Plutôt des remords que des regrets, surtout quand il s'agit de faire une farce


L'action se déroule pendant l'adolescence des Maraudeurs à Poudlard.


« Allez, si tu ne le fais pas, tu le regretteras ! murmura Sirius.

— Oui, mieux vaut avoir des remords de l'avoir fait, que des regrets de ne pas l'avoir fait, surenchérit James.

— De toute façon, il n'y aura aucun remords à avoir, c'est une splendide blague ! reprit Sirius. Tu vas voir qu'elle sera peut-être fâchée sur le coup, mais qu'après elle va en rire autant que nous ! »

Peter, qui surveillait le couloir et préférait ne pas intervenir dans la discussion, se retourna pour regarder les trois autres. Il n'eut pas à tourner la tête bien loin : les quatre Maraudeurs étaient agglutinés au tournant d'un couloir, pressés les uns contre les autres pour se cacher des regards, et bénéficier de la bulle de silence qui dissimulait leur conversation murmurée à leur future victime, manteaux mélangés et bras et jambes presque entremêlés.

Remus s'était facilement laissé convaincre d'accompagner les trois autres ; il aimait passer autant de temps que possible avec ses amis, et de toute façon, contrairement à eux, lui avait terminé ses devoirs. Là où il montrait une certaine résistance, c'était à prendre la tête de la dernière farce qu'ils avaient concoctée. Il y était pourtant déjà bien impliqué : il avait participé à la conversation originale, où l'idée avait jailli, et avait prêté ses compétences de botaniste et d'enchanteur à la création de l'objet lui-même. Seulement, au moment fatidique de l'utiliser, au moment idéal d'après James et Sirius, il hésitait.

Oh, la farce n'était pas bien méchante, même pas humiliante, et pour une fois elle n'avait pas pour cible les Serpentards. Il n'en craignait pas non plus les conséquences, sûr qu'ils pourraient s'enfuir à temps, et que de toute façon l'idée était tellement élémentaire qu'elle ne pourrait pas leur être attribuée avec certitude. Mais la victime… Il n'avait pas envie qu'elle soit fâchée contre lui, ou contre eux en général. Elle pourrait bien leur rendre la vie difficile si elle prenait mal ce qui pour eux était une plaisanterie, presque un hommage.

« Si tu ne le fais pas, de toute façon je le ferai, affirma Sirius, mais ce serait tout de même plus amusant que ce soit toi qui la lances !

— Oui, tu vas voir que cela te fera du bien ! continua James. Tu en as bien besoin après la dernière pleine lune. D'ailleurs, tu en as tellement besoin, que si elle nous prend, elle ne t'en tiendra même pas rigueur !

— Et de toute façon elle ne nous prendra pas, elle sera bien trop surprise et distraite, prédit Sirius.

— Tiens, annonça James, mettant d'autorité leur création dans la main de Remus, tu as juste à la lancer, les sortilèges feront le reste. »

C'est à ce moment que Peter annonça, se reculant vivement :

« La voilà ! »

Remus cessa brusquement de réfléchir, incapable de tergiverser plus longtemps. La pression bienveillante de ses amis fit le reste ; il céda à leurs encouragements, se pencha de l'autre côté de Peter, et jeta avec précision la souris mécanique bourrée d'herbe à chat devant le professeur McGonagall.


Deux jours plus tard, alors que tous quatre astiquaient sans magie les plaques commémoratives de la Salle des Trophées, leur efficacité et leur silence soigneusement surveillés par Rusard, Sirius parvint à glisser à Remus :

« Souviens-toi de sa réaction, ça en valait largement la peine ! »


Ce texte a été inspiré par le thème « regret » de la cent soixante-et-unième nuit d'écriture du FoF, le forum des francophones du site fanfiction où l'on peut se retrouver pour discuter et s'amuser. Si l'idée vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire !