Une belle-famille pas si accueillante

Ginevra Weasley, bientôt dix-huit ans, était émerveillée par ce qu'elle voyait du manoir Potter. La localisation de la demeure avait été gardée secrète depuis l'attaque qu'avait subie la famille par Voldemort une quinzaine d'années auparavant et elle n'avait jamais estimé nécessaire de divulguer le secret par la suite. Même si les membres de la famille vivaient leur vie tranquillement, leur adresse n'était pas à la disposition de n'importe qui.

-Si mademoiselle veut bien me suivre, je vais vous conduire à vos quartiers, déclara l'intendante du manoir.

La jeune rousse avait été surprise d'être accueillie par une femme quand le portauloin l'avait amené à destination. La plupart des familles sorcières préféraient avoir des elfes de maison comme domestiques et elle avait cru que c'était le cas pour la famille Potter.

Emboîtant le pas, la rousse ne vit pas sur le balcon quatre personnes qui l'observaient.

-Ça se voit qu'elle n'a pas demandé conseil à son chef de famille parce que sinon, elle ne serait pas venue seule ici, renifla Iris Potter.

La jeune fille de quatorze ans avait hérité de la chevelure cuivrée de sa mère mais des yeux de son père. Serdaigle venant de terminer sa quatrième année, elle avait toujours vertement rejeté cette gamine qui avait voulu être sa « grande sœur » parce qu'elle voulait épouser son frère aîné.

Harry Potter, le « Survivant » pour nombre de benêts du monde sorcier, se tenait à ses côtés. Il n'avait jamais aimé la petite sœur de son ami Ron Weasley et n'avait pas du tout apprécié qu'elle se proclame sa petite-amie pendant sa cinquième année sans même lui demander s'il était d'accord. Il se débattait donc avec son harcèlement depuis trois ans et même si les professeurs tentaient d'y mettre le holà, il avait été évident que le directeur de l'école, Albus Dumbledore, n'allait rien faire parce que la situation lui convenait.

-De toutes les façons, elle n'a jamais cherché à savoir comment était réellement une sang pur destinée à être une lady, grogna Harry. Moi vivant, et même mort, jamais je ne l'épouserai !

-Si j'ai mon mot à dire, ça n'arrivera jamais ! assura James Potter

Lord de la famille, James avait changé du tout au tout au cours de la sixième année. Même si Severus Snape avait survécu à sa rencontre avec Moony, la partie loup de Remus Lupin, et avait pu se réconcilier l'été suivant avec Lily Evans devenue Potter après l'avoir traité de « sang de bourbe », ce n'était pas pour autant qu'il n'avait pas cherché à se venger des Maraudeurs. Le futur maître de potions avait brassé une potion qui bloquait temporairement l'animagus d'une personne et l'avait fait boire à James Potter et son meilleur ami Sirius Black deux jours avant la pleine lune. Quand ils avaient voulu rejoindre leur ami et qu'ils s'étaient aperçus qu'ils ne pouvaient pas se transformer, ils avaient eu la peur de leur vie et heureusement que Lily et Severus étaient là pour les sortir des griffes du loup garou. Mais ça ne s'était pas arrêté là. Le duo avait reproduit toutes les blagues qui avaient ciblé les Serpentards – Peter Pettigrow avait été étonnement facile à terroriser pour qu'il leur donne le carnet où les blagues des Maraudeurs étaient consignées – mais en faisant en sorte que ce soit eux les victimes et uniquement eux. Cela leur avait servi de leçon et depuis, ils étaient devenus bien plus respectueux de leurs camarades et bien plus tempérés. Cela avait également permis à James de séduire Lily puis de l'épouser.

-De toutes les façons, les enfants, nous vous avons dit que nous allions nous en occuper, rappela Lily Potter. Ne changez pas vos projets pour elle, nous allons savoir si elle en vaut vraiment la peine.

Malgré ses excellents résultats et plusieurs carrières qui lui tendaient les bras, Lily Evans épouse Potter avait décidé d'ouvrir une petite école primaire privée dans le monde non magique. Ce fut quand les premiers enfants qui y étaient passés arrivèrent à Poudlard que le monde sorcier découvrit le pot aux roses : les nés de moldus étaient désormais aussi bien informés sur le monde sorcier voire plus que les nés de sorciers tout en ayant de meilleures bases. Grâce à cela, la mauvaise image qu'avaient les vieilles familles sorcières et les sangs purs sur les nés de moldus s'estompa d'elle-même.

Quand la voix de leur invitée s'estompa, la famille se sépara sans un bruit.

§§§§§

-Bonjour, salua Lily alors que la jeune fille prenait place.

-Bonjour Lily, répondit Ginevra.

-Je ne crois pas que ma femme vous ait permis de vous montrer aussi familière avec elle, claqua froidement James.

Ginny sursauta. D'après Arthur, son père, James Potter était un sorcier affable et d'humeur égale. Le voir se montrer strict n'était pas ce à quoi elle s'attendait.

-Mais … protesta Ginny.

-Ai-je tort ? insista James

-Non, souffla Ginny.

Le haussement de sourcil insistant de James lui fit comprendre qu'elle avait fait une autre faute à ses yeux.

-Non monsieur, se corrigea Ginny en serrant les dents.

-Il me semblait aussi, confirma James, un sourire moqueur aux lèvres. Des excuses sont donc de rigueur.

La plus jeune comprit rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une requête mais bien d'un ordre. Même sa mère n'osait pas lui faire un coup pareil.

-Excusez-moi, lady Potter, fit Ginny, les dents toujours serrées.

Lily utilisa sa serviette de table avant de la reposer sur ses jambes.

-Prenez un bon petit-déjeuner, mademoiselle, indiqua Lily. La journée sera chargée.

Ginny plissa le regard tout en s'exécutant. Elle n'aimait pas l'idée que Lily Potter, l'exemple même de la réussite sociale, la snobe, alors qu'elle était la fiancée de son fils aîné. Elle ouvrit la bouche mais la lady darda son regard émeraude sur elle.

-Mangez, ordonna Lily.

Ginny capitula, se promettant de lui faire part de son mécontentement plus tard.

-Quel est ton programme aujourd'hui ? demanda Lily en découpant délicatement les aliments qu'elle avait déposés dans son assiette

-J'ai plusieurs propositions de lois à étudier, répondit James. Ma présence n'est pas requise au Magenmagot mais j'ai prévu une réunion avec mes collaborateurs. N'oublie pas que nous allons dîner avec eux.

-Je l'avais noté dans mon agenda, sourit Lily. J'ai prévu de me rendre sur le Chemin de Traverse pour quelques achats puis de faire un passage à l'école.

-Je n'aurais pas le temps de passer à Gringotts, réfléchit James. Pourrais-tu le faire pour moi ?

-J'irai, confirma Lily.

Les deux adultes continuèrent leur repas jusqu'à ce que Ginny n'en puisse plus.

-Je pensais passer du temps avec mon fiancé, siffla presque Ginny. Où est-il ?

-Actuellement ? demanda Lily d'une voix distraite. Au manoir Nott, il me semble.

Ginny s'insurgea.

-Qu'est-ce qu'il fait dans ce repère de mangemorts ? explosa Ginny. Est-ce qu'il ne voit pas que sa réputation …

-Mademoiselle Ginevra, il suffit ! tonna James. Votre famille n'a peut-être pas les meilleures relations du monde avec le clan Nott, comme avec la majorité des clans de notre cercle, mais sachez que le clan Potter et lui sont alliés depuis un certain nombre d'années. Quant à la réputation de mon fils … elle n'a pas à vous concerner.

Cette fin de non-recevoir ne plut pas à Ginny mais elle savait choisir ses batailles.

Et surtout, elle savait convaincre n'importe quel homme d'abonder en son sens.

§§§§§

Lily et James avaient décidé de se promener sur les bords de la Seine à l'issue de leur repas d'affaires.

-Comment s'est passé ta journée ? demanda James

-Je me demande vraiment comment est-ce que cette petite impertinente peut espérer épouser Harry, grogna Lily. J'ai l'impression qu'elle pense devenir lady Potter simplement en claquant des doigts.

-Le sorcier lambda croit que je t'ai épousé parce que tu es tombé enceinte, rappela doucement James. Il ne sait pas et ça ne l'intéresse pas de savoir que tu as dû travailler quatre ans avant de devenir officiellement lady Potter.

Avec la naissance d'Harry, Lily et James avaient décidé de se cacher pour se protéger de Voldemort. Si James était devenu lord Potter à la mort de son père, Lily ne l'était devenue que l'année des deux ans d'Harry, quand elle avait pu démontrer à son tour qu'elle maîtrisait les codes sangs purs. Cela faisait partie des traditions sangs purs que le sorcier lambda ne connaissait pas et il avait été difficile de réunir des ladies et lords régnants, des matriarches et des patriarches de clans pour juger objectivement des qualités de la rousse, comme lui avait dû le faire en reprenant le titre de son père trois ans auparavant. C'était ce qui attendait Ginevra Weasley si elle devenait réellement la fiancée d'Harry et s'ils se fiaient à son ignorance totale, ni son père ni ses frères aînés n'étaient réellement au courant de ce qu'elle comptait faire ou sinon, ils l'auraient mis en garde … ou pas.

-Raconte-moi, pria James.

-Je devais donc passer la journée avec elle … déclara Lily.

Flash-Back

Après l'éclat de James, Ginny avait gardé bouche close puis avait quitté la table sans un mot une fois son petit déjeuner terminé. Lily ne l'avait pas rattrapé mais avait lancé un regard perçant à son mari qui avait aisément compris le message. Rose Evans, sa belle-mère, était une femme particulièrement à cheval sur la politesse et avait transmis sa rigueur à ses enfants. Lily en avait fait de même avec ses enfants qui, avec l'ingéniosité de leur père James et de leur oncle Sirius, étaient devenus maîtres dans la manière de faire comprendre leur point de vue sans dépasser les limites d'un pouce. Or, Ginevra Weasley, si elle ne s'était pas montrée gravement impolie, n'avait clairement pas montré le respect minimum à donner à un nouvel interlocuteur et ça, ça ne passait pas pour Lily. Elle avait toujours appris à ses enfants que même s'ils n'aimaient pas la personne en face d'eux, ils devaient rester polis ou au pire, ne pas être vulgaire. Leur invitée allait donc apprendre ce que voulait dire se montrer froide et désagréable.

Lily termina son repas puis se rendit dans ses appartements, non sans charger l'intendante de prévenir Ginevra à 08h55 qu'elle était attendue dans le hall d'entrée à 09h00 et qu'aucun retard ne serait toléré. Sans surprise, la jeune fille arriva à vingt minutes plus tard, sûre de son bon droit. Puisqu'elle n'avait visiblement pas l'intention de présenter des excuses ou de se justifier, Lily tourna des talons et entra sans un mot dans la salle des transports du manoir. La plus jeune eut un temps de flottement avant de lui emboîter le pas. L'aînée entra dans la cheminée, auréolée de flammes vertes, et se tourna vers l'entrée.

-Qu'attendez-vous ? tança Lily

-Nous prenons la cheminée ensemble ? s'étonna Ginny

-Je doute que vous sachiez où nous allons donc oui, répondit Lily. Nous sommes attendues, mademoiselle.

Comprenant rapidement qu'elle avait intérêt à se dépêcher, Ginny se précipita dans la cheminée à ses côtés. Elle voulut lui prendre le bras mais Lily se réajusta sa tenue, se dégageant de sa poigne sans en avoir l'air.

La cheminée s'activa subitement et Ginny faillit se rétamer à l'arrivée. Lily fit celle qui n'avait rien vu et sortit de la cheminée pour quitter le bâtiment, sans se préoccuper de savoir si elle était bien suivie, ce que la plus jeune fit après avoir récupéré son équilibre.

Les deux rousses sortirent sur High Alley, l'une des rues commerçantes du Londres sorcier. Ginny écarquilla des yeux sur le chemin car elle n'avait jamais eu l'occasion de s'y rendre. Lily nota son regard de convoitise et soupira intérieurement. La jeune fille se doutait qu'elle allait être observée de toute part mais ne faisait aucun effort pour paraître à son avantage.

Elles s'engouffrèrent dans un passage étroit et débouchèrent rapidement sur le Chemin de Traverse pour se diriger d'abord vers Gringotts. Lily se dirigea vers l'un des guichets et attendit que l'agent lui fasse signe d'avancer pour le faire.

-Salutation, maître, fit Lily.

-Milady, salua le gobelin.

-Je suis ici à la demande de mon compagnon sorcier, indiqua Lily.

-Veuillez vous identifier, ordonna le guichetier.

Lily déposa une main sur le comptoir qui s'illumina.

-Si vous voulez bien me suivre, fit le guichetier après avoir hélé un collègue pour le remplacer.

Le gobelin passa devant les deux sorcières et les mena vers un couloir où se tenaient deux gardes. Au moment où Ginny voulut y suivre Lily, les hallebardes des gardes se croisèrent devant son nez, lui interdisant le passage. La lady eut un sourire machiavélique. Avant que Ginevra Weasley n'arrive au manoir Potter, le clan avait fait une enquête minutieuse sur elle et plusieurs éléments … problématiques étaient remontés. Parmi ses dires, sa certitude de pouvoir se servir sans limites dans les coffres du clan venait de voler en éclats : seuls les membres de sang pouvaient s'y rendre et ce ne serait certainement pas une lettre d'accréditation quelconque qui pourrait lui donner le précieux sésame.

Lily revint vingt minutes plus tard et immédiatement, elle vit que Ginevra avait fait un esclandre pour entrer à sa suite, si elle devait se fier à la tension des gardes dont le nombre avait doublé et la baguette que la jeune fille avait en main.

-Venez, intima Lily en passant devant elle. Nous avons encore de nombreuses choses à faire.

-Mais … protesta Ginny.

Lily ne fit même pas mine de s'arrêter. Le même cirque se reproduisit dans la boutique de madame Malkins, où Lily sélectionna une robe et fit prendre ses mesures pour la prochaine cérémonie magique où sa famille allait se rendre, chez le bijoutier où elle récupéra le bijou qu'elle avait offert à Iris pour son anniversaire et qu'elle avait dû retourner pour le faire ajuster, ou encore au magasin de quidditch où elle s'était proposée de récupérer la commande de son fils et de ses amis. A chaque fois, Ginevra s'indignait de ne pas pouvoir se faire offrir quoi que ce soit et à chaque fois, Lily se retenait de claquer l'adolescente ou de l'abandonner à son sort. Mais elle se contenta de serrer les dents et la ramena saine et sauve au manoir Potter.

Fin Flash-Back

-Nous sommes revenues au déjeuner où elle m'a démontré qu'effectivement, elle n'avait pas les manières pour paraître en société ou même la politesse de se plier aux règles de la maison dans laquelle elle avait été invitée, grogna Lily. Quand elle est remontée dans sa chambre sans attendre que j'aie terminé mon propre repas, je l'ai laissé bouder dans son coin et je suis partie chez Augusta.

-Tu l'as laissée seule à la maison ? s'étonna James

-Bien sûr, puisqu'elle pense que j'irais toujours la chercher pour m'accompagner, renifla Lily. Elle n'a pas fait de vague mais quand elle est descendue pour le thé, elle était surprise que je ne l'ai pas attendue et pire, que je le prenne sous son futur toit avec Narcissa, une mangemorte selon ses dires.

-La connaissant, dès qu'elle est rentrée chez elle, Narcissa a dû faire part au chef de famille de Ginevra de la formidable éducation dont elle a bénéficié et qui a fait autant d'effet, ricana James.

-Tu ne crois pas si bien dire, souffla Lily. Muriel a exigé de voir sa petite-nièce et j'ai dû la mettre au courant de ce qu'elle avait exactement fait pour qu'elle garde pour elle tout ce qui va se passer.

-Nous verrons si nous devons mettre au courant nos alliés ou pas, déclara James. Ensuite ?

-Quand j'en ai eu fini avec Muriel dans mon bureau, cette petite chipie a osé me faire savoir par l'intendante qu'elle attendrait dans ses quartiers le départ pour ce dîner d'affaires dont on avait discuté ce matin, siffla Lily.

-Parce qu'elle pensait qu'elle allait venir avec nous ? sursauta James. Mais elle ne fait pas partie de notre famille !

-Elle imagine que si, dès l'instant où elle nous a annoncé qu'elle était enceinte d'Harry, soupira Lily. Je pensais faire durer le plaisir mais elle me tape sur les nerfs à jouer à la gamine pourrie gâtée !

-Je pense que trois jours seront amplement suffisants, tempéra James. Demain, elle sera avec les enfants, demain soir, nous dînerons tous ensemble et après-demain, nous la soumettrons aux rituels de fiançailles.

-Et dans trois jours, si elle n'est pas reniée, j'en serais extrêmement déçue, déclara Lily, mauvaise.

§§§§§

Ginny était furieuse.

Contrairement à la veille, les enfants Potter avaient pris leur petit déjeuner avec leurs parents et donc, avec Ginny. Mais ni Iris ni Harry ne lui avaient adressé la parole, pris par la programmation du reste de leurs vacances où elle était méthodiquement exclue. Elle massacra ses œufs brouillés, ne se cachant même pas ruminer, sous les regards noirs de la famille. Elle fut sortie de ses pensées lorsqu'elle vit Lily et James se lever. Elle tourna la tête mais Harry avait déjà disparu.

-Mademoiselle Weasley ? fit Iris. Nous allons dans la salle d'études. Suivez-moi.

La petite rousse n'attendit même pas pour se mettre en route, forçant Ginny à courir pour la rattraper. Elles se rendirent dans une pièce non loin de la bibliothèque – l'intendante lui avait fait faire le tour du propriétaire à son arrivée donc elle s'en souvenait – et Iris lui indiqua une table près du mur.

-Nos camarades et moi-même avons nos places attitrées, déclara Iris. La place que vous allez occuper dispose de tout le nécessaire pour écrire.

-Attends, Iris, mais on va faire quoi ? demanda Ginny

-Nous avons un cours d'histoire moderne du monde non magique, expliqua Iris avec une bienveillance forcée.

-Hein ? s'indigna Ginny. Mais je ne suis pas là pour travailler !

-Mes parents seront avisés de votre absence si vous retournez dans vos quartiers, signala aimablement Iris.

Ginny serra les dents. Elle était piégée.

-Depuis quand les sangs purs étudient l'histoire moldue ? grinça Ginny

-Ça a toujours été le cas, sourit machiavéliquement Iris. Nous ne nous en vantons pas, c'est tout.

Mouchée, Ginny voulut répliquer mais quelqu'un frappa à la porte.

-Entrez, invita Iris.

-Mademoiselle Iris, vos invités sont là, fit l'intendante.

-Faites-les entrer, je vous prie, fit Iris.

A sa plus grande horreur, Ginny vit Luna Lovegood et Astoria Greengrass, 16 ans, Gladys et Gerald Carrow, 14 ans, Lou McMillan, 12 ans, et Isha Patil, 11 ans. Elle voulut protester contre ce rassemblement d'enfants de mangemorts mais le précepteur entra dans la pièce, où il fut salué d'un même geste, puis le cours commença.

-Mademoiselle Ginevra ? interpella Iris

Ginny s'était ouvertement détournée du cours, s'occupant comme elle pouvait. Au son de la voix, elle se redressa et vit que la salle était vide. Sa colère revint en force.

-Pourquoi est-ce que tu m'as forcé à assister à ce cours inutile ? cracha Ginny

-Nous avons toujours des cours pendant les vacances, déclara Iris. Si vous voulez prétendre appartenir à notre famille, cela signifie que vous devez participer à nos activités.

-Vraiment ?! siffla Ginny. J'ai une tête à continuer les cours pendant les vacances ?

-Ce n'est pas mon problème, répondit froidement Iris. Mes parents ont demandé que vous assistiez aux cours, alors je le fais. Si cela vous dérange, alors vous devez leur en faire part. Mais ce n'est pas parce que vous prétendez attendre l'enfant de mon frère que nous allons accéder à tous vos caprices. N'oubliez pas que c'est vous qui entrez dans notre famille, pas le contraire, donc vous devez vous soumettre à nos règles, et non l'inverse.

Ginny eut un mouvement de recul. Même si elle n'aimait pas ce qu'elle entendait, Iris avait malheureusement raison. Même si elle avait déclaré qu'elle attendait le prochain héritier Potter, ce n'était pas pour autant qu'elle était encore une Potter ou même la prochain lady Potter. Elle s'était trop avancée et elle avait fait une mauvaise impression.

-Nous allons prendre une collation avant de reprendre le cours, annonça Iris. Vous pouvez vous retirer dans vos appartements, à condition que vous soyez présente dans trente minutes ici. A plus tard, mademoiselle Ginevra.

La jeune fille lui tourna le dos et quitta à son tour la pièce, la plantant là.

§§§§§

Harry avait décidé de jouer au plus vicieux avec Ginevra Weasley.

Ayant compris que la journée avec sa mère s'était très mal passée – Milana, l'intendante, lui avait raconté les mauvaises manières de l'invitée surprise pendant les repas, entre autres – et qu'elle s'était montrée à peine polie ce matin avec sa sœur et ses amis, le brun avait décidé de se venger. A la base, il avait prévu de passer son après-midi à jouer au quidditch avec ses amis au manoir Malfoy mais cette fois, il avait décidé de faire venir ses amis au manoir Potter. Ginevra avait donc été surprise de voir arriver ses frères Fred, Georges et Ron, ainsi que Angelina Johnson, Alicia Spinnet, Lee Jordan, Neville Longbottom, Justin Finch-Fletchley et Kevin Entwhislte. Là où elle fut moins contente, ce fut quand elle vit arriver à leur suite Daphnée Greengrass, Tracy Davies, Draco Malfoy, Théo Nott, Blaise Zabini et Lucian Bole. Iris et Astoria Greengrass se joignirent à eux et investirent le terrain de quidditch, ne prenant même pas la peine de la convier. Ne connaissant pas le chemin pour s'y rendre, elle avait crapahuté un long moment dans les sous-bois, tombant de nombreuses fois, jusqu'à ce qu'elle arrive sur le terrain. Enfin arrivée, elle dut retenir sa colère après que Daphnée, Astoria et Iris, perfides, lui aient fait remarquer qu'elle devrait arrêter de s'agiter dans tous les sens si elle ne voulait pas que quoi que soit de fâcheux ne lui arrive. Aucune d'entre elles n'eut besoin de préciser ses mots car Ginny avait parfaitement compris que si elle perdait ce fameux héritier, les portes du clan Potter se refermeraient aussi sec. Elle dut donc s'asseoir et serrer les dents tandis que tous les autres s'amusaient. Après avoir interrogé Ron, Harry avait demandé une collation où rien de ce qui était servi ne plairait à la rousse.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? grinça Ginny

-De la nourriture, répondit tranquillement Iris en commençant à se servir. Un problème ?

-Il n'y a rien qui me plait, geignit Ginny.

-Dommage pour toi, il n'y aura que ça, rétorqua Ron en choisissant une part de gâteau.

-Milana ! interpella sèchement Ginny en avisant la gouvernante non loin. Une tarte à la citrouille ! Maintenant !

-Eh ben, Ginny, ce ne sont pas les bonnes manières qui t'étouffent ! ricana Alicia. Même Iris et Harry, qui sont chez eux, s'adressent mieux à Milina.

-Mais je suis … protesta Ginny.

-Tu es quoi ? coupa Fred. La réincarnation de Merlin ? La reine d'Angleterre ?

-D'ailleurs, poursuivit Georges. Comment ça se fait que tu te trouves chez Harry ? Personne n'ignore que tu as de l'urticaire dès que tu croises le regard d'un Serpentard et en plus, Iris ne te supporte pas.

La fratrie Potter eut la confirmation de ce qu'ils soupçonnaient : Ginny avait bien contacté seule le clan Potter pour reconnaître son enfant à naître. Nul doute que si Arthur ou l'un de ses frères avaient été mis au courant de ses projets, alors elle aurait été prévenue de ce qui allait lui arriver si elle faisait un pas de travers … qu'elle avait déjà fait, d'ailleurs.

-Je ne dirais rien, se buta Ginny.

A la plus grande surprise de la rousse, aucun d'entre eux ne se tourna vers Harry ou Iris pour obtenir des réponses. Non, ils commencèrent à la harceler alors que le frère et la sœur discutaient tranquillement avec Astoria Greengrass et Draco Malfoy. Elle comprit alors qu'elle s'était fait avoir : l'héritier Potter ne l'ayant jamais supporté malgré son amitié avec ses frères, il n'allait pas l'aider à s'en sortir de cette conversation gênante alors que sa place dans le clan Potter n'était clairement pas assurée. Elle aurait dû rester sagement au manoir jusqu'à ce que Lily et James Potter annoncent officiellement ses fiançailles avec Harry.

Après un temps suffisamment long pour qu'elle se sente oppressée par ce harcèlement – c'est-à-dire quelques minutes jusqu'à ce qu'elle ait envie de leur jeter des sorts – la partie de quidditch reprit. Quand Ginny voulut prendre un balai pour s'envoler à son tour dans les airs, Tracey Davies attira l'attention sur elle.

-Je croyais que tu avais un problème qui t'empêchait de faire du quidditch, s'étonna faussement Tracey.

La rousse la fusilla du regard. En effet, lors du dernier match de quidditch, qui avait eu lieu trois semaines plus tôt, elle avait déclaré forfait la veille pour que cela colle aux débuts de la grossesse. Attrapeuse de l'équipe de Gryffondor, elle avait refusé de jouer la finale du tournoi des quatre maisons contre Serpentard pour ne pas se faire humilier devant l'équipe adverse qui gagnait invariablement contre les lions. La défaite avait été encore plus cuisante sans aligner d'attrapeur potable et toute la maison lui en avait voulu. Mais peu lui importait car elle avait d'autres ambitions … Mais si elle voulait réussir, elle devait tenir coûte que coûte. Elle reposa donc son balai et partit s'asseoir en tapant du pied et en boudant. Contrairement à Poudlard, personne ne se précipita vers elle pour s'enquérir de son état ou accéder à ses désirs, car elle avait toujours clamé être la prochaine lady Potter et qu'on voulait toujours avoir des liens avec le Survivant. En fait, personne dans l'entourage de son futur mari ne lui accordait d'attention.

Ce fut encore plus furieuse qu'elle suivit toute la troupe à l'intérieur du manoir à la fin de l'après-midi. Elle ne fit même pas mine d'assister au départ des adolescents mais elle ne nota pas que sa sortie avait été observée par Lily et James Potter. Fred, Georges et Ron lancèrent un regard acéré à Harry qui leur glissa en toute discrétion que son père irait voir le leur pour expliquer la situation. Le reste comprit qu'ils étaient sur le point d'assister à un moment d'anthologie et prirent donc leur mal en patience.

La rousse fut surprise quand, après s'être rafraîchie dans ses appartements, elle retrouva toute la troupe dans l'un des salons en attendant le dîner.

-Mais qu'est-ce que vous faites encore là ? s'offusqua Ginny

-Nous avons été invités, railla Fred.

-Parce que nous, nous sommes les amis d'Harry et d'Iris, nargua Ron.

-Mais toi, ce n'est pas le cas, pointa Georges. Donc c'est plutôt à nous de te demander …

-Ou plutôt, de te redemander, corrigea Fred.

-Te redemander ce que tu fais au manoir Potter, déclara Georges.

-Ça ne vous concerne pas, cracha Ginny.

-Alors tu n'as pas besoin de les questionner sur leur présence, trancha Iris. Tout ce que tu as besoin de savoir, c'est que nous les avons invités, point barre.

Ginny serra les dents, s'empêchant ainsi de répondre. Car comme la plus jeune le lui avait dit un peu plus tôt, c'était elle qui demandait à entrer dans le clan Potter, pas le contraire, et donc, elle était très loin de pouvoir imposer sa loi et exiger des réponses. A la place, elle ne resta pas dans le salon et rejoignit directement la salle à manger où se trouvaient déjà Lily, James et Harry.

Les Serpentards attendirent que la porte se referme derrière elle pour se tourner vers la jeune maîtresse des lieux.

-Elle n'a pas fait ce que je pense qu'elle a fait ? fit Daphnée en haussant un sourcil

-Si, soupira Iris. Et c'est comme ça depuis qu'elle a mis les pieds ici.

-Pourquoi ? demanda Blaise. Personne n'ignore qu'elle veut devenir la prochaine lady Potter depuis qu'elle est à Poudlard mais ce n'est pas une raison pour que vous l'invitiez chez vous.

-D'autant plus qu'elle est censée être chez une amie pour le reste des vacances, révéla Georges. Enfin, c'est ce qu'elle a dit à papa.

-Au plus tard, demain soir vous serez au courant, promit Iris. Parlons d'autre chose en attendant le dîner …

Pendant ce temps, Ginny, se comportant comme la maîtresse de maison qu'elle n'était pas, entra sans s'annoncer dans la salle à manger … qui était occupé par le couple Potter et leur aîné. Ces derniers se tournèrent vers la nouvelle venue avec un regard agacé.

-Harry ! s'exclama Ginny. On n'a pas passé un seul moment ensemble de la journée !

Elle voulut se jeter dans les bras du jeune homme mais ce dernier l'attrapa par les poignets, se leva, la traina à travers la pièce et la jeta sans ménagement à l'extérieur. La rousse s'apprêtait à entrer dans l'une de ses célèbres colères mais le regard de son « fiancé » la cloua sur place.

-Le dîner a été retardé d'une demi-heure, ce que tu aurais su si tu regardais autre chose que ton nombril, gronda sombrement Harry. Les bonnes manières ne sont pas faites pour les chiens donc tu attendras comme les autres le moment d'entrer ici. Tes prétentions ne te permettent pas de te conduire comme si tu étais chez toi.

Et il lui claqua la porte au nez. La rousse ne tarda pas à revenir de sa stupéfaction et à laisser éclater sa colère.

-HARRY JAMES POTTER ! COMMENT OSES-TU ME TRAITER COMME ÇA ! rugit Ginny. TU DEVRAIS AVOIR HONTE ! TU ME LE PAIERAS ET …

Dans le petit salon, dès les premiers hurlements, Iris et quelques-uns voulurent se lever mais les trois Weasley les arrêtèrent immédiatement en levant les yeux au ciel.

-Pas la peine, fit Fred. C'est Ginny qui pique sa crise parce que l'un de ses caprices n'a pas été réalisé.

-Et si elle crie sur Harry, c'est parce qu'il l'a jeté en dehors de la salle à manger où elle a dû entrer comme en terrain conquis, pronostiqua Ron. Parfois, je me demande si elle est vraiment notre sœur …

La bande haussa des épaules et se réinstalla confortablement pour reprendre leurs conversations. Quand Milana vint les chercher pour le repas, ils la suivirent gentiment et prirent place à la grande table. Sans surprise, Ginny n'était pas là et quand elle arriva à son tour alors qu'ils terminaient l'entrée, tous virent qu'elle allait exploser une nouvelle fois de rage. Heureusement, Georges prit les choses en main en se levant et en traînant sa petite sœur pour l'asseoir de force à sa gauche, à l'autre bout de la table.

-Maintenant, tu te tais, siffla Georges en tant qu'aîné de la famille Weasley présente. Ou sinon, je n'aurais aucun scrupule à te traîner chez tante Muriel pour que tu lui expliques toi-même ce que tu fiches ici.

La jeune fille le fusilla du regard et ouvrit la bouche pour protester vertement mais une voix bien plus adulte intervint.

-Il suffit, gronda James.

Tous se turent. Le lord tapota délicatement ses lèvres avant de déposer sa serviette sur la table et de darder un regard noir sur la jeune fille.

-Nous nous passerons tous de votre présence ce soir, mademoiselle Ginevra, décréta James. Milana vous apportera le reste de votre repas dans votre chambre. Puisque vous semblez si impatiente d'imprimer votre trace au sein du clan Potter, vous serez ravie d'apprendre que dès demain au zénith, vous serez soumise aux rites prénuptiaux de notre clan.

-Depuis quand vous appliquez cette coutume archaïque ? renifla Ginny en lui coupant la parole. J'attends l'enfant de votre fils, ça devrait vous suffire, non ?

-Ce n'est pas parce que vous n'en avez pas entendu parler que nous ne respectons pas nos coutumes, railla James. Peu importe ce que vous pensez, si vous tenez à entrer dans le clan Potter, vous vous soumettrez. Sortez maintenant.

-Mais … protesta Ginny.

Mais Milana la tira hors de la pièce sous les vociférations de la jeune fille.

Georges, Fred et Ron se levèrent, blêmes.

-Nous vous présentons nos excuses au nom du clan Weasley, s'inclina Georges suivi de ses deux frères. Nous n'étions pas au courant des projets de notre sœur.

-Ni même qu'elle était enceinte, marmonna Ron.

-Le clan Potter n'en veut pas au clan Weasley, rassura James. Uniquement à Ginevra Weasley, pour le moment. La magie familiale jugera ses crimes envers le clan. Vous serez témoins des rites demain, ainsi que le reste d'entre vous. Ainsi soit-il.

Tous s'inclinèrent car sous son toit, James était maître. Le repas reprit tout en ignorant commodément l'éléphant rose – ou plutôt, roux – en plein milieu du manoir Potter …

§§§§§

Malgré l'humiliation cuisante de la veille au soir, Ginny avait bien retenu que le lendemain, tous ses rêves allaient se réaliser. L'excitation l'avait donc maintenue éveillée une bonne partie de la nuit et l'avait réveillé très tôt. Mais quand elle avait voulu sortir de la chambre, notamment pour faire descendre ladite excitation en se faufilant dans le lit de son futur fiancé, elle s'aperçut que la porte ne s'ouvrait pas ! Elle dût donc attendre huit heures du matin pour sortir et une fois dans le couloir, elle se rendit compte qu'à aucun moment, on ne lui avait indiqué les appartements d'Harry. Ce fut donc avec une humeur effroyable qu'elle descendit dans la salle à manger et qu'elle entama son petit déjeuner sans attendre les maîtres de maison, sous le regard dégoûté des invités.

Quand Harry entra à son tour dans la salle à manger, il s'arrêta sur le pas de la porte, cligna des yeux puis se tourna vers ses amis présents – et encore debout – pour qu'ils lui confirment qu'il voyait bien ce qu'il voyait.

-Oui, tu ne rêves pas, répondit Draco à la question silencieuse. Nous avons été surpris nous aussi.

Harry se retint de jurer.

-Mes parents ne nous rejoindront pas, annonça Harry. Nous pouvons donc commencer.

Malheureusement pour lui, Harry respectait son éducation, que ses parents soient présents ou non, et donc, quand il s'assit à sa place, il savait qu'il devrait supporter Ginny … qui avait pris la place d'Iris à ses côtés. Tous s'installèrent et prirent le parti d'ignorer la rousse.

-Harry ! geignit Ginny alors qu'il se servait du café. Tu vas venir te promener avec moi après le repas.

-Sans façon, refusa Harry. J'ai déjà des projets et tu n'es certainement pas invitée.

-Comment ça ? gronda Ginny

-Est-ce que tu portes le nom de Potter ? demanda froidement Harry

-Bientôt, assura Ginny avec un grand sourire.

-Ça veut surtout dire qu'actuellement, ce n'est pas le cas, pointa Iris. Donc quand on te dit que tu n'es pas concernée, pas la peine d'insister.

Ginny fusilla l'autre rousse du regard.

-C'est une conversation privée, siffla Ginny.

-Ça l'aurait été si nous nous étions éloignés pour parler, corrigea immédiatement Harry. Or, nous sommes à table entourés de mes amis donc nous n'avons certainement pas une conversation privée. Et je ne veux toujours pas passer la matinée en ta compagnie.

-Je … protesta Ginny.

Mais elle préféra se taire. Hier soir, elle avait ouvertement déclaré la raison pour laquelle elle se trouvait ici et remettre l'accent dessus ne serait pas en sa faveur, loin de là.

-Tu seras où ? demanda Ginny, subitement mielleuse

-Pas au manoir, si tu te poses la question, répondit Harry avec un sourire en coin.

Toute la bande eut le même sourire car ils savaient exactement où il serait. Ce que Ginny devina aisément.

-Pourquoi eux le savent ? ronchonna Ginny

-Parce qu'eux sont ses amis ? railla Iris. Tu as l'air d'oublier que malgré tout ce que tu veux, tu ne représentes rien pour Harry et encore moins pour le clan Potter. Si tu ne l'acceptes pas … à tes risques et périls.

Ginny rougit de colère. C'étaient des menaces ou elle ne s'y connaissait pas !

-Harry ! s'indigna Ginny. Elle me menace ! Fais quelque chose !

-Iris ne te menace pas, elle ne fait que te prévenir, corrigea Harry, indifférent. Et puis, pourquoi je devrais faire quoi que ce soit ? Comme elle l'a dit, tu ne représentes rien pour moi. Je ne suis pas ta marionnette, ni ton mec et encore moins ton ami. J'ai plus confiance en ma sœur qu'en tout ce qui pourrait sortir de ta bouche. Et rappelle-toi, tu es entourée de personnes qui ne se leurrent pas sur nos relations et elles ne t'accorderont certainement pas le bénéfice du doute quand tu commenceras à débiter tes mensonges. Maintenant vas jouer dans ta chambre pendant qu'on parle de choses d'adultes.

Ginny voulut le gifler mais Harry rattrapa sa main au vol, l'air dur.

-Au cas où tu l'aurais oublié, tu t'apprêtes à frapper l'héritier du clan Potter, déclara froidement Harry. Ce sera considéré comme une agression et tout ce à quoi tu veux prétendre sera définitivement enterré, qu'importe les preuves et les arguments que tu apportes. Je vais être beau joueur, je vais te lâcher et même tendre l'autre joue. Est-ce que tu auras le cran de miser sur ton avenir uniquement pour laisser parler ta frustration ?

Quand il la lâcha, la rousse se rendit compte qu'elle était à deux doigts de perdre tout ce qu'elle avait espéré en mettant les pieds au manoir Potter. Furieuse, elle laissa tomber sa main, jeta sa serviette sur la table et quitta la pièce en tapant des pieds. Aussitôt la porte fermée, tout le monde applaudit, heureux de voir la rousse remise à sa place.

-Je ne devrais pas le dire mais j'ai presque hâte d'être au zénith, déclara Fred.

-Je n'ai pas eu le temps de vous le demander, qu'en pense vos parents ? demanda Iris

-Papa est totalement furieux, révéla Ron. Maman n'est pas mieux et quand ils mettront la main sur Ginny, elle passera un sale quart d'heure.

-Je m'attends à une correction mémorable, pronostiqua Georges. Mais dans tous les cas, elle l'aura cherché.

-Si effectivement, elle est enceinte, elle l'est vraiment d'Harry ? demanda Tracy

-Malheureusement, elle ne peut clairement pas déclarer l'enfant d'un autre comme le mien, soupira Harry. Je n'ai jamais couché avec elle mais il reste des possibilités pour que ce soit possible, magiques ou non. Je préfère attendre les rites pour confirmer mes doutes.

-Tu pourrais quand même l'épouser ? s'inquiéta Alicia

-C'est possible, avoua Harry. Avec des chances très faibles mais ça reste possible. Mais même là, nous avons déjà des solutions pour empêcher Ginny de faire n'importe quoi et de regretter d'avoir voulu entrer dans le clan Potter.

Tous hochèrent la tête, convaincus. Ce n'était pas parce que la famille actuelle était adorable qu'elle n'était pas capable de se faire comprendre par la force s'il le fallait …

§§§§§

A onze heures, Milana se présenta dans les appartements de Ginny qui s'y était retirée après le petit-déjeuner.

-Qu'est-ce que vous voulez ? grogna Ginny

-Je vous apporte la tenue que vous devrez obligatoirement porter pour réaliser les rites prénuptiaux. Lady Lilian vous indique que toute transgression vous refermera automatiquement les portes du clan, surtout si c'est pour paraître sous votre meilleur jour.

Ginny serra les dents. Elle comprenait parfaitement le message : si elle n'en faisait qu'à sa tête, elle pouvait dire adieu au mariage qu'elle convoitait. Elle arracha donc quasiment des mains le paquet et claqua la porte au nez de la gouvernante. Agacée, elle jeta le paquet sur son lit défait et fouilla dans sa malle. En fait, en prévision de ses fiançailles avec Harry, Albus Dumbledore lui avait offert une robe de cérémonie richement décorée, même si elle restait blanche, comme le voulait la tradition. Elle était déçue de ne pas pouvoir porter cette merveille mais si son entrée dans le clan Potter était conditionnée par des détails pareils, autant céder. De toutes les façons, il y aurait toujours une occasion de la porter …

Un peu déçue, elle laissa donc tomber la robe du directeur sur le dossier d'une chaise et ouvrit le paquet qu'elle venait de recevoir. La robe de cérémonie était également blanche, sans fioriture, mais dans un tissu beaucoup plus délicat que le coton, agréable à porter malgré sa simplicité. Le paquet contenait également une lettre de Lily Potter qui indiquait les détails de sa tenue, l'heure à laquelle elle devait se tenir prête et surtout, une nouvelle mise en garde : contrevenir à une seule de ses règles pourrait lui interdire purement et simplement de devenir un Potter par le mariage.

La rousse serra les dents. Le message était bien passé.

Notant qu'elle devait être prête pour midi pile, elle s'empressa de passer à la douche puis de se coiffer et de se maquiller. Si elle ne pouvait rien faire pour sa tenue, rien n'avait été dit concernant ses cheveux et son visage et elle allait en profiter pour être la plus époustouflante et bien montrer à Harry qu'il aurait dû se passer de ces rites archaïques pour l'épouser. La culotte en dentelle était magnifique mais elle avait toujours préféré ne pas porter de sous-vêtements – c'était plus pratique quand elle avait envie de sexe – et maintenant qu'elle était enceinte, elle pouvait dire adieu à ses règles jusqu'à l'accouchement, donc la culotte devenait inutile.

Quand Milana toqua à la porter pour venir la chercher, Ginny mettait la touche finale à sa chevelure rousse. La gouvernante la regarda de la tête en bas et ne voyant rien qui clochait, tourna des talons.

-Veuillez me suivre, pria Milana.

La femme n'attendit pas de savoir si elle était suivie et retourna dans le couloir. Jurant dans sa barbe, Ginny se précipita à sa suite et ne la rattrapa que quand elle arriva devant de lourdes doubles portes richement décorées. Si la gouvernante se faufila discrètement derrière, l'agacement de la plus jeune l'avait fait basculer dans la salle telle une furie, échevelée et soufflant comme un bœuf. Pestant tout bas, elle n'avait pas remarqué qu'elle était entrée sans grande classe dans une salle d'invocation ni que celle-ci était bondée. Mais au moment où elle leva les yeux, comme un radar, elle repéra son futur fiancé.

-HARRY ! rugit Ginny

Elle voulut se précipiter dans ses bras mais le brun fit un grand pas sur le côté pour l'éviter ce qui la fit trébucher. Il ne s'en fallut de peu pour qu'elle se rétame par terre.

-Tu étais censé me rattraper, gronda Ginny après s'être redressée.

-Pour cela, il fallait que tu représentes quelque chose pour moi et ce n'est pas le cas, railla Harry.

-Au lieu de te donner en spectacle, tu devrais rejoindre mes parents, railla Iris. Personnellement, j'ai autre chose à faire.

Des ricanements retentirent dans la salle, faisant rougir de rage la rousse. Mais le raclement de gorge insistant de James Potter l'empêcha de répliquer. A la place, elle renifla et marcha vers ses futurs beaux-parents, hautaine. Elle voulut les prendre dans ses bras mais chacun se dégagea de la tentative d'étreinte, la faisant de nouveau rougir de fureur.

-Mes chers amis, déclara James en la snobant ouvertement. Nous sommes réunis ici pour être témoins de la volonté de Ginevra Weasley d'entrer dans le clan Potter.

La rousse offrit un grand sourire à l'assemblée mais elle ne rencontra que des regards hostiles qui le firent faner quelque peu. Elle voulut interroger Lily sur l'ambiance générale mais James reprit la parole.

-Nous allons donc la laisser entrer dans le cercle d'invocation rituel de notre clan et laisser la magie familiale examiner ses intentions.

Ginny fit volte-face, apeurée, et voulut refuser mais le couple Potter fit un pas de côté pour sortir du cercle, ce qui l'activa. La jeune rousse se sentit attirée vers le centre puis qu'elle ne pouvait plus bouger et se maudit pour son manque de vigilance. Le professeur Dumbledore lui avait toujours dit de se méfier des cercles d'invocation car c'était de la pure magie noire. Mais à sa décharge, elle n'aurait jamais pensé que les Potter auraient des pratiques aussi controversées. Maintenant, elle ne pouvait que subir.

Depuis le bord du cercle, Lily et James observèrent la jeune intrigante. Les rites prénuptiaux étaient nombreux mais ils étaient rarement exécutés dans leur totalité car les unions étaient généralement négociées bien en amont. En fait, généralement, seuls deux étaient passés par les futurs ajouts des clans sangs purs, peu importe leurs origines : celui de santé, notamment pour vérifier la fertilité du ou de la fiancée, et celui de généalogie, pour éviter au maximum les effets de la consanguinité. Mais puisque Ginevra Weasley était venue à eux en déclarant qu'elle portait l'enfant de leur fils Harry qui ne la fréquentait même pas, le couple avait décidé de lui faire passer d'autres rites bien moins connus mais tout aussi lourds de conséquences.

Tout d'abord, même si la jeune rousse leur avait présenté un test de paternité déclarant leur fils comme père de son enfant, un rituel d'identification, pour permettre, comme son nom l'indiquait, d'identifier précisément la ou les personnes au centre du cercle. Cela avait un avantage car il n'était absolument pas dangereux pour les personnes enceintes et nommait les ascendants sur trois générations et donc, confirmer qu'Harry était bien le père de l'enfant.

Ensuite, il y avait le rituel de protection magique qui listait tous les sorts et potions sur la ou les personnes dans le cercle. S'ils n'étaient pas spécifiquement nommés – au nom des secrets des clans – un terme générique apparaissait qui était compréhensible par tout le monde. Les spectateurs avaient une idée de ce qui devait se trouver sur l'un des leurs mais cela permettait aussi de savoir ce qui n'aurait jamais dû s'y trouver. D'après les dires de ses enfants et de leurs amis, le couple Potter ne devrait pas s'étonner de découvrir des ajouts qui n'auraient jamais dû se trouver là.

Le troisième était un rituel d'intention. S'il n'était vraiment pas courant, il était automatique quand le clan n'était pas à l'origine de l'union demandée. Il déterminait si l'ajout pouvait, consciemment ou non, nuire au clan ou pas. En sachant que les rêves de grandeur de la jeune fille étaient connus de tous, il y avait peu de chance qu'elle œuvre pour la prospérité du clan Potter.

Le dernier et non des moindres était le rituel de consentement. Il était extrêmement rare car généralement, il n'était réalisé que quand les jeunes filles étaient violées voire tombaient enceintes des suites du viol et que le violeur réclamait une union pour jouir des biens du clan de la jeune fille ou, au contraire, quand une jeune fille qui avait perdu sa virginité ou qui était tombée enceinte sans l'avoir voulu demandait que le père prenne ses responsabilités. Le couple Potter tenait particulièrement à ce dernier rituel car il voulait savoir comment l'enfant avait pu être conçu alors qu'Harry n'approchait même pas de Ginevra Weasley.

Dans tous les cas, les réponses seraient choquantes.

§§§§§

-Doucement, Lucien, souffla Harry en berçant le bébé d'un an dans ses bras.

Le bébé finit par se calmer et s'endormit dans les bras de son père.

Sans surprise, dix-huit mois plus tôt, les volontés de Ginevra Weasley s'étaient brisées en mille morceaux. Les rituels avaient révélé que si la vie qu'elle portait avait bien pour père Harry Potter, sa conception avait été plus qu'atypique. En effet, en tant que biologiquement sang mêlé, le brun était sensible aussi bien aux maladies sorcières, magiques comme non magiques et à l'inverse, les médicaments comme les potions avaient de bien meilleurs effets. Sensibilisé par les maladies et infections sexuellement transmissibles, il privilégiait donc les préservatifs non magiques lors de ses relations sexuelles et une fois l'affaire faite, il le retirait, le refermait soigneusement et le jetait dans la poubelle qu'il vidait magiquement quand il quittait son ou sa partenaire de la nuit. La jeune rousse avait eu la possibilité de récupérer l'un de ces préservatifs avant que les spermicides ne fassent effet et s'était injecté le sperme utilisable pour tomber enceinte, bien aidée de quelques sorts de fertilité.

Si ses intentions une fois entrée dans le clan Potter correspondaient à ce qu'elle clamait déjà sur tous les toits, l'assemblée avait découvert qu'elle était une adepte de plusieurs des revendications du plus grand Bien prôné par Albus Dumbledore, notamment la suppression de plusieurs us et coutumes sang pur comme magiques. Mais surtout, assorti à ces convictions, plusieurs serments magiques dont la plupart avaient été réalisés alors qu'elle était encore mineure …

En sachant qu'elle se fichait totalement de l'héritier Potter et tout autant du clan Potter, il ne fut pas étonnant que Ginevra Weasley soit froidement rejetée par la magie familiale, ce qui la fit hurler. Mais la présence dans l'assemblée de Molly et d'Arthur Weasley, ses parents, la firent devenir blême, encore plus quand leur air lui indiquait qu'elle allait en prendre pour son grade. Toute la famille récupéra sa brebis galeuse et s'excusa du désagrément occasionné.

Mais cela ne s'arrêta pas là.

Le couple Weasley avait eu la surprise de voir le clan Potter réclamer l'enfant à naître. Après discussion, il s'avérait que la famille Potter avait réalisé que même si sa mère était en disgrâce dans tous les cercles sangs purs, l'enfant qu'elle portait avait quand même du sang Potter et qu'il était hors de question de laisser une seule possibilité à sa mère de lui inculquer ses convictions contraires à leur clan. D'un commun accord, donc, ils avaient donc convenu que le dédommagement dû par Ginevra Weasley inclurait que son enfant serait confié au clan de son père et qu'elle devrait renoncer, de gré ou de force, à tous ses droits parentaux, de sang comme magique. La rousse avait voulu se rebeller mais la magie familiale de son propre clan avait accepté ce règlement et elle avait dû se soumettre.

Contrairement à ce que tous auraient cru, l'enfant né ne devint jamais un Potter. En effet, lors de l'attaque de Voldemort, son échec avait enclenché le droit de conquête, ce qui avait eu pour conséquence de récupérer le clan Gaunt. Quand cette nouvelle ligne d'héritage était apparue, la famille avait fait des recherches et avait convenu d'attendre au moins quelques années après la mort de Dumbledore – elle avait noté la présence suspecte du nom du sorcier dans certaines des décisions du dernier héritier – avant de faire renaître la famille. Mais l'arrivée de l'enfant de Ginevra lui avait fait envisager un plan bien plus vicieux.

James Sirius Prewett-Potter – le nom des Prewett était une preuve de plus qu'on voulait avoir un accès exclusif sur l'enfant au cœur du conflit – était donc devenu Lucien Thomas Gaunt.

Si on avait expliqué à Ginevra que les Gaunt étaient un ancien clan sang pur remontant facilement aux fondateurs de Poudlard – il se prévalait même être attaché à l'un d'entre eux – elle déchanta rapidement quand le clan Potter ne cacha pas qu'il était celui de Voldemort, donc descendants de Serpentards. Depuis le lieu de son exil, elle voulut s'insurger mais Harry ne se gêna pas pour lui rappeler qu'elle n'avait plus aucun droit sur celui qui fut autrefois son fils.

L'autre personne qui s'était indignée du nom de l'enfant était Albus Dumbledore. Dès que le faire-part de naissance avait été rendu public, il avait voulu se précipiter chez les Potter pour leur faire renoncer à cette aberration à ses yeux. Mais outre le fait qu'il ne connaissait toujours pas l'adresse de la petite famille, il s'était retrouvé trainé en justice au nom du clan Gaunt pour avoir tué le dernier héritier par son implication malsaine dans sa vie mais également pour abus de pouvoir par le clan Weasley pour avoir fat prêter serment à une mineur et mise en danger d'autrui en arrivant devant la justice avec Peter Pettigrow, porté disparu depuis cette lointaine nuit où la famille Potter avait été attaquée par Voldemort mais véritable gardien du secret qui avait confié la localisation de la maison des Potter au directeur de Poudlard. Les preuves étant là, il perdit son poste de directeur et il paraissait inconvenant qu'il garde la tête du Magenmagot et son siège au conseil international des sorciers. Traité en paria par tous ses anciens alliés et ruiné, il avait dû se résoudre à demander l'asile à son jeune frère Abelforth qui accepta à contre-cœur de l'héberger à la Tête de Sanglier à Pré-au-Lard. Mais comme il avait gardé sa flamboyance d'avant sa déchéance, sa localisation fut très vite connue et il ne tarda pas à prendre le chemin de l'exil. D'après Arthur Weasley, l'ancien directeur de Poudlard avait tenté de rejoindre Ginevra, probablement au nom des serments qu'il lui avait fait prêter, mais la magie familiale du clan Weasley, même si elle n'était pas aussi puissante que celle du clan Potter, avait strictement interdit à la jeune femme d'être approchée par le vieux sorcier.

Harry déposa son fils dans son lit et demanda à Cira, l'elfe de maison nurse, de veiller sur son sommeil. Il rejoignit ses parents et sa sœur qui étaient en train de dîner et soupira de soulagement, se remémorant distraitement ce qui s'était passé depuis l'esclandre de Ginny. Après le rejet de la magie familiale du clan Potter, la rousse avait été cantonnée au manoir Weasley sous la surveillance stricte de Muriel jusqu'à l'accouchement. Le brun, qui comptait entamer sa deuxième année dans sa maîtrise de sortilèges, avait dû aménager son emploi du temps pour ne pas laisser l'entière charge de son fils sur les bras de ses parents. Il avait donc négocié en amont avec son maître d'apprentissage un réarrangement de son programme jusqu'à ce qu'il puisse confier son enfant à une crèche, allongeant d'autant de temps son apprentissage. C'était dur, il ne se leurrait pas, mais maintenant qu'il jonglait entre ses responsabilités parentales et son avenir professionnel, il se disait que c'était une expérience à avoir.

-J'ai quelques nouvelles de Dumbledore, annonça James. Il semblerait que les petits soucis que lui ont causé la découverte des véritables plans de Ginevra aient attiré l'attention du conseil international magique et remettent en question sa véritable implication dans la défaite de Grindelwald.

-Honnêtement, je me serais posé la question dès l'instant où il a voulu être écouté et obéi comme Merlin, renifla Harry. Mais puisqu'il avait vaincu Grindelwald …

-Ne sois pas si mauvaise langue, sourit James. Un mandat d'arrêt a été émis et je sais de source sûre qu'il a été cueilli comme une fleur …

-Sans ses contacts pour le prévenir, c'était évident, fit Lily.

Une porte claqua brusquement.

-Je suis de retour ! claironna Iris. Où est mon neveu adoré ?

En réponse, Lucien gazouilla depuis sa chambre.

-Tu te débrouilles comme tu veux, il doit dormir dans une demi-heure maximum, prévint Harry. Ce n'est pas toi qui dois le calmer quand il n'a pas eu son quota de sommeil !

Pour toute réponse, l'adolescente de seize ans tira la langue à son grand frère et alla chercher le bambin pour le bercer. Iris était littéralement tombée amoureuse de son neveu, même s'il avait pour mère Ginevra et qu'il ne portait pas le nom de Potter. Malgré sa scolarité, dès qu'elle en avait l'occasion, elle s'occupait de Lucien, faisant naître une vocation, prendre soin des enfants. Elle avait décidé de s'orienter vers une carrière de médicomage spécialisé pour les enfants mais elle n'était pas contre changer de voie et devenir professeur.

-Quoi d'autre ? demanda Harry

-Il se trouve que Dumbledore avait des opposants au sein du conseil, révéla James. Dans le plus grand secret, ils ont enquêté sur lui et aujourd'hui, ils s'en donnent à cœur joie en transmettant les informations qu'ils avaient découvert.

-Qu'il paie pour ses actes, décréta Lily. Ça nous fera des vacances.

Harry vérifia que personne n'arrivait avant de se tourner vers ses parents.

-Vous savez qu'Iris a des prétendants à la pelle, sourit Harry.

-Tout comme toi, cher fils, taquina James.

-Oui, mais après le scandale de Ginevra, plus personne ne s'approche de moi, pointa Harry. En tant que Survivant comme en tant qu'Héritier Potter, c'est reposant, vous ne pouvez pas savoir.

-Où veux-tu en venir ? pressa Lily

-Elle a l'air de tenir à son petit-ami, révéla Harry. Ça vous dirait de le piéger en lui faisant croire que vous allez faire la même chose qu'avec Ginevra ?

Un sourire sournois orna leurs lèvres.

Fin