N.d.A :
De chouettes mises en place dans ce chapitre ;)
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Maîtresse malgré elle
Hermione passa le plus joyeux des Noëls avec les Weasley, chez les Potter au 12, square Grimmaurd, à Londres. Harry n'avait pas eu le cœur à se séparer de la maison héritée de son parrain (malgré certains mauvais souvenirs). Avec l'aide de Ginny, ils avaient investi énormément de temps et d'huile de coude pour redonner à la maison un air accueillant et chaleureux. Hermione passa des heures à jouer en compagnie de ceux qu'elles considéraient comme ses neveux et nièces, à se goinfrer des gâteaux cuisinés par Mrs Weasley et à leur lire et relire à leur demande les Contes de Beedle le Barde ; Teddy et Victoire lovés sur le canapé contre elle, et James gazouillant gaiement sur ses genoux. Charlie était rentré de Roumanie pour l'occasion, et au grand dam d'Hermione, Molly harcela le pauvre garçon pour qu'il s'assoie aux côtés de la jeune sorcière à table, rappelant lourdement et à répétition - bien que sur le ton de la conversation - leur état respectif de célibat ; avant que Bill n'intervienne finalement en faisant les gros yeux à sa mère, soutenu en douceur par Mr Weasley, et plus fermement par la suite par Ginny (bien que celle-ci jeta tout d'abord un petit coup d'œil plein d'espoir à son amie pour voir si celle-ci était potentiellement intéressée). Puis les deux amies profitèrent de leur tour de vaisselle pour s'éclipser dans la cuisine et papoter loin des oreilles indiscrètes. Ginny interrogea Hermione sur sa soirée avec Viktor Krum, puis sur son futur "rendez-vous" avec Lucius Malefoy.
— Ce n'est pas un rendez-vous, précisa une énième fois Hermione. Il s'agit d'un simple dîner.
— Le soir du Nouvel An ? renifla la rouquine, peu convaincue. Tu auras de la chance si tu parviens à t'éclipser de quelque évènement mondain avant minuit, Sandripon.
Hermione leva les yeux au ciel, comprenant que Ginny faisait référence au livre de contes de fées moldus qu'elle avait lu un peu plus tôt aux enfants.
— Très drôle ! C'est Cendrillon, Miss Taquineries. Et Lucius Malefoy n'a rien d'un prince charmant.
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Le jour fatidique, Hermione vit avec horreur le même hibou grand-duc lui apporter une large boîte de chez Madame Guipure, "Prêt-à-porter pour sorciers". Elle y découvrit ce qu'elle suspectait et redoutait : une très belle robe de soirée vert foncé à la mode sorcière, au bustier scintillant et à la longue jupe drapée. Un mot accompagnait le paquet :
"Au plaisir de vous voir porter ce modeste présent en ma compagnie,
L.M."
À croire qu'il ne doutait décidément de rien ! Hermione refusa même de l'essayer, ne préférant pas savoir si le prétentieux sorcier connaissait réellement sa taille. Elle avait bien relu en détail l'accord de l'enchère et - bien que le choix de la soirée du 31 décembre la contraignît à jouer les escortes jusqu'à minuit - rien n'énonçait qu'elle ne pouvait choisir elle-même sa tenue. Non pas qu'elle ait eu à se plaindre du goût de la robe - bien au contraire : celle-ci était à couper le souffle ! - mais plus pour le plaisir égoïste de faire un pied de nez à la vanité du Serpentard. Si Mr Lucius Malefoy ne la trouvait pas suffisamment sophistiquée pour ses standards, tant pis pour lui ! Tout ce qui pourrait blesser l'orgueil du Sang-Pur illuminerait sa soirée. Hermione se prépara néanmoins avec le plus grand soin, passant notamment de longues heures à lisser son imposante et sauvage chevelure, qu'elle attacha en une simple et haute demi-queue, laissant ses longues mèches retomber en cascade. La jeune femme avait sélectionné l'une de ses tenues les plus chics, bien qu'outrageusement et incontestablement moldue : une combinaison de soirée rouge foncé, au profond décolleté en V et au dos nu, avec des manches évasées, le pantalon fluide aux jambes fendues donnant l'illusion d'une traîne ou d'une jupe longue, qu'elle associa à une paire de hautes sandales lacées en daim. L'ensemble cintré et à la taille haute allongeait parfaitement sa silhouette, la mettant en valeur. La sorcière enfila un simple jonc en or à son poignet, offert autrefois par ses parents pour son anniversaire, ainsi qu'une paire de longues boucles d'oreille pendantes et étincelantes, laissant sa gorge dénudée. Et comme à son habitude, elle opta pour un maquillage simple et léger. Il s'agissait tout de même du soir du Nouvel An et la jeune femme voulait se faire plaisir et apparaître sous son meilleur jour. Une goutte du flacon de parfum offert ce Noël par Harry et Ginny comme touche finale, et la voilà prête et parée.
Hermione transplana sur le Chemin de Traverse, vêtue d'un long manteau de laine et d'une écharpe en soie dans l'air glacial de la nuit, son petit sac cousu de perles (et toujours doté d'un sortilège d'Extension indétectable) à la main. Elle arriva devant le restaurant cinq minutes après l'heure indiquée. Elle se présenta à l'accueil et s'enquit d'une réservation au nom de Mr Malefoy. Un serveur la délesta de son manteau et de son écharpe au vestiaire, mais elle garda son sac à la main - après tout, il contenait sa baguette. Hermione s'étonna lorsqu'on la conduisit dans une salle privée. La sorcière était partagée entre le soulagement d'échapper aux regards des autres clients, voire d'éventuels paparazzis, et l'angoisse de se retrouver seule en tête-à-tête avec Lucius Malefoy, sans témoin. Elle entra dans une petite pièce aux peintures murales, mobilier et décorations dans le style Rococo. La seule différence avec les musées qu'elle avait pu visiter en France avec ses parents était le fait que les personnages sorciers des portraits étaient animés. Au centre de la pièce était dressée une table ovale et drapée de blanc pour deux personnes. De l'autre côté se tenait debout Lucius Malefoy, près d'une petite desserte à laquelle il semblait s'être servi un verre de whisky Pur Feu en l'attendant. Il était vêtu d'une robe de soirée aussi élégante qu'au bal de Noël du ministère, aux boutons de manchette en argent, bien que toujours austère. Il portait ses longs cheveux d'un blond presque blanc détachés ce soir-là. Lorsqu'elle entra, le sorcier détailla sa tenue aux couleurs Gryffondor avec un sourcil levé. Hermione lut sans peine la désapprobation bouillir sous ses traits et elle se retint de sourire, le mettant au défi de faire la moindre remarque. La sorcière le félicita cependant intérieurement pour son contrôle et sa capacité à dissimuler sa surprise.
— Miss Granger, articula doucement Malefoy. Quelle charmante… apparition.
Hermione sentit sa douloureuse hésitation et combien la formule de politesse l'écorcha.
— Mr Malefoy, le salua-t-elle sobrement à son tour.
Le Serpentard désigna galamment la table qui les attendait, escortant la jeune femme. Le serveur lui présenta sa chaise et Hermione prit place sans un mot.
— Comme d'habitude, Mr Malefoy ? demanda alors ce dernier.
Malefoy acquiesça et le sorcier se retira, les laissant seuls. Ce fut au tour d'Hermione de hausser un sourcil interrogatif. Malefoy l'observa longuement, sans commentaire. La jeune femme commença à se sentir nerveuse et s'empara du menu pour s'occuper les mains et le regard.
— J'en conclus que vous êtes déjà venu ici ? dit-elle en se raclant la gorge, mal à l'aise.
Malefoy ne répondit pas tout de suite, laissant peser le silence comme s'il méditait sur son attitude.
— En effet, répondit-il finalement. Pas vous ?
— Je n'avais pas encore eu ce plaisir, non, dit-elle avec une petite moue sarcastique.
Observant l'absence de prix sur la carte des vins, Hermione songea qu'elle n'était pas vraiment en mesure de s'offrir un menu dans ce type de restaurant en temps normal, avec son modeste salaire. Du coin de l'œil, elle vit le sorcier sourire avec suffisance, comme s'il devinait ses pensées et que cela l'amusait. La jeune femme se retint de rougir de honte ou de gêne.
Elle se tut, ne se sentant pas de faire la conversation. Au bout de quelques minutes, elle redéposa le menu à contrecœur, devant admettre qu'il était ridicule de prétendre que sa lecture requière davantage de temps. Elle commença à porter son attention sur l'architecture de la salle.
— Dois-je comprendre que vous n'avez pas reçu mon hibou ?
Au son de sa voix, Hermione posa un regard surpris sur son interlocuteur, avant de comprendre que Malefoy faisait référence à sa tenue, semblant s'être retenu jusque-là.
— Non, je l'ai bien reçu.
Elle sentit que le sorcier était irrité par son absence d'explication.
— Et ? pressa-t-il à voix basse. Est-ce que la robe ne vous seyait guère ?
Bien entendu il n'en croyait pas un mot, et demandait en réalité pourquoi elle n'avait pas agi comme il l'avait notifié. Hermione pesa ses mots avant de répondre.
— Je vous remercie pour l'attention, Mr Malefoy, mais je vous assure que cela n'était pas nécessaire.
Le rictus qu'il afficha exprima clairement qu'il possédait un avis tout contraire. Cependant, il se retint de tout commentaire.
— Je retournerai l'article à la boutique bien entendu, proposa-t-elle.
— N'en faites rien. Gardez-la, offrit-il sèchement sans la regarder. Il s'agissait d'une commande sur mesure.
Hermione lui jeta un regard étonné mais il l'ignora, détournant le regard. L'avait-elle vexé ?
Le serveur fit son apparition avec deux coupes d'apéritif, dispensant la sorcière de réagir à l'humeur fermée de son hôte.
— Que prendrez-vous ? demanda le jeune homme.
Hermione se rendit compte qu'elle se souvenait finalement à peine du menu.
— Euh, la tourte avec les légumes, s'il vous plaît, dit-elle rapidement.
Malefoy passa commande sans regarder le menu et commanda une bouteille de vin pour accompagner leurs plats.
Ils sirotèrent leurs verres en silence jusqu'au retour du serveur. Ils commencèrent à manger et Hermione sentit son agacement croître en percevant le regard scrutateur du sorcier peser sur elle. N'y tenant plus, elle reposa bruyamment ses couverts en soupirant.
— Allons, le plat n'est pas à votre goût ? sourit-il avec ironie.
— Cessez cette comédie, Mr Malefoy ! Je sais parfaitement à quel point je vous suis antipathique. Et vous savez le sentiment réciproque. Qu'est-ce que vous attendez de moi, au juste ?
Lentement, Malefoy déposa ses couverts à son tour, porta sa serviette au coin de ses lèvres et but une longue gorgée de son vin avant de répondre. Il semblait avoir attendu qu'elle aborde le sujet toute la soirée.
— Simplement que vous jouiez votre rôle, Miss Granger.
Hermione s'adossa et croisa les bras sur sa poitrine.
— Et pourrais-je savoir de quel rôle il s'agit ?
— Je suspecte fortement avoir été la cible principale de la… farce dont vous avez été, semble-t-il, une victime collatérale.
— Voyez-vous ça. Dois-je comprendre que vous avez une idée de l'identité du coupable ?
Un imperceptible sourire en coin vint étirer les lèvres du sorcier.
— Peut-être.
Il but une nouvelle gorgée de vin.
— Et auriez-vous l'amabilité de me mettre dans la confidence, insista Hermione, que je puisse aller le remercier personnellement ?
Malefoy se contenta de continuer à sourire d'un air énigmatique.
— Bien sûr, poursuivit la sorcière en fronçant les sourcils. Ainsi, au lieu de faire éclater la supercherie, vous maintenez cette comédie dans le but de, quoi ? Prouver au monde qu'on ne s'en prend pas impunément à Lucius Malefoy ? Attraper vous-même le coupable ?
— Vous êtes en effet, contre toute attente, l'une des sorcières les plus intelligentes de votre génération, dit-il en levant son verre.
Hermione ne releva pas l'insulte à peine dissimulée dans le faux compliment et préféra s'ôter tout de suite d'un doute.
— Vous n'espérez tout de même pas que je devienne réellement votre maîtresse ?
— Il ne s'agit là que d'or de farfadet, Miss Granger, la sermonna-t-il durement, redevenant soudainement sérieux, ne l'oubliez pas.
Le silence retomba et Hermione lui lança un regard noir.
— Et vous ne croyez pas que j'ai mon mot à dire sur la question ?
— C'est bien là tout l'objet de ce dîner, reprit le sorcier d'un air plus décontracté. Vous convaincre de notre intérêt commun, ou à défaut, vous prouver que vous n'avez pas le choix dans cette affaire.
— Et l'impact sur ma vie privée ?
— Sans conséquence, balaya-t-il d'une main indifférente, si vos heures de présence au ministère témoignent un tant soit peu de l'absence d'une telle vie…
Hermione faillit recracher le vin qu'elle venait d'avaler.
— Comment osez-vous… ?! toussa-t-elle.
— Cela est, bien entendu, tant que vous vous abstiendrez de flirter en public avec quelque ancien célèbre sportif de passage.
La jeune femme piqua un fard.
— Je vous interdis de… ! commença-t-elle en le pointant un doigt menaçant.
Mais une nouvelle entrée du serveur la coupa dans son élan. Écœurée, Hermione se rendit compte que l'odieux Serpentard avait réussi à lui couper l'appétit avant même le dessert.
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Notre sorcière était entrée dans un mutisme boudeur. Et ce qui l'énerva davantage, était que cela n'avait pas l'air le moins du monde de déranger Malefoy, ou de l'empêcher d'apprécier tranquillement la fin de son repas.
Lorsqu'ils eurent terminé, le sorcier la raccompagna au vestiaire et Hermione tenta sa chance alors qu'elle était en train d'enfiler son manteau et d'ajuster son écharpe.
— Eh bien, je vous remercie pour ce dîner fort divertissant, Mr Malefoy…
— Pas si vite, Miss Granger, la coupa calmement ce dernier une fois sa propre cape passée sur ses épaules. Il me semble que, d'après votre contrat, vous devez m'accompagner jusqu'à la fin de cette soirée.
Hermione soupira en défaite. Cela ne coûtait rien d'essayer.
Malefoy lui tendit son bras et - retenant un grognement, mais levant tout de même visiblement les yeux au ciel - la jeune femme l'accepta à contrecœur.
— Et puis-je savoir où vous comptez vous rendre désormais ?
— Les Bulstrode accueillent pour le Nouvel An.
Hermione le regarda d'un air interloqué.
— Vous voulez vous rendre à une réception de familles de Sang-Pur en ma compagnie ? Sérieusement ? Qu'est-ce que vous cherchez ? Que je me prenne une malédiction en pleine tête ?
Malefoy sourit d'un air narquois.
— Eh bien, je ne vous savais pas si pleine de préjugés !
La sorcière lui lança un regard mauvais.
— Il n'y a pas si longtemps, la plupart de ces sorciers et sorcières m'ont très bien fait comprendre ce qu'ils pensaient des personnes de mon ascendance.
— La guerre est terminée depuis plusieurs années, je vous rappelle, dit-il sérieusement, avant de reprendre avec un nouveau sourire : Et où est donc passé ce si prisé courage des Gryffondor dont vous et les vôtres vous vantez tant ?
Hermione marmonna sombrement quelque chose se rapprochant de la différence entre courage et témérité suicidaire.
— Je ne crois pas avoir été invitée, précisa-t-elle.
— Mais moi je le suis, conclut Malefoy en les guidant hors du restaurant, et ainsi nous irons.
Hermione comprit qu'il ne servait à rien de discuter et se résigna, se préparant à vivre sûrement l'une des pires soirées de toute sa courte vie. Et elle avait assisté à l'anniversaire de mort de Nick Quasi-Sans-Tête !
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Ne s'étant jamais rendue chez les Bulstrode auparavant, Hermione dut accepter de laisser Lucius Malefoy l'escorter lors du transplanage. Les Bulstrode résidaient dans un grand et luxueux hôtel particulier dont la façade néo-classique - que la sorcière estima remonter jusqu'au XVIIIème siècle - était dissimulée par magie ; ce qui rappela un peu à Hermione l'ancienne demeure de la famille Black. Un elfe de maison vint les débarrasser de leurs manteaux dans le hall d'entrée et annoncer leur arrivée aux maîtres de maison.
— Lucius ! Quel plaisir de te voir !
Un vieux sorcier moustachu vint les saluer, avec à son bras une grande et maigre sorcière aux cheveux noirs parcourus d'une unique mèche blanche et attachés en un chignon serré.
Mr Malefoy serra la main du sorcier avant de se tourner vers Hermione.
— Je ne crois pas que vous ayez déjà rencontré Miss Granger ? répondit-il en présentant la jeune femme à son bras.
Hermione ne manqua pas la disparition soudaine des sourires sur les visages de leurs hôtes, ainsi que leur trouble.
— Mr et Mrs Bulstrode, je suppose ? Enchantée, dit-elle en présentant un sourire éclatant.
— Euh, oui… hum… de même…
Mr Bulstrode semblait pris de court.
— Bonne Année à vous deux, intervint sa femme, volant au secours de son mari avec un faux sourire, avant de tirer sur son bras pour l'entraîner plus loin.
Lorsqu'elle pénétra dans la salle de réception avec Malefoy, Hermione sentit avec angoisse de nombreux regards se poser sur eux. La sorcière fit de son mieux pour demeurer parfaitement stoïque. Elle imaginait aisément que sa présence risquait de faire sensation, et pas une des meilleures. La jeune femme vit du coin de l'œil des invités détailler sa combinaison avant d'afficher des airs interloqués ou des sourires moqueurs et de murmurer à l'oreille de leur voisin. Hermione n'en avait cure si sa tenue n'était pas à leur goût. Elle savait parfaitement de quoi elle avait l'air ainsi vêtue et redressa la tête avec fierté. Lucius Malefoy se racla la gorge à ses côtés.
— Vous désirez boire quelque chose ? demanda-t-il à voix basse.
— Oui, définitivement ! répondit Hermione. Je vais en avoir besoin si vous voulez que je reste ici jusqu'à minuit…
La jeune femme manqua le sourire du sorcier lorsqu'il s'éloigna d'elle.
Elle croisa les bras et se promena discrètement parmi la foule, en essayant de ne pas trop longer les murs.
— Je ne crois pas que nous ayons déjà été présentées, intervint une voix sèche derrière d'elle.
Surprise, Hermione se retourna. Ms Shafiq se tenait devant elle, vêtue d'une robe de sorcière sobre en comparaison du standard de la salle, bien que chic, et toujours tirée à quatre épingles. La sorcière lui tendit une main ridée mais ferme.
— Edna Shafiq, se présenta-t-elle avec un regard perçant.
— Hermione Granger, répondit timidement Hermione en lui serrant la main.
— Oh bien sûr, j'ai déjà entendu parler de vous, Miss Granger, dit Ms Shafiq de son ton saccadé. Difficile de faire autrement avec des antécédents comme les vôtres.
— Mes antécédents ?
Hermione haussa les sourcils, sincèrement prise au dépourvu, et craignant ce à quoi la sorcière faisait référence. Ms Shafiq afficha l'ombre d'un sourire, semblant amusée par sa réaction.
— À l'âge d'à peine quinze ans, vous avez pénétré le Département des mystères, déjouant le système de sécurité de la Salle aux douze portes au moyen d'un stratagème des plus simples, mais qui semble pourtant nous avoir échappé.
Hermione se rappela, qu'à l'époque, Ms Shafiq était directrice de ce département.
— Seize, rectifia poliment la jeune femme par réflexe. J'avais seize ans à ce moment.
Shafiq haussa un sourcil et lui lança un regard pénétrant. Hermione n'était pas encore certaine si la sorcière avait parlé avec admiration, ou l'accusait.
— Deux ans plus tard, poursuivit alors Shafiq, à peine majeure et pas encore diplômée, vous avez infiltré coup sur coup le ministère de la Magie sous le régime de la marionnette Pius Thicknesse, puis la banque Gringotts - ce que nombre de sorciers et gobelins considéraient impossible. Enfin, après avoir contribué de manière décisive à la chute de Lord Voldemort, vous avez validé vos ASPIC avec le plus grand nombre d'Optimal jamais enregistré dans l'histoire de Poudlard.
— En effet, hésita Hermione mal à l'aise, ne sachant toujours pas où son interlocutrice souhaitait en venir.
La jeune femme remarqua néanmoins que la sorcière avec prononcé sans fléchir le nom de Voldemort, ce qu'encore peu de sorciers osaient faire.
— Je suis étonnée que vous soyez entrée au ministère en tant que simple juriste au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Avec des résultats comme les vôtres, vous auriez facilement pu devenir briseuse de sort. En tout cas, je vous aurais volontiers acceptée au sein de mon ancien département.
Ms Shafiq sourit finalement franchement, bien qu'avec un air un peu goguenard, et Hermione se détendit, se sentant flattée.
— Je vous remercie, Ms Shafiq. Il est vrai que j'avais reçu entre autres une proposition pour devenir briseuse de sort au sein de ministère - n'étant pas en état de grâce auprès des gobelins de Gringotts… Mais j'ai personnellement choisi le droit.
Shafiq la détailla une fois de plus d'un regard perçant.
— Je sais que vous avez postulé pour entrer au Département de la justice magique, dit-elle sans détour.
— Euh, oui, répondit Hermione, prise de court. Je…
Quand Lucius Malefoy réapparut soudainement à ses côtés, la coupant dans ses pensées. Il lui tendit une coupe de champagne qu'elle accepta maladroitement, le remerciant à mi-mot.
— Madame la présidente, Malefoy salua sobrement bien qu'aimablement la sorcière siégeant maintenant à la tête du Magenmagot.
— Lucius, lui répondit Shafiq avec un signe de tête.
Le regard de la sorcière se promena un instant entre Hermione et Mr Malefoy, avec une étrange lueur dans le regard, comme un intérêt renouvelé ou une franche curiosité affichée.
— Les préjugés sont encore très présents au sein du ministère, reprit Edna Shafiq à voix basse, en s'adressant plus particulièrement à Hermione. Trop même, certains diraient. Il faudrait que cela change. J'aurais bien besoin de sang neuf au sein de mon équipe… et diminuer un peu l'âge moyen de notre tribunal, plaisanta-t-elle. Je saurais quoi faire d'un cerveau et d'un tempérament comme les vôtres, Miss Granger.
Puis Ms Shafiq tendit son propre verre dans la direction d'Hermione, comme pour souligner ses propos, et s'en alla aussi soudainement qu'elle était apparue.
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Hermione dut s'avouer quelque peu perturbée et déstabilisée par son entrevue avec Edna Shafiq. La sorcière resta un instant silencieuse et méditative, tapotant distraitement d'un doigt manucuré le verre qu'elle tenait toujours à la main, son petit sac en perles toujours dans l'autre, oublieuse du regard inquisiteur de Malefoy près d'elle.
— Souhaitez-vous danser ?
Hermione s'étouffa à moitié en avalant de travers la gorgée qu'elle venait inconsciemment de prendre. Perdue dans ses pensées, la jeune femme en avait presque oublié la présence de Lucius Malefoy à ses côtés, ainsi que leur rendez-vous et son statut "d'escorte" pour la soirée. Le sorcier avait parlé avec nonchalance, se tournant légèrement vers la salle de bal où évoluaient élégamment quelques couples au son d'une valse.
— Je préférerais éviter, si cela ne vous dérange pas, répondit-elle prestement, s'essuyant le menton en essayant de conserver un peu de dignité.
Hermione ne souhaitait pas se donner en spectacle plus que nécessaire. Malefoy acquiesça doucement, la réponse de la sorcière semblant parfaitement lui convenir. Si bien qu'Hermione se demanda s'il ne lui avait demandé que par simple politesse. Après tout, elle était assez ignorante de l'étiquette encore en place chez les vieilles familles de sorciers, malgré son époque moderne. En effet, le sorcier n'était pas obligé de se montrer avenant envers elle, mais semblait considérer qu'il était de son devoir de l'entretenir pour suivre une quelconque tradition. La jeune femme se rappela alors que tout ceci n'était qu'une façade, un rôle, comme tout ce que cet homme faisait et qui servait ses propres desseins.
Lucius Malefoy se proposa alors de la mener jusqu'au balcon qui donnait sur les jardins et Hermione accepta, jugeant qu'un peu d'air frais loin de la foule ne lui ferait pas de mal. Il la guida d'une main respectueusement placée dans son dos lorsqu'ils franchirent les doubles portes vitrées. Hermione s'étonna de l'aisance avec laquelle le sorcier se comportait aussi faussement auprès d'elle, sachant le dégoût qu'elle lui inspirait en vérité. Elle ne put s'empêcher de remarquer la curiosité malsaine et les regards réprobateurs qu'ils semblaient susciter - et il semblait que pour une fois, les reniflements méprisants ne s'adressaient pas seulement à elle. Elle se rappela du plan de Malefoy de maintenir les apparences pour découvrir qui s'en était pris à eux. Mais si cela risquait de la dépeindre comme une briseuse de ménage ambitieuse, qu'est-ce que cela faisait de lui aux yeux de ses confrères ? Est-ce que cela ne l'atteignait-il pas aussi ?
— Je ne comprends pas pourquoi vous chercheriez ma compagnie, même pour vous venger, soupira la jeune femme en désignant d'un signe de tête les invités dont l'attention était librement tournée vers eux. Il est clair que votre société juge d'un mauvais œil votre choix d'association. Cela ne vous dérange-t-il donc pas ?
— Ma société ? répéta le sorcier avec une étincelle amusée dans le regard. Dois-je comprendre, qu'en dépit de défendre haut et fort vos modestes origines, vous ne vous considérez pas vous-même comme une sorcière ?
— Je voulais parler des familles de sorciers attachées à la pureté du sang, précisa Hermione en roulant des yeux.
Elle n'était même plus d'humeur à se vexer de ses insinuations sur ses parents Moldus.
Lucius Malefoy eut un petit rire avant de reprendre son sérieux. Il balaya sans crainte les visages des curieux, certains baissant les yeux avec gêne sous son regard.
— Cela semble vous étonner, remarqua-t-il.
— Je vous croyais attaché aux apparences. Être vu avec moi ne risque-t-il pas d'entacher votre précieuse réputation ?
— Cela montre ce que vous savez de moi, et de cette société.
Hermione lui lança un regard en biais. Elle avait peut-être bien mérité cette pique après avoir supposé qu'il était superficiel, mais elle ne lui faisait pas confiance. Sentant le regard de la sorcière sur lui, Malefoy soupira et reporta son attention sur elle.
— En effet, Miss Granger, la plupart de mes connaissances désapprouvent profondément cet étalage public. Pourtant, avez-vous vu qui que ce soit oser formuler à voix haute sa pensée à mon égard ? Non. Ce que vous voyez comme du mépris, moi je le vois comme un parfait exemple de ce que signifie encore le nom des Malefoy. Tous me craignent et me jalousent, car j'agis comme j'ai toujours agi : ce que je désire, et que les autres ne peuvent obtenir, je le prends ! Et ce, peu importe ce qu'ils en pensent. C'est pourquoi je peux me présenter avec au bras une jeune et ravissante sorcière - et la plus célèbre des nées-Moldues, ne leur en déplaise ! - en toute impunité. Bien que vous soyez habillée comme le serveur, je le reconnais.
Et il porta son verre à ses lèvres. Il avait parlé à voix basse et distinctement, avec passion et satisfaction, comme s'il lui faisait la leçon. Comme s'il prenait plaisir à lui démontrer sa position. Le visage d'Hermione avait légèrement rougi lorsqu'il avait laissé sous-entendre qu'on pouvait lui envier son apparence et la juger désirable. Ceci avant, bien entendu, qu'il n'en profite pour s'en prendre (enfin ouvertement) à sa tenue d'un ton plus léger, comme si de rien n'était.
— Vous avez raison, dit-elle froidement en se détournant légèrement, utilisant son animosité pour dissimuler son trouble. Je ne sais pas pourquoi je devrais m'en étonner. Après tout, on vous a bien vite pardonné d'avoir été un Mangemort, un criminel, rien que ça ! Alors, coucher avec une Sang-de-Bourbe…
À son tour elle leva son verre et but une gorgée, le menton haut et fier, pour souligner ses propos. La jeune femme savait bien, pour avoir côtoyé Drago à Poudlard, que son père n'avait aucun mal à employer le terme insultant pour désigner les siens. Mr Malefoy lui lança un regard noir suite à son ton accusateur.
— Tout ce que j'ai toujours accompli était pour défendre mes propres intérêts, et ceux de ma famille.
Hermione soupira et leva les yeux au ciel d'un air désabusé. Le sorcier ne se repentait même pas de ses actions et choix passés.
— Et l'on sait tous comment cela s'est terminé pour votre si prestigieuse famille, finit-elle en secouant la tête.
La sorcière se rappelait que - quoiqu'il en dise maintenant - le Serpentard n'en avait pas mené large lors de son procès, lorsque la menace d'une condamnation à vie à Azkaban pendait encore au-dessus de sa tête.
Pendant un instant, Hermione crut qu'elle avait enfin réussi à toucher un point sensible et que le Sang-Pur allait perdre son calme, l'insulter ou même l'attaquer. Mais contre toute attente, un sournois sourire en coin vint détendre sa mâchoire crispée et Malefoy la regarda avec arrogance.
— Et je suis certain qu'il ne vous aura pas échappé à quel point ma position dans la société en a été lourdement affectée, n'est-ce pas ? susurra-t-il d'un ton taquin. Comment toutes les portes du ministère et des institutions magiques de Grande Bretagne me sont fermées ? Ou encore les fiançailles fort avantageuses de Drago au sein d'une bonne famille de Sang-Pur qui n'a même pas pris part à la guerre ?
Hermione faillit recracher son champagne et sentit son visage s'enflammer d'indignation. Comment osait-il s'en vanter ? Bien sûr qu'elle avait remarqué ! C'était justement ce qu'elle reprochait à ce monde corrompu ! Et maintenant, Lucius Malefoy avait l'audace de s'en moquer juste sous son nez.
— Si j'avais mon mot à dire, menaça-t-elle à voix basse.
— Ce n'est justement pas le cas, Miss Granger, la coupa-t-il. Du moins, pas encore, ajouta-t-il dans un murmure.
Hermione lui lança un regard interrogateur, mais ne relança pas le sujet.
— Et qu'en est-il de votre propre cercle ? demanda-t-il après un silence trop court au goût de la sorcière. Vos soi-disant amis vous ont-ils reproché d'être entrée dans le lit du serpent ? D'avoir frayé avec l'ennemi ?
La jeune femme le fusilla du regard, refusant de répondre à ses provocations.
— Oui, n'est-ce pas, sourit-il avec espoir. L'autre camp n'est pas si tolérant que ça, après tout.
Tout cela semblait grandement l'amuser.
— Contrairement à vous, je n'ai pas de sombres raisons de mentir à mes proches, répondit-elle fermement. Mes amis sont parfaitement au courant de la vérité sur ce qu'il s'est passé.
Malefoy plissa les yeux.
— Voyez-vous ça.
— C'est juste que, poursuivit-elle malgré elle… Je n'apprécie pas d'avoir ma vie privée étalée en première page des journaux, c'est tout.
Malefoy eut un petit rire hautain et plongea son regard dans les bulles qu'il faisait danser au fond de sa coupe.
— Je ne savais pas que vous attachiez de l'importance à ce que les autres peuvent penser ou dire de vous, Miss Granger. En tout cas, ce n'est pas ainsi que vous a dépeinte mon fils lorsque vous étiez à l'école ensemble, ni même ce qui est ressorti de votre attitude au cours de la guerre.
Hermione essaya une fois de plus de juger son improbable interlocuteur du regard. La jeune femme ne savait jamais comment elle devait prendre ses propos. L'étrange sorcier semblait parfois ouvertement la critiquer, et à d'autres moments curieusement la complimenter. Lucius Malefoy était extrêmement difficile à cerner, et il la déstabilisait au plus haut point.
— Ce à quoi j'attache de l'importance, Mr Malefoy, est ma liberté.
— Est-ce pourquoi vous vous évertuez à combattre votre situation actuelle, au lieu de docilement collaborer ?
La sorcière plissa les yeux d'un air mauvais.
— Je pourrais aussi vous jeter à cet instant mon verre à la figure devant tous ces témoins, et mettre ainsi publiquement un terme à notre prétendue relation.
— Vous n'oseriez pas, s'indigna le sorcier.
Mais loin de la mettre au défi, un rictus passager dévoila un court instant l'ombre d'un doute sur le visage de l'homme quant à l'audace de la jeune femme.
— Prenez garde, dit-elle. Les dernières personnes qui ont tenté de contrôler ma vie sont Rita Skeeter et Voldemort, et je vous ferais remarquer qu'aucun des deux ne sévit encore.
Hermione s'attendait à le voir ciller sous le nom de son ancien maître, ou s'offusquer sous la menace. Mais contre toute attente, Malefoy sourit de plus belle, une lueur intéressée dans le regard, comme si sa réponse lui plaisait grandement.
— Justement, voilà pourquoi je m'étonne de ne rien vous voir tenter pour amener devant la justice celui ou celle qui s'en est pris à vous. Votre attitude passive face à toute cette affaire en est presque… suspecte.
Lucius Malefoy la scruta d'un regard intense.
— Vous ne sous-entendez certainement pas que j'étais consentante ? s'offensa Hermione dans un souffle.
Avant qu'il ait pu répondre, un feu d'artifice magique explosa au fond du jardin, illuminant la nuit et la façade. Il était minuit. Une nouvelle année commençait. Hermione était tellement prise dans leur discussion qu'elle en avait oublié toute notion du temps. Jetant un regard autour d'elle, la jeune femme témoigna des nombreux couples qui s'embrassaient.
— Bonne Année, Miss Granger.
La voix de Malefoy lui parvint de plus près qu'elle ne s'attendait, son murmure la frôlant avec intimité alors que son visage se rapprochait lentement et dangereusement du sien.
— Prête pour le show ? souffla-t-il.
Il ne comptait tout de même pas l'embrasser ?! Que comptait-il prouver ?
Le sorcier glissa un doigt sous le menton de la jeune femme pour lui relever le visage, ses yeux cherchant les siens.
Hermione hésita… N'avait-elle réellement pas le choix ?… avant de détourner le visage au dernier moment, les lèvres de Malefoy atterrissant au coin des siennes.
— Bonne soirée, Mr Malefoy.
La sorcière s'éloigna prestement, abandonnant sa coupe sur la balustrade, et détourna les yeux, refusant d'affronter le regard du sorcier. Elle profita de la confusion du feu d'artifice et des effusions pour se faufiler rapidement à travers la foule et hors de la demeure. D'un coup de baguette, elle appela à elle ses affaires et transplana jusque chez elle dès que possible. Hermione détestait que sa voix ait tremblé et de donner l'impression d'avoir fui. Mais la jeune femme refusait de rester une seconde de plus en la présence du Sang-Pur. Lorsqu'il s'était penché sur elle, elle s'était retrouvée submergée par le parfum qu'il portait… Le même que le soir où… Et Hermione ne pouvait supporter l'idée qu'elle ait dû faire appel à toute sa volonté pour résister - ne serait-ce pendant un infime instant de faiblesse - à la tentation de se laisser embrasser par Lucius Malefoy.
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Ses derniers jours de vacances furent tout ce dont Hermione avait besoin pour se remettre de la soirée de la Saint-Sylvestre. Et à son grand soulagement, elle n'entendit pas reparler de Lucius Malefoy, lui permettant ainsi de se sortir le sorcier de la tête. La robe qu'il lui avait offerte n'avait pas quitté son carton d'emballage, et avait trouvé une place de choix, cachée sous son lit à grand coup de pied. La sorcière put ainsi passer de longues heures à se prélasser sur son canapé, un plaid sur les genoux et une tasse de chocolat chaud à la main, à lire avec plaisir les derniers livres qu'elle avait achetés.
Ce à quoi notre héroïne ne s'attendait pas cependant, fut de voir apparaître la tête de Harry dans l'âtre de sa cheminée lui demandant s'il pouvait lui rendre visite. Avec un mélange d'espoir et d'appréhension, Hermione s'imagina que c'était pour la tenir au courant de l'avancée sur l'affaire du philtre d'amour. Mais lorsqu'il sortit des flammes vertes pour avancer dans son appartement, la sorcière s'étonna de trouver son ami aussi nerveux. Le jeune Auror commença à faire les cents pas devant elle, après l'avoir saluée et s'être enquis de sa santé.
— Comment s'est passé ta soirée avec Lucius Malefoy ? questionna-t-il finalement.
— Je suis toujours vivante, répondit-elle, haussant les sourcils devant son intérêt.
Harry passa une main dans ses cheveux déjà fort ébouriffés.
— Tu sais pourquoi il a voulu te revoir ?
— Il m'a dit vouloir conserver le faux semblant de notre présumée relation dans le but de démasquer le responsable de notre intoxication. Et je suspecte aussi que Ginny ait raison, comme quoi il utiliserait par là même ce malentendu pour redorer son image publique de "tolérance nouvellement acquise". Mais j'ai refusé de jouer le jeu. Pourquoi ?
Harry sembla hésiter.
— Tu te souviens quand je t'ai parlé de cette affaire qui occupe beaucoup le Bureau des Aurors en ce moment, au sujet du développement d'un important trafic de magie noire ?
Hermione hocha du chef.
— Eh bien voilà, notre investigation nous porte à croire qu'il ne s'agirait que de la partie aérienne de la mandragore, et servirait en réalité à financer quelque chose de bien plus sinistre et dangereux encore.
— Comme quoi ?
— Une secte d'anciens Mangemorts encore actifs.
Hermione pâlit et ouvrit de grands yeux face à la révélation.
— Ils se feraient appeler les "Maîtres Inferi" ou quelque chose dans ce goût-là, précisa-t-il.
— Mais… Vous savez de qui il s'agit ?
— Justement, dit Harry. Lucius Malefoy est l'un de nos principaux suspects.
Hermione accusa le coup.
— Hermione, il faut que tu comprennes, poursuivit Harry. Nous n'avons aucune preuve, et quasiment pas de piste ! Nos seules informations proviennent de l'interrogatoire de Travers et il refuse de nous en dire plus… Bien sûr, nous essayons de le faire parler, mais avec les nouvelles réglementations autour de l'utilisation du Veritaserum… C'est pourquoi Robards pense que nous avons besoin de toi.
— De moi ? s'étonna Hermione. Mais je ne vois pas comment…
— Pour espionner Malefoy.
Hermione regarda Harry dans les yeux, avant de comprendre ce qu'il lui demandait.
— Non…
La jeune femme prit une petite voix et commença à secouer la tête.
— Non, non, non…
— Hermione, tu sais que je ne te demanderais pas ça si ce n'était pas important ou si je ne te croyais pas capable de te défendre en cas de problème.
Hermione se prit la tête entre les mains. Si elle acceptait la proposition de Lucius Malefoy de jouer le rôle - même seulement en apparence - de sa maîtresse, elle pourrait peut-être obtenir des informations essentielles. Mais côtoyer un ancien Mangemort… qui tremperait peut-être encore dans des activités criminelles ?
La sorcière inspira profondément avant d'expirer longuement. Puis elle regarda de nouveau son meilleur ami.
— Qu'est-ce que je dois savoir d'autre ? De quoi avez-vous besoin ?
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Comme convenu avec Harry, Hermione se rendit dès le lendemain au bureau de poste situé sur le Chemin de Traverse, le dernier week-end de ses congés de fin d'année, pour envoyer un courrier à Lucius Malefoy par hibou. Elle avait longuement hésité sur la manière de tourner son billet, et opta finalement pour quelque chose de concis.
"J'accepte votre proposition.
Hermione Granger"
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N.d.A :
Et voilà notre partie "enquête" de l'histoire qui arrive !
Je prends beaucoup de plaisir à la création de l'OC qu'est Edna Shafiq... et à m'amuser à remplacer nos expressions moldues par des versions du monde des sorciers ^^
A très vite pour la suite !
