L'Expérience de George Cooper : Scènes coupées

Le cinéma

-Sheldon, Missy, quel plaisir de vous rencontrer enfin !

Kösem leur sourit. Si Missy accepte de se laisser embrasser, l'adulte offre sa main à Sheldon à serrer.

-Osman m'a dit que tu n'étais pas très tactile. Si tu ne veux pas me serrer la main, je n'en prendrai pas ombrage !

Soulagé, l'enfant se saisit de ses phalanges mais après avoir mis des gants.

-Je vous remercie, Mrs Khan. Et pour les gants, c'est que j'ai peur des germes…

-Je comprends, ne t'en fais donc pas !

-Sheldon ! S'exclama une fillette

Gwyneth arrive, excitée comme une puce. Elle le salue d'un geste de la main avant d'aller dire bonjour à Missy. Ivy en fait de même. Cela impressionne la demoiselle Cooper : son jumeau, malgré ses excentricités, a réussi à se faire des copains qui non seulement le comprennent, ou essayent de le comprendre, et l'acceptent tel qu'il est. Le garçon qu'on lui décrit est si différent de celui qu'elle connaît ! Sheldon l'asocial qui tente d'aller vers les autres, de les aider. Cela lui paraît irréel et un peu injuste : elle sait qu'elle n'est pas aussi intelligente que lui mais se faire des amis, c'était son domaine et là, à l'école comme à la maison, il n'y en a plus que pour lui.

-Tu t'es super bien habillé ! Lui dit Gwyneth. Je me sens un peu pauvre…

-Oh non ! Lui répond-il. C'est peut-être moi qui suis en tort. Je mets toujours des chemises, des nœuds papillons mais ce n'est peut-être pas la tenue à mettre quand on sort au cinéma avec des amis, je n'ai pas encore tous les codes sociaux qui entourent ces événements.

-Vous êtes tous les deux très beaux. Déclare l'adulte. Il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises façons de s'habiller quand on sort entre amis : il suffit de se sentir bien dans ses habits ! Des vrais amis ne reprocheront pas la tenue portée ! Allez, rentrons vite ! Comme ça, nous pourrons acheter les boissons et le pop-corn !


Sheldon l'avoue, il a toujours eu un peu de mal avec les Disney parce que son esprit scientifique ne cesse de lui montrer les incohérences du monde : les sirènes n'existent pas, les dieux marins non plus, et comment une frêle adolescente a-t-elle eu la force de remonter un prince à la surface de l'eau ?

Pourtant, aujourd'hui, pour une raison qu'il ignore, il arrive à en faire abstraction.

Il arrive à se dire que oui, les sirènes existent, les femmes pieuvres aussi, que les crabes parlent et qu'une jeune fille peut arriver à porter un jeune homme adulte par la force de sa volonté.

Il arrive à se laisser bercer par la magie du film animé, par les chansons.

Parce qu'autour de lui, ses amis sont plongés dedans.

Eux qui tentent de le comprendre, peut-être que son cerveau tente de leur rendre la pareille.

Qu'importe.

Le cinéma avec Ivy, Gwyneth, Osman et Missy, c'est magique !


-Alors, Shelly, c'était bien ? Demande Mary

-J'ai vraiment aimé le film. Répond l'enfant

-Pourquoi ?

Elle s'attend à une grande réponse métaphysique.

-Parce que l'histoire est bien. Les chansons sont jolies, c'est bien animé.

Il lui faudra remercier Dieu ce soir : Sheldon arrivant à oublier les lois de la Terre pour quelques heures doit être un soulagement immense pour ce petit garçon.

FIN