Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "trouble" en une heure. Pour plus de précisions, vous pouvez m'envoyer un mp.

Je ne possède pas Harry Potter.


Elle haïssait les eaux claires.

Il fallait du sirop dans son verre, des bulles dans son bain, du courant dans son lavabo et des carreaux multicolores dans sa douche. Les rideaux étaient toujours tirés sur ses fenêtres et elle préférait marcher dans les flaques plutôt que de risquer les regarder. Les rivières impétueuses et la mer en pleine tempête étaient acceptables.

Pour plus de sécurité, les miroirs avaient depuis longtemps disparu de sa maison et elle fonçait à travers le chemin de Traverse sans regarder à gauche ni à droite, de crainte de laisser son regard s'attarder sur une vitrine.

Elle n'avait pas changé la prescription de ses lunettes. Mieux valait avoir la vue trouble.

Elle avait appris ses premiers sortilèges spécialement pour Poudlard : un pour sécher les surfaces mouillées et l'autre pour obscurcir la salle de bains commune.

Elle avait aussi appris l'art de ne pas écouter les murmures, mais cela était beaucoup plus facile. Une voyante se reposait après tout essentiellement sur sa vue. Une fois sa vue troublée, ses autres sens s'atténuaient de même.

Luna dans la Lune. C'était plus sûr, moins fatigant.

Luna dans la Lune n'apercevait plus l'avenir.

Luna dans la Lune n'était plus une Cassandre.

Elle ne pouvait cependant pas se couper de tout. Elle essayait encore de prévenir certains, dans des termes sibyllins, parce qu'ainsi ils pourraient toujours croire à une coïncidence.

Elle espérait que la guerre contre Voldemort se terminerait bientôt. Peut-être qu'alors elle pourrait voir des choses plus heureuses, autre chose que tous ces morts qui souriaient avec leur gorge béante, leurs blessures sanglantes, et leurs membres tordus.

Elle n'arrivait toujours pas à oublier la vision de sa propre mère, les cheveux éparpillés dans ses vêtements déchiquetés. Elle en avait assez d'en rajouter sans cesse d'autres, beaucoup d'inconnus et trop souvent des connus.

Mieux valait avoir la vue trouble. Et l'ouïe assourdie. Et l'odorat bouché. Et tous les sens et toutes les pensées plongées dans un coton rassurant. C'était plus facile de penser Enormus à Babille que diffamation, Joncheruine que dépression.

Un jour pourtant elle verrait clair. Et elle annoncerait à tous et à toutes les bonnes nouvelles qui allaient leur arriver.

Elle attendait ce jour-là.