Lorsque Tia et D'jok arrivèrent dans la salle commune, tous leurs coéquipiers étaient déjà assis à discuter entre eux.

- Aarch n'est pas encore là ? S'étonna Tia.

- Non mais il ne devrait plus tarder. Vous le connaissez.

La milieu de terrain fit un sourire à Rocket constatant qu'il lui avait gardé une place à côté de lui. D'jok, quant à lui, voulu s'asseoir à côté de Mei lorsque Micro-Ice glissa sur la banquette pour combler l'espace qu'il convoitait.

- Mice ! Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué : j'allais m'asseoir.

- J'avais très bien remarqué D'jok ! Seulement, notre défenseuse préférée m'a demandé de lui tenir compagnie.

- Arrête un peu de faire le clown, j'ai bien le droit de vouloir m'asseoir avec ma petite amie tu ne crois pas ?

- Il ne plaisante pas D'jok. C'est bien moi qui lui ai demandé.

- Mei ! Mais, pourquoi ?

- Tu ne crois pas que tu as des excuses à présenter ? dit-elle en désignant Tia d'un mouvement de tête.

- Je viens de le faire ! Demande-lui si tu ne me crois pas !

Tia, qui avait suivi leur « altercation » de loin, hocha la tête.

- Et elles étaient comment ses excuses Tia ? s'écria Micro-Ice, mauvaises, passables ou rien à redire ?

La blonde fit une petite grimace.

- Disons que c'était suffisant.

- Comment ça juste suffisant ? s'étonna D'jok.

- Connaissant mon pote, ça ne m'étonne qu'à moitié.

- Heureusement qu'il a un bon fond, intervient Thran, c'est ça qui le sauve !

L'équipe partit dans un fou rire à l'exception de D'jok, qui ne semblait pas trouver cela drôle, et Ahito qui, roupillant jusque-là, se réveilla complétement désorienté.

- Quoi, que ? Qu'est-ce qui vous fait marrer comme ça ?

- Rien, on taquine D'jok. Lui répondit son frère, clin d'œil à l'appui.

- Ah d'accord. Les gars, faudrait peut-être que vous arrêtiez de le charrier un jour.

- Oh, rendors toi rabat-joie !

- Ah, avec plaisir ça Micro-Ice. Mer…

Le gardien des Snowkids piqua du nez avant même de terminer sa phrase provoquant un nouveau fou rire, cette fois-ci unanime, de la part de ses coéquipiers.

- Alors, j'entends qu'on s'amuse ici. Bien bien.

La voix forte d'Aarch coupa court à tout amusement. Le coach des Snowkids pénétra dans la salle commune accompagné d'un homme à l'allure plutôt carrée contrastant avec un second qui avait l'air plus fin et plus, comment dire… décontracté.

- D'jok, assieds-toi veux-tu, nous allons commencer.

L'intéressé lança un coup d'œil à Micro-Ice et Mei. Cette dernière leva les yeux au ciel alors que son voisin se décalait pour lui laisser la place. D'jok s'empressa de la prendre se retrouvant entre deux des personnes les plus importantes de sa vie.

- Bien, poursuivit le coach, j'ai l'impression que les petites tensions d'hier ont disparus. C'est une bonne chose. J'aimerais en dire autant de ce qu'il va suivre. Voici Erick Lamer, analyste en communication pour la Ligue, et Arno Radia qui est… Hum.

- Spécialiste en communication média ou, si vous préférez ce terme, coach en image publique.

D'jok soupira à cette annonce ce qui lui valut un regard mauvais de la part de Mei. Simultanément, Thran donna un coup de coude à son frère afin de le réveiller. Ce dernier sursauta.

- Bien, alors, commença Erick, nous allons, en premier lieu, parler des retombées de votre première conférence de presse qui a eu lieu hier. Autant vous prévenir tout de suite : elles ne sont pas brillantes. Selon un sondage réalisé auprès de fidèles associés de la Ligue, 55% d'entre eux vous jugent inadaptés à représenter les intérêts de la Ligue durant les quatre prochaines années. 20% ont préféré s'abstenir de répondre tandis que 15 % seulement juge que vous êtes capables de vous rattraper.

- Notre objectif est, bien entendu, de donner raison au 15%. Précisa Arno.

- Et comment comptez-vous nous faire remonter dans les sondages ? En nous donnant des cours peut-être ?

Le ton employé par D'jok était volontairement ironique Il ne supportait les grands airs employés par le représentant de la Ligue lorsqu'il leur avait donné les résultats de ce sondage qui était sûrement tout sauf représentatif de ce que le public pouvait penser d'eux. Ils avaient gagné la Cup bon sang ! Ils n'étaient pas de bêtes de foires mais des footballeurs professionnels. Ils avaient mieux à faire que de perdre leur temps avec de telles bêtises. Les regards désapprobateurs de ses coéquipiers et de son coach ne le feraient pas changer d'avis sur ce point.

- En effet mon cher D'jok. C'est parfaitement ça. La majorité d'entre vous êtes confrontés pour la première fois à l'opinion publique. Vous êtes jeunes, c'est là votre avantage. Vous avez la possibilité de créer une image en adéquation avec votre personnalité et affichable en société que vous n'aurez pas à regretter par la suite. Nous allons donc travailler là-dessus tous ensemble.

- Excusez-moi, mais je ne suis pas encore convaincu. Je n'ai pas besoin de me forger une image, je suis déjà D'jok, l'attaquant vedette des Snowkids vainqueur de la cup.

Aarch voulut intervenir mais Arno l'en empêcha d'un mouvement de la main. Il lança ensuite un regard à Erick qui remonta ses lunettes tout en introduisant manuellement quelques donnés sur son holo-tablette.

- Bien alors, nous allons entrer dans le vif du sujet. Nous avons regroupé les différents qualificatifs qui vous a été attribués par les différents médias suite à la conférence de presse d'hier. Nous allons voir si ces derniers sont en adéquation avec l'image que vous souhaitez renvoyer. Et puisque nous avons un volontaire, nous commencerons par vous monsieur D'jok.

L'image de D'jock s'afficha avec sur l'holo écran de la salle avec, autour d'elle, une série de termes plus au moins gros.

- Plus le qualificatif est grand, plus il a été employé dans les médias. Pour vous D'jok, comme vous pouvez le constater, le terme « arrogant » revient le plus -souvent, nous avons ensuite, dans l'ordre d'importance, « vaniteux », « grosse tête », « égoïste » et, pour finir, « talentueux ». Alors, dites-moi, quels termes préfériez-vous que les gens emploient en premier pour vous définir ? Sans doute le dernier je présume. Il ne tient qu'à vous de changer la donne.

Pour une fois, D'jok ne trouva rien à redire et se contenta de s'enfoncer dans son siège. Il savait qu'il était arrogant quand il s'y mettait. Il ne pouvait le nier, c'était un de ses défauts mais il n'aurait jamais pensé que c'était la première chose qui transparaissait chez lui lorsqu'il s'adressait à des personnes extérieures. Il n'était pas certain de savoir comment le prendre… Il restait, cependant, peu convaincu par cette idée de cours de communication. Il n'était plus un enfant… mais il pourrait au moins rester et écouter un peu… ne serait-ce que pour être présent pour ces camarades qui ne devraient pas tarder à passer à la casserole à leur tour.

- Je tiens, ajouta Erick, à mettre en avant l'importance des leçons qu'Arno pourra vous enseigner avant votre interview sur Arcadia News ce soir. Cette dernière pourrait changer la donne quant à votre avenir pour les quatre prochaines années. Comme vous le savez, la Ligue vous défrayera pour toutes vos apparitions publiques. Cependant, plus votre image sera mauvaise, moins elle risque de faire appel à vos services bien que vous soyez les champions en titres et préféra mettre en avant des équipes qui se sont bien classées lors de la dernière cup comme celle des Lightnings par exemple.

Il marqua une pause avant de reprendre.

- Pour ne rien vous cacher, la Ligue envisage sérieusement de les mettre en avant étant donné leur excellent travail en tant que représentant officiel les quatre dernières années. De par votre jeune âge, ils ne pourront pas vous faire faire autant de promotion que les champions en titre de ces dernières années et si vous faites preuve de tant d'immaturité, ils ne risquent pas d'en avoir envie. C'est donc maintenant que tout se joue pour vous.

Aarch eut les yeux qui brillaient d'un éclat que les Snowkids ne connaissaient que trop bien. C'était celui qui apparaissait lorsqu'il se mettait à penser stratégie.

- Je vois… dit-il, la compétition ne cesse jamais vraiment.

- Effectivement, pour rester dans le haut du panier, il faut tout contrôler. Bien que votre titre vous offre un avantage sur les autres équipes, il n'en reste pas moins que l'attitude à adopter avec les différents partenaires et médias est cruciale pour perdurer dans le milieu.

- Intéressant, très intéressant.

- Aie, chuchota Micro-Ice à l'intention de Mei, si même Aarch se prend au jeu, on n'est pas près de pouvoir se détendre.

- Bien, déclara Arno, nous allons rapidement passer en revue, comme pour D'jok, les différents qualificatifs que vous attribue les médias puis je vous demanderai de réfléchir à l'image que vous désirez, par la suite, soumettre à l'opinion publique. On s'entend là-dessus ?

Les Snowkids hochèrent tous la tête.

- Alors, c'est parti.

- Bien, Ahito, quelle image aimeriez-vous donner de vous au grand public ?

- Euh… J'ai réfléchi et franchement, je ne vois pas l'intérêt de me donner une image différente.

- Comment ça ? Pourrais-tu développer ?

Le gardien de but bailla.

- Je ne peux rien faire que ce que je fais actuellement. Lorsque je m'endors… Je m'endors…

- Alors tu ne penses pas être capable de tenir éveillé tout le long de l'interview de ce soir ?

- Ben… ben non…

D'un coup, Ahito s'endormit sur l'épaule de Thran ce qui ne manqua pas de faire soupirer Arno.

- Il n'y peut rien m'sieur. Il est narcoleptique. Il ne choisit pas quand il s'endort, ni quand il se réveille.

- Narcoleptique dis-tu ?

- Oui, c'est une maladie neurologique. Il y a des traitements mais ils ne sont pas efficaces dans son cas.

- Cela ne l'empêche pas d'être attentif à tout ce qui se passe pendant qu'il dort. Intervient Tia.

Thran lui fit un sourire avant de rebondir sur sa phrase.

- C'est bien vrai. Il a beau être endormi, il reste attentif de manière passive. Il capte ce qu'on dit et, lorsqu'il émerge, il est tout de suite près à rebondir sur ce qu'il passe.

- Je confirme, lorsqu'on était à l'école, il se portait toujours volontaire pour résoudre les problèmes au tableau quand il se ré Micro-Ice.

Ahito sortit brusquement de son sommeil. Arno sursauta.

- Ouais. Mais c'est parce que les professeurs n'osaient pas m'interroger oralement. C'était le seul moyen de leur montrer que je suivais bien.

- Impressionnant… marmonna Arno.

L'expert se mit à réfléchir sous les regards interrogatifs des SK. Après quelques minutes de silence, il se retourna vers les jeunes joueurs pointant Ahito du doigt.

- Voilà ce que tu dois faire ! Tu dois montrer cette partie de toi au public !

- Quoi ?

- Leur expliquer ce que vous venez de m'expliquer. Sois honnête avec eux. Parle de ta maladie, fais-en ta singularité. Tu as une réputation de gros dormeur. La plupart de vos fans ignorent que tu souffres d'un trouble neurologique. Explique-leur. Cela te rendra plus sympathique à leurs yeux et tu porteras un beau message aux jeunes qui rencontrent des difficultés.

Thran lança un regard navré à son frère. Si ce dernier vivait bien son problème à l'heure actuelle, c'est parce qu'il avait depuis longtemps décidé de ne plus être réduit à son diagnostic.

Il avait beaucoup souffert des traitements, des tests à l'hôpital.

Il s'endormait souvent : et alors ?

Il y avait vraiment pire comme problème et il avait appris à s'adapter.

Il en parlait avec humour, il compensait ses absences diurnes par de l'humour, une certaine énergie.

Se présenter comme « malade » pour gagner la sympathie du public…

Etait-ce une bonne chose pour lui ?

- Hum… Je vais y réfléchir.

Thran s'étonna de cette réponse cependant, il ne fit aucun commentaire.

Peut-être devrait-il aborder le sujet avec lui une fois qu'ils seront seuls

Il du rapidement se ressaisir car Arno se tournait désormais vers lui pour parler de son image publique.

Son tour passa assez vite. Il préférait ne pas se créer une image publique trop éloignée de la réalité. Il voulait se présenter comme il était : un bon pote, bon frère attentionné et, bien entendu, un grand fan de jeux vidéo et de gadgets. Certes, ça le ferait sûrement passer pour un geek aux yeux du public, il serait considéré comme un peu décalé. Arno le lui souligna. Il haussa les épaules.

- Ça ne me dérange pas. C'est ce que je suis de toute façon.

Thran était à l'aise avec lui-même. Pas besoin de faux semblants.

- Bien. Je vois que tu es en accord avec ce que le public est susceptible de penser de toi. C'est plutôt une bonne chose. Certains fans ont remarqué cette tendance, chez toi, à surprotéger ton frère. Est-ce que tu es à l'aise avec ça ?

- Je ne le surprotège pas ! se défendit-il aussitôt.

Le regard de l'ensemble de ses coéquipiers excepté Ahito le fit brièvement douter. Ce qui l'acheva, c'est le pouce en l'air de son frère qui, les yeux fermés, déclara :

- C'est totalement vrai. Arrête de te faire du souci pour moi le frérot : je vais bien.

- Mais…

- Quand on est en public, détend toi et pense à parler de ce que tu aimes, de ce qui te passionnes. T'es un gars super intéressant alors prend ce temps de parole pour toi.

- Ton frère a entièrement raison. Tu dois prendre un peu plus de place. N'hésite pas à parler de tes hobbys aux journalistes et surtout aux fans. Cela te permettra de créer une relation privilégiée avec eux.

Thran hocha la tête. Il ne s'attendait pas à cela. Et allait-il seulement réussir à prendre la parole durant les interviews groupés ? Que voulait dire Arno et Ahito par le fait de prendre de la place exactement ? Dans quelle mesure est-ce qu'il dirait pourrait être considéré comme ennuyant en parlant des jeux vidéo qu'il apprécie ?

Le suivant a passé à la casserole fut Rocket et, à l'instar de Thran, il n'avait pas une idée très précise de l'image qu'il voulait faire passer de soi. Sa seule crainte : c'était qu'il soit toujours considéré illégitime à son poste de capitaine.

- Ah, voilà un point très intéressant à soulever !

Alors qu'Arno se lançait dans un discours, Rocket se tourna vers Tia et lui fit un petit sourire qu'elle lui rendit. Elle était contente que Rocket ait pu affirmer une de ses craintes devant ses coéquipiers. Elle savait que ce n'était pas facile pour lui de parler de ses sentiments. En même temps, il n'était pas allé à la bonne école avec son père et Aarch qui, pendant longtemps, les avait aussi réprimés pour une histoire d'égo mal placé.

- Ce qui serait intéressant Rocket, c'est que tu sois moins effacé en public ! Les fans considèrent qu'un capitaine doit savoir motiver ses troupes autant sur le terrain qu'à l'extérieur de ce dernier.

- Rocket nous motive bien sur le terrain ! le défendit D'jok.

- Ouais, il sait nous remonter les bretelles comme il faut ! Rigola Micro-Ice.

- Eh !

- Ben quoi ? C'est vrai ! Ne vous fiez pas à son petit air réservé : il est diabolique quand il s'agit de football.

- Eh bien, c'est exactement ça qui m'intéresse ! Rocket : tu dois montrer cet aspect de toi devant les caméras.

Rocket se pencha en avant visiblement peu à l'aise avec cette idée. Il semblait assez dubitatif. Tia se sentit triste pour lui. Rocket était plutôt introverti, renfermé sans pour autant être associable. Il faisait partie de ces personnes qui, lorsqu'ils sont dans leurs éléments, changent du tout au tout. Mais comment réussir à transvaser cette partie de soi dans un domaine très éloigné de notre zone de confort ?

- Tu ne sembles pas convaincu …

- Ben, c'est-à-dire qu'euh… Je ne vois pas comment je pourrais…

- Tu n'es pas obligé, interviens Tia, de paraître très extraverti ou de nous donner des ordres comme si on était sur le terrain. Un capitaine n'a pas besoin d'agir comme un leader et gérer les autres comme un professeur. Ce que tu pourrais faire, c'est prendre l'initiative de la parole lorsqu'on doit parler de nos matchs. Quand on nous pose des questions sur notre façon de jouer. Les fans verront bien que c'est ton domaine d'expertise et devrait moins remettre en doute ton statut au sein de l'équipe.

Un silence suivit cette déclaration. Tous les regards s'étaient tournés vers Tia qui se renfonça un peu dans le canapé. Elle se sentait gênée. Elle n'avait pas l'impression d'avoir dit de bêtises loin de là seulement, le regard équivoque de ses coéquipiers la mettait mal à l'aise. Ils savaient tous qu'elle avait pris la parole parce que Rocket était en difficulté sinon elle se serait tût. Ils avaient tous un air béat collés sur le visage.

Seul Arno semblait étonné par sa prise de position. Et elle lui fut très reconnaissante lorsqu'il brisa le silence avant Micro-Ice ne se permette un commentaire.

Elle voulait à tout prix éviter que cet… Arno soit au courant de sa relation avec Rocket. D'ailleurs, il faudrait qu'elle pense à en discuter avec lui. Elle n'avait nullement honte de son petit ami mais elle ne se sentait pas encore à l'aise avec ce statut pour complétement l'assumer.

- C'est une excellente idée ! Et pour lui faciliter la tâche, n'hésitez pas à prendre le temps de répondre à la question. Cette petite latence devrait permettre à votre capitaine d'oser se lancer sans que cela paraisse calculer. Bien évidemment : il faudra être au taquet. On part là-dessus Rocket ?

- Ça me semble bien. Merci Tia.

- De rien. Répondit-elle en tâchant de ne pas rougir.

- Bien. Mei ? Je pense que tu as déjà une petite idée de ce que tu aimerais changer de ton image publique. Tu t'es montrée très vivace lorsque nous avons fait le tour de tes qualificatifs. J'imagine que tu veux plus êtes perçue comme une sportive que comme une mannequin.

Mei fronça les sourcils.

- Oui. Enfin, j'aimerais surtout qu'on me prenne au sérieux. Un peu comme Rocket. Être stigmatisée par rapport à ce que j'ai pu faire sur le côté, ça ne me plait pas trop.

- Alors pourquoi avoir voulu te lancer dans une carrière de mannequinat en parallèle ?

La question choqua la défenseuse qui ne sût pas quoi répondre. Ce type était-il là pour l'aider à améliorer son image ou pour la juger ?

- Ce n'est pas elle qui l'a décidé, c'est sa mère.

Micro-Ice, sentant la tension qui émanait de sa coéquipière, avait décidé de prendre les devants. Au fond, c'était lui qui l'aidait à développer sa rebelle attitude en échange de ses conseils pour draguer Zoeline. Et dieu seul savait à quel point ce n'était pas gagné cette histoire. Le jeune homme sentait qu'il glissait déjà doucement dans la case du « bon pote ». D'ordinaire, il appréciait beaucoup cette case, elle était confortable et il n'avait pas pour habitude de prendre trop au sérieux les potentielles histoire de couple. Mais bon, à voir Mei et D'jok puis Tia et Rocket (ces deux-là prétendaient qu'ils ne se passaient rien entre eux mais il était certain du contraire), il commençait un peu à sentir seul.

- Micro-Ice !

- Ben quoi ? Ce n'est pas toi qui souhaite être plus libre de prendre tes décisions ?

- Mei, je ne voulais pas te vexer. Sache seulement que c'est la question que les fans se posent. Te voir entreprendre des choses dans un domaine bien éloigné du sport les pousse à penser que tu n'es pas sérieuse.

Arno continua à parler. On avait l'impression qu'il était plus en train de réfléchir à haute-voix que de réellement donner des conseils à la jeune joueuse.

- Il faudrait t'affirmer plus, montrer que tu es intéressée par le football plus que toute autre chose… Peut-être te montrer à plus d'événements sportifs sans tes coéquipiers… Ceci dit, cela ne sera pas possible sans l'accord de tes parents donc … Hum… En plus, si j'en crois les dire sur les contrats publicitaires, ton image doit être… Hum… Euh…

Son regard finit par rencontrer celui, perplexe, qui lui envoyait Mei. L'homme se reprit.

- Je suis désolé. Pour te défaire de ton image de mannequin, il te faudrait cesser toute activité dans le mannequinat et, avec les contrats actuels, je suis quasiment certain que tu en auras encore pour quelques années.

- Comment ça ? s'étonna Mei.

- Il est assez rare que des contrats avec des marques renommées ne durent que quelques mois. Tu devras voir ça avec ton agent… Enfin, ta mère.

- Alors, on ne pourra rien faire pour changer les avis sur moi ?

- Je peux seulement te conseiller de t'habiller de façon un peu moins sophistiquée, peut-être opté pour un style plus… urbain, sportif au quotidien. Cela permettrait au public de plus t'associer au sport. Puis, effectivement, plus t'affirmer durant les interviews, ne pas hésiter à prendre la parole. Je dois te prévenir : il est difficile de changer une image déjà bien ancrée dans l'inconscient des gens. Cela te demandera de la patience et du temps.

Cette réflexion fit baisser la tête de Mei. Sa carrière de mannequin avait démarré plus vite que sa renommée sportive. Paradoxalement, la première n'aurait pas pu exister sans la seconde. Le grand public l'avait d'abord découvert au travers des publicités avant de s'intéresser à leur petite équipe qui venait seulement de passer les épreuves qualificatives. Donc, il était assez naturel qu'elle soit associée au milieu du mannequinat qu'à celui du sport. Ceci dit, c'était très frustrant. Elle avait passé plus d'heures à s'entrainer pour le football qu'à poser pour des photos, s'entrainer pour des tournages de publicités ou défilé sur le tapis rouge… Ce genre de travail, pour elle, c'était une activité secondaire. Pourquoi ne devait-elle être connu que pour ça ?

Alors qu'Arno se tournait vers Micro-Ice, Tia baissa de façon quasiment imperceptible la tête. Elle savait qu'elle serait la suivante sur la liste et que le spécialiste allait lui faire la même remarque que Mei.

Elle était une « fille de » depuis sa naissance. Elle avait passé son enfance à suivre ses parents durant des événements importants. Elle avait même fait des discours absurdes au nom de la jeunesse qu'elle était censée représentée au milieu de toute une foule d'adultes. Des images d'elle plus jeune, contrairement à ses coéquipiers, il devait y en avoir à foison sur la toile. Sa généalogie était trouvable en deux clics. Car, quand bien même ses deux parents n'auraient pas été connus pour leur carrière, elle avait toute une grande famille qui avait fait parler d'elle. Le côté noble de sa mère dont l'historique remontait à plusieurs siècles puis les carrières plus… alternatives de la famille de son père. Additionné à ça, les tensions entre sa mère et ses propres parents et l'on pouvait tout savoir.

Au milieu de toute cela, Tia avait été photographié des centaines de milliers de fois souvent sans consentement. Elle avait été passé à la loupe à chacune de ses sorties. Et pour éviter les problèmes : il fallait se tenir à carreau. Toujours, tout le temps. C'était la règle. Celle qu'on lui avait fixé et celle qu'elle avait, presque toujours, respectée.

Alors, oui, elle passait pour une bonne élève car elle en était une.

Et elle n'avait pas le choix.

Cela ne changerait pas de sitôt.

Le tour de Micro-Ice se conclut. Arno avait, semble-t-il, demander à l'attaquant de paraitre un peu moins… Enjoué. De faire moins le pitre.

Micro-Ice avait refusé en bloc déclarant qu'il avait toujours préféré qu'on le perçoive comme le blagueur de service.

- Tu n'aimerais pas être pris plus au sérieux ?

- Pas particulièrement. J'ai toujours été un rigolo. Ce qui m'importe : c'est plutôt de savoir que quelques personnes me prendront au sérieux quand j'en aurais besoin. Puis, les gars comme moi, attirent la sympathie des gens. Je pense que c'est un bon fort.

- Je dois reconnaitre que tu as raison là-dessus. J'aimerais, cependant, que tu fasses attention à t'adapter aux circonstances. Pèse tes blagues selon le contexte, n'en fait pas trop.

- Okay chef !

- Bien alors, passons à la dernière. Mademoiselle Tia Johnson.

Tia redressa la tête sans pour autant se sentir très concernée, elle devait l'admettre. Elle se doutait déjà de ce que ce type allait lui dire.

- Tia, tu es la seule à avoir fait figure de bonne élève durant la conférence de presse. A dire vrai, le public te connaissant déjà, ce bon comportement était attendu.

- Je sais. Répondit-elle simplement.

- Je n'ai pas grand-chose à t'apprendre que tu ne sais déjà. Ton image publique étant déjà bien ancrée, la changer serait inutile. Surtout que la seule façon de faire serait d'aller à l'opposer de ce que la ligue attend. Donc, je ne peux que te recommander de poursuivre sur cette voie en espérant que tes coéquipiers n'auront pas à se reposer entièrement sur toi pour la suite.

La jeune femme hocha la tête. Arno sourit, visiblement satisfait.

- Bien, on va faire une pause pour manger et puis je vous demanderai tous de revenir ici. Nous ferons des simulations d'interviews et nous nous entrainerons à répondre correctement aux questions des journalistes. Tia, pas besoin de revenir, tu peux profiter de ta journée.

L'ensemble de l'équipe soupira bruyamment avant de se lever. Tia fit de même observant tour à tour ses coéquipiers. Ils avaient tous l'air apathique. Plus fatigué que s'ils venaient de jouer un match.

D'une part, Tia les plaignait d'être forcé de se prêter aux jeux des pseudos-interviews toute l'après-midi pour avoir vécu des tortures quasiment similaires durant son enfance, d'autre part, elle les enviait. Au moins, ils ne vivraient pas ça seul.

Maintenant, elle était condamnée à passer son après-midi seule. Qu'allait-elle bien pouvoir faire de tout ce temps ?

- Tu en as de la chance Tia !

- Ouais, tu vas passer l'aprem tranquille. Comme je t'envie !

Tia grimaça à l'écoute des plaintes des jumeaux. Elle n'aimait pas s'entendre dire qu'elle était chanceuse. Si elle savait se comporter devant un public, c'est parce qu'on l'avait formé depuis la naissance et ce au prix de nombreuses heures d'amusement. La traiter de chanceuse, c'était comme revenir à dire qu'elle n'avait rien fait pour atteindre ce stade. Quel cela était une promenade de santé.

Deuxièmement, elle ne voyait pas en quoi passer une après-midi entière seule était amusant. Certes, quand elle était enfant et débordée d'obligations sociétales, elle était heureuse d'avoir un peu de temps pour elle. Pour se ressourcer en filmant des vidéos, en lisant un livre, … Mais, depuis plusieurs mois, ça avait changé.

Elle avait pris goût à la vie en groupe.

Se retrouver seule, c'était un peu comme se retrouver sur le banc de touche durant un match. Tu as beau avoir suivi les choses de l'extérieur, difficile de se joindre à l'émotion de l'équipe au terme de la compétition si on n'a pas pu ressentir les mêmes choses qu'eux.

- Lâchez-la un peu les gars, intervient Mei.

Tia lui adressa un sourire tout en se servant de soupe.

- C'est tout ce que tu manges ? l'interrogea sa colocataire.

- Oui, j'ai pas très faim aujourd'hui.

- D'accord…

Mei semblait suspicieuse. Tia disait la vérité. Maintenant qu'ils n'étaient plus en compétition, elle ignorait pourquoi mais son appétit avait été comme diviser par trois. Elle mangeait significativement moins… Surtout à midi. Peut-être parce qu'ils n'avaient plus à s'entrainer plusieurs fois par jour ?

Tia jeta un large coup d'œil à la salle à manger de l'étage. Les garçons étaient déjà allés s'asseoir à la plus grande des tables. Celle qu'occupait généralement l'équipe. Ils aimaient bien manger tous ensemble. Ceci dit, elle n'avait vraiment pas le goût à s'installer avec toute la bande et plaisanter aux sujets du « cours » qu'ils avaient eu ce matin.

Comme eux, elle trouvait cela, d'un côté, ridicule à souhait. De l'autre, c'était également l'univers dans lequel elle avait grandi donc… Oui, ses sentiments étaient mitigés et, à attendre D'jok s'exprimer, son opinion n'avait pas changé à ce sujet. Elle risquait d'avoir à ravaler une certaine part de fierté tout le repas.

- Ça te dit qu'aujourd'hui on reste entre filles ? lui demanda Mei en lui faisant un clin d'œil très appuyé.

- C'est marrant, tu lis dans mes pensées en ce moment.

Mei et Tia se dirigèrent donc vers une table un peu éloignée ce qui n'échappa pas aux garçons.

- Ben, vous nous laissez seuls ?

- Désolée les gars, on a des trucs de filles à se dire.

- Oh ! D'jok, Rocket, je n'aimerais pas être à votre place ! ricana Micro-Ice

- Comment ça ? Tu m'éclaires ?

- Ça me semble évident que, lorsque les filles veulent rester entre elles, c'est pour parler des soucis qu'elles peuvent rencontrer avec leur moitié ! Alors à votre place, je … Aie !

Micro-Ice se frotta l'arrière du crâne devant le reste de la tablée hilare. Mei venait de lui envoyer la mandarine qu'elle avait prise sur son plateau.

- Mais, ça ne va pas ? Tu aurais pu me blesser.

- Je sais que tu as la tête dure Micro-Ice. Evite de dire des bêtises pareilles à l'avenir. C'est un conseil.

L'attaquant sourit, ramassa la mandarine et la renvoya à sa coéquipière qui la rattrapa.

- Beau réflexe.

- Merci !

Ce bel échange clôtura l'incident et chaque tablée reprit le cours de sa conversation. Rocket échangea un rapide regard avec Tia qui le rassura avec un sourire. C'est quelque chose qu'elle appréciait avec lui, ils se comprenaient très facilement. Comme s'ils étaient câblés pareils et ça avait vraiment du bon de ne pas avoir toujours à justifier ses actions.

- Bien alors bon appétit.

- A toi aussi Mei !

Les deux jeunes filles commencèrent à manger en silence. Au fur et à mesure qu'elle ingurgitait sa soupe, Tia sentait son appétit lui revenir. Elle irait sûrement se resservir une fois le bol terminé.

- Qu'est-ce que tu comptes faire cette après-midi ?

- Hum, je ne sais pas… ça me prends un peu de court.

- Tes parents sont encore sur le Genèse ?

- Non. Ils sont partis… Euh. Je ne sais plus trop quand en fait. Hier ou peut-être avant-hier. En tout cas, avant notre conférence de presse.

- C'est vrai ? Purée… Et Stella ?

- Elle est encore là. Mes parents veulent qu'elle me serve de chaperon.

La défenseuse grimaça.

- Un chaperon ? Ils n'aiment pas Rocket ou quoi ?

- Comment ça ?

- Ben un chaperon, c'est bien une personne qui te surveille quand tu fréquentes quelqu'un non ?

- Euh… Tu n'as pas tout à fait tort mais, à la base, un chaperon, c'est simplement une personne plus âgée et responsable qui est en charge d'une personne plus jeune. Ce n'est pas vraiment lié au couple. Je te le concède, avec mes parents, il pourrait effectivement y avoir un double sens.

- Ah donc Stella, c'est un peu ta représentante légale ?

- Oui, c'est ça.

- C'est dommage que l'un de tes parents n'ait pas pu rester…

- Ils sont venus voir la finale. C'est déjà ça tu sais.

- N'empêche…

La milieu de terrain leva le nez de son bol et remarqua que sa coéquipière semblait plutôt amère. C'était bien la première fois que parler de l'absence de ses parents semblaient autant impacté quelqu'un.

- Mei, ne t'inquiète pas. Je vais bien.

- Oh, pardon Tia. C'est juste que… J'ai difficile à me figurer l'absence de mes parents. Bien que ma mère soit dure à vivre.

Les deux jeunes filles ne purent retenir un sourire.

- Enfin tu vois. Je n'imagine pas ce que ça doit être.

- Tu sais, j'ai passé mon enfance à voir mes parents de loin. Même quand j'étais en déplacement avec eux, ils ne m'accordaient pas beaucoup d'attention. Alors… Je ne sais pas, je n'ai pas le même attachement que tu dois avoir avec tes parents. Mais, tu sais, je suis heureuse que Stella puisse rester avec moi.

- Stella est… ta gouvernante c'est ça ? C'est elle qui t'a élevé alors ?

- Non. Stella est devenue ma gouvernante à partir de mes six ans. Avant, j'ai eu une nourrice… Et une autre gouvernante mais ça n'a pas vraiment marché avec elle.

- Ah bon.

- Disons que je lui rendais la vie un peu impossible. Je crois que je voulais vraiment que mes parents me remarquent donc je faisais beaucoup de bêtises. J'en faisais aussi avec Stella mais… Disons qu'elle a compris assez rapidement mes intentions. Elle a su me canaliser.

- Un peu comme une mère finalement.

- Oui, c'est vrai.

Tia se remit à boire sa soupe. Mei prit quelques bouchées de son plat avant de reprendre la conversation.

- Pourquoi ne pas passer l'après-midi avec Stella ?

- Je lui ai dit qu'on serait occupé toute la journée alors elle en profite pour faire un peu de tourisme. Je n'ai pas envie de lui gâcher son après-midi.

- A mon avis, elle ne verrait absolument pas les choses comme ça.

- Tu as raison. Cependant, elle travaille beaucoup alors si elle peut passer du bon temps, je n'ai pas envie de compromettre ses plans. Qui sait combien de temps on va encore rester sur le Genèse ?

- Je vois…

Mei fixa le bol de soupe déjà vide de Tia.

- Alors ? C'était suffisant ?

La jeune fille secoua la tête.

- Je te l'avais bien dit !

- Je sais Mei mais je t'assure que pour le moment, j'ai vraiment l'impression d'avoir moins d'appétit.

- Moi aussi, j'en ai parlé à Simbai hier. Elle m'a dit que c'était sûrement dû à la retombée du stress. Chez certains, ça coupe l'appétit, chez d'autres…

Elle désigna l'assiette pleine de Micro-Ice à l'autre bout du réfectoire.

- Ça l'ouvre. Enfin, il faut essayer au maximum de manger comme avant mais sans les obligations nutritives qu'on avait durant la cup.

- Tu as pris quoi ?

- De la moussaka. Je te la recommande, elle est très bonne.

- Je te fais confiance, je vais voir s'il en reste.

- Okay, à toute.

Mei regarda partir son amie. Elle était rassurée. Depuis la fin de la cup, elle avait bien observé que Tia mangeait moins. Cela ne l'avait pas inquiété plus que ça car c'était également son cas. Puis, en la voyant délaissé sa tenue habituelle ce matin, elle s'était posé quelques questions. C'est peut-être parce qu'elle a un peu évolué dans le milieu du mannequinat et que Simbai lui a beaucoup parlé des risques liés à la profession sur la santé mentale, le poids, … Mais elle s'était mise à penser que, peut-être, son amie se mettait à boycotter la nourriture. Quelle idée !

Ceci dit, son amie semblait avoir envie de changer de style. Elle ne lui demandait jamais rien par rapport aux vêtements et, d'un coup, elle souhaitait lui emprunter des fringues. Cela la confortait d'autant plus sur le fait que Tia allait apprécier sa surprise.

Bon, c'était la première fois qu'elle prévoyait quelque chose autant à l'avance.

Un mois à attendre, ça allait être long.

Mais bon, ça en vaudrait la peine.

Mei sentit un très léger coup dans sa nuque qui la tira instantanément de ses pensées.

Elle se retourna et trouva une serviette roulée en boule par terre.

La tablée des garçons était, d'un coup, devenue extrêmement silencieuse.

- Les gars, vous êtes sérieux ?

Quelques petits rires émanèrent de la tablée.

- Qui a fait ça ?

Personne ne lui répondit. Mei ramassa la boulette.

Une idée venait de lui traverser l'esprit.

Elle se réinstalla à table et se mit à découper la serviette afin de faire des boulettes plus petites. Elle les humidifia légèrement pour les rendre plus compacte.

Bien que concentrée sur sa tâche, elle sentit qu'elle était la cible de nouvelles attaques. Quelques serviettes chiffonnées atterrissaient à côté d'elle, voire sur la table mais elle ne réagit pas.

« Continuez tant que vous voulez les gars, vous allez le regretter. »

Une fois qu'elle eut réalisé une bonne dizaine de boulettes, elle attrapa sa paille et en fourra de suite une à l'intérieur.

Elle se retourna d'un coup, vit qu'Ahito était débout avec sa serviette en main, prêt à la lui lancer. Elle le visa et fit mouche. Pile sur son front.

- Merde, elle riposte.

Mei rigola et rechargea sa paille avant de viser Thran.

Puis elle enchaina.

Micro-Ice, D'jok, Rocket, ils y passèrent tous.

- Purée, les gars, on fait quoi ?

- C'est toi le capitaine !

- Sur le terrain seulement !

- Okay, alors, on fait la même les gars ! Micro-Ice, cours nous chercher de nouvelles serviettes.

Le jeune homme hocha la tête et partit comme une trombe en direction de la cuisine où il manqua de renverser Tia qui en sortait avec son repas.

- Tia ! Viens m'aider !

- Il se passe quoi ?

- J'ai besoin de munitions.

Confuse, la milieu de terrain rejoignit sa place. Les garçons étaient en train de ricaner pencher sur leur table et Mei rassemblait de nombreuses serviettes. D'où sortaient-elles ?

- Déchire les serviettes en petits morceaux, trempe les dans l'eau et puis tire avec ta paille okay ?

- Oui mais…

- Ils ont commencé, on doit se venger. Je les ai pris par surprise mais ils sont plus nombreux. Notre seule option : c'est d'être plus rapide.

Tia ricana et se mit au travail non sans ressentir une onde de joie la traverser. Elle n'avait jamais vraiment joué avec des enfants de son âge. Cette bataille improvisée et particulièrement enfantine avait un goût de revanche sur son enfance. Elle comptait bien en profiter.

Lorsque Micro-Ice réapparut avec un lot de serviettes, Tia le visa et fit mouche. L'attaquant cria de façon dramatique et fit mine d'être blessé ce qui ralentit fortement son arrivée aux grand damnes de ses coéquipiers.

- Purée, Micro-Ice, dépêche-toi où elles vont nous canarder.

- Faut être bon joueur les mecs. On est en supériorité numérique, elles ne vont pas faire long feu.

- Tu nous sous-estimes Micro-Ice !

L'heure de pause accordée par Arno se conclut dans un joyeux bazar. Une fois leurs munitions prêtes, les garçons eurent clairement l'avantage mais les filles ne se rendirent pas sans se battre.

Le jeu fut interrompu par Clamp venu les informer de la fin de la pause. Il secoua la tête, le sourire aux lèvres en se rendant compte de l'état de la salle.

Alors que ses coéquipiers partirent pour leur entrainement intensif d'interview, Tia dû se résoudre à aller chercher un nouveau plat. Malheureusement, sa moussaka avait été rudement touché par l'offensive des garçons. Une dizaine de boulettes avait fini dans son assiette.

Elle mangea en silence dans la salle déserte.

Cela ne la changeait pas trop de d'habitude mais, cette fois-ci, le silence était encore chargé de rire et d'amusement.

« Mei avait raison, cette moussaka est délicieuse. »


Bonsoir tout le monde,

Voici une petite mise à jour ! J'aime beaucoup ce chapitre. Je l'ai relu et j'ai trouvé qu'il respirait la bonne humeur. Disons qu'il y a une part d'insouciance que j'aime beaucoup développer. Nos SK restent encore des enfants après tout même si ils sont, désormais, les grands vainqueurs de la Galactik Football Cup.
Tant de choses à gérer à un si jeune âge !
A noter, Tia et Rocket n'ont rien annoncer de leur couple mais les sous-entendus, subtils pour Mei et pas du tout subtils pour Micro-Ice, sont présents.
Bien sûr, tout le monde s'en doute mais voilà.

Merci beaucoup d'avoir lu.
Je sais que je ne poste pas très régulièrement, c'est d'autant plus agréable de constater que cette histoire attire un petit lectorat.
A la prochaine !

Bien à vous,

Memori Plume