TW sexe, littérature érotique, lemon
Univers original, personnages de la comédie musicale Hamilton, ship Alexander Hamilton/Thomas Jefferson
One Shot


Alexander était fou de rage, qui était cet insolent qui osait se dresser sur son chemin, un abruti privilégié qui avait abandonné les États-Unis pour être bien en sécurité en France quand lui avait combattu pour l'indépendance de son pays, quand lui avait aidé à construire la constitution de son pays, quand lui avait perdu tant d'amis dans cette guerre ? Il avait suffi d'une réunion avec le cabinet pour que ce Thomas Jefferson, dont il avait pourtant entendu tant de bien, se pavane et l'humilie avec son costume extravagant et ses manières de comédien. Il le détestait, il détestait sa façon de rire de lui, de le provoquer, et pourtant, il aurait apprécié ces mêmes points si Jefferson avait été de son côté, s'il avait agi ainsi avec ses ennemis. Il entra dans son bureau et claqua la porte, furieux. Il posa ses mains sur le bureau, dos à la porte, respirant profondément pour se calmer. Il n'entendit pas la porte s'ouvrir et se refermer, avec douceur cette fois.
- Et bien et bien, on est susceptible Hamilton ?
Alexander se tendit. Il reconnaissait cette voix, même s'il la connaissait depuis peu. Il se retourna brusquement et le fusilla du regard.
- Certainement pas pour vous Jefferson. Sortez d'ici.
- Oui bien sûr, et ce n'est donc pas parce que vous êtes vexé d'avoir perdu le débat contre moi que vous êtes parti bouder dans votre bureau, tendu comme pas possible et raide comme un balai. A d'autres mon ami. Lafayette m'avait pourtant dit que vous aviez le sens de l'humour, me voilà déçu.
Alexander s'avança pour faire face à l'insolent.
- Je n'ai pas perdu le débat, répliqua-t-il sèchement, je saurais convaincre les autres la prochaine fois. Et je ne suis pas parti bouder. Cessez de mentionner le nom de Lafayette, vous ne méritez pas de prononcer son nom. Et j'ai le sens de l'humour, mais uniquement avec mes amis.
Face à face, ils n'avaient entre leurs visages que quelques centimètres et se défiaient du regard.
- Vous avez l'air pourtant si piqué, A-lex-an-der…
Provoquant, il avait susurré son prénom, détachant chaque syllabe de son prénom, et cela provoqua un frisson dans le dos d'Hamilton, à sa grande surprise. Il concentra son attention sur Jefferson, son visage hautain, souriant, son regard acéré, fixé sur lui. Il se demandait à quoi pensait son rival, à sourire ainsi. Il avait presque l'impression d'être une proie face à un prédateur, et sans comprendre pourquoi, ça ne lui déplaisait pas. Thomas lui, se faisait la réflexion que le trésorier du gouvernement était mignon fâché ainsi, son air renfrogné, ses longs cheveux attachés, dont des mèches rebelles s'évadaient de toute part à cause de son agitation, ses yeux colériques, il ne comprenait pas pourquoi mais il se sentait attiré par cette vision. Il était venu dans le bureau le provoquer, et finalement, si cette envie n'avait pas disparu, il désirait plus. C'était étrange, mais il se fia à son instinct sans hésitation.
- Nous ne sommes pas assez proches pour nous appeler par nos prénoms il me semble, Thomas.
La réponse d'Hamilton, tout aussi provocante, était cinglante.
- Est-ce une façon de me dire que vous souhaiteriez qu'on soit plus proches ?
- Pas du tout !
- Dommage.
Alexander afficha une expression surprise.
- Pardon ?
- Mais vous êtes tout pardonné, renchérit Jefferson avec un sourire taquin.
Hamilton sentit son visage chauffer tandis qu'il rougissait, la colère montant rapidement. Pendant combien de temps ce type allait se moquer de lui ?
- Vous avez l'air gêné, c'est drôle quand on sait qu'en général, vous jappez haut et fort à la moindre occasion. Vous voir embarrassé est amusant, et je dois le reconnaître, c'est aussi très mignon.
- Vous pouvez arrêter de dire des choses comme ça ?
Hamilton semblait ne pas savoir comment réagir à ces paroles curieuses. Elles lui faisaient un effet redoutable, et Thomas l'avait bien remarqué. Il avança encore, seuls quelques millimètres les séparant désormais. Il pouvait sentir le souffle agité d'Hamilton sur la peau de son visage.
- Pourquoi ? Est-ce que mes paroles vous feraient trop d'effet Alexander ?
Dans une dernière tentative de riposte, plus contre lui même et ce qu'il ressentait que contre Jefferson, il parla.
- Je peux savoir pourquoi vous m'aguichez ? Vous aimez les hommes ? Pourquoi ne-suis je pas surpris vu comment vous vous comportez ?
Il était de mauvaise foi en essayant de paraître méprisant à l'égard de l'homosexualité. Il avait toujours refoulé ses sentiments, mais lui même avait partagé avec un homme un amour indescriptible que tous avaient perçu comme une profonde amitié. John Laurens n'avait pourtant pas été seulement un ami. Et il avait emporté ce secret dans la mort. Par manque de courage, ou d'opportunités, ils n'avaient jamais été plus loin que quelques baisers, quelques caresses, mais ça avait été très intense. Il avait essayé de déstabiliser Jefferson. Sans succès vu le sourire narquois que l'autre lui offrit.
- Et bien, à ma grande surprise, il semblerait.
Il lui saisit le menton pour le forcer à maintenir leur contact visuel. Il était légèrement plus grand qu'Alexander, et en joua pour le surplomber.
- Mais ne jouez pas à ça avec moi, vos réactions depuis quelques minutes me prouvent que vous n'êtes pas insensible aux hommes non plus.
Souriant avec arrogance, et il pencha la tête pour combler la très faible distance entre eux et l'embrassa. Alexander, surpris, trouva le baiser très agréable, et il s'y abandonna, répondant même avec entrain. Thomas sourit contre ses lèvres, et il saisit ses hanches de ses deux mains, le poussant à reculer jusqu'à ce que le bassin d'Hamilton heurte le bureau. Surpris, Alexander ouvrit la bouche pour laisser échapper une exclamation, Jefferson en profita pour glisser sa langue dans la bouche de son rival, qui apprécia grandement vu le gémissement qu'il poussa. Après quelques instants, Jefferson se recula légèrement, pour observer le visage rougi d'embarras et d'envie de l'homme qu'il tenait, et il se pencha de nouveau pour embrasser son cou, avant de murmurer.
- Vous avez l'air d'aimer ça, Alexander…. Vous en voulez davantage ?
- Oui…
Il avait répondu vite, trop vite, ça fit ricaner Thomas.
- Alors, on est impatient monsieur le trésorier ?
Seul un gémissement répondit à sa provocation. Il embrassa de nouveau son cou, tandis que ses mains s'affairaient à dégager les vêtements d'Alexander, ou du moins de dégager l'accès à ce qu'il désirait. Il glissa sa main dans le pantalon de son amant, qui gémit quand il attrapa son sexe, ce qui le fit sourire. Il sentit le pénis déjà dur, et ça l'amusa aussi, il commença à le masturber lentement. Après un instant, excité par les gémissements d'Hamilton, il le souleva légèrement pour l'assoir sur le bureau et se mit à genoux avant de lui écarter les cuisses, retirant complètement le pantalon. Alexander écarquilla les yeux quand il le vit faire, ne parvenant pas à en croire ses yeux. Jefferson allait vraiment lui ? Il ne put terminer sa phrase dans sa tête, mais rougit violemment. Jefferson caressa la queue devant son visage de sa langue avant de se mettre à la sucer avec application, savourant les tremblements qui parcouraient le corps de son nouvel amant. Ce dernier pencha la tête en arrière en gémissant. Quand il fut sur le point de jouir, Thomas arrêta subitement, et il eut un grognement frustré.
- Ne soyez pas grossier, Alexander, je n'en ai pas encore terminé rassurez-vous.
Il se redressa et mit deux de ses doigts dans sa bouche pour les humidifier. Saisissant l'épaule d'Hamilton pour le forcer à s'allonger davantage, il inséra un doigt en lui lentement. Puis un deuxième, et rapidement Alexander se déhancha de lui même pour intensifier les sensations, à la satisfaction de Jefferson.
- Mais c'est qu'il aime drôlement ça…. Chuchota-t-il.
Il se pencha pour murmurer à son oreille.
- Vous en voulez plus ?
- Oui..
Hamilton n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait honte, mais il avait tellement envie.
Jefferson abaissa son propre pantalon pour en sortir son sexe, durci depuis qu'il entendait les gémissements de son amant. Il écarta les cuisses de celui-ci avant de le pénétrer. Alexander gémit de plaisir, et Thomas sourit, instaurant un rythme de plus en plus rapide à ses va et vient. Quand Hamilton commença à crier un peu trop fort, il le musela d'un baiser pour ne pas attirer l'attention. Ils atteignirent l'orgasme presque simultanément. Ils restèrent figés un moment, essoufflés, puis Jefferson se retira et il replaça ses vêtements, observant avec un sourire Hamilton faire de même en se redressant. Il avait l'air soucieux, et Jefferson comprit rapidement pourquoi.
- C'était la première fois que vous trompiez votre épouse ?
Hamilton fut surpris par la question, il était en effet inquiet à l'idée d'avoir trompé Eliza, sa douce Eliza. Pourtant, ce n'était pas la première fois. Il y avait eu John Laurens. Mais là il avait honte. Il s'était donné à Thomas Jefferson, un homme qu'il méprisait, et qu'il désirait. Il avait adoré ça. Il mentit.
- Évidemment, je suis fidèle. C'est vous qui…
- Qui vous a fait succomber ? Je plaide coupable.
- Je m'en veux tellement.
- Tu n'as pas à t'en vouloir. C'est ma faute.
Alexander tressaillit au tutoiement soudain, preuve du cap qu'ils avaient franchi. Thomas s'approcha et l'enlaça, embrassant son cou.
- Tu sais, je suis le premier surpris de cette attirance que j'ai pour toi. Je ne l'aurais pas imaginée avant d'entrer dans ce bureau, mais je ne veux pas lutter contre. Je croyais te détester, te mépriser, mais je te trouve aussi bien des qualités.
- Promettez- moi… Non.. Promets-moi de ne rien dire à Eliza..
Hamilton n'avait étonnamment aucune assurance en parlant, une première dans sa vie, il avait voulu se caler sur le tutoiement pour garder une égalité entre eux, mais ce n'était pas le cas, Thomas avait un moyen de pression contre lui.
- Je veux bien garder ce secret, mais j'espère qu'on pourra remettre ça.
Il recula, fit un clin d'œil à son amant et quitta le bureau.