Hello hello ! Tout d'abord merci pour les favs et follow ça me motive beaucoup ! Je peine à avoir plus de retours concernant mon histoire mais j'aime à croire que l'on me lis quand même

Réponse à Athina: J'essaie de publier toutes les deux semaines ! Et pour Thranduil et Giselle il va falloir patienter, je n'en ai pas finis avec les drames entre eux hehe !

Sur ce: bonne lecture :)

CHAPITRE 14:

– Je pensais t'avoir fait plaisir en te faisant passer une journée de paix et de tranquillité à mes côtés. Semer la discorde parmi mes gens est ta façon de me remercier ? Fit Thranduil d'une voix claire.

Giselle claqua la porte d'entrée.

– Pardon ? C'est moi qui sème la discorde ? Sa mâchoire se serra.

Il finit son verre et se leva afin de s'en servir un autre.

– Tu t'es jetée sur une servante, d'après ce que l'on m'a rapporté. Es-tu un animal ? Ne sais-tu pas réfréner tes pulsions ? Continua-t-il sans un regard pour la jeune femme.

Giselle était bouche bée. Elle l'avait défendu face à ces deux garces et c'est elle qui s'en prenait plein la gueule ?

– Ça m'apprendra. Fit-elle sèchement en se dirigeant vers la sortie, claquant la porte une nouvelle fois.

Elle avait entendu le roi crier son nom mais elle n'en avait cure et se dirigea sur l'un des nombreux balcons au bout d'un couloir. Elle n'était même pas triste cette fois, simplement en colère. Il faut être quel genre d'enfoiré pour envoyer bouler quelqu'un qui vous a défendu ? Elle espérait qu'elle trouverait un elfe d'un autre tempérament et bien moins compliqué quand le moment viendrait. Se farcir Thranduil tous les jours n'était vraiment pas une balade de santé.

L'elleth se tritura les mains et posa les yeux sur une table garnie plus bas. Des elfes étaient attablés et semblaient apprécier leur dîner dans la joie et la bonne humeur. Si elle n'était pas si mal aimée par cette race, elle les aurait rejoint. C'est qu'elle avait faim après avoir "cuisiné" avec Daeron, et l'ambiance paraissait bien plus joviale que dans les appartements qu'elle occupait.

– Vous m'avez invité à dîner mais vous comptez être absente ? La surprit le prince.

Elle laissa échapper un léger rire et se tourna en direction de celui-ci. Décidément, il était toujours là pour lui remonter le moral ou lui éviter des embêtements. Elle pensa à leur première rencontre, là aussi il était sorti de nulle part et lui avait sauvé la mise avec le seigneur Tárion.

– Je n'ai pas très faim pour le moment, mentit-elle. Elle ne souhaitait pas s'épancher sur la dispute avec son père.

– Je peux entendre votre ventre gargouiller de là où je suis.

Giselle fit les gros yeux et se toucha le ventre, embarrassée.

– Je plaisantais, s'amusa Legolas, mais j'ai vu juste. Venez, fit-il en tendant son bras, vous ne voulez tout de même pas rater le dîner que vous avez vous même aidé à préparer ? Je vais parler à mon père.

– Je ne suis pas une enfant Legolas, tant que le roi campera sur ses positions je ne veux pas le voir c'est tout. Déclara-t-elle simplement.

– Vous dites ne pas être une enfant mais n'est-ce pas là le comportement d'un enfant ?

– Vous pouvez arrêter d'avoir raison ? C'est fatiguant à la longue… fit-elle la mine déconfite.

Il gloussa et elle attrapa son bras.

– Votre père est têtu comme une mule, le dîner sera loin d'être convivial si vous voulez mon avis.

– Je suis tout autant têtu, ne vous en faites pas pour lui. Affirma l'elfe le plus sereinement du monde.

Giselle ne pensait pas une seconde que le prince arriverait à calmer le grand manitou mais qui ne tente rien n'a rien d'après ce que l'on dit. Ils arrivèrent de nouveau devant cette imposante porte et le prince les annonça. La porte s'ouvrit mais avant d'entrer, elle vit le visage fermé de Thranduil.

– Je ne peux pas, merci, au revoir. Fit-elle en entamant sa marche retour. Mais le prince fit barrage et désigna du menton l'intérieur des appartements.

La jeune femme leva les yeux au ciel et se résigna à entrer. Elle alla s'asseoir le plus loin possible du roi, croisant les bras sur sa poitrine, détaillant la table devant elle, feignant son désintérêt. Le souverain la vrilla des yeux, les lèvres pincées.

Ada… Commença Legolas d'un air presque suppliant.

– Ne commence pas Legolas, tu n'as pas à défendre les méfaits d'une elleth capricieuse et non reconnaissante.. argua Thranduil en langue commune afin que Giselle comprenne le message.

– Je t'emmerde. Répondit-elle sans aucune retenue.

Il tapa du poing sur la table, ce qui fit sursauter l'elleth.

– Tu oublies que tu parles à ton roi, elleth stupide, tu n'es rien ici.

– Ça suffit ! Intervint le prince. Ada, Giselle, vous vous comportez comme deux enfants. Ne savez vous pas vous parler comme des adultes ?

– Si votre père ne faisait pas de conclusion hâtive et essayait de prendre en compte les deux versions de l'histoire, on n'en serait pas là.

– Agresser un elfe sans raison n'est pas défendable.

– Sans raison !? Mais qu'est-ce que tu en sa-

Sedho ! S'énerva le prince. Le roi fut surpris du ton qu'avait pris son fils et Giselle n'osa piper mot. Legolas ne s'énervait que très rarement, ce qui rendait la situation d'autant plus impressionnante lorsque celui-ci se mettait en colère. Giselle… pouvez-vous nous laisser quelques instants ?

– Bien, déclara-t-elle en se levant, mais vous n'arriverez pas à lui retirer ce caractère de cochon malgré tous vos efforts, le piqua-t-elle en regardant Thranduil. Elle se dirigea vers la salle d'eau pour se détendre un instant et laisser la royauté discuter.

Legolas vint s'asseoir en face de Thranduil qui faisait tournoyer le verre de vin qu'il tenait.

Vous risquez de vous tâcher, se risqua Legolas afin d'entamer la discussion, de plus, vous ne pourrez pas m'ignorer éternellement.

– Pourquoi t'obstines-tu continuellement à défendre cette elleth ? Demanda Thranduil d'un ton ferme.

– Parce que vous vous acharnez sur elle continuellement.

– Cette elleth est impulsive et agit sans réfléchir. Elle a agressé l'un de mes sujets.

– Savez-vous quelle était la nature du conflit ?

– Cela m'importe peu, c'est un manque d'éducation que je ne peux laisser passer.

– J'étais présent père, Giselle n'a fait que vous défendre contre de sinistres paroles prononcées par une personne faible d'esprit. Il est vrai que sa méthode n'était pas très intelligente mais elle a agit sous l'impulsion. Vous n'avez même pas pris le temps de lui demander.

Thranduil arqua l'un de ses épais sourcils.

– Quels étaient ces propos ? Demanda-t-il nonchalant.

– Je pensais que cela ne vous importait pas ? Répondit Legolas en penchant légèrement la tête sur le côté. Peu importe, ce sont de vaines paroles qui ne valent rien et que je ne souhaite pas vous communiquer. Sachez seulement que votre amie a seulement voulu vous défendre, je pense que vous devriez être plus clément envers elle. N'oubliez pas qu'elle vient d'un autre monde, qu'elle n'est que très peu appréciée ici. Les elfes se moquent, lui lancent des regards noirs, elle ne peut pas comprendre ce qui se dit, mais moi je le peux, la plupart de leurs propos sont affreux.

Thranduil n'avait pas levé les yeux de son verre de vin jusque là.

– Que cherches-tu à me dire, ion nîn ? Il reporta finalement ses yeux sur son fils.

– D'essayer de comprendre cette elleth. De montrer plus d'empathie. Que fait-elle de mal pour que vous la traitiez ainsi ? Demanda-t-il, curieux.

Le souverain ne répondit rien, ne sachant pas quoi dire. Il est vrai que Giselle, malgré son ignorance sur sa propre race et le monde qui l'entourait, ne faisait rien de travers. Au contraire même, elle était charmante avec lui, bien que trop vulgaire dans ses paroles. Il se savait injuste envers elle, mais tous ces sentiments qu'il ressentait pour la jeune femme ne devaient pas exister, il la punissait d'une certaine façon, elle le détournait de sa femme.

– Si vous ne vous sentez pas capable de faire preuve de patience, alors laissez-la partir. Lâcha-t-il.

Thranduil fronça les sourcils à cette pensée et claqua la langue.

Êtes vous en état pour le dîner ou devons-nous annuler ? Demanda finalement le prince après avoir marqué une courte pause. Sachant que sa phrase précédente allait sûrement faire réfléchir le roi. Giselle a participé à la préparation afin de vous remercier..

Le roi interrogea son fils du regard. Avait-il jugé Giselle trop hâtivement ? Si ce que disait Legolas est vrai: non seulement elle l'avait défendu mais en plus elle voulait le remercier.. Il devrait lui présenter des excuses, bien que cela ne soit pas son fort, il allait devoir s'y soumettre.

Le dîner se fera. Affirma Thranduil en se levant. Attends-moi ici, je vais chercher cette elleth casse-pieds. Il se dirigea vers la salle d'eau et y entra.

Legolas afficha un mince sourire que le roi ne vit pas. Son père était décidément trop fier pour admettre ses torts.

Thranduil trouva Giselle assise sur le bord de la baignoire, balançant ses pieds dans le vide. Elle releva furtivement la tête vers lui et baissa de nouveau le regard sans un mot. Il s'approcha doucement d'elle et s'accroupît.

– Tu vas pas me demander en mariage au moins ? Lança-t-elle après plusieurs secondes. Cette remarque eut son effet puisque Thranduil ne put empêcher ses lèvres de s'incurver.

– Ma dame, je n'aurai pas dû te juger si hâtivement. Me pardonnes-tu ?

– J'ai entendu de meilleures excuses… le provoqua-t-elle, faisant mine de réfléchir.

– N'abuse pas de ma patience Giselle, je prends sur moi alors que tu es tout de même en tort. Fit-il calmement.

Elle allait répliquer mais il la devança.

– Legolas m'a plus ou moins raconté. Je t'en suis reconnaissant mais je ne veux plus que tu provoques de bagarre, suis-je clair ? Il pencha légèrement sa tête sur le côté.

– Oui… bouda l'elleth brune.

– Bien, fit-il en se levant. Il me semble qu'un dîner, pour lequel tu as participé m'a-t-on dit, nous attend. Il lui tendit sa main et déposa un doux regard sur elle. As-tu toujours faim ?

– Toujours. Elle prit sa main et se leva. Mais sache que je ne regrette aucunement ce que j'ai fait. Je sais que je suis dans le juste. Elle se mit sur la pointe des pieds et lui embrassa le bout du nez. On touche pas à mon elf. Lâcha-t-elle suavement.

L'elleth le contourna et ouvrit la porte. Elle ne put voir l'expression surprise de Thranduil. Tous deux rejoignirent Legolas à la salle principale. Ce dernier avait pris soin de faire appeler des servantes afin de mettre la table et servir le dîner.

– Comment saviez vous que le dîner se ferait ? Questionna Giselle, un timide sourire affiché sur son visage.

– J'espérais, dirons nous. Je vois que j'ai une nouvelle fois vu juste. Sourit le prince.

– Je m'inquièterai le jour où vous aurez tort. Répliqua Giselle sur le même ton.


Le dîner se passa sans encombre. Giselle avait pu parler de son monde au prince et de sa vie quotidienne d'avant.

– Est-ce pour cela que vous êtes mal à l'aise en présence de servantes ? Demanda Legolas en portant son verre d'eau à ses lèvres.

– Entre autres oui… Je ne sais pas comment vous faites, je me sens épiée… n'avez-vous pas peur qu'elles écoutent vos conversations ?

– Nous parlons essentiellement de politique. Je ne vois pas ce qu'elles peuvent faire de nos discours. Argua Thranduil en finissant sa dernière bouchée.

Giselle ne répondit rien, Thranduil n'avait pas tort cela dit. Mais les murs ont toujours des oreilles et chaque petite information qui pouvait s'échapper devait ravir les oreilles des servantes, elles ne devaient pas en perdre une miette.

– Bon ! Fit Giselle plein d'entrain. Assez discuté, goûtons au dessert. C'est une tarte aux myrtilles, j'espère que vous aimez j'ai tout fait pour qu'elle ne rate pas ! Bon d'accord c'est Daeron qui a fait le plus gros mais j'y ai mis tout mon coeur quand même ! Allez, fit-elle en tendant ses bras, donnez-moi vos assiettes je vais vous servir. Le premier qui me dit qu'il a trop mangé et n'en veut pas je lui mets le morceau de tarte dans la tronche. J'ai mangé plus que vous et j'ai tout de même de la place pour le dessert.

– Parce que tu as un appétit de troll Giselle. Argua le roi, un demi sourire affiché.

Legolas gloussa légèrement à la remarque.

– Eh bien il vaut mieux un appétit de troll que pas d'appétit du tout ! Répliqua l'elleth du tac au tac en servant ses interlocuteurs.

– Bon appétit ! Si vous n'aimez pas, faites semblant d'aimer.

Thranduil ria légèrement et posa un doux regard sur la jeune femme qui était concentrée sur sa part de tarte. Legolas les regarda tour à tour et fit un petit sourire pour lui-même.

La fin du repas s'était tout aussi bien passée. Legolas prit congé en remerciant allègrement Giselle pour son invitation et aussi sa tarte. Elle lui avait emballé une part dans une feuille "si jamais vous avez un creux dans la nuit" lui avait-elle dit. Il avait accepté avec plaisir en quittant les appartements. Thranduil s'était bien gardé de dire à la jeune femme que les elfes ne mangeaient pas tant que cela. Elle se tourna vers ce dernier.

– Tu as le droit de me le dire maintenant si c'était pas bon. Fit Giselle pleine d'appréhension.

Thranduil gloussa légèrement et secoua la tête de gauche à droite.

– C'était parfait ma dame. Il s'approcha doucement de l'elleth et mit ses mains de part et d'autre de ses hanches. Nous avons passé une belle soirée, ajouta-t-il en posant son front contre le sien.

Il posa sur elle un doux regard, ne la quittant pas des yeux. "Mon elfe" avait-elle dit plus tôt. Il ne savait pas si ce possessif le ravissait ou le contrariait. Il aimait se dire que Giselle était à lui, sans l'être vraiment. Il n'avait pas envisagé la possibilité que cela marchait dans l'autre sens.

– Mais attends… où est mon lit !? Fit l'elleth étonnée en regardant par-dessus l'épaule du roi. Elle le sortit de ses pensées, il lui en fut secrètement reconnaissant.

– N'as tu pas deviné, mell nîn ? Il pencha légèrement sa tête sur le côté, lui caressant le fil de la mâchoire.

– Deviné quoi ?

– Nous partagerons mon lit désormais. Lâcha-t-il comme si cela allait de soi. Il est inutile que nous fassions chambre à part plus longtemps, et le lit royal est bien plus confortable comme tu as pu le constater.

Elle se recula légèrement de son étreinte.

– Thranduil… je ne sais pas comment te dire ça mais.. je ne suis pas du tout à l'aise dans ta chambre… déclara-t-elle hésitante.

Il fronça légèrement les sourcils, la questionnant du regard.

– Quel est le problème ?

Elle s'assit sur la méridienne, n'osant l'affronter du regard.

– Ce n'est pas ma chambre, je ne suis qu'une intruse ici. Ta femme reviendra un jour ou l'autre, je n'ai pas le droit de m'immiscer dans le lit conjugale, c'est un manque de respect. Déjà rien que de partager tes nuits est un manque de respect mais je n'y peux rien si je suis attirée par toi. Seulement, je ne veux pas pousser la chose trop loin en squattant votre chambre et surtout votre lit…

Giselle avait prononcé son discours sans lever une seule fois les yeux vers lui. Il pouvait comprendre, au son de sa voix, à quel point cela lui coûtait de lui avouer tout ceci. Elle n'avait pas l'habitude de partager ses sentiments avec lui. Il apprécia que, pour une fois, elle se soit confiée à lui. Ses paroles étaient on ne peut plus justes et cela le minait de se rendre compte qu'une jeune elleth était plus perspicace que lui. Il n'avait pas pensé une seule seconde à tout ceci. Voilà qui expliquait sa réaction lorsqu'elle avait vu le collier. Il s'asseya près d'elle et lui releva le menton.

– Giselle, regarde moi.

Elle leva timidement ses yeux émeraudes vers lui, appréhendant la réaction du souverain. Il posa sa main sur la sienne.

– Nous avons déjà été trop loin concernant les limites de la bienséance, tu ne dois pas penser à tout ceci. Si quelqu'un doit se sentir coupable c'est moi et moi seul. Tu n'as manqué de respect à personne, tout du moins ni à moi ou bien mon épouse.

– Tu crois ? Tu connais le joli surnom que me donnent tes sujets ? "La putain du roi". Répondit-elle blessée. Legolas m'a dit de passer outre mais c'est fatigant à la longue, ça devient dur d'ignorer jour après jour.

– Me crois-tu sot au point de ne pas savoir ce qu'il se passe dans mon royaume ? J'ai entendu de mauvaises paroles toute ma longue vie, lorsque j'étais prince, on disait de moi que je ne méritait pas mon titre, que mon père n'était pas un vrai roi puisqu'il a été choisi, à commencer par ce Noldo de malheur, le seigneur Tárion. Les ellith ne s'intéressaient qu'à ma future couronne, très peu d'entre elles ont cherché à me connaître.

Elle scruta ses yeux de glace, elle pouvait sentir sa blessure profonde lorsqu'il continua.

– Depuis que mon épouse a rejoint les cavernes de Mandos, beaucoup ont critiqué et critiquent encore ma façon d'élever mon fils. Je suis trop ferme, ou trop laxiste, s'il se désintéresse de sa position, c'est parce que je ne suis qu'un mauvais exemple. Quel genre de père laisse son fils partir en guerre contre l'ennemi sans venir lui porter secours ?

– Si tu l'avais rejoint, on t'aurait reproché d'abandonner ton peuple. Argua Giselle.

– Tu commences enfin à comprendre ma dame, ce ne sont que des mots. Des mots prononcés par des personnes jalouses, qui s'ennuient et ont besoin de semer la discorde afin de bousculer leur quotidien morne. Le ton de Thranduil était calme et posé, c'était probablement la première fois qu'il lui parlait à coeur ouvert, la jeune femme était émue mais ne laissa rien paraître. Elle lui caressa doucement la joue de son pouce et laissa apparaître un timide sourire.

– Tu es un bon roi et un bon père.

Il fronça les sourcils.

– Je n'ai pas besoin de ta pitié, elleth.

– Tu me connais mal dans ce cas. C'est bien loin d'être de la pitié, c'est de l'admiration. Tu affrontes ça tous les jours depuis je ne sais même pas combien de milliers d'années, et tu ne montre rien. Tu es un bon roi car tu fais toujours ce qui est bien pour ton peuple. Chez moi, à l'époque où on avait encore des rois, ils restaient leur cul assis sur leur trône et donnaient des ordres sans jamais se mouiller. Toi tu agis, je ne sais pas si les rois sont tous comme toi en terre du milieu ou si ce ne sont que les elfes, mais ça n'en est pas moins admirable.

Il la détailla du regard sans un mot, son visage s'était naturellement détendu.

– Et tu es un bon père parce que Legolas est quelqu'un de fantastique. La première fois qu'il m'a vu il est venu à mon secours, même si je n'avais pas vraiment besoin d'être sauvée, fit-elle amusée, disons qu'il m'a sortie de l'embarras, tout en sachant quel genre de relation toi et moi entretenions. Il t'admire beaucoup et il t'aime profondément, il ne veut qu'une chose c'est que tu sois heureux. Et même si toi et moi nous connaissons que depuis quelques mois, c'est ce que je souhaite également.

– Alors si tu souhaites mon bonheur il va falloir que tu ne portes plus aucune attention à ces minables insultes et que tu acceptes de dormir avec moi, en laissant de côté ces vilaines pensées. Il haussa l'un de ses épais sourcils en guise de défi.

Giselle gloussa et déposa un baiser sur sa joue.

– Je veux bien essayer mais je te garantis rien.. bailla-t-elle.

– Tu te fatigues vite Giselle. Observa-t-il.

– Je n'ai que 25 ans je te rappelle, bientôt 26 d'ailleurs, réalisa la jeune femme, dans deux semaines tout pile ! Je ne connais pas vraiment l'équivalent en âge elfique mais si toi tu le connais, tu pourras te rassurer en te disant que j'ai plusieurs centaines d'années.

Il lui caressa doucement ses cheveux sombres et lisses et ne répondit rien. Il était impossible qu'une elleth de sa stature ait seulement un quart de siècle, les elfes ne devenant adulte qu'à partir de cinquante ans. Mais il ne devait pas oublier que Giselle venait d'un autre monde d'où elle était apparemment simple mortelle.

– Vas dormir mell nîn, je te rejoindrai sous peu. Il lui embrassa le front et elle se leva en direction de la salle d'eau.


Deux semaines étaient passées à grande vitesse. Thranduil et Giselle s'étaient rapprochés davantage, le roi ayant suivi le conseil de son fils: essayer de mieux comprendre sa compagne, même si cela s'avérait plus difficile qu'il ne l'aurait pensé. Giselle n'arrivait décidément pas à appliquer les bonnes manières. Elle parlait toujours sans réfléchir mais semblait tout de même plus ouverte au roi depuis la soirée où celui-ci s'était confié à elle. Il en était ravi.

Thranduil se réveilla à l'aube, il pouvait admirer son elleth dormir auprès de lui. Celle-ci avait une position on ne peut plus étrange… elle avait son bras droit posé sur le torse du souverain, et sa jambe droite nue sortant des couvertures, posée sur ses propres cuisses. Les couvertures ne lui cachaient que ses hanches.

– On me mate en secret, mon roi ? S'amusa la jeune femme d'une voix endormie.

Elle lui caressa la joue, les yeux levés vers lui, le regardant amoureusement.

– Ta nudité ne semble pas te perturber. Observa le roi.

– Pourquoi veux-tu qu'elle me perturbe ? On a fait l'amour, forcément je suis nue au réveil. Elle se releva en position assise. Et puis ce n'est pas la première fois que tu me vois comme ça.

Thranduil la regarda intensément.

Aur Onnad Meren, mell nîn. Lui souffla le roi en lui caressant le bras.

– De quoi ? Tu m'as insulté ? Fit-elle en fronçant légèrement les sourcils.

Il leva les yeux au ciel et se mit également en position assise, attrapant son amante pour la rapprocher.

– Cela signifie joyeux anniversaire, Giselle. Voilà pourquoi je tiens à ce que tu apprennes le Sindarin. Il plaça l'une de ses mèches de cheveux derrière sa petite oreille pointue.

– Oh… hannon allen, répondit-elle timidement.

Il s'en était souvenu! Elle n'arrivait pas à le croire. Pourtant ils n'en avaient pas reparlé depuis cette soirée. Comme quoi, il ne se fichait pas totalement d'elle non plus. Giselle était très touchée. Elle l'embrassa a pleine bouche et se mit à califourchon sur lui. Il répondit positivement au baiser et plaça sa main sur sa nuque, caressant ses cheveux lisses. Ils lui arrivaient tout juste au milieu des omoplates.

– Je pensais me les couper… osa-t-elle, taquine, cassant leur baiser.

– N'y songe pas une seule seconde Giselle. La prévint le roi.

Elle ria de l'énervement soudain de son amant, il était si facile de le faire sortir de ses gonds.

– Vas t'habiller madame, changea-t-il de sujet, et rejoins-moi dans la salle principale, j'ai une surprise pour toi. Il lui caressa furtivement le bout du nez et se releva.

Elle l'admira en tenue d'adam avant qu'il n'enfile une très longue robe de chambre sombre et ne passe la porte.


Après être sortie de la salle d'eau, Giselle avait enfilé une robe rose pâle au col bénitier, assez simple mais le côté satiné de la robe la rendait assez élégante sans pour autant en faire trop. La brune se précipita au salon des appartements, non sans manquer de tomber au passage.

– Alors ma surprise ! Fit-elle toute excitée en tapant frénétiquement dans ses mains.

Thranduil se pinça l'arête du nez. Cette elleth avait autant de contenance qu'un elfling. Il désigna un objet posé sur la table à manger, délicatement enveloppé dans une feuille. Giselle se jeta dessus, et défit le lien qui tenait la feuille fermée. Celle-ci s'ouvrit et fit place à une petite boîte de velours. La jeune femme afficha un air mi-étonné, mi-timide. Elle leva furtivement les yeux vers Thranduil qui l'encouragea à poursuivre en hochant la tête.

L'elleth ouvrit la petite boîte bleue et fut surprise d'y voir une bague en argent. Celle-ci représentait des bois de cerf s'entrelaçant. Elle ressemblait énormément à la bague assez imposante que portait Thranduil mais la sienne était plus fine et délicate. La brune était très émue et l'étudia sous toutes les coutures.

– Elle te plaît ? Demanda la voix grave de Thranduil qui s'était rapproché sans qu'elle ne s'en aperçoive.

– Oui énormément… merci beaucoup elle est magnifique, elle ressemble à celle que tu portes à ton doigt, remarqua-t-elle.

Le roi afficha un sourire éclatant.

– En effet, mell nîn, tu as l'oeil. Il lui caressa les cheveux. Je veux que tu saches que quoiqu'il se passe dans un futur proche ou lointain, je serais toujours avec toi. Et par cette bague, continua-t-il en la lui prenant des mains pour la lui mettre, tous sauront que tu as la protection du roi des elfes sylvestres.

Elle fut touchée par les paroles du souverain et leva les yeux vers lui.

– De toute façon je ne sors pas du royaume. Je ne m'éloigne jamais d'ici alors, je suis sous ta protection quoiqu'il arrive. Déclara la jeune femme.

– Justement Giselle, je voulais te parler de cela également.

Elle haussa un sourcil, attendant la suite.

– Nous partons voir les Galadhrim d'ici deux jours. La dame de lumière s'en va pour Valinor, et Eryn Lasgalen étant maintenant partagée avec le seigneur Celeborn, nous sommes invités.

– Elle part sans son mari… ? Réagit Giselle, étonnée.

– Certains elfes ne ressentent pas l'appel de la mer, pas encore, ou bien ne veulent simplement pas quitter la terre du milieu tout de suite.

– Et toi.. ? Tu l'entends l'appel de la mer ? Demanda-t-elle curieuse.

– Non, pas pour le moment, avoua Thranduil.

Cette réponse soulagea la jeune femme mais elle ne laissa rien paraître.

– Mais le jour où tu l'entends… tu vas partir ?

Il mit plusieurs secondes avant de lui répondre. Si elle lui avait posé la question il y a plusieurs mois, il lui aurait répondu positivement. Le fait est qu'aujourd'hui il ne savait plus quelle réponse donner, ce constat le perturba un instant.

– Giselle… il la détailla du regard.

Elle se mordit légèrement la lèvre et baissa les yeux. Elle avait aimé croire qu'il lui dirait non et qu'il resterait pour elle. Douce illusion.

– On part longtemps ? Fit-elle nonchalante afin de changer de sujet.

– Nous y resterons deux semaines tout au plus, en comptant le voyage, je ne suis pas particulièrement enthousiasmé à l'idée de laisser mon royaume pour faire mes adieux à une elfe que je ne tiens pas en grande amitié. Admit-il.

L'elleth ne répondit rien et admira sa bague. Elle n'était pas non plus enchantée à l'idée d'aller faire des adieux à une elfe qu'elle ne connaissait pas. Elle allait se sentir bien seule parmi tous ces nouveaux elfes.

– Est-ce qu'Edwen et Legolas seront du voyage ? Glissa-t-elle timidement au roi.

– Legolas sera présent. Ce ne sera pas le cas d'Edwen. Elle est une servante de haute importance et Eryn Lasgalen a besoin d'elle. Affirma Thranduil.

Giselle souffla. Au moins un sur deux ce n'était pas si mal…

– Merci pour mon cadeau, je la garderai précieusement avec moi. Fit la jeune femme en embrassant la joue du souverain. Je ne l'enlèverai jamais, sourit-elle de toutes ses dents.

Il lui caressa tendrement la joue et posa sur elle un doux regard.

– Je vais aller voir Edwen et profiter un maximum d'être avec elle avant que l'on parte. Fit-elle à demi triste.

Il acquiesça d'un hochement de tête.


– Oh mellon ! Je ne savais pas qu'aujourd'hui était ton anniversaire. S'étonna Edwen. Aur Onnad Meren Giselle ! Fit Edwen un poing sur le coeur.

– Hannon allen, mellon ! Répondit l'elleth brune. Et tu ne pouvais pas le savoir je ne l'ai dit à personne à part au roi, et il s'en est souvenu ! Regarde la jolie bague qu'il m'a offert. Fit-elle en agitant ses doigts fins devant l'elleth blonde, un air fier accroché au visage.

Edwen prît délicatement la main de Giselle et étudia la bague. Elle fut étonnée de voir la ressemblance avec l'une des bagues du roi qu'il portait en permanence. Il était évident que cette bague avait été conçue pour Giselle. Voilà une preuve d'un attachement certain du roi envers l'elleth brune.

– Elle est magnifique, admit Edwen. Et c'est une attention très délicate de la part du roi de te faire un tel présent. Son air enjoué s'effaça peu à peu. Comment te sens tu Giselle ? Nous n'avons pas pu vraiment nous parler depuis… tu sais.. cette fameuse soirée sous la pluie.

Giselle ramena doucement sa main vers elle et baissa les yeux.

– Oui ça va ne t'en fais pas Edwen. Elle secoua la tête, comme pour chasser ce mauvais souvenir. Oublie cette soirée et parles moi de ton avancement avec Faelor.

– Hum.. Edwen se racla la gorge.. il n'y a rien de plus que ce que tu ne sais déjà.. affirma-t-elle, trop gênée pour être innocente, selon Giselle.

– Oh tu veux dire rien de plus que de vous bécoter dans les coins de couloir quand vous pensez que personne ne regarde ?

Edwen écarquilla les yeux et ses joues prirent une teinte cramoisie qui fit sourire Giselle de toutes ses dents.

– Giselle tu es incorrigible ! Passes-tu donc ton temps à nous espionner ? S'inquiéta l'elleth blonde.

– Je te cherchais ce jour-là, et j'ai vu que tu étais… disons… entre de bonnes mains alors il était évident que je n'allais pas vous interrompre. S'amusa Giselle. Tu sais, ajouta-t-elle, je ne vais pas être là pendant plusieurs jours alors je suis bien obligée de m'informer sur les amours de ma meilleure amie ici.

Cet aveu fit sourire Edwen d'un sourire chaleureux.

– Tu me manqueras Giselle, je suis persuadée que le royaume sera ennuyeux sans toi. Fort heureusement tu ne seras pas absente longtemps. Tu verras, les bois de Lothlorien sont un endroit magnifique.

– Si tu le dis… fit Giselle perplexe.

Elle appréhendait beaucoup le voyage. Elle n'était pas encore partie qu'elle pensa déjà au voyage de retour.


À suivre