Chapitre Six : Une attaque contre la démocratie
Serena pénétra dans la Maison des Alchimistes, épuisée. Elle avait Malo sur les talons, qui énumérait les détails à ne pas oublier dans son rapport.
- Tu veux pas te taire un peu ? Je sais pas ce qui est le pire entre faire une mission d'inspection toute nulle à Briggs ou de la revivre par ta bouche…
- Il caille vachement moins dans ma bouche, Nota le jeune alchimiste
- Sans doute, j'y suis jamais allé et j'ai pas tellement… Sayu ?
Serena s'interrompit en voyant sa jeune amie et collègue se diriger vers elle avec précipitation
*O*
Roy vit entrer une tornade brune aux yeux bleus dans son bureau.
- C'est quoi cette histoire ? Fulmina t elle
- J'y suis pour rien. C'est un coup du Premier Ministre et de son chien de ministre de l'intérieur, Se défendit-il
- Explique moi
- C'était une réunion classique sur un ordre du jour qui nécessitait la présence des alchimistes d'état uniquement. Ils ont fait en sorte de rajouter un ordre du jour à la dernière minute
- Qui concerne les expatriés… sans inviter les Représentants ? Continua Serena, bouillonnante
- Il a invité le Représentant Principal. Mais on sait qu'il ne viendra pas et ne fera pas passer le message aux Adjoints… Termina Roy
Serena tournait en rond dans la pièce. Elle se répandait en imprécation :
- Je vais le défoncer. Je vais l'assassiner. J'ai peut être pas le talent d'Ali mais je sais me défendre et défendre les gens comme moi. C'est hors de question qu'on se laisse faire, ça je peux te…
- T'as su quel était le premier ordre du jour ? Interrompit Roy
- Quelle importance ? Demanda Serena
- Il a pas choisit d'ajouter cette question à n'importe quel conseil. Il a fait en sorte de pouvoir de déstabiliser toi. Et aussi peut être Alicia si on peut la prévenir à temps.
- Je me demande bien comment. C'est quoi, l'ordre du jour originel ?
- L'intégration des Anciens Alchimistes d'État au Nouvel Ordre. Répondit Mustang
- Et alors ? En quoi c'est censé pouvoir me déstabiliser ? Demanda Serena
- Ils seront présent, à la réunion.
Serena eu alors l'impression de recevoir un coup dans le plexus. Elle s'agrippa à une chaise, avec l'impression de vaciller. Elle redoutait ce moment depuis 3 ans et malgré tout ce qui s'était passé depuis son arrivée de ce côté de la Porte, malgré tout ce qu'elle avait traversé, tout ce qu'elle avait accompli… elle doutait d'être en capacité de l'affronter.
*O*
À l'heure dite, les frères Elric pénètrent dans la Salle du Conseil, au sein de l'Hôtel Présidentiel. La pièce était grandiose. La Démocratie tenait à se montrer dans toute sa puissance et sa symbolique. Un large groupe était déjà installé autour d'une grande table. Il y avait plusieurs chaises vide, en attente de leur occupant. Il régnait une ambiance sérieuse, sans être lourde. Le planton qui annonçait les invités leur indiqua leur place, aux côtés de leur Maitre. Ils s'installèrent, en saluant Izumi. Qui se contenta de les toiser. Alphonse et Edward regardèrent alors partout ailleurs, embarrassés. Ils ne connaissaient pas grand monde parmi les responsables politiques. Izumi sortit alors de sa réserve pour leur dire :
- Il faut quand même que vous compreniez de quoi on parle et de qui on parle
- Merci Maitre… Dirent alors en choeur les deux frères, soulagés qu'elle leur adresse la parole d'un ton non meurtrier.
Discrètement, Izumi montra alors l'homme placé au milieu de la table.
- Ici vous avez le Président, Karl Ross. Il élu au suffrage universel direct. Cela fait trois ans qu'il est en poste. Il est à la tête du pays et dirige le conseil. Toutefois, il a moins de pouvoir politique que le chef du gouvernement ou Premier Ministre. C'est lui, Henri Louis Bradoc. Lui est élu par le Parlement, dont les membres sont aussi élu au suffrage universel direct. Il a la puissance politique puisque c'est lui qui est à l'initiative des lois
- Et le Parlement qui l'a élu les votent ? Demanda Alphonse
- C'est ça. Le pays fonctionne en duo. Le Président accepte la nomination du Premier Ministre et il nomme les autres ministres, normalement sur la recommandation du chef du gouvernement.
- Mais du coup, quel est le rôle du Président ?
- C'est un rôle d'arbitre, si tu veux. Le Premier ministre a plus de pouvoir politique mais sa position est plus fragile. Dès que le Parlement n'est plus satisfait de lui, il peut très rapidement être destitué. Il suffit qu'il devienne impopulaire pour que les Parlementaires le virent, afin de représenter leurs électeurs. Le Président a un poste plus stable.
- Et ça fait combien de temps que Bradoc est en poste ?
- 6 mois. C'est une créature du Généralissime en retraite Grumann.
- Celui qui a mené l'attaque sur Central lors du Jour Promis ? Demanda Ed
- Oui. Grumann voulait pousser ses pions au gouvernement et à l'armée pour garder le pouvoir après sa retraite. Il s'oppose à la Générale des Armées Armstrong depuis le début. Elle le trouve trop opportuniste et calculateur pour être honnête. Il lui opposait Mustang comme rival pendant un bon moment. Mais l'année dernière, Mustang a été nommé Général et on lui a attribué le commandement de Central. Il est devenu le bras droit d'Armstrong, son successeur pour certains, si un jour, elle cherche à atteindre le rôle de Présidente. Ou l'inverse. Grumann l'a vécu comme une trahison. Il perdu de son influence dans l'armée mais il lui en reste dans le Gouvernement
- Et quel est le rôle du Général des Armées la dedans ?
- Selon la Constitution, politiquement, aucun. Mais avec la guerre contre l'Autre Côté, Armstrong étant à la tête de l'armée, elle a forcément un rôle politique plus important. Elle a fait nommer plusieurs ministres via son entente avec le Président, ce qui a réduit l'influence de Bradoc. Mustang aussi est de la partie, forcément. Vous vous souvenez peut être du Lieutenant Charlie Romero ? Il est là bas, c'est le Ministre des Relations avec le Parlement. Un type brillant, très fidèle à Mustang... Dit Izumi en montrant un grand brun avec deux mèches blondes en forme d'éclair de chaque côté de la tête.
- Donc si je résume, on a le Président qui doit nommer un Conseil des Ministres pour écrire les lois qui sont votées ensuite au Parlement. En temps normal, la plus forte influence sur la nomination des ministres et donc sur la rédaction et le vote des lois, c'est le Premier Ministre qui lui est élu par le Parlement. Mais comme nous sommes en guerre, la Générale Armstrong a pris plus d'influence que le Premier Ministre. Et les deux sont des ennemis politiques puisque le Premier Ministre est une créature de Grumann, à laquelle Armstrong s'oppose.
- C'est bien résumé. Armstrong est très populaire. Bien sûr, c'est une héroïne du Jour Promis. Mais plus que ça, c'est elle qui a refondu le fonctionnement des Alchimistes d'État. Nous n'étions pas très populaire avant, vous vous en souvenez. La manière dont elle a reconstruit l'Ordre des Alchimistes d'État est très intelligente. Déjà, la formation est plus accessible au Peuple. Ensuite, la nouvelle génération des Alchimistes - la Seconde Génération comme on les appelle - a bonne réputation. Ils sont considérés comme plus proche du Peuple. Les Praticiens sont encore employés en tant qu'arme humaine par moment mais les Chercheurs par exemple ont des missions plus sociale, humanitaire parfois. Ils aident tous le Peuple et sont très bien perçus. Les Premiums aussi sont très aimés, il y en a moins donc ils sont très bien identifiés par la population, c'est presque des figures publiques voire politiques, même si c'est malgré eux pour la plupart. Armstrong en a tiré une très forte popularité. Ça handicape Bradoc, qui a du se tourner vers des députés plus extrémistes pour conserver une majorité au Parlement et donc conserver son pouvoir
- Pourquoi il a du faire ça ?
- Parce qu'Armstrong, ainsi que Mustang, ont toujours milité pour l'intégration des Expatriés, et ce dès qu'ils sont arrivés. Mustang a formé l'Alchimiste de Lumière… Le frère de la Générale, Alex Louis, a formé l'Alchimiste de l'Eau, aussi une expatriée qui a atteint le grade de Premium cette année. Toutes les deux sont très populaires, et ce sont des instruments de propagande pour leur politique d'intégration des Expatriés et leur utilisation dans la guerre contre l'Autre Côté. Les députés qu'on appelle pro intégration se sont donc naturellement tournés vers Mustang et Armstrong comme chefs politiques...
- Et donc, Bradoc a du se tourner vers ceux qui sont contre les expatriés…
- Ça le fragilise d'autant plus qu'il est en train de perdre le soutien de Grumann, qui ne veut pas se mettre à dos les expatriés. Bradoc a fait nommé des personnages très controversés, notamment Klamar, comme ministre de l'intérieur.
Elle pointa un petit homme sec, aux grands yeux exorbités et à la petite moustache.
- Lui est issu de la faction des Soldats de l'Aube. Une bande d'illuminés qui s'en prennent aux expatriés. Leur particularité c'est qu'ils les attaquent quand le jour se lève et qu'ils dorment encore. Officieusement bien sûr. Officiellement c'est une association politique tout à fait légale... Mais tout le monde sait ce qu'ils font.
- Une belle ordure… Marmonna Edward
- Oui… Mais c'est un fin politique. Il a réussit à affaiblir le Représentant Clavier. C'est l'homme à la tête du Cabinet des Expatriés, l'organe politique de ceux qui viennent de l'Autre Côté. Son rôle est de représenter les expatriés qui sont arrivés après la Fuite, il y a trois ans. Mais aussi les prisonniers de guerre qui sont retenus ici et ceux qui arrivent encore au compte goutte et qui fuient l'Autre Côté.
- Ils ont un rôle dans le Gouvernement ?
- Pas officiellement mais le Conseil convoque les représentants du Cabinet quand il s'agit de prendre des décisions qui concernent les expatriés. Clavier a été accusé de corruption récemment. Il est affaibli politiquement.
Klamar pavoisait au côté du Premier Ministre Bradoc. Le Président était plongé dans ses dossiers. Armstrong elle, semblait attendre, l'air agacée. Edward le nota :
- La Générale n'a pas l'air contente.
- Effectivement. Le but de cette réunion du Conseil était la question de l'intégration des Anciens Alchimistes d'État, comme vous le savez. Marcoh est là car il est à la tête des Maisons des Alchimistes, je suis là parce que je dirige l'École des Alchimistes d'État. Presque tout les Premium sont là aussi… Sayuri Remen, qui est l'Alchimiste de l'Eau dont je vous parlais, au côté d'Alex Louis Armstrong. Mustang bien sûr. Serena doit arriver, normalement…
- Mais pourquoi la Générale a cet air ennuyé ? Demanda Alphonse, tandis qu'Edward tiquait en entendant ce que son maître venait de dire.
- Parce que Klamar a fait rajouter un nouvel ordre du jour à la réunion du Conseil. Il veut parler de l'intégration des expatriés dans les rangs des alchimistes d'état, de l'armée et même de la fonction publique en général. Bradoc a forcé pour que ça soit fait, pour plaire à ses soutiens anti expatriés. C'est une attaque direct à la politique voulue par la Générale d'Armée. En plus, ça a été fait à la dernière minute donc les Représentants des Expatriés n'ont pas eu le temps d'être convoqués. Ce qui est injuste, étant donné qu'il faut les inviter quand le Conseil parle des expatriés. C'est finement joué de la part de Klamar, même si ça me peine de le reconnaitre.
*O*
La porte du Conseil s'ouvrit en claquant. Le soldat annonça précipitamment :
- Le Commandant Serena Wolfe, Alchimiste de Lumière et le Sous Lieutenant Malo Gardner.
Edward se redressa instinctivement. C'est la première fois qu'ils étaient dans la même pièce depuis trois ans, si on exceptait la fois où il l'avait vue lors d'une de ses missions. Elle était vêtue de la même manière qu'il y a un an, une combinaison noire et un long manteau bleu marqué d'un sceau alchimique. Cette fois, ses cheveux étaient lâchés et volaient derrière elle. Klamar clama alors :
- Nous avons failli attendre, Alchimiste !
- Certains d'entre nous ont un vrai métier… Grommela Serena, qui se dirigea droit vers la Générale Armstrong.
Elle se mit au garde à vous et dit, d'une voix dure, qui ne tremblait pas :
- Mon Général !
Olivier Mira eut un sourire en coin face à la Commandante.
- Repos, soldat. Vous revenez de mission, Commandant ?
- Oui Madame. Je suis ravie de vous confirmer ce que vous savez déjà. Briggs se dresse fièrement au Nord et n'est pas prête de tomber. Vos hommes tiennent à vous rappeler leur indéfectible soutien et vous assurent de leur total confiance dans la mission qui est la vôtre.
- Ravie de l'entendre, Commandant.
Elle sourit. Mustang l'avait décidément bien formée et il ne fallait pas oublier qu'elle vivait avec sa soeur, un véritable animal politique. Son arrivée fracassante et sa venue directe vers elle, et non pas vers le Ministre ou le Président, était déjà un message très fort envoyé à l'assistance. Si on ajoutait son court rapport de mission, rappelant à tous que la Générale avait le soutien indéfectible de la région Nord du Pays, c'était finement joué. Serena ne se départit pas de sa rigueur digne de son rang de Commandant et termina :
- Je devais vous fournir un rapport mais cette réunion a interrompu mon travail. Vous l'aurez au plus tôt, Mon Général.
- Je ne doute pas que votre travail sera parfait, comme d'habitude, Alchimiste de Lumière. Vous pouvez rejoindre votre place, que cette satané réunion commence.
Serena se remit au garde à vous et se tourna alors vers le Président :
- Monsieur le Président. C'est un honneur, comme d'habitude.
- Ravi de vous voir en pleine santé, Commandant. J'entends le plus grand bien de vous, ainsi que du Chercheur qui vous accompagne. Le soin que vous mettez à aider les populations sur le chemin de vos missions vous honore.
- Au service du Peuple, cela reste notre devise, Monsieur le Président. Nous en faisons grand cas.
- Je n'en doute pas une seconde, Commandant. Vous pouvez obéir à l'ordre de votre Générale et rejoindre votre place. La réunion du Conseil va commencer.
- Si je puis me permettre Monsieur le Président, j'ai cru comprendre qu'un nouvel ordre du jour avait été ajouté à cette réunion. Ne serait il pas judicieux d'attendre les représentants du Cabinet ? Ils sont là pour faire entendre notre voix dans les cas qui nous concerne. Et cela nous concerne… Ajouta Serena, sans bouger
- Ils ont été convoqué mais n'ont pas encore répondu. Nous n'allons pas attendre qu'ils daignent se déplacer pour commencer notre travail, Affirma alors le Ministre Klamar
- Voilà qui est curieux. Je m'adresse au Président et c'est un de ses ministres qui répond. On comprend vite que le respect n'est pas invité non plus à cette réunion.
Plusieurs sourires apparurent dans l'audience face au camouflet que venait d'infliger la jeune fille au ministre de l'intérieur. Ce dernier rougit de colère. Serena tourna alors les talons, sans prendre la peine de saluer le Premier Ministre. Elle s'assit à côté de Roy Mustang, qui maintenait le regard fixé droit devant lui depuis le début. Malo s'installa près d'une fenêtre, attentif mais silencieux.
*O*
- Bien. Bonjour à tous. Je tiens à remercier les invités qui ont tous répondu à notre convocation. Nous avons… et bien, deux ordres du jour. Commençons par celui qui était prévu à la base. La question de l'intégration des Anciens Alchimistes d'État au Nouvel Ordre des Alchimistes.
- Si vous permettez Monsieur le Président. J'ai une première remarque, Dit alors le Premier Ministre Bradoc
- Je vous écoute, cher ami
- Je constate la présence du jeune frère Elric. Alphonse, si je ne m'abuse. Je m'étonne. Alphonse Elric n'a jamais été Alchimiste d'État.
Alphonse rougit et son frère prit encore plus en grippe le Premier Ministre. Izumi leva alors la voix :
- Révisez votre histoire récente. Si Alphonse n'était certes pas Alchimiste d'État, il a eu un rôle de premier plan dans la lutte contre le dénommé Père. Il a étudié l'élixirologie pendant deux ans. C'est un alchimiste de grand talent. Il est tout autant concerné que son frère
- Mmmmh. Si nous devons convoqué toutes les personnes qui ont eu un rôle important dans le Jour Promis… autant convoqué votre mari, Madame Curtis. Ou encore la jeune fiancée du Fullmetal. Winry Rockbell si je ne m'abuse. Elle a eu un grand rôle dans la Lutte contre Père. Une héroïne ! Siffla alors Klamar
Edward fronça les sourcils. Il ne comprenait pas l'allusion soudaine à Winry dans la conversation. Serena, elle, comprit tout de suite. C'était une attaque sous la ceinture à son encontre. Elle sentit son coeur s'accélérer douloureusement et serra le poing. Roy posa une main discrète sur la sienne. Elle fulminait.
- Revenons à notre sujet. Il me semble évident que le jeune Elric est un alchimiste de grand talent. Il est concerné par cette question et par notre proposition d'intégrer le Nouvel Ordre des Alchimistes, Dit le Président, posément.
- Ah, c'est une proposition. Nous avions plutôt l'impression que c'était un ordre, Dit alors Edward
- Disons que, étant donné que notre monde est en guerre, nous nous attendions que toutes les forces vives du pays pouvant apporter une aide précieuse dans cette guerre se proposeraient immédiatement. Mais il semble que vous et votre frère avaient préféré passer du temps à l'étranger. A se demander ce que vous avez fait, là bas… Dans des nations qui sont des adversaires héréditaires d'Amestris ! Dit alors Klamar, l'oeil mauvais.
- Xing n'est pas une nation ennemie à ce que je sache. Le nouvel empereur de Xing est même un allié inconditionnel, lui aussi a lutté contre Père lors du Jour Promis, Rappela calmement Alphonse
- Certes. Mais votre frère n'a t'il pas passer deux ans à l'Ouest ? À Creta ? Je serai curieux de savoir ce que vous y avez fait. Persifla encore Klamar
- J'y ai fait de l'Alchimie, Klamar. Je suis en train de rédiger un mémoire sur ce que j'y ai appris. Je serai ravi de vous le faire lire. Pas sûr que vous le compreniez en revanche, Répondit Edward, sarcastique
- Ça n'est donc pas pour ça que vous refusez de vous joindre à nous dans cette guerre dans ce cas... Qu'est ce qui pourrait vous empêcher de lutter contre l'Autre Côté ? Peut-être le fait que vous y avez bel et bien passé deux ans et que vous y soyez tombés amoureux... de tout ce que cette civilisation grossière a à proposer. Cela a rendu votre loyauté envers votre pays... pardon, votre loyauté à ce Monde bien fragile...
Un silence suivi l'insulte. Klamar avait jeté un regard torve à Serena, qui gardait le poing fermé sous la main ferme de Roy Mustang. Edward allait répondre sèchement quand une voix mélodieuse se fit entendre. C'était Sayuri qui parlait :
- Personnellement, j'ai passé 18 ans de l'Autre Côté. Soit 9 fois plus de temps que les frères Elric. Dois je en conclure que vous doutez neuf fois plus de ma loyauté ?
- Il me semble que Sayu touche au coeur du problème. Klamar a du mal à nous faire confiance, Dit alors Serena, acide
- Je n'ai aucun doute vous concernant, Mesdames. Vous avez fait vos preuves… Mais ça n'est pas le cas de tout vos compatriotes et il me semble audacieux de parier sur leur loyauté… C'est du simple bon sens ! Dit alors Klamar, le ton obséquieux
- Difficile de démontrer sa loyauté si on ne vous en offre pas la possibilité, Dit alors Roy, ouvrant la bouche pour la première fois, récoltant l'assentiment muet de la plupart de la table
- Je ne partage pas le regard béat avec lequel le Général Mustang regarde l'espèce humaine. Je suis plus réaliste… Dit alors Bradoc, à l'approbation de ceux qui restaient
- Politiquement, vous êtes en effet des plus réalistes… je dirai presque opportuniste. Répondit Roy
- Je ne me laisserai pas insulter ! S'offusqua le Premier Ministre
- Qu'allez vous donc faire contre moi ? Demanda le Général, avec un demi sourire et mettant en avant la cicatrice de son cercle de transmutation qu'il portait encore sur la main
- Ça suffit ! Nous n'en sommes pas encore là ! S'exclama le Président. Il me semble que nous n'avons pas terminé d'aborder la première question.
Le Président venait de lever la voix. Si il était effectivement moins puissant que son Premier Ministre, il avait une prestance et une autorité qui en imposait. Il se tourna à nouveau vers les frères Elric et dit :
- Messieurs. Comprenez nous bien. Il ne s'agit en aucun cas d'une obligation. Nous vous demandons. Nous sommes en guerre. Il est nécessaire de mettre le plus de chance et de talent de notre côté. Et tout les deux n'en êtes pas dépourvus, bien au contraire. Nous avons besoin de vous, de votre talent.
- Nous avons suffisamment lutté pour ce pays. Dit alors Edward
- Nous sommes retourné vers de l'Alchimie pure, théorique. Nos recherches nous tiennent au coeur, Compléta Alphonse
- Concernant cet aspect, Monsieur Elric, je vous rappelle qu'il existe un ordre des chercheurs mais aussi et surtout un ordre Premium. Qui ont largement le loisir de se consacrer à leur recherche, malgré les missions qu'on leur attribue. Les Alchimistes de Lumière et d'Eau ici présentes pourront vous le confirmer.
- Oh ouais, on a tout un tas de loisirs… Marmonna Serena en faisant apparaitre une orbe lumineuse au bout de son doigt.
- Toujours est il que nous vous demandons. Simplement. Nous souhaitons ardemment que vous puissiez nous rejoindre. Mais il serait ridicule de vous y forcer.
- J'aimerai bien avoir l'opinion du Général des Armées, Dit alors Edward
Olivier Mira Armstrong eut alors un sourire en coin et regarda Edward d'un oeil brillant :
- Personnellement, et même si j'ai le plus grand respect pour Alphonse dont je me souviens de la bravoure, j'exigerai qu'il passe malgré tout la certification. Il s'agit de justice pour ceux qui doivent la passer aujourd'hui. Pas de passe droit. Concernant Edward… Et bien, au vu de ses états de service, je serai ravie de le promouvoir immédiatement dans l'Ordre des Alchimistes Premium. Au rang disons de…
Elle jeta un coup d'oeil à Serena.
- Au rang de Lieutenant je dirai. Juste en dessous du Commandant
- Ça serait pas la première fois… Dit alors Serena, en continuant à jouer avec son orbe.
Mustang eut alors un sourire, qu'il dissimula vite. Edward, lui, fronça les sourcils, hésitant entre le rire et la perplexité.
- Vous ne forceriez donc pas non plus leur intégration, Générale des Armées ? Critiqua Klamar
- Non. Je ne crois pas en la loyauté et en l'implication de soldats contraints. Si les frères Elric veulent quitter Central en civils, qu'ils le fassent. Personnellement, je suis confiante dans les capacités de l'armée. Un ajout de talent n'est jamais de refus. Mais je ne vois pas l'intérêt d'y forcer des éléments qui ne veulent pas y être. Personne n'est indispensable
- Même pas vous, Générale ? Dit alors Bradoc
- Essayez de vous passer de moi, qu'on rigole…
- Pas non plus indispensable, les éléments expatriés qu'on inclut dans l'armée à nos risques et périls ? Continua le Premier Ministre.
- Nous y voilà… C'est de ça qu'il s'agit.
- Je ne peux avoir confiance en des éléments nés et élevés par l'ennemi ! Il s'agit de bon sens, encore une fois ! Dit Bradoc
- Les expatriés sont des éléments qui s'opposent depuis de nombreuses années aux gouvernements de l'Autre Côté. Ils ont une expérience et une connaissance de leur mentalité, de leur culture et de leur technique. Oubliez vous les avantages considérables que nous ont apporté les expatriés ? Clama alors Alex Louis Armstrong
- Rien qu'un bon vieil espionnage ne pourrait pas nous ramener !
- Le bon vieil espionnage est une entreprise couteuse et risquée. Qui a toutes les chances d'échouer voire d'être contre productive si l'ennemi nourrit de fausses informations nos espions. Remarqua le Président
- Sauf votre respect Monsieur le Président, c'est bien la preuve que l'ennemi fait preuve d'une certaine intelligence. Les natifs de notre monde sont considérés comme coupable par nature de l'Autre Coté
- Parce que personne ou presque n'a quelque chose à fuir ici. Nota Serena. Évidemment qu'ils se méfient d'un individu qui fuit la liberté et la démocratie. Enfin, vous ça a l'air de vous agacer, la liberté et la démocratie. Si vous alliez faire un tour de l'Autre Côté, vous y seriez sans doute très à l'aise
- Que… que… je refuse de me laisser insulter ! Cria Klamar
- Je vais paraphraser le Général Mustang : vous allez faire quoi ? Menaça Serena en étouffant l'orbe avec laquelle elle jouait
- Il suffit ! Commandant Wolfe, je vous demande de vous calmer, Demanda le Président
- Pardonnez moi, Monsieur le Président, mais je me trouve très calme depuis le début de cette réunion. Votre ministre ne fait que sous entendre que toutes les personnes comme moi sont coupable de trahison par principe. Des gens qui ont vécu dans leur chair la peur, le rejet, la souffrance, la haine pour ce qu'ils sont ou ce qu'ils pensent. Monsieur Klamar souhaite clairement exclure tous les expatriés des postes de fonctionnaire ou de militaire. C'est dans son programme depuis des mois, il le clame haut et fort avec ses potes des Soldats de l'Aube. Quand ils ne sont pas occupés à ravager des appartements au petit matin, en effrayant au passage des enfants et des vieillards.
- Vous vous méprenez Commandant. L'ordre du jour… Voulu corriger le Premier Ministre
- Oh l'ordre du jour ! Je vais vous le lire « questionnement sur la place des expatriés dans les institutions de l'état ». C'est quoi le questionnement ? Savoir si on devrait pas tous nous augmenter nos salaires ? Bien sûr que non, c'est de notre présence qu'il est question. Il est intolérable qu'on puisse mener de telles discussions en Conseil sans que nos représentants du Cabinet ne soient présent. C'est la loi.
- Les convocations…
- On été envoyé à la dernière minute ! Vous n'aviez aucune intention que nos représentants soient présents ! Vous saviez que la Première Sous Représentante était en dehors de la ville et que le Second était à Creta ! Et quant à Clavier...
- Oui, le Représentant Clavier ne serait pas venu… Il est dans une position bien difficile, Grimaça Klamar
- Parce que vous l'y avez mis. C'était finement joué. Vous avez bien choisi votre moment. Mais vous avez quand même fait l'erreur de me laisser être présente.
- Hein ?
- Vous vous doutez bien que j'ai des moyens que vous ne soupçonnez pas de LA contacter.
Un silence surpris suivit cette tirade, immédiatement suivi d'un sursaut général quand la porte de la pièce s'ouvrit avec fracas. Le planton devant la Porte balbutia :
- Madame la sous représentante Alicia Wolfe…
Si Serena n'avait presque pas changé, sa soeur s'était métamorphosée. Ses cheveux auburns étaient plus courts, elle avait pris 10 centimètres et deux tailles de bonnets. Elle était habillé comme une femme d'affaire. Ses yeux crachaient des éclairs. Elle se planta au milieu de la salle et darda un regard glacé sur l'assemblée. Elle cilla à peine quand elle vit que les frères Elric étaient présents. Ceux ci étaient estomaqués. Alphonse sembla alors vouloir disparaitre sous la table.
- Monsieur le Président… Mes hommages… Dit alors la jeune femme d'un ton froid mais respectueux
- Madame la sous représentante… Je suis ravi de votre présence ici, Dit alors le Président, qui était le seul à ne pas s'être départi de son calme
- Je n'en doute pas, Monsieur le Président. Nous avons toujours pu travailler de bonne entente avec vous. Votre droiture légendaire me fait dire que vous n'êtes en rien responsable du complot qui s'est tramé plus tôt…
- Complot, le mot est dur…
- Il n'y en a pas d'autres. Organiser un Conseil sur une question ne concernant que les alchimistes. Rajouter un second ordre du jour à la dernière minute. Envoyer une convocation simple uniquement à notre chef. Comptez sur le temps et la mauvaise relation qui nous unie avec Clavier ces derniers temps pour qu'on soit absent de la réunion. Si ça n'est pas un complot, c'est une série de hasard du plus bel effet. J'y vois la marque de Monsieur Klamar. Je ne pense pas que Monsieur Bradoc soit suffisamment fourbe ou simplement suffisamment malin pour y penser
Klamar et Bradoc pâlirent. Ils semblaient craindre la jeune femme, dont le talent oratoire était proverbial.
- Il est question de chasser les expatriés de l'armée et de la fonction publique. Voilà qui est dommage. Il me semblait que ma soeur et mon amie ici présentes avaient été parmi vos éléments les plus précieux. Les travaux de la Commission Scientifiques ont fourni encore cette semaine des informations de la première importance dans l'organisation de la prochaine attaque. Sans compter les récentes avancées dans les domaines de la communication. Et je ne parle même pas des multiples apports culturels qui sont fait continuellement. Notre apport à ce pays est donc si peu considéré ? Je m'en étonne. Nous travaillons pourtant d'arrache pied et montrons toutes notre reconnaissance envers Amestris pour nous avoir si bien accueilli.
Les membres du Conseil baissèrent le nez. Klamar sentit alors que la partie était perdue et explosa :
- Parlons donc de tout ça. Des mensonges !
- Avez vous une preuve de ce que vous avancez ? Sur quoi se basent vos accusations ? En dehors de votre xénophobie bien connue…
- Je… C'est du simple bon sens ! Cria le petit homme
- Comme dirait un dramaturge, le bon sens est la forme d'aliénation la plus répandue. Répondit alors Alicia, se drapant toujours dans son calme froid
Serena eut un rire bref. Mustang semblait regarder Alicia avec une admiration sincère et Armstrong avait un grand sourire. Klamar continua, de plus en plus hystérique :
- Et vos soit disants apports culturels ? De la pure et simple invasion intellectuelle !
- Je n'entends personne se plaindre de la découverte des Beatles et de Jules Verne à part vous. Je doute que le concept d'intellect vous soit bien familier… Encore moins celui de culture. Dit alors Alicia
Klamar hurla et se jeta alors sur Alicia. La moitié des participants à la réunion se levèrent, Serena bondit au dessus de la table mais elle arriva trop tard. Alicia avait attrapé le ministre au vol et l'avait plaqué au sol. Elle lui susurra, rageuse :
- Vivre Libre ou Mourir. Ça a toujours été notre devise. Prenez la au sérieux. Vous croyez qu'on va se laisser intimider par un connard de votre genre ? Vous êtes un clown par rapport à ceux qui nous infligé les pires peines de l'Autre Côté.
Il gémit et exigea qu'elle le laisse partir. Elle maintient sa prise quelques secondes et le relâcha. Serena le regardait, hargneuse et haletante.
- Je me demande ce qui me retient de vous…
- IL SUFFIT.
Le Président venait de lever la voix. D'une voix forte, il exigea :
- Tout le monde à sa place. Immédiatement. Je ne laisserai pas la violence s'inviter au coeur de la Démocratie. TOUT DE SUITE
Serena mit le plus de temps à rejoindre sa place. Elle fulminait. Mustang dit alors, avec une voix tremblante de colère :
- Il n'est pas tolérable qu'un représentant du gouvernement agisse ainsi envers une élue. Je réclame des sanctions immédiates.
- Cela me semble approprié effectivement, Général Mustang… Monsieur le Ministre Klamar… Gronda Ross.
Le ministre se leva, maladroitement.
- Vous êtes démis de vos fonctions avec effet immédiat.
- Mais… Monsieur le Président…
- Taisez vous. Estimez vous chanceux que je ne vous fasse pas mettre aux arrêts. Bradoc !
- Monsieur le Président… Balbutia le Premier Ministre
- Sachez que dès demain, je demanderai un vote de confiance au Parlement. Ils seront mis au courant de toute cette mascarade et du comportement de votre protégé. J'ai bien l'intention de vous voir quitter votre poste. Il n'est plus tenable. Je vous laisse jusqu'à demain pour prendre la décision que sauverait votre bord politique. Démissionnez.
- Mais…
- Bien sûr, ça serait la fin de votre carrière. Mais j'ai suffisamment d'estime pour vous pour penser que vous n'avez pas que votre propre intérêt à coeur. Cette réunion touche à sa fin. J'adresse mes excuses à nos invités. Ce à quoi vous venez d'assister est une honte. Notre gouvernement n'est pas représenté par cet homme ni par les propos qu'il tient. Je vous renouvelle ma demande de vous voir intégrer nos rangs. Vous êtes bien entendu les bienvenus pour rester à Central le plus longtemps possible. Nous vous mettrons à disposition des logements
- Si je puis me permettre Monsieur le Président… J'ai pris la liberté de réserver un logement à la Caserne des Alchimistes de Central. Ces messieurs et leur invitée y sont les bienvenus. Dit alors Alex Louis Armstrong
- Parfait. Cette réunion est ajournée jusqu'à nouvel ordre.
Serena, toujours aveuglée par la haine, ne put s'empêcher d'entendre l'allusion qu'avait fait le Colonel Armstrong à « l'invitée ». Son coeur se serra encore. Donc, cette histoire de fiancée était fondée… si il l'avait emmenée jusque Central, c'est qu'il ne tenait pas à être séparé d'elle trop longtemps. Elle souffla et observa l'agitation qui suivit la fin de la réunion. Bradoc et Klamar étaient partis précipitamment. Ce dernier avait le regard plein de haine. Il ne s'arrêterait pas là. Ce qui venait de se jouer était une bataille gagnée mais elle n'était que la première. Elle jeta un regard vers les frères Elric mais ne le maintint pas. Elle ne se sentait pas prête de les affronter maintenant. Elle se tourna vers Malo.
- On se casse. Par la petite porte. Récupère Ali.
- Ya pas de petite porte… Dit Malo
- Je vais faire en sorte que y'en ait une, vieux frère.
Elle se leva et avant de partir, se pencha vers Roy :
- Tu sais que c'est pas fini…
- Evidemment. Tiens toi prête. Tout peut arriver. Fais gaffe à Alicia jusque ce soir. Je viendrais vous rejoindre tard.
- C'est à l'aube qu'il faudra être prudent…
- Restez bouclées à la caserne. Même si les deux Elric y sont et que vous avez pas envie de les y voir. La sécurité avant tout. Surtout celle d'Alicia
- Bien sûr. Pas de problème. Je vais me boucler chez moi. J'ai un rapport à écrire de toute façon.
Edward regarda vers Serena. Il la vit penchée vers Roy, en pleine discussion, la main sur son épaule. Il fronça les sourcils. C'était quoi leur relation ? « Il a 15 de plus qu'elle, c'est dégueulasse… ». Alphonse lui posa alors une question :
- Qu'est ce que t'en penses, Ed ?
- Que ce type, Klamar, est une belle ordure… Et qu'il va sans doute pas en rester là… Je suis curieux de voir ce qu'il se passe après…
- Oui, moi aussi… Et la proposition d'intégrer les Alchimistes d'État ?
- Je ne sais pas…
Izumi rejoignit alors la conversation.
- Je ne pensais pas vous dire ça un jour mais… intégrer le Nouvel Ordre des Alchimistes est quelque chose que vous conseille vivement...
- Vraiment ?
- Tu serais Premium directement. Ça vient avec beaucoup d'avantages, encore plus que dans l'ancien système. Il te sera possible de refuser des missions qui ne correspondent pas à ton éthique par exemple. Et il y a moyen de faire beaucoup de bien. Et je suis d'accord avec le Président. Nous avons besoin de vous. Cette guerre peut être gagnée. C'est une guerre de survie. La nôtre.
Les deux frères regardèrent leur maitre, pensifs.
- Prenez le temps d'y réfléchir. De toute façon, je pense que pas mal de chose vont bouger sous peu. Je ne m'attendais pas à ce que ça soit si animé. Soyez prudent.
Elle prit chacun des frères Elric dans un bras et les serra contre elle. Elle leur dit alors :
- Je suis votre maitre. Je vous ai vu grandir. Je vous aime comme mes enfants. Mais j'ai été aussi le maitre de Serena. Je sais ce que vous avez fait. Je ne vous cache pas ma déception. Mais vos accomplissements sont plus grands que cette seule erreur, aussi grande soit elle. A vous maintenant de faire ce qu'il faut pour réparer les conséquences de votre erreur. L'échange équivalent.
Elle les lâcha et les regarda d'un oeil sévère. Les deux frères s'étaient figés puis la regardèrent à présent avec un sentiment grandissant de honte.
- Maitre… Nous sommes désolés… Si vous saviez comme nous regrettons… Balbutia Alphonse
- Ça n'est pas auprès de moi que vous devez vous excuser. Bien que présentement, il soit trop tard. Les filles sont parties…
Les frères Elric remarquèrent une porte flambant neuve dans un mur.
- Quand il y a pas de sortie, crées en une toi même... Marmonna Edward, le cœur s'accélérant encore
