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Chapitre 10 – Lucius
« Enlève ta chemise. »
Oh. Il avait déjà vécu cette scène, non ? il s'appuya nonchalamment contre le mur.
« Monsieur Potter. Il va vraiment falloir corriger cette habitude de vous rendre à tout moment dans ma chambre. Je pourrais de nouveau mal interpréter la situation… »
« Mal interpréter rien du tout. - grogna Harry en se dirigeant vers lui. - J'ai tellement mal que tu n'es pas prêt de recommencer tout de suite. »
Un sourire narquois naquit sur les lèvres de Lucius : « Ce n'était pas ce que tu hurlais, hier. »
« Je n'hurlais pas. Et j'ai changé d'avis entre temps. Seuls les idiots ne changent pas d'avis. Ton truc est trop gros pour moi. »
« Il rentrait, pourtant, la dernière fois. Jusqu'au bout. Bien profondément. »
Harry lui jeta un regard noir : « Tu veux bien changer de sujet ? Tu deviens vulgaire. »
« Un Malfoy n'est jamais vulgaire. »
Lucius pressa ses mains sur ses hanches pour le rapprocher de lui. Potter niait, mais son corps ne pouvait pas mentir. Il laissa ses doigts ramper sous le tissu du t-shirt du petit brun et ce dernier ne le repoussa pas.
« Je viens juste m'occuper de ta blessure. Ne te fais pas de film. » Harry commença à déboutonner la chemise de Lucius.
« Je préfèrerai que tu t'occupes d'autre chose. » Ses longs doigts fins enserrèrent le poignet du garçon et l'entraînèrent jusqu'à son entre-jambe. C'était une mauvaise idée, évidemment. Comment l'ancien bras droit du Seigneur pouvait-il ne serait-ce que penser posséder le Grand Héros ? À le faire sien ? À le faire crier de plaisir ? Mais Lucius adorait les mauvaises idées. Il s'occuperait des conséquences plus tard.
Harry laissa ses doigts rouler lentement sur l'érection et Lucius rejeta la tête en arrière. Comment pourrait-il s'en passer maintenant qu'il y avait goûté ? Et il y avait encore tellement à explorer… des lieux, des objets, des positions… il avait le sentiment qu'il ne pourrait plus jamais s'en lasser.
L'autre main d'Harry avait fini de déboutonner la chemise et il la laissa tomber à terre sans chercher à la retenir.
« Ta blessure s'est rouverte. » remarqua son compagnon d'un ton presque nonchalant.
Lucius lui adressa un sourire carnassier : « Mes activités ont été plutôt débridées, ces derniers jours. »
Harry hocha la tête, ses doigts effleurant la plaie avant d'appuyer un peu plus fort, provoquant un grognement de douleur : « Tu devrais faire plus attention, Malfoy. »
Le jeune héros l'avait lentement repoussé jusqu'au bord du lit et, quand ses jambes heurtèrent le châlit, Lucius se laissa tomber à la renverse sur le matelas.
Harry le regardait, un air indifférent inscrit sur le visage. Il s'approcha et enjamba doucement le corps du blond pour le dominer : « Tu es vraiment l'image même de la luxure. »
Il se pencha légèrement et ses doigts tracèrent des courbes invisibles sur son torse. Leur posture lui donnait un avantage, mais Lucius, bien qu'allongé, n'était pas en position de faiblesse. Ses yeux glacials suivaient chaque mouvement d'Harry, à la manière d'un prédateur.
Ce dernier glissa ses doigts dans les longs cheveux argentés et laissa remonter sa main jusqu'à la nuque du blond. Il pouvait sentir la chaleur émaner de son corps, la tension brûlante qui les reliait.
Harry se pencha davantage. Leurs visages étaient maintenant très proches. « Pourquoi est-ce que je suis incapable de me retenir quand je suis avec toi ? »
Lucius esquissa un sourire et ses longs doigts agrippèrent fermement les hanches du jeune homme. Il en avait envie. Maintenant. Mais Potter n'était pas de son avis : il se recula légèrement, s'appuyant sans ménagement sur son érection, pour s'emparer d'un baume de guérison. Un grognement de frustration échappa à Lucius.
Harry ouvrit le pot et plongea ses doigts dedans, puis il se pencha sur l'épaule blessée pour appliquer l'onguent avec sérieux. La fraîcheur du baume contrastait avec la chaleur brûlante de la blessure, et le mixe des deux, appuyé par les caresses d'Harry, envoyaient des frissons de plaisir et de douleur à travers le corps de Lucius.
« Ça te fait mal ? » Ses deux émeraudes le scrutaient pour détecter la moindre réaction.
Un sourire provocateur s'étira sur les lèvres du blond : « Affreusement. »
Harry fit un autre mouvement, plus brusque, et Lucius se cambra légèrement, ses doigts s'enfonçant plus profondément dans la chair tendre des hanches qu'il maintenait.
« Tu es vraiment masochiste, Malfoy. »
« Arrête ça, Potter, je sais que tu aimes me voir souffrir. »
Harry pencha la tête, laissant ses lèvres frôler l'oreille de Lucius. « Peut-être bien. »
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Potter venait juste de finir de bander son épaule qu'un tintement désagréable résonna en Lucius. Il se redressa légèrement, les sens aux aguets, et Harry l'imita : « Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Des indésirables. Quatre. Peut-être cinq. » Lucius repoussa doucement le jeune héros toujours assis sur lui et récupéra sa chemise. « Cette maison est décidément devenue un vrai moulin. Les gens y entrent sans même y être invités. C'est extrêmement désagréable. »
Harry se leva à son tour pour se diriger vers la fenêtre : « Comment tu le sais ? »
« Je suis le propriétaire de cette demeure, Harry. Je sais tout ce qui s'y passe. »
Ils descendirent rapidement les escaliers. En arrivant dans le hall, ils tombèrent nez à nez avec une équipe d'Aurors, baguettes levées. Lucius sentit une vague de contrariété le traverser. Ils s'étaient introduits chez lui, sans même s'annoncer. L'un des hommes cracha au sol en croisant son regard. Bien. Et des malpropres en plus. Quel tableau flatteur. Sans conteste de quoi redorer l'image de la police ministérielle.
Il fit un pas en avant, le visage impassible. Les hommes reculèrent d'autant, leurs baguettes tremblant légèrement dans leurs mains.
« Vous entrez chez moi sans y avoir été invités. Vous salissez ma demeure. Vous me menacez… et c'est vous, qui me craignez ? Allons, Messieurs, il serait peut-être temps d'envisager un changement de carrière. »
Le chef d'équipe, un homme aux cheveux grisonnants et aux yeux perçants, prit la parole : « Armé ? »
Un sourire glacial traversa le visage de Lucius et les baguettes se tendirent de nouveau vers lui : « Comment pourrais-je l'être puisque l'on a confisqué ma baguette après le procès ? »
« Lucius Malfoy, veuillez nous suivre, immédiatement. » Son ton était sec et méfiant.
Lucius leva un sourcil, impassible. « Quelle charmante compagnie. Puis-je savoir de quoi je suis accusé cette fois-ci ? »
L'Auror ne répondit pas et s'avança rapidement, attrapant Lucius par le bras. Avant qu'il ne puisse réagir, il fut violemment plaqué au sol et ses poignets solidement entravés.
Harry se précipita en avant : « Relâchez-le ! »
« M'sieur Potter, sauf le respect que j'vous dois, ce n'sont pas vos affaires. » rétorqua un des Aurors, le poussant légèrement en arrière.
« Reculez, Monsieur Potter, on nous a juste demandé de ramener ce type au ministère. » insista un autre Auror, sans appel.
Lucius, toujours plaqué au sol, tourna légèrement la tête pour regarder Harry : « Monsieur Potter, je vais régler cette situation. Je vous saurais gré d'en rester à l'écart. »
Les Aurors commencèrent à la traîner vers la porte. Harry fit un pas en avant : « C'est le ministre ? »
Le chef de l'équipe se tourna vers lui, froid et détaché. « Monsieur Potter, je vous conseille vivement de ne pas vous interposer. Cela ne ferait qu'aggraver les choses. »
Et les portes du manoir se refermèrent dans un claquement sec sur eux.
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Lucius se redressa lentement et s'épousseta avec dédain. Il frotta ses poignets meurtris et leva un regard gelé sur le ministre.
« Ravi de vous revoir, Monsieur Malfoy. »
« Vous avez une bien étrange manière de montrer que vous êtes enchanté, Kingsley. Plaqué au sol, traîné de force jusqu'ici... si je ne vous connaissais pas, j'aurai presque pu penser à une tentative d'intimidation. » La voix de Lucius était aussi froide et coupante que l'acier.
« Et vous m'en voyez désolé. Mais vous savez comment vont les choses... un chouia d'adrénaline par ici, un poil de tension par là... Un recadrement sera fait auprès de nos agents. »
Lucius savait qu'il mentait, mais il n'en tint pas compte. « Et que me vaut l'honneur de me trouver en votre présence ? »
« Bien. Toujours direct comme je vois. J'irai aussi droit au but pour nous faire économiser du temps à tous les deux. Une plainte a été déposée contre vous. - Le ministre rassembla quelques feuilles sur son bureau, l'air désintéressé. - Un garçon, un jeune enseignant. Un nez et quelques côtes cassées... vous voyez de quoi je veux parler ? »
« Je pense en effet. »
« Oui, l'incident s'est déroulé sur votre domaine je crois ? » Sacklebot fit semblant de chercher l'information dans un dossier. Quel acteur pitoyable. Un sourire de dédain traversa le visage de Lucius.
« Vous êtes bien informé. Introduit sur mes terres sans mon autorisation, dois-je le rappeler ? »
« Oui... oui bien sûr. Le souci... le souci est votre présence lors de l'incident. »
« Sur mon domaine ? Oui en effet, comme il est curieux que je sois chez moi quand on m'y a assigné de force... » Le ton de Lucius était mordant.
« Nous avons... récolté les souvenirs du plaignant. »
« Vous l'avez donc vu m'attaquer. »
« Oui... nous l'avons vu. Mais nous avons aussi vu Monsieur Potter lui porter plusieurs coups. Vous confirmez l'information ? (Lucius ne répondit pas) Et voyez-vous... c'est une question d'image. »
Ah ! Un ricanement moqueur roula dans la gorge de Lucius. Voilà donc où il voulait en venir.
« Vous voulez donc que je me porte coupable de ces coups. »
Le ministre recula dans son fauteuil pour s'appuyer plus confortablement contre le dossier de cuir et prit l'air surpris : « Non ! Non bien sûr que non. Je vous propose juste de protéger l'honneur d'Harry Potter. Un héros comme lui ne peut pas avoir la moindre noirceur sur lui. Vous en conviendrez. »
« Je vois. Alors vous me demandez de me sacrifier pour Harry ? »
« Oh, Monsieur Malfoy, mais il me semble que vous l'avez déjà fait, il y a quelques années, n'est-ce pas ? Bien sûr, nous connaissons, au ministère, votre implication dans la victoire et votre... votre dévotion quant à Harry Potter. Seulement cette information doit rester confidentielle. Nous ne pouvons pas nous permettre d'ébruiter ce qu'il s'est passé. Et, avec vos antécédents, vous resterez toujours un mangemort pour la population, quoi que vous fassiez. »
Lucius croisa nonchalamment ses jambes et entrelaça ses longues mains sur ses genoux.
« Vous souhaitez donc que je me dénonce à la place de Potter pour le protéger. »
« Exactement. Allons, je sais qu'Harry pense être... lié à vous d'une certaine façon. Il croit probablement qu'il vous doit quelque chose. Mais soyons sérieux un instant. Vous avez quoi... 43, 44 ans ? Vous et moi sommes périmés, Monsieur Malfoy. Des dinosaures. Il faut laisser la place à la jeunesse. Harry s'est peut-être... entiché de vous aujourd'hui, mais nous savons que ce n'est qu'une petite passade. Qu'en sera-t-il d'ici deux ou trois ans ? Quand il aura pu étudier et décortiquer de long en large votre aura de mystère ? Quand il vous connaitra sur le bout des doigts ? Nous sommes dépassés, Monsieur Malfoy. Nous avons suffisamment vécu. Laissons leurs chances aux autres. Et Monsieur Potter a déjà assez souffert comme cela. Inutile d'en rajouter. - Il poussa d'un doigt une liasse de papiers en direction de Lucius. - Signez cela et le problème sera réglé. Vous endosserez les charges et nous étoufferons l'affaire de notre côté. Pas de vague. Nous veillerons aussi à ce que votre fils ne soit pas… éclaboussé par tout cela. »
Lucius considéra le ministre d'un regard froid, ses yeux d'acier scrutant chaque détail de son visage. Il comprenait exactement ce que Kingsley Shacklebolt attendait de lui.
« Vous savez aussi bien que moi que cette demande est profondément injuste. Vous me demandez de me condamner pour protéger quelqu'un qui ne devrait pas avoir besoin de cette protection, pour sauver l'honneur d'un homme qui a déjà prouvé sa valeur maintes fois. On s'est introduit sans mon accord dans ma propriété, on m'a menacé, attaqué. Ce que Monsieur Potter a fait n'était que de la légitime défense. »
Shacklebolt poussa un soupir, visiblement exaspéré : « Écoutez, ce n'est pas une question de besoin, mais de perception. Le public doit voir Harry comme un modèle de vertu, sans aucune tâche sur son dossier. C'est plus qu'une simple question d'honneur : c'est une question de sécurité et de stabilité pour notre communauté. Vous... vous avez déjà une réputation. Cela ne changera pas grand-chose pour vous, mais nous ne pouvons pas nous permettre de ternir cette image… »
Lucius prit la liasse de papiers et laissa son regard errer sur les mots inscrits. Sa décision était prise, mais il ne le faisait pas sans en ressentir une profonde amertume. Il leva les yeux vers Shacklebolt et pu voir dans son regard une lueur de satisfaction.
Il esquissa un sourire fatigué : « Il ne va certainement pas aimer ça. »
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