Ce texte a été écrit dans le cadre de la cent deuxième nuit du FoF. Il fallait le rédiger sur le thème imposé "idole", en une heure. Pour plus d'informations, vous pouvez m'envoyer un mp.
Harriet attendit que le professeur soit sorti pour rejoindre Ophélia à sa table :
« Est-ce que tu es prête pour y aller maintenant ? Nous avons suffisamment de temps avant le dîner. »
Ophélia acquiesça. Elle cessa de ramasser ses affaires pour ressortir une plume de son sac et la lui montrer :
« Oui, j'ai prévu ce qu'il faut. »
Harriet hocha la tête, changea son cartable d'épaule, et sortit un papier de la poche de sa robe de sorcière :
« Moi aussi. »
Reginald, le voisin d'Ophélia de l'autre côté du rang, les interpella pendant qu'elle finissait de ranger :
« Attendez, vous y allez, maintenant ? Est-ce que je peux vous accompagner ? »
Il avait déjà mis son propre sac à l'épaule et les regardait avec espoir.
Harriet et Ophélia se regardèrent un moment, puis Harriet haussa les épaules et Ophélia se tourna vers Reginald :
« Pourquoi pas. Mais nous y allons vraiment tout de suite, insista-t-elle, nous ne te laisserons pas le temps de retourner dans ton dortoir. »
Reginald secoua la tête :
« Non, c'est bon, moi aussi j'ai ce qu'il faut. »
Ophélia mit enfin son sac sur son épaule, et ils sortirent tous les trois de la salle de la classe. Ils se dirigèrent alors, dans les couloirs où les autres élèves à cette heure se pressaient de regagner leur dortoir, ou la bibliothèque, vers le grand escalier.
Pendant qu'ils attendaient que la volée de marche se replace dans la bonne position, Reginald lança sans les regarder, l'air un peu gêné d'avouer une possible faiblesse :
« Merci de me laisser vous accompagner. Je n'aime pas y aller seul, il y a une telle atmosphère… »
Harriet se contenta de hocher la tête, mais Ophélia le rassura :
« Je comprends ce que tu veux dire. On peut sentir la magie et leur présence dans l'air, qu'ils ne sont pas loin de nous. »
L'arrivée de l'escalier coupa court à cette conversation et ils montèrent en silence jusqu'au sixième étage. Puis ils prirent le couloir de droite, passèrent à travers une porte déguisée en mur, et arrivèrent enfin dans un couloir sombre éclairé de part en part par des candélabres vacillants. Ils s'arrêtèrent.
Sur le mur était accroché un grand tableau, représentant un groupe de six jeunes gens en tenue de Poudlard : trois garçons et trois filles. Le tableau, vieux d'un peu plus de deux siècles, était immobile ; il paraissait qu'il avait été peint d'après des photographies de chacun de ses occupants, et qu'il était très fidèle à ce que ces personnes étaient à l'âge de leur dernière année à Poudlard. Le dernier d'entre eux était mort il y avait plus de cinquante ans, à plus de cent soixante ans, mais sur ce tableau ils avaient été immortalisés jeunes, tels qu'ils avaient combattu contre le Seigneur des Ténèbres dans la fameuse bataille de Poudlard.
Sous le tableau se trouvait un petit guéridon, assez étroit, et sur le guéridon quelques objets : un pion de jeu d'échecs, des lunettes extravagantes, quelques boutures, deux ou trois plumes, des petits papiers pliés en quatre.
Au bout d'un instant, Harriet donna un coup de coude à Ophélia. Celle-ci fouilla dans son sac et sortit la plume qu'elle lui avait déjà montrée.
Puis elle leva les yeux vers le tableau, et commença à s'adresser à l'un de ses personnages, d'une voix lente et un peu solennelle :
« C'est ma plume préférée, elle aurait encore pu me servir un moment, mais je te la donne librement, pour représenter mon ardeur au travail et mon envie de réussir. Hermione Granger, aide-moi à passer mes prochains examens. »
Elle attendit un moment en silence, puis la posa délicatement sur le guéridon, à côté de ses consœurs.
Elle se tourna alors vers Harriet, qui ressortit le papier de sa poche, et se mit à son tour à parler doucement, mais fermement :
« Je ne suis pas douée pour la Défense contre les forces du Mal, mais je suis prête à travailler dur et à apprendre. Harry Potter, aide-moi à m'améliorer. »
Puis elle sortit une plume de son sac, traça soigneusement la marque d'un éclair sur le papier plié, et le déposa à son tour sur le guéridon.
Ce fut au tour de Reginald.
Il déposa son sac à terre et en sortit un bocal. Il en tira délicatement la fleur qu'il y avait mise. Il la posa doucement sur le guéridon, juste en dessous de la personne à qui il voulait se recommander, puis releva les yeux vers son image immobile :
« Neville Londubat, je ne serai jamais meilleur que toi pour soigner les plantes, mais je ne cesserai pas d'essayer. Aide-moi à m'occuper correctement de celles que j'étudie. »
Il attendit quelques instants, la main en suspens, puis il remit son sac sur son épaule.
Tous trois restèrent debout un long moment en silence, solennels et respectueux, en regardant le tableau qui semblait trembler dans la lueur des candélabres.
Puis ils se regardèrent entre eux, et repartirent silencieusement.
