Petit mot de l'autrice : j'aime bien celui là


Texte 9 : Catelyn & Jon Arryn

contexte : UA sans contexte précis


Quand Jon vit que lady Stark l'attendait devant la porte de son bureau, il soupira intérieurement. La séance de doléances de la matinée l'avait déjà considérablement épuisé, et il se doutait qu'il en serait de même pour la séance de l'après-midi. Il avait espéré pouvoir profiter de la pause du midi pour avancer certains de ses dossiers. Néanmoins, Catelyn était devant son lieu de travail, et donc dans son bon droit. Il n'avait aucune raison de lui refuser une audience – car Jon n'était pas dupe. Personne ne venait le voir dans son bureau pour discuter avec lui ou s'enquérir de sa santé. Quand quelqu'un attendait, c'était pour lui demander une faveur ou exposer un problème. Regroupant son contrôle de lui-même, il offrit donc un petit signe de tête à la Lady, avant de l'inviter à le suivre à l'intérieur.

- Que puis-je pour vous ? Demanda-t-il sitôt qu'ils furent assis.

Jon avait espéré accélérer l'entrevue, mais celle-ci prit un tournant inattendu lorsque Catelyn dit :

- Ma sœur est malheureuse.

Oui, ça, Jon ne l'avait pas vu venir. Il ne put donc que laisser échapper un petit :

- Et... ?

Il se rendit compte de son erreur lorsqu'il fit face à deux yeux noirs.

- Et, vous êtes son époux, répondit Catelyn d'une voix glaciale. Son bonheur est donc censé vous préoccuper. Ainsi, je vous préviens. Si je vois, d'ici la fin de mon séjour, que le moral de ma sœur ne s'est pas amélioré, je vous en tiendrais personnellement responsable. C'est bien clair ?

Lysa lui avait souvent parlé du côté téméraire de son aînée. Manifestement, elle n'avait pas exagéré. C'était bien la première fois que quelqu'un le menaçait ainsi. Il hésitait à se fâcher ou à rire, avant de se rendre à l'évidence : elle n'avait pas tord. Lysa était malheureuse, il n'avait même pas cherché à nier lorsque Catelyn avait asséné cette vérité. Sa femme souffrait du mal du pays, et son décalage avec les dames de la cour n'aidait pas à son intégration. Les nombreux drames qui avaient ponctué ses grossesses n'aidaient pas à son bonheur. Et si Jon n'était pas responsable de ces éléments, il était coupable de ne pas essayer de les compenser. Car même s'il n'aimait pas Lysa, elle demeurait quelqu'un de bien, pour qui il avait du respect. La façon dont il se comportait avec elle n'était pas à la hauteur, loin de là. Il offrit donc un petit hochement de tête à la Lady en face de lui.

- C'est très clair.

Catelyn lui dit « Très bien », avant de partir. Une fois seul, Jon ne se rua pas sur des dossiers comme il avait pensé le faire. À la place, il sortit un parchemin vierge, traçant d'une main hésitante :

Idées de présents à faire à Lysa

Bon. Il n'avait pas encore d'idées. Mais c'était un début.