Note de l'auteure : Un petit bonus, pour l'anniversaire d'Aki !

Bon anniversaire Aki !

Bonne lecture.

Lili.


~ Va pas mater ça en public ! ~

La porte claqua dans son dos et Izuku se laissa tomber mollement sur le lit double trônant au centre de sa chambre d'hôtel. Il était épuisé ! Trois jours... trois longs et interminables jours, qu'il imitait à la perfection les plantes décoratives devant des salles de réunions. Et encore, il s'estimait chanceux. Invisible Girl et Tsukuyomi n'avaient pas la chance d'être en intérieur, eux, devant surveiller le bâtiment depuis l'extérieur.

Il avait eu beau supplier son supérieur hiérarchique de lui épargner ce calvaire, le premier ministre lui-même l'avait spécifiquement demandé. Il était donc là, avec son costume de héros, à s'assurer que les rencontres entre hauts dignitaires se déroulaient sans intervention de criminels ou de terroristes. Mais ceux-ci ne semblaient pas avoir eu vent des conciliabules en cours, ou s'en foutaient royalement, et n'avaient pas pointé le bout de leurs affreux nez.

A plat ventre sur le lit, Izuku tourna légèrement la tête, extirpant son visage de la couette, et soupira lourdement. Non content de jouer les pieds de grues toute la sainte journée, la nuit ses deux collègues et lui-même devaient assurer des rondes dans, et autour, de l'hôtel occupé par ces messieurs-dames les dirigeants. Et si l'hôtel était luxueux au possible, les trois héros se retrouvaient logés dans les chambres les moins chères, afin de ne pas ruiner le contribuable.

Faire ces fichues réunions dans la capitale plutôt qu'à l'autre bout du pays, ça aurait fait des frais en moins pour lesdits contribuables, songea Izuku blasé. Le pire, c'était qu'il ne savait même pas autour de quel sujet tournait les réunions. "Confidentiel et délicat" lui avait-on répondu quand il avait osé poser la question. Il y avait intérêt à ce que ce soit pour une sacré bonne cause, parce que là Izuku en voulait personnellement au premier ministre.

Il n'en avait rien à secouer que le plus haut dirigeant Japonais l'ai explicitement demandé pour assurer sa sécurité. En fait, pour être tout à fait honnête, ça l'emmerdait même sérieusement. Parce qu'aujourd'hui... Voyant l'heure s'affichant sur son réveil posé sur la table de nuit, Izuku se rattrapa... Parce qu'hier, c'était leur anniversaire à son chéri et lui ! Leur anniversaire à eux ! Leur deux ans !

Cela faisait deux ans qu'ils étaient officiellement ensemble. Deux ans qu'Izuku s'était réveillé dans le lit de son meilleur ami, complètement nu, se demandant comment il était arrivé là. Deux ans qu'après avoir secouer ses neurones, il s'était souvenu de son début de soirée en boîte, puis de son exil obligatoire dans la salle de bain de sa conquête du soir, de l'allumage en règle dont l'avait gratifié son enfoiré d'ami d'enfance suite à une erreur de texto, et de la manière fort satisfaisante dont ça s'était terminé.

Deux ans que son cher et tendre lui avait dit :

"Au fait, je garde ta vie sexuelle en otage. Donc si tu vas voir ailleurs, je te fais ressortir les couilles par les trous de nez ! Et oui, on est en couple ! C'est clair, le nerd ?!".

Bon, niveau romantisme, on repassera, mais son amoureux s'était rattrapé depuis. Certes, il ne faisait que rarement dans la guimauve, mais de temps en temps, pour l'occasion, il faisait l'effort.

Izuku adorait quand son homme se la jouait romantique. Bon, il adorait son homme même quand celui-ci beuglait comme un putois après tout et n'importe quoi, donc forcément... Un fin sourire étira les lèvres d'Izuku quand il se souvint de l'engueulade qu'avait pris le plumeau, quelques jours avant le début de cette mission merdique. Le plumeau, tout à fait ! Son amoureux était sûrement la seule personne au monde capable de se disputer avec des objets inanimés. Tout ça parce que ledit plumeau avait eu la très mauvaise idée de se casser tout seul. Enfin, du moins c'était ce qu'avait dit son cher et tendre... Nul n'ayant été témoin de la scène et le plumeau étant muet, il n'y avait personne pour contredire son blond d'amour. Même si Izuku avait de sérieux doutes sur le fait que le plumeau se soit cassé seul.

Bref, tout ça pour dire que cette mission, non contente d'être ennuyeuse au possible, tombait extrêmement mal. Izuku avait tout prévu pour que ce second anniversaire soit parfait. Il avait réservé une table dans l'un des plus beaux restaurants de la ville, avait commandé un bouquet de lys blancs et de roses rouges, et avait même négocié avec leur patron pour qu'ils aient leur soirée de libre ensemble.

Izuku avait un projet bien précis pour cet anniversaire : demander sa douce moitié en mariage. Il avait même acheté une bague de fiançailles ! Ne voulant pas prendre de risque il avait donc pris les mesures de l'annulaire droit de son homme. Ce qui avait demandé des trésors d'ingéniosité ! Son homme était peu coopératif et avait le sommeil léger. Izuku avait fini par prétendre vouloir un moulage de leurs mains comme presse-livre pour réussir à avoir les mesures voulues.

Son téléphone émis un tintement, et Izuku grogna en plongeant sa main dans sa poche pour sortir l'appareil. Il commença à bougonner que "merde, il avait fini sa ronde, il voulait dormir, il y a intérêt à ce que ça soit important", mais s'arrêta net en voyant le nom de l'expéditeur. Il se redressa d'un coup, soudainement affolé. Il était minuit passé ! Son homme était un couche-tôt, sauf exception occasionnelle. Alors pourquoi... Pourquoi l'écran de son portable l'informait, gentiment, qu'il avait reçu un message de Kacchan, le nom entouré d'émoji cœur ?

Craignant le pire et commençant à s'imaginer mille et un scénarios catastrophes, Izuku ouvrit le message.

- T'as fini ta ronde ? T'es seul ?

Izuku s'empressa de répondre par l'affirmative, ajoutant qu'il était dans sa chambre, et s'inquiétant de savoir que ce qu'il se passait pour recevoir un message si tardif.

- Ça va ! Zen ! Il se passe rien ! Respire, putain !

- Mais Kacchan, tu dors pas !

- Non, je voulais faire un truc avant de me coucher. Et te l'envoyer. Mais, je voulais être sûr que tu serais seul et dans ta piaule ! Va pas mater ça en public !

Le message suivant était simplement une vidéo, avec comme image figée le visage de Katsuki.

Curieux, Izuku lança la vidéo, se demandant ce que son homme avait encore inventé. Un peu inquiet aussi... Après tout, Katsuki préférait discuter par texto ou de vive voix... Il ne laissait jamais de message sur les répondeurs, ou n'envoyait jamais de vocaux, disant qu'il avait juste l'impression d'être un abruti à parler tout seul comme un con. Qu'il fasse une vidéo était donc surprenant, et pas forcément de bon augure.

Sur son téléphone, le visage froncé de Katsuki apparu, les yeux écarlates de son homme dardant un regard soupçonneux vers lui.

- Ça marche cette merde ? Ah ouais... Bon...

Katsuki se recula un peu, dévoilant ainsi qu'il était dans leur chambre, le lit parfaitement visible dans son dos.

Izuku soupira d'envie en voyant les épaules nues de son amoureux, le devinant torse nu. Il avait tellement envie de se blottir contre la peau si chaude de son homme. Habitué à dormir avec une bouillotte sur patte, il avait froid dans ce lit d'hôtel, et ce malgré l'épaisse couette et le chauffage réglé à 22 degrés. Non, rien ne pouvait mieux le réchauffer que le corps bouillant de Kacchan.

- Oï Deku ! Je sais que tu recevras cette vidéo en retard, mais bon anniversaire !

Izuku sourit touché par l'attention de son blond, son sourire s'agrandissant en voyant ce dernier sortir de derrière son dos un bouquet de fleurs.

- J'ai bien reçu tes fleurs... Et la facture aussi...

Oh merde ! Pourquoi le fleuriste avait envoyé la facture en même temps que le bouquet ? Surtout qu'Izuku l'avait payé dès la commande !

Le sourire amusé de Katsuki le rassura, visiblement, ce dernier ne lui en voulait pas pour la bourde.

- Y'avait pas de carte par contre, fit remarquer Katsuki en humant le parfum des fleurs. Mais te connaissant, j'ai fait des recherches. Les roses rouges, ça c'était facile : La passion. Mais les lys blancs, j'avoue, je savais pas.

Sans le vouloir, Izuku se tendit un peu. Évidemment que Kacchan le connaissait suffisamment pour savoir qu'il prêterait attention au langage des fleurs et ne lui offrirait pas n'importe quoi. Et connaissant le phénomène blond...

- L'amour sincère et le désir d'engagement, souffla Katsuki depuis le téléphone. Rien que ça hein, le nerd ?

Voilà ! Izuku le savait ! Évidemment que son petit con d'amoureux allait comprendre ! Il croisa les doigts pour que Kacchan n'ai pas eu l'idée de fouiller dans ses affaires. Hélas, ses espoirs partirent en fumée dès qu'il vit le rictus tendrement moqueur de son homme sur la vidéo.

- C'est marrant, j'avais vu une boîte bizarre dans tes chaussettes en les rangeant l'autre jour, ricana Katsuki. Alors... tu t'en doutes... Après avoir reçu ton bouquet, je l'ai ouverte cette foutue boîte !

Intérieurement, Izuku se maudit mille fois de n'avoir pas trouvé plus original que ses chaussettes pour cacher la bague qu'il avait acheté. Et dire qu'il avait fait très attention que Kacchan n'ai aucune foutue raison de fouiller dans son tiroir en son absence. Mais forcément, il avait oublié qu'en partant il avait laissé au sale quelques vêtements, et que donc, forcément, son maniaque de petit ami allait faire une lessive et ranger le linge.

- Y'a deux solutions, poursuivit Katsuki, indifférent aux émois intérieurs de son homme. Soit tu as un amant, ou une maîtresse, planqué quelque part, dont le prénom commence par K et fait la même taille de doigt que moi, soit c'est pour moi. Je t'avoue que je préférerai que ce soit la seconde option, ça ferait tâche un génocide de masse sur mon CV.

Izuku ne put s'empêcher de rire un peu, l'envie d'appeler son homme pour le rassurer chevillée au corps. Bien sûr que cette bague était pour lui. La bague et la demande qui allait avec !

Son rire s'arrêta net quand Katsuki montra sa main droite à la caméra, l'anneau argenté parfaitement visible à la base de son annulaire. Izuku entendit vaguement son amoureux parler, mais ne l'écouta pas, tout obnubilé par le bijoux au doigt de son blond. Kacchan avait mis la bague ! Et qu'est-ce qu'elle lui allait bien ! Elle était pourtant très simple, un simple anneau plat, assez large, sans fioritures visibles, leurs initiales étant simplement gravées à l'intérieur. Mais si Izuku l'avait trouvé parfaite en magasin, il la trouvait tout simplement magnifique au doigt de Kacchan.

Un claquement de doigt agacé le fit sursauter.

- Je sens que je t'ai perdu là ! Oï Deku ! Tu m'écoutes au moins ? râla le blond dans la vidéo.

Machinalement, Izuku hocha la tête, songeant que décidément Kacchan le connaissait beaucoup trop bien, étant même capable d'anticiper ses réactions. Pas que ce soit surprenant, ni que la réciproque ne soit pas vraie.

- Ok, je disais donc... C'est oui, hein ! reprit le blond en souriant d'un air moqueur. Au cas où t'aurais le moindre doute. Katsuki Bakugo-Midoriya, ça fait classe non ? Et Izuku Midoriya- Bakugo encore plus !

- Oui, Kacchan ! souffla avec émotion Izuku. Ça fait très classe !

Ça faisait surtout très chaud à son petit cœur. Kacchan avait accepté de l'épouser ! Kacchan voulait porter son nom et lui donner le sien ! Ils allaient se marier !

- Je suis sûr que tu chiales, soupira Katsuki avec amusement en posant le bouquet hors champ de la caméra. Garde tes putains d'yeux bien ouverts, parce que moi aussi j'avais prévu un truc pour notre anniv. Et tu as sacrément intérêt à être seul et pas en public pour la suite. Ni à te faire déranger !

Tout en parlant, Katsuki recula, dévoilant à la caméra l'entièreté de son corps, totalement nu !

Le cœur d'Izuku manqua un battement, avant de repartir à une vitesse folle, anticipant la suite s'annonçant fort alléchante de la vidéo. Kacchan nu, en train de s'installer sur le lit, le dos contre la tête de lit, forcément c'était prometteur. Surtout quand il vit son amoureux trifouiller sa montre connectée et que la caméra zooma, lui permettant de voir de plus près le corps d'Apollon s'offrant à son regard impudique.

- Tu devrais faire pause pour t'assurer de pas être dérangé, suggéra Katsuki en glissant ses mains de manière aguicheuse sur son torse. Ce serait dommage d'être emmerdé en plein spectacle !

Sans perdre une seconde, Izuku appuya sur son écran, figeant pour quelques minutes l'image alanguie de son mec visiblement décidé à l'allumer à distance. Il posa le téléphone sur le lit et se précipita vers la porte de sa chambre, l'ouvrant à la volée juste le temps d'accrocher à la poignée le petit panneau : Ne pas déranger, et de la claquer sans douceur.

Pour faire bonne mesure, il ferma à clé, éteignit le plafonnier, ferma les rideaux, se déshabilla prestement, alluma la lampe de chevet, se glissa sous la couette, avant d'en ressortir précipitamment le temps d'aller chercher un paquet de mouchoirs en papiers dans sa valise. Les mouchoirs allaient être indispensables, il le sentait. Que ce soit pour essuyer ses larmes ou autre chose. Kacchan avait parlé d'un spectacle... Izuku comptait bien en profiter au maximum quelque soit la nature dudit spectacle.

Impatient, il relança la vidéo sur laquelle, nu sur le lit, Katsuki se caressait sans aucune pudeur. Izuku suivit des yeux les mains glissant sur la peau si parfaite de son homme, admirant les courbes de celui-ci. Il les connaissait par cœur, pour les avoir parcouru encore et encore de toutes les manières possibles. Mais ce qu'il préférait, même s'il ne l'avait jamais avoué, ne l'avouerait jamais, même sous la torture, c'était regarder son amoureux prendre son pied. Rien ne l'excitait plus que de voir Kacchan se noyer dans la luxure.

Par chance, le blond n'était pas du genre pudique, exhibant sans complexe son corps et le plaisir qu'il prenait dans l'acte charnel. Un soupir résonna depuis le téléphone, attirant l'attention d'Izuku sur le visage aux traits détendus de Katsuki. Le léger rictus provocateur ourlant la bouche de son homme lui donna l'envie de l'embrasser jusqu'à lui faire ravaler son arrogance, tout en l'excitant encore plus. Oui, Katsuki était un petit con, mais Izuku l'aimait ainsi.

- J'avais prévu de t'attacher avec la corde, tu sais la rouge, pour pas que tu puisses bouger, avoua Katsuki en continuant à se caresser sensuellement. Ouais, je t'aurai juste attaché la main à quelques centimètres de ta queue pour que tu puisses même pas te branler, et surtout pas me toucher. Mais, bon... finalement... par vidéo c'est pas mal non plus. Aucun risque que tu triches en utilisant ton alter pour te détacher.

Izuku fit une moue boudeuse. Si l'idée de regarder son homme se faire du bien tout seul lui plaisait, l'idée de ne pas pouvoir se toucher en même temps ne l'emballait nullement. Finalement, par vidéo c'était très bien. Katsuki ne pourrait pas l'empêcher de faire ce qu'il voulait puisqu'il ne verrait pas. Pour une fois qu'il voyait un avantage à cette mission de merde.

Sur l'écran, Katsuki sortit de sous un oreiller deux carrés de plastique argenté; faisant sourire Izuku. Son sourire s'agrandit quand il vit son homme enfiler une capote sur son érection. Évidemment... Sieur Katsuki refusait de dormir dans un lit souillé par des fluides corporels... Donc mettre les préservatifs étaient obligatoires. Même quand il était seul visiblement.

- Je sais que tu te marres le nerd ! grogna son blond d'amour à travers l'écran tout en enfilant le second préservatif sur son index et son majeur droit. J'ai la flemme de changer les draps ce soir, et ma maniaquerie et moi on t'emmerde !

- Moi aussi je vous aime, ta maniaquerie et toi, Kacchan, souffla Izuku avec un tendre amusement.

Oui, il aimait Kacchan et sa maniaquerie, Kacchan et sa grande gueule, Kacchan et son caractère de cochon. En fait, il aimait tout, absolument tout, chez Kacchan. Ses défauts comme ses qualités, ses forces comme ses faiblesses. Tout... De la pointe de ses cheveux blonds aux bouts de ses orteils. Il l'aimait du réveil au coucher et du coucher au réveil. Il l'aimait même quand il était malade et absolument insupportable. Parce que, évidemment, Monsieur Bakugo ne supportait pas d'être malade.

Un discret gémissement le sortit de ses pensées et Izuku se mordit les lèvres en voyant les doigts de son amoureux disparaître entre ses cuisses écartées. Cela devrait être interdit d'être aussi indécemment sexy ! Pas qu'Izuku s'en plaigne, après tout il était le premier à apprécier ce fait et à en profiter. Mais autant de sexytude nuisait fortement à sa santé mentale.

Il suffisait d'un regard, d'un geste de Kacchan pour qu'Izuku oublie tout ce qui l'entourait pour ne plus penser qu'à tout ce qu'il pourrait faire à son homme. Heureusement, Katsuki semblait en avoir conscience, n'usant jamais de ce pouvoir magique en public. En privé, en revanche, c'était une toute autre histoire. Tous les meubles, coins et recoins de l'appartement en avaient été témoins. Même le placard à balai pourtant très étroit n'y avait pas échappé.

Glissant sa main droite sous la couette pour aller caresser son érection douloureuse d'être ignorée, Izuku ne put retenir un gémissement d'envie quand Kacchan sortit de sous l'oreiller un gode vert.

- Je te préviens... Izu... t'as pas intérêt à jouir av... ant moi ! haleta le blond se doigtant toujours sur la vidéo. Je le... saurais !

Izuku n'eut aucun doute sur la question. Il était très mauvais pour cacher quoique ce soit à son homme et ce dernier avait une sorte de sixième sens lui permettant de détecter les mensonges. Et nul doute que ce serait l'une des premières choses qu'il lui demanderait à son retour. Si Izuku mentait, Katsuki le saurait immédiatement. Et le lui ferait chèrement payer. On ne désobéissait pas à Monsieur Bakugo Junior !

Les yeux rivés sur son écran de téléphone, Izuku vit Katsuki lécher avec gourmandise le gode vert, ses doigts s'activant toujours entre ses cuisses. L'angle de la vidéo lui permettait de tout voir, sans pudeur et sans complexe. Un grognement d'envie lui échappa quand le jouet disparut partiellement entre les lèvres de son homme, lequel fixa l'objectif d'un air narquois brûlant de plaisir.

Était-ce possible d'être jaloux d'un morceau de silicone ? Visiblement oui. Parce qu'Izuku crevait d'envie que la bouche de son amoureux s'occupe de son érection comme elle s'occupait du gode. Ce foutu jouet qui ne ressentait rien lui ! Izuku, lui, savait à quel point la langue de son blond était délicieuse, à quel point il était bon d'être dans l'antre humide de sa bouche, entre ses lèvres brûlantes d'avidité.

Lui qui n'aimait pas les fellations avait été totalement converti à cette pratique par une grande gueule arrogante. Et même s'il n'appréciait toujours pas particulièrement les faire, il se pliait volontiers à l'exercice pour le plaisir de voir son homme se perdre dans le plaisir qu'il lui procurait.

- Bordel ! Pour un mec qui n'aime pas ça, t'es sacrément doué !

Ça avait été l'un des plus beaux compliments qu'Izuku avait entendu de sa vie. Parce qu'il venait d'un Katsuki essoufflé par la jouissance... Parce qu'il venait de Kacchan, si avare en félicitations...

- Hey ! Deku ! T'es prêt pour la suite ?

La voix rauque sortant du haut parleur de son téléphone fit frissonner Izuku d'un désir brûlant. Oh oui, il était prêt pour la suite... pour toutes les suites que voudraient Kacchan même. Sa main s'immobilisa sur son érection, toujours douloureuse d'envies inassouvies. Si ça n'avait tenu qu'à lui, Izuku aurait probablement déjà joui. Mais il devait se retenir pour ne pas jouir avant son homme.

Les doigts de Katsuki quittèrent l'antre qu'ils préparaient, laissant la place au gode vert sur lequel s'étala du lubrifiant. Sous la couette, Izuku bougea sa main au rythme où le sextoy disparu dans l'intimité de son amoureux, soupirant d'envie de le voir se tendre sous l'intrusion si plaisante qu'elle lui tira un gémissement à damner tous les saints. Et le sourire de petit con que son homme lui lança une fois le gode bien niché entre ses cuisses n'arrangea rien à l'excitation d'Izuku.

Il aurait dû s'en douter ! Vraiment, il aurait dû ! En voyant le sourire de petit con, il aurait dû savoir que Kacchan allait faire ça ! Évidemment qu'il allait faire un truc pareil ! Cette saloperie ! Izuku ne se retint pas de protester, son homme ne pouvant pas l'entendre, quand ce dernier abandonna le jouet à sa place pour se caresser sensuellement le torse et les cuisses. Le tout avec un regard pétillant d'amusement malgré le plaisir et l'excitation parfaitement perceptible dans ses iris rougeoyants.

Lentement, Izuku caressa son sexe tendu, apportant un soulagement bien infime à côté de ce qu'il désirait vraiment. Sur son téléphone, Katsuki agaça ses tétons, se faisant soupirer doucement avant d'aller cajoler ses cuisses musclées et ouvertes sur son intimité écartée autour du gode vert.

- Sois pas si pressé, Deku, se moqua l'exhibitionniste. On a un anniv à fêter... et des fiançailles !

- Oh crois moi ! pesta Izuku en dardant un regard noir sur son amoureux. On fêtera ça à mon retour ! C'est toi qui va te retrouver attaché à ne pas pouvoir bouger ! Saleté !

Le rire tout en souffle de son homme n'apaisa nullement son désir de plus, bien plus. Bien sûr que Kacchan avait deviné qu'il allait râler ! Évidemment ! Il le connaissait trop bien.

- Si tu savais comme ça m'excite de savoir que tu vas mater ça ! avoua Katsuki avec un sourire arrogant. Dommage qu'on ait pas pu faire ça en direct live...

Oui c'était dommage. Izuku se serait fait un plaisir d'énoncer à sa bombe sur patte personnelle tout ce qu'il comptait lui faire dès son retour de mission. Si Kacchan savait comment l'exciter, la réciproque était vraie, et rien n'excitait plus Kacchan qu'un Izuku entreprenant et grossier. Izuku s'était d'ailleurs découvert des talents jusque-là ignorés dans ce domaine. A croire que Katsuki avait bien plus déteint sur lui qu'il ne le pensait.

Se mordillant les lèvres, Izuku se délecta du spectacle offert par son compagnon. Alangui sur le lit, ses mains errant langoureusement sur son corps d'Apollon, ses cuisses écartées dévoilant sans pudeur la base ronde et verte du jouet niché entre elles. Il crevait d'envie de se saisir de cette base pour bouger le gode, s'en servir pour faire crier de plaisir Kacchan. Il voulait poser ses lèvres sur celles de son homme, lui volait le souffle pour qu'il ne puisse plus respirer un autre air que le sien.

Sa main se crispa sur son érection douloureuse, sanglotant presque de frustration, obligée qu'elle était d'attendre le bon vouloir d'un blond incendiaire. Frustration qui ne s'arrangea pas quand un éclat brillant attira l'œil d'Izuku sur l'annulaire droit de son amoureux, et sur l'anneau l'ornant. Maudit soit tous les ministres du monde et leurs exigences capricieuses qui l'empêchait d'être près de l'homme de sa vie en ce moment même !

- On passe aux choses sérieuses, I... zu... ku ! souffla Katsuki sur l'écran du téléphone en glissant sa main auréolée de métal argenté entre ses cuisses frémissantes.

Et Izuku en aurait presque pleuré de soulagement s'il n'avait pas craint de rater ne serait-ce qu'une seule micro-seconde du spectacle se déroulant sous ses yeux. Tout en suivant le rythme imposé par son amant au gode vert allant et venant dans son intimité, Izuku se délecta des soupirs et gémissements rauques de plaisir sortant du haut-parleur de son téléphone.

De lourds frissons, prémices de la jouissance, le traversèrent le faisant haleter d'envie. Il avait tellement envie de toucher Kacchan, de sentir son odeur, sa chaleur. Il crevait d'envie de remplacer la main droite de Katsuki par la sienne pour faire bouger le jouet niché entre les cuisses ouvertes de son homme. Il bouillonnait d'envie de joindre sa bouche à la sienne pour recueillir sur sa langue les sons si érotiques sortant de la grande gueule de son amoureux. Et il avait terriblement envie de jouir... Douloureusement envie même !

Heureusement, Katsuki ne semblait pas être dans un état bien meilleur que le sien, sa main gauche, jusqu'alors occupée à caresser le torse imberbe, descendant pour saisir son érection tendue et honteusement négligée depuis le début de la vidéo.

- De... ku... Moi... en... pre...mmmm... ier ! rappela quand même l'exhibitionniste.

- Méch... aaant ! haleta Izuku en retenant difficilement son propre plaisir.

Quelques secondes suffirent pour qu'Izuku voit son amoureux se tendre sur le lit en un ultime gémissement, se déversant dans le préservatif protégeant son érection. Et deux coups de poignets plus tard, Izuku l'imita, les yeux rivés sur l'écran de son téléphone où Katsuki redescendait du septième ciel en haletant, l'orgasme encore inscrit sur chaque trait de son visage.

- Hey... Izu... Si tu croyais une seconde que j'avais pas remarqué que t'es un putain de stalker, même dans ce domaine... se moqua doucement Kacchan en retirant le jouet de son intimité. Ben, tu t'es fourré le doigt dans l'œil, le nerd !

Tout en essuyant sa main souillée par ses propres fluides corporels, Izuku roula des yeux avec une moue boudeuse.

- Je suis pas un stalker, protesta-t-il vainement, son amoureux ne pouvant pas l'entendre.

Ce n'était pas sa faute si Kacchan était si fascinant à observer dans chaque aspect de sa vie. C'était uniquement la faute du blond lui-même ! Il n'avait qu'à pas être aussi... parfaitement lui ! Izuku ne faisait que regarder le spectacle permanent qu'était son homme. Lequel pesterait comme un putois s'il ne le faisait pas en plus !

- Note que je m'en plains pas, hein ! enchaîna Katsuki inconscient des protestations internes de son compagnon. Tant qu'il y a que moi que tu mates comme ça, ça me va.

Tout en parlant, Katsuki enroula le jouet dans une serviette de toilette, sortie d'Izuku ne savait où, et ôta le préservatif usagé qu'il noua soigneusement avant de se lever pour le jeter dans la poubelle posée près de la commode. Commode où reposait le téléphone indiscret.

- Bon anniversaire, Izuku, souffla Katsuki en gros plan sur l'écran, un doux sourire aux lèvres. Dors bien.

L'écran devint noir, signifiant la fin de la vidéo.

Izuku soupira lourdement avant d'envoyer un court message à son amoureux "Dors bien toi aussi Kacchan, et bon anniversaire", ponctuant le tout de petits cœurs. N'étant pas aussi maniaque que son compagnon, il se contenta d'essuyer vaguement toutes traces de son activité, avec des kleenex, avant de se rouler dans la couette, et d'éteindre la lumière pour dormir. Il s'endormit bercé par le souvenir de la voix grave de son homme, et l'espoir de le retrouver vite chevillée au cœur.

Une douce odeur de café vint titiller les narines d'un Izuku endormi qui grogna vaguement dans sa somnolence. Un coup d'œil endormi à son téléphone lui apprit que son réveil sonnerait dans moins de cinq minutes, et il hésita entre profiter de ces cinq minutes pour somnoler encore un peu, ou sortir du lit en avance. Décidé à profiter de la chaleur de sa couche, Izuku ferma les yeux et rabattit rapidement la couette par-dessus sa tête.

Un rire le fit sursauter violemment. Il y avait quelqu'un dans sa chambre ! D'un bond, près à attaquer, Izuku sauta de son lit, complètement nu, n'ayant pas pris la peine de se couvrir la veille. Il se figea en voyant qui le fixait tranquillement assis au pied du lit, les bras croisés et l'œil moqueur.

- Ka... kacchan ? bafouilla Izuku incrédule.

Peut-être était-il encore en train de rêver ?

- Non, je suis le pape et j'attend ma sœur, ricana ledit Kacchan.

- Mais... mais qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna Izuku sans relever la raillerie de son homme.

- Je suis venu t'apporter le petit déj au lit, répondit tranquillement Katsuki, un rictus moqueur aux lèvres et en désignant du menton la table où trônait un plateau bien rempli.

Encore mal réveillé, Izuku resta bêtement figé, ses yeux allant du blond assis au pied du lit au plateau de petit déjeuner dont s'échappait une délicieuse odeur de café. Katsuki baissa le regard, un de ses sourcils se relevant avec un amusement évident.

- T'es content de me voir, on dirait, lâcha-t-il narquoisement.

Machinalement, Izuku baissa les yeux vers son propre corps, constatant que son entrejambe était elle bien réveillée et partante pour toute activité l'incluant.

- C'est le matin ! protesta Izuku en se précipitant pour se vêtir rapidement.

- Donc... t'es pas content de me voir ?

- Si ! Bien sûr ! Je... suis juste surpris ! Mais bien sûr que je suis content de te voir Kacchan ! Va pas t'imaginer n'importe quoi ! Et...

Un baiser sur la bouche le fit taire efficacement, l'empêchant de se noyer dans sa propre culpabilité.

- Respire, Deku, je te charrie, souffla Katsuki qui s'était levé pour le rejoindre.

Maintenant pleinement réveillé, et certain que son amoureux était bel et bien là, Izuku l'enlaça avec force, soupirant de bonheur en retrouvant celui qui lui avait tant manqué ces trois derniers jours.

- Le café va refroidir, fit remarquer Katsuki en lui rendant son câlin. Et tu vas te mettre en retard.

- M'en fous, grogna Izuku pas décidé à lâcher son homme. Mission de merde de toute façon. Il se passe rien ! Kacchan... Tu veux pas rester avec moi ?! Tu me manques !

- Justement... j'ai négocié avec le patron hier, avoua Kats. Je suis le renfort !

- C'est vrai ?! s'exclama Izuku en relevant la tête du cou où elle était confortablement nichée.

- Ouais... j'ai pris la route cette nuit, après t'avoir envoyé la vidéo, confirma Katsuki en souriant. Va prendre ton petit déj !

Tout en parlant, il avait poussé son amoureux vers la table, l'incitant à s'installer pour se sustenter.

- Mais Kacchan, venir en renfort sur une mission où il se passe rien, maugréa Izuku entre deux bouchées de croissants, comment tu as convaincu le boss ?

- Je lui ai dit que s'il ne me laissait pas y aller, je claquais la porte pour bosser en freelance et que je lui piquerai toutes les affaires intéressantes du secteur.

Izuku hocha la tête, avalant sa gorgée de café en même temps. Sûr qu'avec de tels arguments, leur patron avait dû céder facilement. Si Dynamight quittait l'agence, Deku le suivrait forcément et probablement Shoto aussi. Bref, en laissant partir le blond, leur boss perdrait trois de ses meilleures recrues, lesquelles seraient en plus des concurrents redoutables sur le marché de l'héroïsme.

- Mais pourquoi tu as fait ça, Kacchan ? s'enquit Izuku, curieux des raisons ayant poussé son homme à de telles extrémités.

- Parce que se fiancer à distance, c'est nul ! déclara Katsuki en montrant sa main droite où brillait l'anneau de fiançailles. Et tu me manquais sérieusement, le nerd.

La chaise tomba tragiquement au sol quand Izuku sauta sur son amoureux pour l'embrasser passionnément, le cœur débordant d'allégresse et d'amour pour son Kacchan.

Quand Fumikage vient frapper à la porte de la chambre, une bonne demi-heure plus tard, Izuku n'avait toujours pas pris sa douche, et était complètement nu dans le lit, blotti dans les bras de son amoureux tout aussi nu. Amoureux qui rit franchement en voyant Izuku s'affoler d'être en retard, sautant du lit directement dans son costume, sans même prendre la peine de se laver ni se coiffer.

- Repose toi Kacchan ! On se voit tout à l'heure ! cria Izuku en claquant la porte derrière lui, rejoignant son collègue qui s'étonna :

- Bakugo est là ?

- Il est arrivé en renfort, expliqua Izuku avec un grand sourire.

- En renfort ? Sur une mission aussi... ennuyante ? insista Fumikage.

- Il y aurait des infos sur une potentielle attaque terroriste, mentit Izuku en courant dans les couloirs pour rejoindre la salle de réunion devant laquelle il ferait le pied de grue toute la journée.

Fumikage eut le bon ton de faire semblant de le croire sur parole, et Toru n'insista pas quand il assura que c'était un moustique le responsable de sa rougeur dans le cou. Mais ses deux amis échangèrent un regard plein de sous-entendus quand Fumikage informa la seule femme du groupe de l'arrivée de Bakugo le matin même. Alors qu'il s'installait à son poste, Izuku sentit une vibration dans sa poche et en sortit son téléphone. Lequel lui afficha un message qui le fit beaucoup rire :

- Tu as changé les draps, au moins ?

Fin.