NdA.
J'ai voulu donner un rythme un peu "cinématographique" au texte, centré sur l'action, comme le scénario d'un film.
Vous me direz si vous trouvez que cela se lit bien :)
Merci pour votre lecture !
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CHAPTER 2 : L'ÉPÉE
Lendemain matin - Metropolitan Museum of Art, New-York
Kim gara sa moto dans la rue, elle retira son casque et ébouriffa ses cheveux. Attrapant son sac à dos à la volée, elle avala d'un pas vif les quelques marches menant à l'entrée du Met. Elle dépassa un grand panneau affichant "Arts nordiques et scandinaves - The Vikings (780-1100)". Elle n'était pas en avance aujourd'hui.
Elle présenta son badge à l'entrée, salua le gardien et se rendit aux sous-sols par l'ascenseur de service. Une fois dans les vestiaires, elle enfila une blouse blanche à son nom avant de passer la porte coulissante sécurisée d'une grande salle blanche à la lumière froide, dont les seules fenêtres donnaient sur le couloir. C'était dans ce laboratoire que se trouvait son bureau.
Cela faisait près de quatre ans que Kim travaillait au sein de l'équipe du département de conservation du musée. Après un diplôme en archéologie passé à l'Université de Boston, où elle avait fini major de sa promotion, Kim était partie deux ans en Europe pour étudier la restauration des œuvres d'art et avait complété son parcours, de retour aux États-Unis, d'une formation technique en datation. Elle avait postulé avec insistance pour un stage auprès du conservateur du Metropolitan Museum of Art qui avait fini par accepter, avant qu'elle ne soit définitivement embauchée, en partie par chance mais aussi par culot, s'étant montrée compétente. Ainsi, quotidiennement, la jeune femme aidait à inventorier, étudier, documenter, classer et préserver les diverses collections du musée.
Sur son bureau, où reposaient divers instruments d'analyse, on pouvait aussi observer une broche en cuivre en forme d'oiseau de proie, un pendentif en or et un étrier en fer. Depuis plusieurs mois déjà, l'équipe travaillait sur de nombreuses donations irlandaises et anglaises pour la prochaine exposition mise en place par le curateur, après la découverte d'une large quantité d'artefacts scandinaves et vikings sur un site archéologique près des grands lacs dans le Michigan.
À peine s'était-elle installée devant sa loupe binoculaire, que Kim remarqua un porte-documents déposé récemment à son intention. Intriguée, elle s'en saisit et l'ouvrit. Il s'agissait des papiers d'authenticité d'un nouveau don fait à l'exposition.
— Une épée ? s'étonna-t-elle à voix haute.
La jeune femme se retourna et c'est là qu'elle la vit : une épée scandinave, magnifique… Datant peut-être du Xe siècle, à première vue. Et incroyablement bien conservée ! Le temps sembla comme ralentir tandis qu'elle la parcourait des yeux. La lame reflétait la lumière de la pièce et la jeune femme eut l'impression qu'elle vibrait… qu'elle l'appelait…
— Kim ?
La concernée sursauta à l'entente de son nom, comme s'il lui parvenait de loin, alors qu'elle était perdue dans ses pensées. Le conservateur du Met lui faisait face et il était accompagné.
— Kim, répéta le vieil homme, je voudrais t'introduire notre nouveau mécène, Mr Lukas Sølvtunge. Mr Sølvtunge, laissez-moi vous présenter Miss Kimberley Alexander, l'une de nos responsables analystes.
Kim se tourna vers un jeune homme grand et svelte, élégamment vêtu d'un long manteau de cachemire noir. Il avait les traits fins et des cheveux noirs mi-longs. Puis, se rendant compte qu'elle le fixait, elle se reprit et lui tendit la main en souriant.
— Enchantée, dit-elle, forçant un sourire.
L'inconnu lui prit la main, semblant légèrement amusé.
— Tout le plaisir est pour moi, assura-t-il aimablement avec un léger accent européen.
L'étranger lui rendit son sourire avec beaucoup de charme et ils échangèrent un long regard, leurs mains restant jointes plus longtemps que nécessaire… Jusqu'à ce que le raclement de gorge du conservateur les ramène à eux et qu'ils se séparent.
— Mr Sølvtunge nous vient tout droit d'Oslo et a très généreusement offert de nous aider à compléter notre collection pour l'exposition à venir. Il vient de nous faire don de quelques pièces d'une grande rareté, dont cette épée, qui devrait être le clou de notre salle dédiée aux armes de guerre !
Kim se tourna légèrement vers l'épée.
— Oui, je viens de la voir, dit-elle dans un souffle admiratif. Elle est vraiment superbe ! Et étonnamment bien conservée…
Puis elle se tourna de nouveau vers Lukas Sølvtunge.
— Savez-vous d'où elle vient ? lui demanda-t-elle. Ou quelle est son histoire ?
— J'espérais que vous seriez en mesure de me le dire, sourit-il doucement avec mystère.
Le conservateur rit légèrement et Kim se perdit à nouveau dans la contemplation du visage de l'étranger qui ne la quittait pas des yeux. Et quels yeux ! pensa-t-elle. Profonds, comme un océan d'hiver… presque surréels…
La jeune femme fronça légèrement les sourcils.
— Excusez-moi, mais… ne nous serions-nous pas déjà rencontrés ? demanda-t-elle, un peu gênée. J'ai l'impression de vous connaître.
Était-il célèbre ? Un acteur ? Peut-être l'avait-elle déjà vu passer à la télé.
Le nouveau venu rit à son tour, découvrant des dents blanches parfaitement alignées.
— Je ne crois pas, répondit-il. C'est la première fois que je viens à New-York.
Bien que le conservateur ne sembla pas être dupe de la scène naissante, il posa une main sur l'épaule du riche donateur avant d'intervenir poliment :
— Je vous propose de poursuivre la visite, Mr Sølvtunge. Par ici, si vous voulez bien me suivre. Kim, désolé du dérangement, nous te laissons retourner à ton travail.
Kim acquiesça et les salua avant de se détourner. Elle ne vit pas le dernier regard que Loki lui lança à travers la vitre, avant de disparaître dans le couloir.
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Sa journée terminée, Kim se dirigeait vers la sortie du musée en cherchant ses clés dans son sac, lorsqu'elle aperçut du coin de l'œil une figure noire s'approcher.
— Miss Alexander !
La jeune femme s'arrêta et se retourna.
— Mr… Sølvtunge, c'est bien ça ?
Elle fut surprise de le voir encore là et regarda autour de lui comme si elle s'attendait à ce qu'il soit accompagné.
— Ne me dites pas que vous avez été retenu toute la journée par votre visite ? plaisanta-t-elle.
La jeune femme ne connaissait que trop bien son patron et mentor. Son interlocuteur eut un rire bref et hésita, semblant quelque peu gêné.
— Je n'osais pas vous demander à quelle heure vous finissiez, avoua-t-il.
Il lui sourit timidement, comme pris en faute, et elle le prit un peu en pitié, bien que flattée. L'avait-il réellement attendue tout ce temps ?
Avec précaution, il fit encore un pas dans sa direction, comme on amadoue un animal sauvage.
— Je ne connais pas encore très bien la ville, avança-t-il. Je suppose que vous - il se racla la gorge. Au risque de vous paraître quelque peu cavalier… Je me demandais si vous n'auriez pas un bon restaurant à me conseiller ?
Kim haussa un sourcil. Pas si timide que cela, finalement…
Elle l'observa d'un œil critique. On l'abordait rarement avec autant de tact. Pourquoi pas, après tout ? se dit-elle. Cela ne pouvait pas faire de mal ! Et elle avait faim…
— On m'a justement récemment conseillé un excellent thaï pas très loin d'ici, lui sourit-elle.
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Au restaurant, l'européen lui tint son siège pour qu'elle prenne place et ils commandèrent deux verres de vin avant de parcourir le menu. Kim se demanda vaguement si tous les hommes de son pays étaient aussi galants. Il rit lorsqu'elle lui fit part de sa remarque.
— Je ne saurais dire, répondit-il avec modestie. J'ai été élevé à vieille école. Avec des mœurs presque d'une autre époque, certains diraient même.
— Et que faites-vous aux États-Unis ?
— Je suis ici pour affaires.
— Vous pensez rester longtemps ?
— J'envisage de m'installer à long terme, dit-il avec honnêteté. J'ai de grands projets. Contre toute attente, je commence à m'attacher à ce monde et à entrevoir tout le potentiel de ses habitants.
Il lui lança un regard joueur et mystérieux et Kim se fit la remarque qu'il s'agissait d'un bien étrange choix de mots, mais ne put le questionner davantage sur le sujet, étant interrompus par l'arrivée du serveur.
— Dites-moi, Miss Alexander…
— Je vous en prie, appelez-moi Kim.
— Seulement si vous en faites de même.
Leurs plats leur furent servis.
— Qu'est-ce qui vous a poussé à étudier l'archéologie ?
— J'étais fan d'Indiana Jones, plaisanta-t-elle. Puis reprenant son sérieux, la jeune femme cita : C'est en sachant d'où l'on vient, que l'on sait où l'on va.
— Et d'où venez-vous ? questionna-t-il avec intérêt.
— Je n'ai jamais connu mes parents biologiques, avoua-t-elle en haussant les épaules. Je suppose que de ce manque est né un intérêt pour le passé d'autrui et la mythologie. On cherche tous à se créer une histoire.
Kim se rendit compte que cet inconnu la mettait étonnamment à l'aise, lui parlant tout naturellement et avec aisance de choses qu'elle n'avait même jamais racontées à certains de ses collègues.
Le mécène marqua une pause, reportant son attention sur son assiette, avant de poursuivre :
— Je n'ai pu m'empêcher de constater la décoration de votre bureau.
La jeune femme s'étonna brièvement du don de l'homme pour l'observation. Kim avait en effet affiché des posters détonnant quelque peu de son travail : une carte du ciel représentant les différentes constellations, et diverses photos de nébuleuses prises par Hubble, ou gros titres d'articles scientifiques sur des découvertes et explorations astronomiques récentes de la NASA.
— Un autre de mes hobbies, sourit-elle. À une époque, je me suis passionnée pour l'astrophysique, allant jusqu'à suivre des conférences du soir ouvertes au public.
— Vous avez le regard tourné vers les étoiles, murmura-t-il comme une évidence.
Interpelée par sa remarque qui faisait étonnamment écho à une lointaine nostalgie, et ne sachant comment répondre, Kim le regarda dans ses extraordinaires yeux bleus, lorsque…
— Alex ?
La jeune femme leva les yeux pour tomber sur…
— Oh, salut David ! Ça va ?
Le jeune homme semblait quelque peu décontenancé de la trouver là en compagnie de l'élégant inconnu. Kim jeta un regard gêné entre les deux hommes. Loki, pour sa part, était parfaitement à son aise, adossé confortablement à son siège en haussant un sourcil innocemment intéressé, tout en affichant un léger sourire en coin amusé.
— Je te présente Lukas Sølvtunge, que j'ai rencontré au musée aujourd'hui, précisa-t-elle.
David se tourna vers l'homme, semblant partagé entre le soulagement qu'il ne s'agisse peut-être que d'une relation de travail, et le désappointement que l'étranger ait réussi en un jour ce que lui-même n'était pas parvenu à obtenir au bout de plus d'un an. Le terrien lança au dieu incognito un regard de haut en bas, comme s'il cherchait à le jauger, avant de lui tendre la main.
— Bonjour, dit David d'un air moins enjoué que d'habitude, bien que toujours cordial. Je suis un ami de Kimberley.
Loki se leva pour serrer la main de l'homme avec fair-play.
— Dave est un collègue de la caserne, intervint Kim. Nous sommes pompiers volontaires dans la même équipe.
David était un homme grand, blond, les cheveux coupés en brosse, et large d'épaules. Debout l'un à côté de l'autre, rien ne pouvait davantage différencier les deux prétendants.
— Je vois, dit Lukas à voix basse. Enchanté.
Dissimulé du regard de Kim, Loki plissa légèrement les yeux, toujours souriant, bien que menaçant, et fixa le mortel dans les yeux en serrant davantage sa main jusqu'à faire craquer ses jointures. David cilla de façon imperceptible, s'efforçant de garder un visage neutre. Puis il s'excusa et leur souhaita un bon appétit avant de s'en aller.
— À une prochaine fois, Alex.
La soirée se poursuivit agréablement. Alors qu'ils riaient de bon cœur à une anecdote, Kim remarqua avec un sentiment mitigé comment le sourire de l'étranger devenait presque carnassier, lui donnant un air quelque peu sauvage, lorsqu'il découvrait les dents d'un air réellement amusé, illuminant par là même son pétillant regard.
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Le donateur l'avait raccompagnée devant le musée comme un parfait gentleman, avant de rejoindre son hôtel. Avec cette même assurance, mêlée d'une maladresse calculée à la fois touchante et rafraîchissante, il la remercia pour la soirée et lui proposa qu'ils se revoient. Kim accepta.
Lukas lui dit avoir quelques affaires urgentes à s'occuper. Ils ne se revirent ainsi que quelques jours plus tard.
Ils se donnèrent rendez-vous dans un petit club lounge de Little Italy. Pour l'occasion, et une fois n'étant pas coutume, Kim s'était mise sur son trente-et-un, portant une robe noire courte et moulante sans manches, et chaussée de sandales dorées à talons hauts qu'elle avait achetées l'an passé pour le mariage d'une collègue. Celles-ci rappelaient parfaitement sa parure torque et boucles pendantes de la même teinte. Lukas était lui-même très chic, vêtu d'une veste de costume noir, avec cravate assortie sur chemise blanche, et portant une écharpe de soie verte et or autour du cou. Kim sourit intérieurement, lui trouvant un air de dandy sorti d'un autre temps.
Le norvégien était toujours très courtois, et il était indéniable qu'il s'agissait d'un homme intelligent. On entendait qu'il savait manier les mots avec esprit (ce qui changeait la jeune femme de l'humour graveleux des gars de la caserne), mais avec un je-ne-sais-quoi de malicieux dans le regard, comme si tout ce qu'il disait pouvait se prêter à un double sens - le distinguant nettement des air pincés ou pompeux que Kim rencontrait parfois au musée - et le rendant bien plus intéressant à converser avec.
Ils étaient assis au bar devant leurs verres, sous les lumières tamisées et la musique jazzy.
— Et vous avez des frères ou des sœurs ? demanda-t-elle par hasard.
Kim fut quelque peu décontenancée de voir le visage de son rencard s'assombrir, et comprit à son expression que c'était là un sujet sensible, à éviter. La jeune femme pensa qu'il allait refuser de répondre, lorsque :
— J'ai un frère, avoua-t-il finalement à contrecœur. C'est lui l'aîné, et le favori de… notre père. Je n'ai compris que tard que j'avais toujours été élevé dans son ombre. Il le destinait à lui succéder à la tête de notre… entreprise familiale - peu importe ses erreurs, ou que je sois plus doué que lui. Malgré tout ce que j'ai sacrifié pour lui, le jour où j'ai enfin eu l'occasion de briller à mon tour, il n'a pas pu le supporter et m'a trahi.
Kim remarqua qu'il ne mentionnait pas sa mère, mais ne posa pas la question.
Elle sentit toute l'amertume enfouie dans la voix du jeune homme, bien qu'il cherchait à garder un ton neutre. Alors qu'il fuyait son regard, perdu dans ses souvenirs, elle entrevit pour la première fois, derrière l'homme avec ses grands sourires et ses belles pirouettes, toute la sombre colère, tapie et dangereuse, née de la frustration d'un enfant cherchant amour et reconnaissance. Cependant, la jeune femme n'en fut pas apeurée, mais touchée. Kim dut se retenir de déplacer sa main des quelques centimètres qui la séparait de celle de son compagnon négligemment posée sur le comptoir, ne voulant pas qu'il croit qu'elle le prenait en pitié. Elle comprit alors peut-être mieux le désir de Lukas Sølvtunge de quitter son pays et son continent, et son ambition de faire ses preuves.
— Pourquoi ai-je le sentiment qu'il y a aussi une histoire de femme dans cette "rivalité fraternelle" ? plaisanta-t-elle sur un coup de tête.
Kim avait parlé d'un ton détaché et complice, cherchant à alléger l'ambiance, et affichant un petit sourire en coin. Lorsque son interlocuteur retint à son tour un petit rire d'autodérision à la sagace taquinerie, la jeune femme sut qu'elle avait fait mouche. Lukas reporta alors son regard sur elle.
— Qu'est-il arrivé ? ne put-elle s'empêcher de demander.
Kim ne savait s'il était sage de poursuivre sur le sujet, n'étant pas certaine de vouloir connaître toute l'étendue de la réponse. Mais elle ressentait le besoin de savoir précisément ce que l'étranger fuyait avant d'approfondir cette relation… ou qu'importe ce à quoi elle s'exposait.
— Elle est morte.
Kim pâlit.
— Oh ! Je… je suis désolée.
Elle se sentit stupide.
— Vous me la rappelez, ajouta-t-il à voix basse. Mais vous êtes différente.
— "Différente"… en bien ? ne put-elle s'empêcher de demander.
Loki parcourut silencieusement le visage de la jeune femme des yeux, et celle-ci comprit qu'il se posait la même question.
N'y tenant plus, elle le prit alors par la main et l'entraîna sur la piste de danse avant de se coller à lui, le dispensant de répondre. Le jeune homme sembla accepter la manœuvre et profiter de la proximité offerte.
Kim ne se montrait habituellement pas aussi entreprenante - ou du moins pas après si peu de verres - en dehors d'une rencontre d'un soir. Quoiqu'elle avait toujours eu le caractère à poursuivre ses envies et ambitions sans se soucier de l'opinion d'autrui. La jeune femme avait toujours été une grande solitaire, très indépendante… mais pas dénuée de tout sentiment romantique. Et elle devait bien avouer que toute la nouveauté et le charme de cette situation éveillait en elle une sorte d'émoi et de tentation face à l'inconnu.
Kim avait passé ses bras autour du cou de son partenaire, sa tempe reposant délicatement contre la ligne de sa mâchoire, les yeux fermés. Mesurant elle-même plus d'1m70, il n'était pas courant qu'elle rencontre un homme plus grand qu'elle.
La jeune femme devinait, plus qu'elle ne sentait, les mains de Lukas Sølvtunge sur sa taille, ses doigts la frôlant à peine. Elle sentit à travers le tissu de sa robe la chaleur de son pouce qui dessinait doucement d'agréables arabesques sur le bas de son dos. Lorsque le bipeur qu'elle portait à la cuisse vibra. Kim jura dans son souffle. L'instant était passé. Elle se détacha du bel homme sans oser le regarder, prit le petit appareil dans ses mains et observa le code affiché. Elle soupira.
— Je suis vraiment désolée, dit-elle avec sincérité en lui jetant un regard. Je suis d'astreinte ce soir… Je dois y aller.
Sans lui laisser le temps de réagir, elle se détourna et retourna près du bar d'un pas vif pour récupérer son sac à main assorti. Puis elle marqua une pause dans sa hâte, fit demi-tour et se hissa sur la pointe des pieds en prenant appui de sa main libre contre le torse de l'homme.
— Appelle-moi, murmura-t-elle.
À peine ses lèvres s'étaient-elles posées sur la joue du dieu déguisé, frôlant le coin des siennes, qu'elle fila et disparut. Laissant un Loki en plan et contemplatif.
Dans l'air froid de la rue, Kim enfila prestement sa veste de motarde par-dessus sa robe et récupéra son casque.
La jeune femme avait conscience de faire peut-être un peu trop rapidement confiance à cet homme qu'elle connaissait depuis peu, mais elle ressentait un agréable frisson face à cette prise de risque.
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NdA.
J'espère que cela vous a plu ^^
J'ai voulu donner un caractère un peu plus diversifié, tout en gardant un côté badass, au personnage de Kim (même si un peu plus "studieuse"/scientifique que son alter ego guerrière…) ;)
Et vous saviez qu'aux États-Unis, les sapeur-pompiers sont constitués à plus de 80% de volontaires ? comme en France ! :D
"Sølvtunge" est une traduction de Silvertongue (langue d'argent) en norvégien (comme le surnom donné à Loki en vo) ;
et bien entendu, comme vous l'avez sûrement compris, contrairement à Kim qui est un véritable OC (même si ressemblant comme deux gouttes d'eau à Sif…), le personnage de "Lukas" n'est en réalité qu'un pseudonyme utilisé par Loki pour s'infiltrer dans le monde des humains.
- LL.
