ignorant les ordres de leur hiérarchie.

-C'est possible ça ? S'étonna Fudge.

Corban eut un petit rire.

-Il n'y a pas à être surprit que la loi du plus fort prône chez les sauvages.

-Votre neveu n'est-il pas… ?

-Il reste un chevalier dragon et nous connaissons tous les penchants de cette race. Mais au moins, il est docile et apprivoisé, ce qui le rattrape un peu.

Il y eut des rires de la part des trois autres hommes, même si ceux de Crabbe arrivèrent à retardement comme s'il avait eu du mal à comprendre pourquoi il aurait dû rire.

Ayant malheureusement transmis tout ce qu'il savait, il dût quitter les deux hommes avec Crabbe qui semblait aussi réticent que lui.

-Je me demande ce que Lucius fait au juste, fit-il quand ils furent dans l'intimité de l'ascenseur. A quoi cela peut-il servir d'être aussi intime avec Fudge quand on sait que ce dernier sera bientôt écarté…

-Je ne sais pas, grommela Crabbe. Lucius a… Un peu changé non ?

-Je ne dirais pas, il a toujours été un peu visqueux.

-Mais il était… Tiens, par exemple, il ne parle plus du tout de Drago ?

-Son fils ? Il l'a peut être envoyé loin pour qu'on ne voit pas sa médiocrité, j'ai entendu dire qu'il avait de moins bonne note qu'une sang de bourbe.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à son niveau et il salua l'autre homme en se retenant de rouler les yeux. Pourquoi croyait-il que cela valait le coup de discuter avec quelqu'un de si limité ? Qui se préoccupait de ce que Lucius faisait de son fils, du moment que ça ne lui apportait pas un avantage sur lui ?

-D-

Crabbe sortit un étage en dessous et se dirigea résolument vers un bureau inoccupé. Il ne montra aucune surprise lorsqu'il y découvrit l'auror Kingsley Shacklebolt qui le fixa avec attente :

-Alors ?

La silhouette épaisse de Crabbe se modifia alors, comme un ballon qui se dégonflait, prenant rapidement une allure féminine jusqu'à ce que les traits grossiers s'affinent et s'adoucissent pour laisser l'expression lutine et mystérieuse de Nymphadora Tonks.

Derrière elle, une autre Nymphadora sortit de l'ombre et fronça les sourcils avant d'avaler une petite fiole et de subir une transformation bien plus difficile à regarder alors que corps et visage semblait remodelé par une main maladroite pour laisser apparaitre Severus Rogue dans une tenue d'auror beaucoup trop étroite pour lui.

Il drapa la longue cape autour de lui avec un grognement.

-Bon travail d'acteur tout à l'heure professeur ! S'amusa Tonks en lui faisant un clin d'œil.

-N'est pas espion qui le veut, répliqua t'il. Avez-vous au moins appris quelque chose ?

-Pas sur mon cousin comme je l'espérais, soupira la jeune femme, cependant j'ai des informations concernant la Réserve de la Montagne Blanche…

-D-

-Mordecaï ! Mordecaï !

L'appel le réveilla en pleine nuit et déboussolé, il se retourna dans son lit, sentant la présence chaude et douce de Roxy qui dormait contre lui.

-Lux ! Lança t'il dans un murmure et les cristaux de lumière de sa chambre émirent une douce lumière qui lui permit de se repérer.

La voix avait semblé venir de son coffre et il s'arracha à l'étreinte de sa compagne qui émit un bref son de mécontentement avant de se réinstaller, une main entourant son ventre dans un geste de protection.

En quelques pas, il récupéra son miroir à double sens désormais silencieux. Mais à la place du flou sombre habituel, il y avait un papier éclairé d'une chandelle où était inscrit :

« C'EST POUR LE 20 JUIN »

Un sourire carnassier d'anticipation s'étendit sur ses lèvres alors que sous ses yeux le papier brulait pour faire disparaitre toute trace.

A suivre…

J'aime Nymphadora, son potentiel est incroyable, je la trouve un peu sous-utilisée dans le canon... Bref, promis, prochain chapitre, le début de la bataille du Ministère et... Bon des morts. Par curiosité, petit sondage de popularité des persos : c'est qui que vous ne voulez ABSOLUMENT pas voir mourir? Et qui au contraire que vous voulez voir y passer (gnarc! gnarc!) ?

(On se donne jusqu'au 15 aout pour la publication du prochain chapitre? Allez, j'y crois!)