Petit mot de l'autrice : on reprend avec du (un peu) plus sérieux
Texte 8 : Catelyn & Osha
contexte : UA post saison 5
Pendant très longtemps, Catelyn avait profondément détesté les sauvageons.
Pourquoi ? Elle ne le savait pas vraiment. Peut-être parce que depuis sa plus tendre enfance, on lui avait raconté des légendes sur les peuples du Grand Nord. Toutes ces idioties à base de chantage - sois sage, sinon les sauvageons t'emmènerons et te mangerons ! Les récits que lui en avaient fait les quelques frères noirs venant à Winterfell n'avaient pas vraiment aidé à améliorer son opinion. À ses yeux, les Sauvageons n'étaient qu'un ensemble d'hommes perdus, vivant pour le sang et la bagarre, sans aucun dieu ni culture autre que la soumission des autres. Des gens inciviles et dangereux dont il fallait te prémunir, voilà ce qu'ils étaient pour elle.
Aujourd'hui, lorsqu'elle repensait à ses pensées d'autrefois, elle avait honte. Honte des préjugés auquel elle s'était laissé allée, honte à la faiblesse d'esprit dont elle avait fait preuve. Mais une part d'elle était tout de même fière : contrairement à beaucoup de ses compatriotes, elle avait réussi à dépasser cette haine. Elle avait su se remettre en question, se détacher de ce qu'on lui avait apprit.
Et tout cela, elle le devait à Osha.
Bien sûr, quand elle avait découvert que c'était une sauvageonne qui s'était occupé de ses fils, elle n'avait pas été ravie. Néanmoins, la question ne s'était pas posé. Cette Osha avait sauvé Bran et Rickon. Sauvageonne ou pas, elle ne pouvait que lui en être éternellement reconnaissante. Alors elle s'était avancée vers elle, pour la remercier. Osha avait acquiécé, expliquant que son geste de secours était naturel. L'histoire aurait pu s'arrêter là, si Catelyn n'avait pas eu une réflexion malheureuse :
- Tout de même, je vous en remercie bien. Vous avez fait preuve de beaucoup d'altruisme, pour une sauvageonne.
Là, Osha avait explosé de rire. Un rire peu joyeux, un brin dédaigneux.
- Pour une sauvageonne ? Qu'est-ce que ça veut dire « pour » une sauvageonne ?
Catelyn avait alors bredouillé quelques mots, les phrases habituelles. Vous savez... votre peuple n'est pas très... enfin un peu... Et puis vous n'êtes pas vraiment civilisés... Ces mots, Catelyn les avaient prononcé des centaines de fois. Mais là, face à cette femme fière, c'était bien la première fois qu'ils lui paraissaient aussi violents. Insultants, même. Elle s'était alors tu, un peu piteusement, avant de dire :
- Je suis désolée. Je crois que je raconte n'importe quoi.
- En effet, lui avait répondu Osha avec une petite tape sur l'épaule. Commencez déjà par arrêter de dire « Sauvageons ». C'est une appellation que vous, les gens du Sud, vous nous avez donné pour vous moquer de nous. Nous sommes le Peuple Libre.
Osha lui avait alors parlé de son peuple, de ses croyances, de sa vie par delà le Mur. Catelyn avait alors découvert un monde pas si différent du sien : un monde rempli de gens biens, qui tentaient de vivre et d'aimer malgré les difficultés.
- Bien sûr, on a notre lot d'abrutis, avait dit Osha. Mais ça, c'est pareil pour vous.
Et Catelyn n'avait pu qu'acquiescer. Petit à petit, elle en était venue à se détacher de ses préjugés. Et aujourd'hui, elle pouvait le dire fièrement : elle était une meilleure personne qu'avant sa rencontre avec Osha. Catelyn ne pouvait donc que lui être éternellement reconnaissante : Osha n'avait pas seulement sauvé son fils. Elle avait aussi sauvé son âme.
