Disclaimer : ni l'univers ni les personnages ne m'appartiennent. Seule l'histoire des Fallen (et les personnages qui s'en rapportent) sont ma propriété. Pour tout emprunt, merci de me demander.
Chapitre 9
Raven n'avait jamais ressenti autant de frustration de toute sa vie.
Rien.
Elle ne trouvait strictement rien sur Lily qui pouvait lui donner la moindre piste pour ses recherches.
Et la jeune femme était bien trop déterminée à trouver des réponses pour se rendre chez Dumbledore sans avoir ce qu'il lui avait demandé.
Alors elle avait décidé d'avoir recours aux grands moyens et de remonter l'arbre généalogique de Lily sur plusieurs générations. Elle avait l'intuition qu'il y avait quelque chose qui clochait, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
La brune sortait de sa chambre pour aller prendre son petit déjeuné quand elle se figea en voyant Sirius en face de sa porte, les bras croisés sur son torse, appuyé contre la rambarde des escaliers.
Cela faisait dix jours que Noël avait eu lieu et depuis ce jour-là, le sorcier semblait la suivre partout où elle allait dans la maison. Cela l'angoissait énormément, surtout que James n'arrêtait pas de la harceler pour qu'elle lui raconte tout, prétextant qu'il était digne de confiance.
Mais Raven refusait.
Toute sa vie, sa grand-mère lui avait asséné qu'elle ne devait le dire à personne et elle n'avait pas l'intention de commencer, peu importe ce que James pouvait lui dire.
•Sirius. Qu'est-ce-que je peux faire pour toi ?
•Tu sembles perturbée en ce moment. J'ai cru t'avoir vu parler toute seule hier soir.
•Ça m'arrive quand je réfléchis. Écoute, je dois aller aux archives publiques et j'ai entendu dire que c'était un véritable enfer. Donc, si tu as encore des questions sans queue ni tête à me poser, est-ce-que ça peut attendre mon retour ?
•C'est bizarre mais quand je t'ai entendu parler hier soir, tu avais l'air de répondre à quelqu'un.
•Tu te fais des idées. (Elle se glissa dans son manteau). Allez, à plus tard.
•Tu ne t'es jamais posée de questions sur les Fallen ?
•Bon sang, tu ne lâches pas l'affaire. Tu es déterminé à faire dire un truc et je ne sais même pas ce que c'est.
•C'est un don que j'ai.
•C'est un truc de Serpentard.
C'était assez vicieux de sa part de lui faire remarquer ça, surtout avec son passif familial.
Les membres de la famille Black étaient tous allés à Serpentard, à l'exception de Sirius, qui était allé à Gryffondor. Si l'adolescent qu'il avait été à l'époque ne s'entendait pas avec sa famille, cela avait crée une véritable fracture entre eux quand il avait rejoint les Rouges et Ors et il avait développé une haine viscérale à tout ce qui pouvait le faire ressembler à un Serpentard. Raven savait pertinemment que cela allait le mettre en colère et qu'il allait la laisser tranquille pendant un moment.
Profitant du fait qu'il digérait son insulte, Raven se précipita dans les escaliers et les dévala en rabattant sa capuche sur son crâne. Elle arrivait dans le hall en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas agiter le portrait de Walburga Black quand elle entendit les bruits de pas précipités dans son dos. Elle accéléra et passa la porte au moment où Sirius descendait à sa suite. Mais heureusement pour elle, il ne pouvait pas la suivre et se retrouva bloqué à l'intérieur.
La cohabitation devenait vraiment intenable.
-ooOoo-
Si Raven avait dit à Sirius qu'elle devait aller aux archives publiques, elle avait oublié de mentionner qu'en réalité, elle allait aux archives publiques moldus. La jeune femme savait que les services sorciers étaient compliqués à démêlés et qu'il fallait s'armer de patience pour obtenir les réponses que l'on voulait, mais alors elle ne s'était pas attendue à ce que les services moldus soient encore plus compliqués.
Il fallait remplir une tonne de formulaires, parler à une multitude de personnes, pour au final, se faire trimballer de services en services.
•Est-ce-que c'est si difficile que ça de m'obtenir une autorisation pour accéder aux archives des naissances ? Finit-elle par s'impatienter.
•Nous ne délivrons pas ses autorisations comme des petits pains, Miss.
•Oui, je m'en doute, mais bon sang de bonsoir, je suis là depuis l'ouverture de vos bureaux et je commence sérieusement à désespérer. (La femme derrière le comptoir observait la brune pendant plusieurs minutes avant de soupirer lourdement). S'il vous plaît.
•Très
La femme tamponna le formulaire sur le haut de la pile que Raven lui avait donné et lui remit un badge.
La brune l'attrapa en lui souriant et put enfin accéder aux étages supérieurs, où se trouvaient les fameuses archives, armée du bloc note et du stylo à bille qu'Hermione lui avait conseillé de prendre pour se fondre dans la masse des moldus.
Suivant les indications, elle se rendit à l'étagère abritant les dossiers des noms commençant par E et trouva rapidement celui des Evans.
Cela lui prit littéralement des heures de retrouver tous les noms et toutes les dates. Elle finit par s'arrêter quand elle arriva à bout des archives et elle avait l'impression de s'être fait piétiner par un troupeau de centaures.
Réunissant ses notes, la jeune femme les fourra dans son sac et sortit du bâtiment en étirant son
Étant donné qu'elle avait passé la journée assise sur une chaise trop dure, Raven se dit que rentrer à pieds était une bonne idée, un bon moyen de délasser ses muscles trop tendus.
Néanmoins, même si elle savoura sa petite balade, elle fut heureuse d'entrer dans le 12 Square Grimmauld, à l'abri du froid. La neige avait totalement recouvert Londres depuis plusieurs semaines maintenant et à cet instant, elle ne sentait plus son nez, ses doigts et ses orteils et elle ne rêvait que d'un bon bain bouillant pour se
Raven venait d'accrocher ses affaires au porte manteau et tournait sur ses talons pour se rendre dans la cuisine. Sauf qu'elle fut bloquée.
L'esprit d'une femme se tenait juste devant elle, la tête baissée, ses cheveux d'un noir d'encre étaient trempés et lui tombaient devant le visage. Ses vêtements étaient tout aussi détrempés, sa peau était pâle, si pâle qu'elle en était cadavérique et elle était trop maigre.
Regardant autour d'elle pour s'assurer que personne ne pouvait l'entendre, la jeune femme finit par se pencher vers l'esprit pour lui parler d'une voix douce.
•Hey, est-ce-que tout va bien ?
L'esprit ne lui répondit pas.
Pas de manière traditionnelle, tout du moins.
Elle se jeta sur elle, tendant ses mains aux doigts griffus vers elle pour tenter de s'agripper. Raven tenta de l'éviter, se prit les pieds dans le porte parapluie en pied de troll, provoquant un vacarme de tous les diables et s'écroula dans le couloir. L'esprit l'attrapa par la cheville et tenta de la tirer vers l'arrière, mais elle réussit à se dégager et se déplaça à quatre pattes aussi vite qu'elle le put dans le salon. Mais elle sentit la femme atterrir sur son dos et l'attraper par les cheveux pour lui cogner le visage au sol.
•NON ! Hurla-t-elle en cherchant à se défendre.
Il se passa alors quelque chose de totalement
Ce fut comme si sa voix explosait dans l'air et que le monde ondulait autour d'elle.
La seconde d'après, le poids de l'esprit avait disparu de son dos et quand elle roula sur elle-même, la brune reconnut immédiatement James qui avait attrapé la femme et tentait de la maintenir, ses bras fermement enroulés autour de son buste. Ils se battirent pendant quelques secondes et Raven réalisa que la femme lui hurlait dessus.
•TU DOIS MOURIR ! TU DOIS DISPARAÎTRE ! LES FALLEN DOIVENT
James grogna avant de littéralement balancer l'esprit fou en direction de la cheminée. La femme s'évapora et le silence se fit soudainement, les hurlements cessèrent. Et pendant une minute complète, Raven n'entendit que le son de sa propre respiration et des battements de son cœur à l'intérieur de son crâne.
Puis, elle péta les plombs.
•Bordel de merde, c'était quoi ça ?!
•Tu n'as rien ? Tu n'es pas blessée ? Lui demanda l'esprit en se précipitant vers elle.
•Je suis en train de devenir dingue, marmonna-t-elle en se frottant le front.
•C'était qui cette fille ?
•Tu crois que je le sais ?! Je ne suis pas vraiment très copine avec une fille morte qui me hurle à la figure que je dois mourir alors qu'elle essaye justement de me charcuter !
•Es-tu obligée de me hurler dessus ? Je ne suis pas franchement responsable, je t'ai même sauvé la vie, je te signale !
•Je suis terrorisée, James !
•Oui, j'ai bien saisi.
•Cornedrue ?
La nouvelle voix la fit sursauter et Raven écarquilla les yeux en voyant Sirius se tenir sur le seuil du salon, ses yeux gris posés légèrement sur sa gauche, là où se tenait l'esprit de James.
Ce fut là qu'elle réalisa.
Il voyait James. Il voyait son esprit.
Alors là, c'était la merde !
-ooOoo-
La jeune femme avait réussi à obtenir un sursis pour aller prendre une douche et enfiler une tenue plus confortable avant de retourner à la cuisine où Sirius l'attendait avec une théière et deux tasses.
La brune s'assit à la table et tira les manches de son gilet pour couvrir ses mains et tenter de se réchauffer. Même en mettant l'eau si chaude qu'elle était sortie de la douche en étant rouge comme un homard trop cuit, elle était toujours frigorifiée. Ses cheveux noirs étaient toujours humides et tombaient autour de son visage, lui donnant probablement l'air d'un chat abandonné.
Sirius tendit une tasse dans sa direction et elle enroula ses doigts autour pour tenter de se réchauffer.
•Qu'est-ce-que tu as vu exactement ? Murmura-t-elle.
•Toi, te battant contre une femme ressemblant à une folle furieuse. James apparaissant et te sauvant visiblement la vie. Et toi lui parlant comme si c'était normal. Oh, et sans oublier, que cette fille voulait visiblement te tuer en étant persuadée que tu es Fallen.
•Parce que je le suis, marmonna-t-elle, se sentant vidée de toutes ses forces.
•Pourquoi tu n'as rien dit quand j'ai parlé des Fallen ?
•Parce que nous sommes cachés. C'est le but d'un secret.
•Combien reste-t-il de Fallen ?
•Encore en vie ? Deux. Ayant un don ? Juste moi. Sauf si ma mère est toujours vivante. Dans ce cas-là, trois pour ta première question et deux pour la deuxième.
•Qui sont-ils ?
•Elles. Nous ne sommes que des femmes. Ma grand-mère, ma mère et moi. Ma grand-mère n'a pas de don. Ma mère et moi, oui. Je ne me souviens pas de ce que ma mère était capable de faire, mais moi, je vois les morts.
•Tu vois les morts ?
•Oui.
•Je me souviens de ta mère, finit-il par dire après quelques minutes de silence. Hunter était plus vieille que nous, mais elle était assez mémorable. Elle était à Serpentard, dans la même année que ma cousine. Je crois que tous les garçons craquaient un peu pour elle. Elle était vraiment très belle. (Il l'observa longuement). Tu lui ressembles beaucoup d'ailleurs. (Raven se sentit rougir). Malgré tout, elle était totalement indifférente à toutes les demandes qu'on a pu lui faire.
•Si je n'existais pas, je pourrais croire que ma mère aimait les femmes. Elle n'a jamais eu un seul homme dans sa vie et elle refusait catégoriquement d'évoquer le sujet de mon père. Elle n'a même pas voulu le dire à mes grands-parents quand elle a débarqué chez eux après six mois de silence radio, enceinte jusqu'aux yeux et sur le point d'accoucher. J'étais jeune quand elle a disparu, mais je me souviens de cette nuit-là.
•Qu'est-ce-qui s'est passé ?
•Je dormais et elle m'a réveillé en sursaut. Nous étions allées faire la chasse aux bonbons. (Raven eut un petit rire). J'étais déguisée en princesse d'un conte moldus que ma mère m'avait lu un soir et je m'étais écroulée sur le canapé après avoir mangé des bonbons. Elle m'a réveillé d'un coup, m'a attrapé et nous a fait sortir du petit appartement dans lequel nous vivions sur le Chemin de Traverse. Elle nous a fait transplaner chez mes grands-parents, m'a déposé en disant que c'était pour ma protection, que nous étions en danger toutes les deux, et qu'elle devait partir. Elle m'a embrassé sur le front en me promettant de revenir et je ne l'ai plus jamais revu.
•Tu crois que cela pourrait avoir un lien avec l'esprit de la barjot qui s'est attaquée à toi ?
•Elle semblait s'être noyée, intervint James, apparaissant sur la chaise à côté d'elle.
•Le fait qu'elle soit trempée ne veut pas dire qu'elle s'est noyée, lui répondit-elle, sans faire grand cas de Sirius qui l'observa en écarquillant les yeux. James est là, lui dit-elle.
•Elle s'est noyée, je te dis.
•Le seul Fallen que je connaisse qui avait un don en lien avec l'eau, c'était Lestat Yaxley, l'oncle maternel de Charis Black. Ensuite, il y a eu Charis elle-même qui avait le pouvoir de détecter la vérité. J'ignore qui a eu des dons dans la génération de ma grand-mère, puis ma mère et moi. Alors si cette fille déteste les Fallen et qu'elle est morte noyée, c'est forcément à cause de lui.
•Depuis quand vois-tu James ? Demanda-t-il.
•Depuis sa mort, je crois. Il est différent de ceux qui sont morts de mort violente. D'habitude, ils ne se souviennent de rien, comme Lily, mais lui, il se rappelle de tout.
•Tu vois Lily aussi, s'étrangla-t-il.
•Oui, depuis quelques mois à peine. Elle se souvient de James, toi, Rémus, Harry, mais c'est tout. Je pense que je l'ai attiré en commençant à faire des recherches sur elle.
•La mission que t'a confiée Dumbledore.
•Oui.
•Écoute, j'ai l'impression que cette mission n'est pas aussi anodine qu'elle semble l'être. Je vais te donner un coup de main. Mais pour l'instant, tu as besoin de te reposer. Tu sembles épuisée.
•Dis tout de suite que j'ai une sale tronche.
•Non, mais quelques heures de sommeil en plus ne te ferait pas de mal.
•Tu as raison. Je vais monter me coucher. (Elle se leva et sortit de la cuisine en traînant des pieds). En espérant juste que ta mère ne me hurlera pas dessus toute la nuit.
•Quoi ?! S'écria-t-il, sans qu'elle ne s'arrête pour lui donner plus d'explications.
•Je t'avais bien dit qu'il comprendrait, intervint James en la suivant, comme d'habitude, pour faire fuire Madame Black.
•Oh ferme là, James. Personne n'aime les vantards.
L'ancien Gryffondor rit et Sirius, qui l'avait visiblement entendu, rit aussi.
Étonnement, alors que Raven s'attendait à se sentir mal à l'idée que quelqu'un sache son secret, elle se sentait libérée.
Cela faisait du bien de se livrer.
Il faudrait peut-être qu'elle essaye à nouveau.
Avec une autre personne de confiance.
Elle avait hâte d'y être.
Note de l'auteure : Dans ce chapitre, Raven continue à faire ses recherches sur Lily et Sirius découvre la vérité sur sa famille.
J'espère que vous appréciez toujours cette histoire et je vous dis à très vite.
Bye !
