Un rayon d'espoir

Buck se trouvait dans son lit, les yeux rivés au plafond.

Les jours passaient lentement, chacun semblant plus long que le précédent. Il appréciait profondément la présence d'Eddie et Christopher à ses côtés, mais le temps semblait s'étirer interminablement. La douleur constante et l'immobilité forcée le rendaient impatient, même si chaque moment passé avec eux était précieux.

Il détestait dépendre de son meilleur ami pour une chose aussi simple que d'uriner. Eddie lui apportait ses repas, même si c'était du Bobby tout signé, il lui faisait sa toilette avec l'aide de Carla et Buck était tellement gêné par ça, qu'il avait discrètement demandé à Carla de s'en occuper seule, il ne savait pas comment Eddie avait pris la chose, peut-être avec soulagement parce qu'ils n'en avaient pas vraiment reparlés.

Il soupira, essayant de se concentrer sur les aspects positifs.

Les cauchemars semblaient refluer, ce qui était une bonne chose. Il en avait fait assez dans sa vie à cause de ce monstre, il ne voulait pas le voir revenir dans ses pensées, pas quand il avait gâché toute son enfance et sa vie d'homme, pas quand, par sa faute, il s'interdisait sa seule chance d'être heureux, par peur de ce qui pourrait arriver. Il voulait juste oublier jusqu'à son existence.

Il avait bien d'autres choses positives sur lesquelles se concentrer.

Eddie était là, veillant sur lui avec une attention sans faille. Christopher, avec son sourire radieux et son énergie débordante, apportait une lumière bienvenue dans ces journées sombres.

Ce matin, alors que le soleil commençait à percer à travers les rideaux, Eddie entra dans la chambre avec un sourire chaleureux.

– Comment tu te sens aujourd'hui ? demanda-t-il en s'approchant du lit.

– Un peu mieux, je suppose, répondit Buck avec un sourire fatigué. C'est toujours un peu... difficile.

Eddie hocha la tête, comprenant parfaitement ce que son ami traversait. Il s'assit sur le bord du lit, prenant la main de Buck dans la sienne.

– Je sais que c'est dur, mais on est là pour toi. Christopher et moi, on ne te laissera pas tomber.

Buck sentit une vague de reconnaissance l'envahir.

La présence d'Eddie et Christopher rendait cette épreuve plus supportable. Ils étaient là pour lui, chaque jour, chaque nuit, s'assurant qu'il ne manque de rien.

L'après-midi, Bobby et Maddie vinrent lui rendre visite.

Buck était ravi de les voir, sentant une chaleur familière l'envahir. Maddie s'assit à côté de lui, prenant sa main avec tendresse.

– Comment tu te sens, petit frère ? demanda-t-elle, ses yeux brillants de souci.

– Fatigué, mais ça va, répondit Buck avec un sourire. C'est bon de vous voir tous les deux.

Bobby posa une main réconfortante sur l'épaule de Buck.

– On est tous là pour toi, Buck. Tu n'es pas seul dans cette épreuve.

Buck se sentit profondément aimé et soutenu.

La visite de ses proches lui donnait un sentiment de normalité dans cette situation anormale. Il savait qu'il pouvait compter sur eux, quoi qu'il arrive.

Buck se rendait de plus en plus compte à quel point il dépendait d'Eddie pour tout. Chaque mouvement, chaque tâche quotidienne, nécessitait l'aide de son ami. Cela le rendait parfois frustré et humilié, mais Eddie trouvait toujours un moyen de rendre ces moments plus supportables.

– Eddie, je suis désolé de te faire passer par tout ça, murmura Buck alors qu'Eddie plaçait le pistolet urinoir entre ses cuisses.

Eddie secoua la tête, son sourire rassurant.

– Ne dis pas ça. Je suis là pour toi, quoi qu'il arrive. C'est ce que font les amis. En plus, je te rappelle que j'ai une formation médicale. Buck, lâcha-t-il après une pause. Je ne veux pas que tu te sentes gêné par tout ça, d'accord ? Je veux prendre soin de toi, j'ai besoin de prendre soin de toi. Rester à l'écart, pendant que tu subis tout ça, me tuera probablement. Tu comprends ?

– Peut-être pas tout mais oui, je crois, admit-il.

– Bien, lui sourit-il. Parce que je ne renoncerai pas à m'occuper de toi et si j'ai déjà cédé à Bobby pour qu'il prépare tes repas et à Carla pour ta toilette, je ne céderai sur aucun autre point.

Buck sentit une chaleur réconfortante l'envahir.

Eddie avait une façon de le détendre, de rendre ces moments difficiles plus supportables. Il se sentait chanceux de l'avoir à ses côtés.

Malgré la fatigue et la douleur, Buck appréciait profondément chaque instant passé avec Eddie et Christopher. Les soirées étaient souvent les moments les plus doux, lorsqu'ils se retrouvaient tous les trois, partageant des histoires, des rires, et des moments de tendresse.

Eddie avait installé le grand poste de télévision dans la chambre et Buck aimait se pelotonner avec ses deux Diaz préférés pour des soirées cinéma magiques.

Ce soir-là, alors que Christopher s'était endormi, Buck et Eddie restèrent en silence dans la chambre, savourant la tranquillité de la nuit. Il était là depuis dix jours et il avait hâte de pouvoir bouger à nouveau.

– Merci pour tout, Eddie, murmura Buck, ses yeux brillant d'émotion. Je ne sais pas comment j'aurais fait sans toi.

Eddie sourit, serrant doucement la main de Buck.

– Tu n'as pas à me remercier. C'est normal. On est une famille.

Buck sentit une chaleur douce envahir son cœur.

Cette sensation de faire partie d'une famille, d'être aimé et soutenu, était quelque chose qu'il chérissait plus que tout.

Et au fond de lui, une pensée persistante continuait de tourbillonner dans son esprit : peut-être un jour, il aurait assez de courage pour admettre à Eddie ce qu'il ressentait vraiment. Mais en attendant, il savait qu'il était trop brisé, trop imparfait pour jamais pouvoir mériter un homme aussi magnifique que son meilleur ami.

Deux jours supplémentaires passèrent, chaque jour apportant son lot de défis et de petites victoires. Buck faisait des progrès, mais la route vers la guérison était longue et ardue. Il était souvent épuisé, dormant beaucoup, mais chaque réveil était un rappel de la présence d'Eddie et Christopher à ses côtés.

Ce matin-là, alors qu'Eddie l'aidait à se redresser, Buck sentit une vague de frustration l'envahir.

– C'est tellement humiliant, murmura-t-il. Je déteste devoir dépendre de toi pour tout.

Eddie le regarda avec une compassion sans bornes mais fronça les sourcils en comprenant ce qu'il entendait par là.

– Si tu te sens humilié, c'est que je ne fais pas bien mon travail.

– Non, Eddie, toi tu es parfait, c'est moi, le boulet…

– Non, le coupa Eddie, le regard noir. Non pas de ça ! C'est normal de demander de l'aide. Et je suis là pour toi, sans aucune hésitation.

Buck soupira, essayant de laisser aller sa frustration.

– Je sais que tu fais de ton mieux pour rendre tout ça plus facile et je ne te rends pas la chose facile. Désolé de me plaindre et merci pour tout ce que tu fais.

Eddie sourit, ses yeux brillants de détermination.

– Tu as le droit de te plaindre, rit-il. Dios, je commençais à m'inquiéter que tu ne le fasses pas. Tu vas mieux et c'est une excellente nouvelle. On est dans le même bateau, je te rappelle. On va traverser ça, ensemble.

Et au fond de lui, une pensée persistante continuait de tourbillonner dans son esprit : peut-être un jour, il aurait assez de courage pour admettre à Eddie ce qu'il ressentait vraiment. Mais en attendant, il savait qu'il était trop brisé, trop imparfait pour jamais pouvoir mériter un homme aussi magnifique que son meilleur ami.