N.d.A :

Voilà, voilà, Enfin !

Désolée pour cette longue absence et attente...

Je voulais que le chapitre soit suffisamment long ;)

Bonne lecture !


Chapitre 7 : Cauchemar au manoir

Dès leur apparition dans le hall du manoir des Malefoy le lendemain matin, Hermione regretta sa décision. Elle pensait cependant ce qu'elle avait dit. Elle acceptait de consacrer les prochains jours à essayer de démasquer leur mystérieux entremetteur - ainsi que de déterminer si Lucius Malefoy faisait partie ou non de ces prétendus "Maîtres Inferi". Mais sitôt la fin de ses vacances imposées, leur accord ne tiendrait plus et elle ferait son rapport final à Harry.

Hermione rentra chez elle le temps de défaire ses bagages et de prendre de nouvelles affaires pour la durée supposée de son séjour dans le Wiltshire. Elle en profita aussi pour envoyer un hibou succinct à Harry pour le tenir informé de l'évolution de la situation et du peu qu'elle avait appris.

À son retour sur le domaine du manoir à l'architecture gothique sous un ciel gris et chargé, Hermione eut la très désagréable impression de se piéger elle-même. Un elfe de maison vêtu d'un gilet vint à sa rencontre au sinistre portail et fit léviter le sac de sport qu'elle avait rempli en guise de valise, accompagné d'un vanity case, jusqu'à l'intérieur. Avec un parfait timing, Malefoy apparut pour l'accueillir dès qu'elle eut franchi la porte qui se referma derrière elle, descendant prestement les majestueux escaliers de marbre qui menaient aux étages. À croire qu'il l'avait attendue, bien qu'Hermione remarqua qu'il s'était changé, troquant sa cape de voyage pour une robe de sorcier, et semblant satisfait qu'elle soit si rapidement de retour.

— La chambre bleue, indiqua-t-il sans préambule en s'adressant à l'elfe de maison, dans l'aile ouest. Celle avec vue sur la roseraie.

Le petit elfe acquiesça et salua avant de claquer des doigts et de disparaître dans un crac ! avec les bagages. Défaisant son écharpe, Hermione fixa le vide où il s'était tenu quelques instants auparavant. Elle avait l'impression de connaître cet elfe, mais ne se rappelait pas où elle l'avait déjà vu. Sortant de sa rêverie, elle regarda Malefoy, s'attendant en vain à une explication.

— Je crois qu'une visite des lieux s'impose ? dit-il sobrement en lui désignant un porte-manteau pour poser ses affaires.

La sorcière acquiesça silencieusement avant de lui faire signe de la précéder, lui emboîtant le pas avec appréhension. Voyant la direction qu'il prenait, Hermione déglutit et inspira profondément pour se préparer. Il semblait que le maître des lieux pensait lui aussi qu'il valait mieux se débarrasser au plus tôt des modalités déplaisantes. Cependant, lorsque Malefoy posa la main sur la poignée de porte, le courage de la jeune femme la quitta un instant et elle arrêta son mouvement.

— Je connais déjà cette pièce, lui rappela-t-elle sèchement, le souffle court.

Malefoy marqua un temps de pause et tourna vers elle un sourcil levé.

— Raison de plus pour commencer par celle-ci, répondit-il simplement mais fermement.

Il ouvrit alors la porte et s'effaça pour lui faire signe d'entrer. Hermione soupira, prenant sur elle, et serra la mâchoire avant d'avancer d'un pas décidé.

Le mobilier semblait avoir été remis en place dans le grand salon aux murs violet foncé. Et bien qu'elle sentît un léger sentiment d'oppression lui assaillir la poitrine, Hermione dut avouer que la pièce semblait moins impressionnante à la lumière du jour que dans ses souvenirs cauchemardesques, au plus sombre de ses nuits. Une volée de hautes fenêtres encadrées de longs rideaux sombres faisaient face à un impressionnant manteau de cheminée en pierre, une immense table de chêne siégeant entre les deux sur un somptueux tapis. La jeune femme s'abstint néanmoins de trop s'aventurer dans la pièce, restant discrètement en retrait et cherchant tant bien que mal à dissimuler son malaise.

— Je sais que vous avez de mauvais souvenirs de votre dernière venue, commença Malefoy en s'avançant, les mains croisées dans le dos.

Hermione détourna le visage. Elle préférerait éviter le sujet.

— Mais vous devrez bien vous y faire, soupira-t-il durement. La plupart de nos repas seront pris ici.

Il fit un mouvement circulaire du bras pour désigner la pièce autour d'eux.

— J'ai été torturée ici ! lui rappela la jeune femme, l'émotion lui échappant finalement.

— J'en suis parfaitement conscient, j'étais présent, dit-il sans se démonter. C'est mon cas aussi. D'autres, avec moins de chance, ont été tués. Tout compte fait, on ne s'en sort pas si mal.

Hermione lui lança un regard noir qu'il soutint sans difficulté. Puis elle fit la grimace en fermant un court instant les yeux, avant de se résigner d'un petit hochement sec de la tête.

Malefoy traversa la salle et Hermione le suivit. Posant les yeux sur le tapis lorsqu'elle passa à côté, la sorcière se rappela les cris…

— Vous cachez toujours votre collection d'objets de magie noire sous le salon ?

Malefoy s'arrêta net et lui lança un regard sévère, se demandant sûrement comment elle était au courant. Hermione avait fait sa remarque d'un air faussement détaché, comme pour détendre l'atmosphère, mais dissimula difficilement un petit sourire moqueur en lui renvoyant un regard innocemment interrogateur.

— Drago aurait dû mieux apprendre à tenir sa langue et ne pas se vanter ! pesta-t-il dans sa barbe. Sachez qu'il s'agit tout simplement de la cave, que l'on atteint par cet escalier, dit-il en désignant un petit couloir sombre à l'autre extrémité de la pièce. Et pour votre information, celle-ci renferme dorénavant une collection de bouteilles de grands crus et non des prisonniers.

Hermione médita sur le ton d'amertume de sa réponse.

— Pourquoi continuez-vous à vivre ici ? demanda-t-elle sincèrement avec plus de douceur.

Il était évident que la guerre l'avait marqué lui aussi, autant sa déchéance que l'occupation de sa demeure. Et la sorcière ne doutait pas qu'il avait les moyens de se reloger ailleurs. Alors pourquoi s'imposer le rappel constant de toute cette souffrance ?

— Contrairement à vous, Miss Granger, je n'ai pas encore autant de mauvais souvenirs que de bons en ces lieux.

Hermione s'apprêta à reprendre la parole, mais le sorcier la devança.

— Il s'agit de ma maison, la coupa-t-il d'un ton sans appel mais sans méchanceté. Celle de mes ancêtres, de ma famille. Et ce sera celle de mes descendants.

La discussion était close, et ils poursuivirent la visite.

xxx

Nom de nom !

— Et voici la bibliothèque.

— Par le caleçon de Merlin ! souffla Hermione.

La sorcière devina facilement le sourire suffisant qu'affichait Malefoy à sa réaction. Mais face à l'écrasante et formidable collection de livres qui s'étalait devant elle, Hermione n'avait cure de venir nourrir davantage l'orgueil du sorcier.

Sincèrement, le manoir des Malefoy était décoré de façon somptueuse, du mobilier au bois sombre de noyer, à la fois luxueux et chargé, jusqu'aux vastes jardins à la française décorés de fontaines (et autrefois habités d'oiseaux exotiques, au goût de l'ancienne maîtresse de maison, mais moins à celui du seul maître actuel, semblait-il). L'ensemble était impressionnant, bien que pompeux, et correspondait bien au propriétaire des lieux. Mais la bibliothèque était bien la seule chose qu'Hermione leur enviait. Les murs de la pièce circulaire et lumineuse sous son dôme de verre étaient entièrement recouverts d'étagères, du sol au plafond. Au centre trônait un magnifique piano à queue.

— Vous jouez ? s'étonna Hermione.

— Il s'agit de celui de Narcissa, précisa-t-il. Elle ne l'a pas encore récupéré. Cette porte donne sur le jardin d'hiver. Bien entendu, vous y avez libre accès du temps de votre séjour ici, comme au reste du manoir. Et vous avez l'autorisation de consulter l'ensemble des grimoires présents dans cette pièce.

Voilà un argument de poids pour la convaincre de rester ! pensa-t-elle. Mais Hermione se retint bien de faire part à son hôte du pouvoir qu'une telle richesse littéraire pouvait exercer sur elle.

— Qu'y a-t-il dans le reste de l'aile est ?

— Principalement des chambres, pour les invités.

— Et dans l'aile ouest ?

— Les appartements familiaux. D'ailleurs, à ce sujet…

Malefoy frappa des mains et l'elfe de maison réapparut.

— Conduis Miss Granger à sa chambre, veux-tu, dit-il.

— Bien, Mr Malefoy, salua docilement l'elfe.

— Je vais vous laisser vous installer, dit Malefoy à Hermione. Le dîner sera servi sous peu. Vous serez tenue informée.

Hermione suivit le petit elfe jusqu'à un long couloir à l'étage. Sur les murs, jusque dans les escaliers, se succédaient des portraits de la famille Malefoy. Les ancêtres de son hôte toisèrent hautainement la sorcière de leurs yeux gris, avec plus ou moins de mépris sous leur tignasse d'un blond presque blanc et par-dessus un nez pointu très caractéristique. La chambre dans laquelle l'elfe la fit entrer portait bien son nom. La pièce était en effet entièrement décorée d'un doux et profond bleu pervenche, jusqu'aux voiles qui ornaient le baldaquin du lit, et les tapisseries murales cousues de fils d'or aux motifs floraux. Le mobilier antique en bois de rosier et marqueterie comprenait : un banc et coffre de pied de lit molletonné, une armoire penderie, une psyché et une petite table au plateau de marbre blanc servant de coiffeuse. De grandes fenêtres donnaient directement sur les jardins en contre-bas. Hermione remarqua la présence de grappes de fleurs blanches fraîchement cueillies et disposées dans un vase sur la table de nuit. La jeune femme trouva le tout très beau, étonnamment à son goût, avec une touche féminine qui la surprit mais lui plut.

— La salle de bain se situe sur le pallier, à gauche, couina l'elfe.

Ce n'est qu'alors que Hermione remarqua le petit badge vert émeraude et aux écritures dorées que portait l'elfe à sa poitrine.

— Vous travaillez pour le ministère ? demanda-t-elle, étonnée.

— Oui, Mademoiselle, répondit-il.

Hermione n'en revenait pas, mais c'est vrai qu'elle ne s'était pas demandé comment Lucius Malefoy avait pu remettre la main sur un elfe de maison lié à sa famille après la libération de Dobby. La sorcière se souvenait de la mise en place de ce service de location d'elfes par le ministère, promettant de meilleures conditions de travail à ces derniers (à défaut encore souvent qu'ils acceptent un salaire, malheureusement) : comme le port de vêtements décents, l'interdiction de toutes sanctions physiques, ou une retraite contractuelle pour les elfes devenus trop âgés ; ainsi que l'accès à davantage de familles de sorciers dans le besoin. La jeune femme avait même participé à sa création, mais n'avait jamais directement travaillé avec eux par la suite. Bien entendu, la plupart des vieilles familles de Sang-Purs s'étaient manifestés contre cette ouverture des mœurs qui venait un peu plus amoindrir leurs restes de privilèges. C'est pourquoi Lucius Malefoy était bien la dernière personne qu'elle aurait imaginé adhérer à ce système. Très intéressée, Hermione put alors avec plaisir interroger l'elfe sur son fonctionnement, son quotidien et son niveau de satisfaction, ce dernier lui répondant avec entrain qu'il était très content. Alors que l'elfe la conduisait au dîner, la sorcière continua avec enthousiasme à lui demander si, d'après lui, il y aurait des choses à modifier ou à améliorer. Celui-ci s'apprêta à lui répondre lorsqu'ils arrivèrent dans la salle à manger.

— Parfait, s'éleva alors une voix traînante et sarcastique, je vois que vous vous êtes déjà liée d'amitié avec mon nouvel elfe. C'est charmant !

Surpris, comme pris en faute, le petit elfe sursauta et salua avant de s'excuser et de s'enfuir sous le regard noir de Mr Malefoy. En temps normal, Hermione l'aurait réprimandé en lui lançant un regard désapprobateur, l'elfe n'ayant rien fait de mal. Mais la sorcière était bien trop amusée par la situation. Il était évident que Malefoy était gêné et fâché qu'elle ait découvert la vérité sur son serviteur.

— Un commentaire, Miss Granger ?

— Aucun, Mr Malefoy, aucun. Que mangeons-nous ?

Hermione prit place à table, affichant un petit sourire satisfait en plaçant sagement sa serviette sur ses genoux, ce qui sembla hautement frustrer le Serpentard. Au moins, pensa-t-elle, elle était certaine que le sorcier traitait correctement son elfe de maison cette fois-ci.

Lucius l'imita, se redonnant contenance, avant de présenter les plats en sauce fumants et de légumes garnis devant eux.

— Comment trouvez-vous votre chambre ? demanda-t-il le regard fuyant, comme pour changer de sujet.

— Très confortable, merci, répondit-elle avant de commencer à se servir.

Elle qui appréhendait l'expérience de vivre sous le même toit que le sorcier et de devoir partager tous ses repas en sa seule compagnie, elle n'avait pas imaginé pouvoir se distraire aux dépends du Sang-Pur. Peut-être qu'au final, c'était bien lui qui avait pris un risque en l'invitant ainsi chez lui.

xxx

Des ombres dans la nuit. Un éclair. La lueur argentée d'un poignard dans les ténèbres. La meurtrissure dans sa chair…

"Endoloris !"

Des mains qui l'agrippent.

Non, non, pitié !… Je ne sais rien, je vous jure… Je ne sais rien !…

— Miss Granger ?

"Parle !… Sale Sang-de-Bourbe !… Vous l'avez volée !… dans mon coffre !… Dis la vérité… ou je vous tue, toi et tes amis !"

Non, par pitié…

"Va chercher le rouquin…"

Non, non… Pas Ron ! Pas lui… Pitié… Harry, vite… Je vous en supplie…

— Miss Granger…

Un rire dément.

Des cris déchirants. Ses cris…

Non ! Ça fait trop mal… S'il vous plaît… laissez-moi !… que tout s'arrête… J'ai peur… J'ai mal…

— Hermione…

Non… Elle ne veut pas… Elle ne doit pas… Au secours !…

— Hermione !

— NON ! Nooon ! Lâchez-moi !

Hermione se réveilla, terrorisée et paniquée. Elle était dans son lit et en sueur. Il faisait nuit. Une silhouette était penchée au-dessus d'elle dans la pénombre et la jeune femme cria de surprise, levant les bras pour se protéger et se défendre. L'une de ses mains entra violemment en contact avec quelque chose de dur. Elle entendit une voix d'homme étouffer un juron. Puis quelqu'un lui saisit fermement les poignets pour l'empêcher de se débattre davantage.

— Arrêtez ! C'est moi !

Ses yeux s'habituèrent au manque de lumière et Hermione reconnut le visage crispé de Lucius Malefoy. Elle était au manoir des Malefoy. La guerre était finie. Bellatrix Lestrange était morte il y avait plus de sept ans. Harry était sauvé, et Ron était… Ron était…

La sorcière sentit ses yeux se remplir de larmes.

Mr Malefoy semblait en colère. Que faisait-il dans sa chambre ?

— Vous avez fait un cauchemar, expliqua le sorcier.

La jeune femme tremblait, muette, l'incompréhension inscrite sur son visage, le regard un peu fou, empli de peur et de peine mêlée. Allait-il s'énerver ?

Malefoy soupira. Sans un mot, il la força à se recoucher avant de la rejoindre, s'allongeant à ses côtés au-dessus des draps. Il réajusta les couvertures sur la sorcière et se colla à elle dans son dos, l'emprisonnant dans ses bras.

Hermione voulut parler mais elle avait une boule dans la gorge.

— Chut ! murmura-t-il d'une voix douce mais ferme. Calmez-vous, maintenant. Vous êtes en sécurité. Rendormez-vous.

Hermione ne comprenait pas. Sa respiration était saccadée, elle était comme tétanisée. Mais l'ordre était… apaisant ? La présence… rassurante…

Elle se concentra sur les battements de cœur de l'homme qu'elle sentait derrière elle, et la chaleur qu'il dégageait. Elle se laissa bercer. Elle était comme dans un cocon. Finalement sa respiration s'apaisa, le sommeil la rattrapa et elle sentit ses paupières s'alourdirent.

Dors. Je suis là.

Elle n'était pas seule.

xxx

Un soleil timide perçait derrière les rideaux tirés. Hermione reprenait doucement conscience, émergeant de la langueur du sommeil. Elle se sentait bien. Détendue. Reposée. Elle avait chaud. Le lit était moelleux, un parfum agréable collé aux draps. Les yeux toujours fermés, la sorcière remua légèrement sous la couette en soupirant d'aise. Un poids agréable s'appuyait contre elle. Elle s'étira lentement en gémissant faiblement de plaisir. Lorsqu'elle sentit un corps remuer derrière elle, et un grognement sourd lui répondre. La jeune femme s'arrêta net et ouvrit les yeux.

Elle n'était pas seule.

Un bassin vint se coller contre le bas de son dos et la chaleur d'une caresse remonta lentement le long de sa jambe.

— Si vous proposez, Miss Granger, s'éleva une voix rauque contre son oreille, sachez que j'accepterais…

— Qu'est-ce que c'est…?

Surprise, Hermione se retourna d'un mouvement sec et son coude heurta une surface solide, tout de suite suivi d'une exclamation de douleur étouffée.

— Mr Malefoy ?!

Hermione sursauta en s'éloignant du sorcier. Ce dernier roula sur le dos en se tenant le visage à deux mains.

— Par Salazar ! s'exclama-t-il. Vous avez juré de me casser le nez…

— Qu'est-ce que vous faites là ?

Malefoy soupira devant l'étonnement sincère et effarouché de la sorcière. Il cligna des yeux pour chasser les larmes avant de lui faire face d'un air mécontent.

— Vous ne vous rappelez pas ? dit-il d'une voix douloureuse. Vous avez crié dans votre sommeil.

Son cauchemar... Elle l'avait réveillé ?

— Vous m'avez entendue ?

Le sorcier acquiesça.

— Ma chambre n'est pas loin, continua-t-il sur le ton de la conversation. Je vous ai réveillée et dans votre délire vous m'avez frappé au visage, encore.

Hermione blêmit sous son regard.

— Vous sembliez perdue et ne pas vous souvenir où vous étiez, expliqua-t-il en détournant les yeux et se frottant le nez. Je suis resté jusqu'à ce que vous vous rendormiez.

Hermione le regarda avec de grands yeux perplexes. Avait-il réellement essayé de la consoler, avant de s'endormir à son tour ? Elle ne savait que penser de l'attitude du sorcier à son égard. Tout était troublant chez cet homme.

— Mais vous, bégaya-t-elle, vous…

Aussi confuse qu'elle fût par la situation, Hermione n'était pas folle. Elle n'avait pas imaginé ses avances de ce matin, ni l'évidence de son excitation…

Le visage de la sorcière s'empourpra de gêne et de colère.

— Ce n'est pas une raison pour… Ce matin… Vous…

Malefoy soupira de nouveau, coupant court à son début d'accusation.

— Je ne suis coupable que d'avoir mal lu les signes, Miss Granger, dit-il en levant les mains.

Quoi ? Avait-il essayé de tirer avantage de la situation simplement parce qu'elle avait été présente quand ça le démangeait ? Hermione ne le croyait pourtant pas intéressé… Décidément, les hommes étaient bien tous les mêmes ! Surtout les Serpentard !

Mr Malefoy se redressa pour se lever et Hermione remarqua qu'il était vêtu d'une robe de chambre aux pans lâches et semblait ne rien porter dessous. Rougissant de plus belle, elle détourna pudiquement les yeux lorsqu'il réajusta la ceinture à sa taille. Se rendant compte qu'elle était elle-même vêtue modestement d'une chemise de nuit, elle tira discrètement le drap à elle et s'entoura de ses bras en se raclant la gorge pour couvrir son embarras.

— Allons, rien que nous n'ayons déjà vu tous les deux, je vous rappelle, se moqua Malefoy en remarquant son geste du coin de l'œil.

Vous ! s'exclama Hermione, choquée qu'il ose faire référence au fameux incident dans un instant pareil. Ce n'est pas une raison !… Enfin, pour…

— Oh, mais ne vous inquiétez pas, la coupa-t-il avant de lui tourner le dos pour sortir, on ne m'y reprendra pas de sitôt.

Il semblait en effet que le coup de coude de ce matin était une punition suffisante, admit Hermione toujours en colère.

Puis Malefoy lui adressa un dernier sourire en coin, tout en la détaillant.

— Même si vous venez de nouveau vous frotter contre moi, susurra-t-il.

Hermione piqua un fard.

— Je ne me suis pas frotté ! protesta-t-elle.

Malefoy ricana en se dirigeant vers la porte. Hermione se saisit d'un oreiller d'une main tremblante, hésitant un instant à le lui jeter à la figure. Mais, alors qu'il posait la main sur la poignée, elle retint son geste au dernier moment. La jeune femme ne pouvait se défaire d'un étrange sentiment en repensant à l'attitude inhabituelle et contradictoire du sorcier.

— Mr Malefoy, appela-t-elle doucement.

Ce dernier stoppa son geste et tourna la tête.

— Merci, dit-elle. Pour cette nuit.

Il la fixa un moment sans répondre.

— Je fais aussi des cauchemars, dit-il finalement avant de s'en aller.

xxx

Une fois habillée, Hermione prit sur elle de descendre pour le petit-déjeuner. Entrant dans le salon, elle trouva Lucius Malefoy apprêté et attablé, un exemplaire de La Gazette dans les mains.

— Quelles nouvelles ? demanda-t-elle sur le ton de la conversation en se rapprochant de la table.

Malefoy se racla la gorge et replia prestement le journal.

— Rien de particulier, dit-il sans la regarder, soudainement très intéressé par son thé.

Il mentait, sentit tout de suite Hermione. Plissant les yeux dans sa direction avec suspicion, elle lui subtilisa d'un vif coup de baguette La Gazette avant qu'il ne puisse reposer la main dessus, bien qu'il ne protesta pas à voix haute. Se demandant ce que le Serpentard cherchait si maladroitement à lui cacher (ou à l'inverse à attirer son attention ?), Hermione ouvrit grand le journal pour tomber sur un nouvel article citant son nom. Des interviews de membres anonymes du ministère confirmaient sa relation avec Lucius Malefoy, avouant avoir vu Hermione Granger quitter son travail au beau milieu de la journée, au même instant qu'une "source sûre" témoignait de la réservation par le sorcier d'un Portoloin pour deux personnes en direction du Sud de la France. Mis à part un manque de sérieux pour son image professionnelle, Hermione ne trouva pas à s'offusquer outre mesure compte tenu de sa situation actuelle. Mais ce fut l'interview suivante qui lui fit serrer les poings. Lavande Brown, cartomancienne et vendeuse sur le Chemin de Traverse, ancienne camarade de classe de la sorcière, racontait au reporter "Ce n'est pas la première fois qu'Hermione Granger vole le cœur d'un homme appartenant à une autre…".

— Comment ose-t-elle, murmura Hermione dans un souffle. Cela n'a rien à voir avec Ron… Et il ne lui a jamais appartenu… C'est elle qui…

Hermione avait conscience du regard de Malefoy posé sur elle, observant sa réaction, sachant qu'il pouvait lire sur son visage toute sa rage et sa peine. Mais elle s'en fichait. Que Lavande ose salir sa relation avec Ron, après tout ce temps, après ce qu'il s'était passé, et dans le seul but de faire de la publicité pour son petit commerce de charlatanisme… La sorcière était outrée. Et surtout, elle s'en voulait de leur avoir donné les armes pour la blesser.

— Je n'ai plus très faim finalement, murmura-t-elle, reposant le journal froissé d'une main tremblante sur la table avant de sortir.

Lorsqu'elle retourna dans sa chambre pour se calmer, Hermione trouva de nouvelles fleurs fraîches du jour déposées dans le vase sur sa table de nuit. Elle ne connaissait pas le nom de ces fleurs qui ressemblaient à des hortensias blancs, bien que ce ne soit pas la saison. Provenaient-elles de la véranda ? Était-ce l'elfe de maison qui les déposait ici ? Sous ordre de Malefoy ?

La sorcière tourna alors la tête vers le jardin qu'on apercevait par les fenêtres, puis prit la décision sur un coup de tête de sortir prendre l'air. Elle descendit rapidement les escaliers, traversa le hall à grandes enjambées, appela magiquement à elle son manteau et poussa les lourdes portes.

La jeune femme avait besoin de se changer les idées et chercha distraitement à retrouver l'endroit qu'elle apercevait depuis sa chambre en se promenant le long des murs du manoir. Les bourgeons des rosiers nus dormaient pour l'hiver, si ce n'était pour quelques timides espèces magiquement modifiées à la floraison persistante. Hermione trouva un banc sous un cerisier d'ornement et s'y assit. Elle passa quelques minutes à promener son regard sur les tapis de verdures givrés, entre les perce-neige et les primevères. Puis la sorcière ferma les yeux dans sa méditation et inspira longuement, visualisant son objectif. Elle avait besoin d'un plan. Lorsqu'elle entendit l'herbe craquer sous des pas la rejoignant, et devina la présence silencieuse du sorcier debout à ses côtés, reconnaissable à son entêtante eau de Cologne. Elle attendit qu'il parle le premier.

— J'ai cru que vous étiez partie, proposa-t-il finalement.

Hermione eut un petit rire sans joie.

— Il en faut plus que ça pour me faire fuir, Mr Malefoy. Je tiendrai mon engagement.

Elle lui lança un regard en biais et crut imaginer l'ombre d'un sourire. Puis elle prit une décision.

— J'ai besoin de connaître vos soupçons sur cette enquête, dit-elle.

Après tout, Malefoy lui avait lui-même dit penser être la cible principale de cette attaque. Est-ce que cela avait réellement un lien avec cette histoire de secte de Mangemorts, comme semblait le penser Harry ? Mais alors, pourquoi ?

Hermione considérait avoir le droit d'être un peu égoïste dans cette histoire. Faire avancer son affaire de potion était tout aussi important pour elle qu'aider Harry et les Aurors dans leur enquête. Mais elle pensait ce qu'elle disait quand elle refusait d'y consacrer davantage de temps qu'elle n'en avait.

— Il est encore trop tôt pour émettre des hypothèses à voix haute. Ou du moins pour vous en faire part, avança Malefoy.

La sorcière était excédée de cette langue de bois.

— Sincèrement, Mr Malefoy, je vous assure que cette intrusion dans notre intimité respective est aussi désagréable pour moi qu'elle l'est pour vous. Ne croyez-vous pas que nous serions plus efficaces en partageant nos informations ?

Elle n'avait pas osé lui suggérer de travailler main dans la main ou de faire équipe, ne souhaitant pas lui tendre le bâton pour se faire battre et qu'il se moque d'elle.

— Très bien, concéda-t-il. Dans ce cas : quelles informations utiles avez-vous obtenues du Bureau des Aurors et de Potter ?

— Euh, je… Hermione était prise de court. Rien… d'intéressant…

Malefoy sourit d'un air entendu.

— C'est ce qu'il me semblait.

Hermione se mordilla la lèvre, hésitante. Elle se devait de faire le premier pas, semblait-il.

— Rien du côté du personnel ou des clients de La Tête de Sanglier, offrit-elle finalement, ni des vendeurs de l'Allée des Embrumes, a priori. C'est tout ce que je sais.

Le sorcier eut une moue dubitative. Hermione haussa un sourcil dans sa direction et le sorcier soupira, comprenant qu'elle ne laisserait pas tomber le sujet.

— Je peux déjà vous informer que j'ai éliminé de la liste des suspects ma femme, mon fils ainsi que mes plus proches collaborateurs. Notamment les personnes qui étaient présentes avec nous en France ces derniers jours.

Hermione afficha un air réellement étonné face à son apparente sincérité. Si le Serpentard en venait à soupçonner sa famille et ses amis en premier lieu, la sorcière ne lui enviait décidément pas sa vie.

— Avec qui aviez-vous rendez-vous à La Tête de Sanglier ce soir-là ? demanda-t-elle soudainement.

Il posa son regard sur elle.

— Cela ne vous regarde pas.

Hermione lui lança un regard mauvais. Ça valait le coup d'essayer !

— Mais je vous assure que vous serez parmi les premiers informés quand j'aurai découvert la vérité.

Hermione soupira. Il semblerait que ce soit là le meilleur accord de faux-semblant de "trêve" qu'elle parvienne à obtenir du sorcier.

xxx

Décidément, Hermione Granger détestait Lucius Malefoy !

La sorcière émergea des flammes vertes et déboula par la cheminée dans le salon du manoir, Malefoy sur ses talons.

— Il ne s'agissait que d'un petit baiser, Miss Granger, soupira le sorcier en levant les yeux au ciel…

Sa main dans la figure, ça un beau jour il ne l'aura pas volée ! pensa Hermione. Elle commençait à être fatiguée des messages que le Sang-Pur envoyait en public à ses dépens.

— Vous auriez pu au moins me prévenir ! lui reprocha la jeune femme en s'arrêtant et se retournant pour lui faire face.

— Pour que vous agissiez de façon encore moins naturelle et plus crispée, si cela est seulement possible ? rétorqua-t-il. Vous n'espérez tout de même pas que ces personnes croient à cette relation si je ne vous touche jamais ? À moins que vous ne préfériez que l'on s'entraîne pour que cela semble plus crédible ?

Il sourit en coin à sa pique.

Oh, si le regard de la sorcière pouvait lancer des Avada…

Bien entendu, rien de nouveau sous le soleil. L'homme était tout bonnement odieux et imbu de sa personne, ne doutant de rien, comme toujours.

Puis une idée lui vint. Il voulait jouer à ce petit jeu-là ? Très bien… Ils pouvaient être deux, dans ce cas.

En quelques rapides enjambées, Hermione vint se planter devant le sorcier, le surprenant en pénétrant son espace personnel, et leva le visage pour le fixer durement du regard, à quelques centimètres à peine du sien.

— Vous voulez vraiment que je vous embrasse devant vos amis, Mr Malefoy ? demanda-t-elle de but en blanc. En y mettant suffisamment d'intention ? C'est ce que vous êtes en train de me dire ? Ou préférez-vous peut-être que ce soit lorsque l'on est seuls et que personne n'est là pour regarder ? Avec ou sans philtre d'amour ?

Malefoy déglutit et son regard se noircit instantanément, la ligne de sa mâchoire se crispant d'une colère retenue.

— Ne me provoquez pas, Miss Granger, souffla-t-il d'une voix rauque.

Hermione hocha la tête d'un air entendu avant de s'éloigner. Il était facile de se moquer.

— Vous n'avez pas le monopole de la sournoiserie, Malefoy.

— Je vois ça…

Hermione en avait assez d'être menée à la baguette magique. Pourquoi serait-elle la seule à être mal à l'aise ou gênée de la situation ? Si le sorcier faisait seulement la moitié des rêves qu'elle avait depuis… La jeune femme était tout autant en position de force ici.

— Quelle était cette délégation avec laquelle vous vous êtes entretenu ? demanda-t-elle pour rediriger la conversation, et ses pensées.

— Divers personnel du ministère, répondit-il sans plus de précision.

— Dont des employés de Gringotts, ajouta finement Hermione, presque accusatrice.

Le sorcier maintint son regard, sans répondre à sa question silencieuse.

Malefoy utilisait leur accord pour exiger que Hermione fasse acte de présence ou de rapides apparitions à chacun de ses rendez-vous, lorsqu'il ne les estimait pas trop sensibles. Bien sûr, cela la jeune femme ne s'en plaignait pas réellement, comme elle avait besoin de connaître l'identité de toute personne que le sorcier rencontrait pour en faire part à Harry. Mais elle avait bien clairement stipulé qu'elle refusait de tenir le rôle de simple potiche à ses côtés sans savoir de quoi il en retournait. La sorcière ne supportait pas de rester dans l'ignorance pendant que le Sang-Pur tirait les ficelles. Et Hermione savait que le Serpentard retenait encore des informations, ne lui répondant qu'à demi-mot, prétextant qu'elle ne pouvait pas saisir toute la "subtilité de la politique et de l'étiquette sorcière". Malefoy la traitait comme si elle était trop bête pour comprendre ses plans. Et cela la mettait tout simplement hors d'elle !

Pour l'instant, de ce qu'elle savait des noms et postes des différentes personnes que rencontrait Malefoy, Hermione avait du mal à déterminer un lien clair et évident au milieu de tout ça. Cependant, elle avait remarqué, dans l'émulation électorale actuelle, qu'il y avait à la fois des membres des deux partis, soutenant davantage soit Shacklebolt, soit Shafiq. Cela intriguait la sorcière. Elle se doutait bien que Malefoy arrosait généreusement de sa fortune au moins l'une des deux campagnes, mais elle ne parvenait pas à deviner pour qui il était réellement. Se pouvait-il qu'il couvre ses arrières en jouant sur les deux tableaux à la fois ? Ce ne serait pas la première fois que le sorcier faisait preuve d'un tel calcul stratégique, ni d'une telle dualité…

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Malgré son irritation première, Hermione ne put s'empêcher de douter après coup, et de se demander s'il pouvait y avoir une part de vrai dans les allégations de Malefoy, malgré ses préjugés. Se pouvait-il, du fait de son éducation moldue première, qu'il manque réellement à la jeune femme des notions ou clés de lecture de comment se jouait la politique parmi les plus hautes sphères de la société sorcière ? Cela expliquerait-il qu'elle se sente parfois si désemparée au quotidien, face à ce qu'elle qualifiait elle d'injustices ? Et son sentiment étrange de décalage et de profonde solitude, lorsqu'elle avait l'impression d'être la seule à être atteinte par la situation ou à s'en alarmer…

Bien qu'elle aurait refusé de l'avouer ouvertement, Hermione n'aimait pas l'idée de peut-être manquer de connaissances sur le sujet. Ainsi, son goût du savoir la conduisit jusque dans la bibliothèque du manoir. Elle parcourut les rayons des étagères chargées à la recherche des titres des grimoires les plus anciens traitant de l'histoire des sorciers au sens large. Outre les recueils qu'elle avait déjà pu lire à Poudlard, la jeune intellectuelle tomba rapidement et sans étonnement sur différents traités poussiéreux de propagande plus ou moins agressive de la supériorité des sorciers sur les Moldus, tenant davantage de la phrénologie et de croyances douteuses sur la pureté du sang magique, que de réelles études. Lorsque son regard fut attiré par les reflets fugaces de la lumière sur les dorures à moitié effacées d'un titre en lettres majuscules. Hestoire Famelier de Malefoi. Le gros volume, à la reliure de cuir noir tanné et corné par le temps, était à moitié dissimulé entre la séparation de deux étagères. L'Histoire de la Famille Malefoy ? Elle n'aurait jamais dévoilé un tel intérêt devant l'un des concernés, mais voilà qui venait piquer la curiosité de la Gryffondor… Avait-elle le droit de le lire ? Après tout, il était là à la vue de tous, accessible, et non pas sous clef ! Le souffle court, Hermione se munit précautionneusement de l'antique grimoire et alla s'installer dans un fauteuil devant une petite table. Lorsqu'elle l'ouvrit, une liasse de parchemins atterrit sur ses genoux. Il s'agissait d'un exemplaire du tristement célèbre Registre des Sang-Pur. Hermione parcourut la liste des 28 familles citées, se rappelant l'indignation des Weasley, et fronça le nez devant le nombre de noms appartenant à des Mangemorts connus. Le Registre était associé à des arbres généalogiques. Abbot… Bulstrode... Croupton… Greengrass… Londubat… Malefoy, bien sûr… Ollivander… Prewett… Rosier… Shafiq ? Hermione remarqua que la lignée semblait s'arrêter à Edna Shafiq, la sorcière semblant ne s'être jamais mariée et ne pas avoir d'enfants. La jeune femme se fit la remarque qu'elle ne s'était pas posée la question, et connaissait finalement peu de choses sur la vie privée et familiale de la présidente du Magenmagot. Mais ce qui l'intrigua plus particulièrement, fut une étrange marque noire à côté du nom de la sorcière, là où aurait pu se trouver un frère ou une sœur. Une marque qui rappela désagréablement à Hermione les traces de brûlure faites par la mère de Sirius sur la tapisserie ancestrale des Black… Réprimant un frisson et cessant de se questionner dans le vide, Hermione se détacha du Registre pour revenir au livre des Malefoy, remontant au XIème siècle au royaume d'Angleterre, au cours des invasions normandes…

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Plongée dans sa lecture passionnante et éclairante, qui lui inspira des sentiments bien partagés, Hermione ne vit pas l'heure passer, d'autres grimoires venant petit à petit s'empiler devant elle.

— Miss Granger ? s'éleva soudainement la voix irritée de Lucius Malefoy depuis l'entrée de la bibliothèque. Que faites-vous encore ici, et à moitié plongée dans le noir ? Le dîner est servi…

Mais Hermione - passée la surprise d'être interrompue dans ses réflexions - leva à peine les yeux de sa lecture.

— Ôtez-moi d'un doute, Mr Malefoy : malgré vos dires et vos actes, continuez-vous encore aujourd'hui à avoir de l'influence dans le monde politique et économique moldu ?

— Je vous demande pardon ? s'étonna-t-il. En quoi cela vous intéresse-t-il ?

— Je me demandais seulement, continua Hermione d'une traite mais avec calme, comment vous pouviez ignorer l'importance de ce qu'il est écrit ici, et continuer à me tenir de tels propos en toute connaissance de cause ?

Le sorcier commença à s'énerver, piqué au vif par le ton de la jeune femme.

— Mais de quoi vous…

Quand son regard se posa sur le volume qu'elle tenait dans les mains. Les yeux du sorcier s'arrondirent un court instant dans sa surprise, avant qu'il ne fronce de nouveau les sourcils d'un air calculateur. Il était clair qu'il se demandait où elle avait pu trouver le fameux grimoire et qu'il n'en était pas ravi.

— Je vois… se reprit-il avec un rictus, cherchant à cacher son malaise. Vous avez rapidement trouvé de quoi vous occuper, semble-t-il.

Il se râcla la gorge.

— Je ne savais pas que vous lisiez le français, avança-t-il.

— Je ne le lis pas, ou très mal, répondit Hermione, et encore moins l'ancien français. Mais je connais d'excellents sortilèges de traduction.

— Bien sûr, dit Malefoy de sa voix traînante en plissant les yeux d'un air mauvais. Je vous préviens tout de suite, poursuivit-il hâtivement, que je nierais toujours toute allégation quant à des alliances…

— Oh, je vous en prie, Mr Malefoy ! l'interrompit Hermione, mi-amusée, mi-agacée. Je ne suis là ni pour m'étonner, ni pour vous reprocher l'hypocrisie de votre famille quand on connait les mœurs de vos ancêtres jusqu'au XVIIème siècle… Votre versatilité de Serpentard n'est plus à faire. Mais d'autres temps, d'autres pratiques, vous me direz je suppose ?

Bien qu'Hermione prît un malin plaisir à voir le Sang-Pur s'empourprer de colère et souffler par les naseaux, le mettre mal à l'aise n'était pas le but premier de son propos. Il était vrai que la sorcière ne s'était pas ébouriffée outre mesure (bien que cela l'horripilait malgré tout) d'apprendre que la fortune des Malefoy s'était faite sur la mixité avec la noblesse moldue, jusqu'à ce qu'ils retournent leur veste après l'adoption du Code International du Secret Magique. Les Weasley lui avaient toujours affirmé qu'il n'existait pas une famille de sorciers vivante qui ne possédait pas du sang mêlé ou des mariages avec des moldus dans leur arbre généalogique si on remontait assez loin. Et en voilà la preuve.

— Je suis déjà parfaitement bien versé dans l'histoire de ma propre famille, Miss Granger, précisa-t-il avec un sourire entendu.

Hermione lui jeta un regard. Devait-elle encore être déconcertée par la rapidité du sorcier à retomber sur ses pattes, qu'importe la situation ? N'avait-il jamais honte de rien ?

— Dois-je comprendre que malgré vos grands discours de traditions, d'éducation ou d'appartenance aux deux mondes, tout ce qui vous intéresse c'est la richesse et le pouvoir ? Avez-vous seulement de réelles croyances, ou même des principes ?

Malefoy la fixa un instant et Hermione se demanda s'il allait seulement lui répondre. Puis le sorcier soupira de fatigue, comme s'il abandonnait un combat intérieur, et se pinça l'arête du nez. D'un coup agacé de baguette magique, il éclaira la pièce.

Dipsy ! appela-t-il.

Crac !

— Oui, Mr Malefoy ? demanda poliment le petit elfe qui venait d'apparaître à ses côtés.

— Il semblerait que nous ne dînerons pas dans la salle à manger avec Miss Granger ce soir, finalement. Apporte-nous donc une collation ici, avec du jus de citrouille et du café. Beaucoup de café.

— Bien, Monsieur !

L'elfe de maison claqua des doigts avant de disparaître dans un nouveau crac ! et une paire d'assiettes remplies de sandwichs apparut aussitôt sur la petite table, accompagnée de deux brocs et d'une paire de tasses sur leur soucoupe. Malefoy se frotta le visage puis prit place avec lassitude dans le fauteuil en face de celui d'Hermione, déboutonnant ses manches et le col de sa robe de sorcier pour se mettre à l'aise.

— Je ne savais pas que je vous intéressais autant, insinua-t-il. Mais je vous en prie, posez-moi donc vos questions.

— Ce n'est pas le cas, rétorqua aussitôt Hermione, refusant de flatter l'égo du sorcier. Je suis plus effarée par le paradoxe que vous représentez : Comment pouvez-vous prôner et défendre la pureté du sang, alors qu'il est évident qu'aucune lignée de sorciers ne peut rester "pure" ? Les Gaunt, les Lestrange… Autant d'exemples d'instabilité mentale engendrée par la consanguinité !

— C'est pourquoi, nous autres Malefoy, avons toujours été prudents d'éviter les mariages avec des Sang-Pur affaiblis, expliqua-t-il calmement comme si cela était l'évidence même.

Hermione le jugea du regard.

— Vous avouez donc les bénéfices de l'apport du sang-mêlé ?

Elle brandit devant lui le parchemin du Registre des Sang-Pur, contenant l'arbre généalogique du sorcier.

— Si j'en crois ce document justement, dit Malefoy avec un sourire suffisant, cela ne change absolument rien.

Hermione fut dégoûtée par son air satisfait. Cette société vivait dans un mensonge encore plus gros qu'elle ! Et ils n'en voyaient pas le danger… pourtant déjà sous leurs yeux.

— Et pour quelle raison tout cela ? demanda-t-elle alors tristement. La recherche et la conservation d'une certaine "puissance magique" ?

Le sorcier leva légèrement les yeux au ciel, comme s'il s'agissait de l'évidence même.

— Il est connu que la magie est un trait héréditaire, affirma Malefoy avec un ton très professoral, issu d'un caractère dominant et résistant.

— Alors comment expliquez-vous l'apparition spontanée de nés-Moldus ? demanda Hermione. Et celle croissante des Cracmols ? Croyez-vous vraiment que l'on vous "vole" notre magie ? C'est ridicule !

Malefoy fit la moue, semblant peser ses mots.

— Il se peut… que vous ayez un lointain ancêtre sorcier, avança-t-il faiblement.

Bien qu'il fût évident qu'il n'y croyait pas réellement lui-même, la concession semblait déjà lui coûter grandement et constituer une piètre victoire malgré tout. Et la sorcière remarqua qu'il évita soigneusement d'adresser sa question sur le tabou qu'étaient les Cracmols.

Hermione s'humecta les lèvres, hésitant à aborder un sujet sensible qui lui tenait à cœur. Cela faisait un moment qu'elle cherchait à développer une théorie sur l'origine du gène de la magie, et d'en comprendre le fonctionnement. Elle tenta alors le tout pour le tout.

— Je ne crois pas que l'explication soit aussi simple, dit-elle. Il semblerait plutôt… Il est tout à fait possible que la magie naisse de l'association d'un ensemble de traits, voire associée à une influence environnementale extérieure, dont au moins un caractère en partie récessif.

Ses propos semblèrent piquer vivement l'intérêt du sorcier, qui la scruta d'un regard perçant, se redressant dans son fauteuil.

— Pourriez-vous prouver vos dires ? s'enquit-il. Comment possédez-vous de telles connaissances ?

— Que connaissez-vous de la génétique, Mr Malefoy ? Et des avancées scientifiques récentes des Moldus sur le sujet ?

— Et vous ? rétorqua-t-il.

— Je lis beaucoup, principalement, dit Hermione. Et sans préjugés, mais toujours avec un esprit critique.

La jeune femme appréciait autant se tenir au courant des dernières avancées de la science et des découvertes technologiques moldues, qu'apprendre à maîtriser un nouveau sort.

Lucius Malefoy sembla la regarder d'un œil nouveau et méditatif.

— Vous êtes peut-être encore plus dangereuse que je ne l'imaginais, Miss Granger, murmura-t-il. Ou plus essentielle...

Son propos mit mal à l'aise la sorcière, qui préféra changer de sujet.

— Connaissez-vous le faible taux de la population sorcière mondiale ? enchaîna Hermione.

Elle se retint d'utiliser le terme affolant "d'espèce en voie de disparition".

— Vous croyez que je n'ai pas conscience de notre état d'affaiblissement ? lança Malefoy avec humeur. Pourquoi croyez-vous que naissent des doctrines comme celles de Grindelwald ou du Seigneur des Ténèbres, et qu'elles séduisent tant ?

— Est-ce là votre excuse pour vous défendre ? accusa Hermione. Et quel mal croyez-vous que la guerre ait apporté sur notre communauté en termes de coût en vies humaines !

Un lourd silence pesa.

— Est-ce pour cela que vous soutenez l'élection de Shafiq, plutôt que celle de Shacklebolt ? tenta alors de lui faire avouer la jeune femme en détournant le regard. À cause de ses inquiétudes sur la démographie sorcière ?

Malefoy sourit d'un air espiègle en se frottant le menton.

— Et qu'est-ce qui vous dit que je soutiens Shafiq plutôt que Shacklebolt ?

Hermione lui lança un regard sombre qu'il soutint sans problème, presque avec amusement.

— Et Edna Shafiq est très bien placée pour parler de l'apparition de Cracmols dans les familles de sorciers, ajouta-t-il avec un haussement de sourcils.

— Que voulez-vous dire par là ? demanda Hermione.

— Qu'il n'est pas… inconnu, que feu le dernier des Shafiq était un Cracmol, lui apprit le sorcier sur le ton de la discussion. Son frère il me semble, si je me souviens bien.

Hermione se rappela la tache noire sur l'arbre généalogique des Shafiq, à côté du nom d'Edna.

— "Feu" ? répéta-t-elle. Pourquoi ? Que lui est-il arrivé ?

Malefoy haussa les épaules avec désintérêt.

— Décédé ? Abandonné ? Disparu ? suggéra-t-il avec indifférence. Cela est très courant…

Hermione était choquée.

— Et vous trouvez cela normal ? s'offusqua-t-elle. Que diriez-vous s'il s'agissait de votre propre enfant ? Ou de vos petits-enfants ?

Malefoy la regarda avec calme, le visage fermé.

— Mais cela n'est pas le cas, dit-il. Et cela n'arrivera jamais.

Hermione soupira presque avec désespoir. Elle secoua la tête d'un air désabusé en regardant dans le vide.

— Notre monde est condamné à disparaître s'il décide de stagner dans son coin et de se couper de celui des Moldus et de son évolution, dit-elle.

— Mmh, intéressant… s'éleva la voix de Malefoy.

Hermione releva la tête pour lui jeter un regard.

— Quoi donc ?

— C'est la première fois que vous dites "notre monde" pour parler de la communauté magique en ma présence, dit-il, vous incluant dedans, avec moi.

Hermione lui rendit son regard mais n'osa lui répondre. "Vous et moi", plutôt que "vous ou moi" ? C'était vrai. C'était ce qu'elle ressentait.

Silencieusement, elle tendit une main pour venir se saisir d'un sandwich et commencer à manger. De même, Malefoy leur servit à boire sans un mot.

Ils continuèrent à discuter ainsi jusque tard dans la nuit.

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Hermione parcourait le manoir, tenant une lettre dans sa main. Elle était de Ginny, reçue un peu plus tôt par hibou ce matin, qui lui demandait de ses nouvelles. Se rendant compte que son amie lui manquait et que cela lui ferait du bien de la voir et de lui parler - sa situation commençant légèrement à l'ennuyer - la jeune femme hésita avant de se lancer à la recherche de Malefoy. Elle arriva finalement devant une porte fermée à laquelle elle toqua.

— Entrez.

Hermione poussa la porte et pénétra dans la pièce. Il s'agissait du bureau privé de Malefoy. La sorcière n'y était encore jamais entrée. Elle aperçut le sorcier, assis derrière un large bureau en acajou, rangeant prestement un rouleau de parchemins dans un tiroir alors qu'elle s'approchait. Hermione suivit le geste du regard, se faisant une note mentale de l'emplacement pour venir le fouiller plus tard.

— Vous désirez, Miss Granger ?

La jeune femme cligna des yeux, sortant de ses pensées.

— Je voulais savoir si vous aviez un rendez-vous de prévu.

Malefoy esquissa l'ombre d'un sourire.

— Puis-je connaître la raison de cet intérêt soudain pour mon emploi du temps ?

— Je souhaiterais m'absenter pour rendre visite à Ginny Potter, et étant donné notre accord…

Le visage du sorcier se referma aussitôt et il se racla la gorge en détournant le visage. Était-il… déçu ? À quoi s'était-il attendu ?

— Pourquoi ne pas inviter votre amie ici, plutôt ? proposa-t-il de but en blanc.

Cela surprit Hermione. Elle n'y avait pas pensé. Mais après tout, pourquoi pas ?

— Je ne voulais pas vous déranger.

— Ce n'est pas le cas, dit Malefoy. Dipsy pourra vous servir le thé dans la véranda, vous y serez tranquilles.

Un silence gênant s'installa et Hermione s'apprêta à faire demi-tour, lorsqu'elle reporta son attention sur la lettre qu'elle tenait toujours dans sa main. La chouette des Potter était repartie. Elle se demanda comment envoyer sa réponse quand Malefoy, l'observant et devinant sa pensée, siffla. Aussitôt, un majestueux hibou grand-duc de couleur fauve apparut et vint se poser sur son bras. Le sorcier s'avança alors vers la jeune femme à pas de loup en caressant doucement le plumage de l'animal.

— Vous pouvez utiliser Brutus pour toutes vos correspondances personnelles du temps de votre présence ici, offrit-il, je vous l'autorise.

Hermione leva un sourcil interrogateur dans sa direction.

— "Brutus" ?

Malefoy sourit avec malice.

— C'est Drago qui l'a baptisé.

Cela semblait l'amuser. Il se pencha vers elle pour lui présenter l'oiseau et Hermione hésita à tendre la main pour le toucher à son tour. Ils se tenaient très près. Finalement elle esquissa un léger pas en arrière.

— Je vous remercie, Mr Malefoy, dit-elle. Mais je peux aussi commander un hibou au service postal…

Le sorcier fronça légèrement les sourcils, plus d'incompréhension que de contrariété.

— Pour quelle raison vous entêter ? Vous ne possédez pas votre propre hibou et je vous prête le mien. Quel mal y a-t-il à cela ?

— Aucun, mais…

— Vous avez vraiment un problème avec le fait d'accepter des présents, soupira-t-il et secouant la tête d'un air navré.

Hermione se vexa légèrement, considérant que là n'était pas le souci.

— Bien sûr que non. Pourquoi dites-vous ça ?

Malefoy leva sa main libre pour compter de ses doigts.

— La robe, cita-t-il en levant le pouce, que vous avez refusé de mettre.

— Je n'ai pas besoin qu'on me dise comment m'habiller ! rétorqua Hermione.

— Le collier, continua Malefoy en levant l'index. Je vois que vous ne le portez pas.

Hermione détourna le regard.

— Vous ne me l'avez pas demandé, répondit-elle prestement.

— Donc si je vous demande de le mettre, vous le ferez ? demanda-t-il en la fixant avec insistance.

Et zut. Hermione rougit.

— En quoi cela vous intéresse ?

— C'est un bel objet, dit-il en haussant les épaules. Cela me plairait de le voir sur vous.

Hermione secoua la tête d'un air désabusé. Elle avait autre chose à faire que de rendre agréable la vue à Lucius Malefoy.

— Je comptais vous le rendre…

— Pourquoi ? s'étonna le sorcier. Je croyais qu'il vous plaisait. Gardez-le.

— Je refuse, dit-elle. Il est trop… Et pour quoi faire, si je ne le porte pas ? J'aurais l'impression d'avoir profité de vous pendant cet accord…

Malefoy pouffa presque.

— Je vous assure que ce n'est pas le cas. Vous n'acceptez donc jamais de cadeaux, de la part de personne ?

— Si, bien sûr, dit-elle, de ma famille, de mes amis, pour des occasions… Mais là, ce n'est pas pareil.

— Je comprends que vous ne voulez rien me devoir, soupira Malefoy, mais votre acharnement ridicule en deviendrait presque insultant.

Hermione marqua une pause, lui lançant un regard en biais.

— Peut-être que ces choses ne représentent rien pour vous, Mr Malefoy, dit-elle doucement mais fermement, mais ce n'est pas le cas pour moi.

Malefoy médita sa réponse, fronçant légèrement les sourcils.

— C'est donc cela qui vous dérange, avança-t-il lentement, la pensée que cela ne "représente rien" pour moi ?

Hermione piqua un fard sous l'insinuation et le regard scrutateur du sorcier - qui semblait pour sa part la découvrir avec une nouvelle lueur de compréhension dans le regard, un sourire mi-amusé mi-victorieux se dessinant lentement au coin des lèvres. Bien sûr qu'elle était mal à l'aise de recevoir de faux présents hors de prix sous un prétexte malhonnête, et d'une personne qu'elle n'appréciait même pas, qui plus est… Mais ce n'était pas pour autant qu'elle souhaitait que Lucius Malefoy lui fasse de véritables cadeaux - n'est-ce pas ? Voilà que le Sang-Pur allait encore se faire de fausses idées sur elle !

— Que, quoi ? bégaya-t-elle de gêne. Non- Ce n'est pas… ce que vous…

La jeune femme souffla et tendit finalement le bras, souhaitant mettre un terme à la conversation.

— C'est bon. Donnez-moi ce stupide oiseau !

Le hibou hulula doucement en protestation et Malefoy sourit avec orgueil. Il tendit la main pour dégager délicatement les cheveux de la sorcière et venir déposer les serres du rapace sur son épaule.

— Je crois que le mot que vous cherchez, Miss Granger, susurra Malefoy en en profitant pour enrouler une mèche de ses cheveux autour de son doigt et caresser le bras de la jeune femme au passage, est "merci".

En réalité, comment Hermione réagirait si Lucius Malefoy lui offrait tout simplement quelque chose parce qu'il en avait envie, et que cela lui faisait plaisir ?

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N.d.A :

J'espère que cela vous a plu !

Je vais faire en sorte que la suite arrive plus vite (surtout que je vous réserve des scènes plus... croustillantes, promis)

Alors je ne garantis pas du tout l'exactitude de la traduction du titre en ancien français XD (il s'agit plus ici d'une figure de style approximative)

Et bien sûr, si cela vous intéresse, je vous invite à aller en apprendre davantage sur le site officiel de J.K. Rowling "Wizarding World" (anciennement "Pottermore").

Merci pour vos avis !