Les secrets honteux de l'ancien directeur
Fenrir Greyback s'était découvert des talents pédagogiques depuis qu'il avait été nommé professeur à Poudlard.
Au début, il pensait qu'il allait dévorer les élèves dès la première semaine mais très vite, le loup en lui les avait assimilés à des louveteaux de la meute et s'était drastiquement calmé. En prônant autre chose qu'un discours ouvertement agressif, il avait réussi à intéresser les élèves à sa matière et mieux, à se faire un allié de Rubeus Hagrid grâce à ses propres connaissances.
S'il avait rapidement fait courir le bruit qu'il avait la potion Tue-loup à sa disposition, ce n'était pas pour autant que Fenrir la prenait. Contrairement à ce qu'on pouvait penser, il avait le parfait contrôle sur sa transformation et Severus le savait également. Il avait donc eu la permission de terroriser les imbéciles qui voudraient passer outre les règles de sécurité et il avait fallu deux pleines lunes pour que tout le monde reste sagement dans sa salle commune pendant lesquelles honnêtement, le loup garou avait pris son pied.
S'il connaissait Severus Snape, Fenrir n'avait jamais eu l'occasion de côtoyer les autres professeurs. A cause de son affection, il n'avait jamais pu entrer à Poudlard, ni lui, ni ses semblables. Il avait donc été surpris d'apprendre que le jeune Remus Lupin y avait été admis mais en entrant dans l'équipe professorale, il avait eu le fin mot de l'histoire sur le sujet, sans surprise, l'influence de Dumbledore …
Si la plupart avait réussi au fil des jours à passer outre son statut de mangemort, il avait réussi à se lier avec Aurora Sinistra et Moïra Zabini. La première, ancienne auror, l'aidait à mettre au point un programme de duel avec l'entraînement approprié avec le soutien de Severus Snape et de Filius Flitwick, la seconde élaborait une gamme de potions pour les loups garous en collaboration avec Severus. Il avait donc appris par la force des choses à reconnaître les différentes potions normalement en circulation dans une école … et celles plus en adéquation pour une utilisation plus privée pour lady Zabini.
Fenrir ne put s'empêcher de rougir. Si Aurora Sinistra n'avait pas montré d'intérêt à entamer une relation plus poussée avec un loup garou, ce n'était pas le cas de Moïra Zabini. Récemment veuve, la quadragénaire assumait totalement sa sexualité et ne cachait pas multiplier les relations, ce qui lui avait valu le surnom de Veuve Noire. Ils n'avaient même pas l'excuse de l'alcool quand ils avaient passé la nuit ensemble et depuis, ils avaient remis ça de temps à autres, entrecoupé par des petites expériences sur l'adaptation des potions sorcières à d'autres organismes.
Alors quand Fenrir entra dans la Grande Salle et sentit l'odeur d'une potion indiquée comme prohibée par Moïra, il sut qu'ils allaient au-devant d'un certain nombre de problèmes.
-Un problème, grand méchant loup ? pouffa Moïra
-Il y a de l'amortensia ou des dérivés en circulation, annonça Fenrir en prenant place à la table des professeurs.
Moïra devint sérieuse. Elle avait appris à le connaître et savait qu'il ne se permettrait pas de mentir sur un tel sujet.
-Où ? demanda simplement Moïra
-Table de Gryffondor, répondit Fenrir.
-Quels crétins, siffla Moïra.
La sorcière écrivit une note qu'elle envoya à Severus. Ce dernier le lut soigneusement avant d'acquiescer.
-Tu m'accompagnes ? proposa Moïra. Après le repas, bien entendu.
-Pour quoi faire ? s'étonna Fenrir
-On va fouiller la tour Gryffondor, répondit Moïra. Severus se charge de fouiller les élèves et leurs sacs.
La fouille s'était finalement poursuivie dans les autres maisons avec l'aide des autres directeurs de maison quand les preuves d'un trafic de potions interdites furent mises à jour dans les affaires d'un Gryffondor de cinquième année. A la fin de la journée, les professeurs étaient épuisés, les élèves mis en cause avaient été placés en isolement en attendant de contacter les parents et / ou les aurors et les potions confisquées.
-Pourquoi tout ce tapage ? grogna Fenrir
Filius, Pomona, Moïra, Severus et lui étaient réunis dans la salle de réunion.
-Je pense qu'il est temps de vous expliquer pour quelle raison la fouille des affaires des élèves a été ordonnée, déclara Severus. Et la raison pour laquelle les directeurs de maison ont été dépêchés pour aider.
-D'ailleurs, où se trouve Minerva ? siffla Pomona. Ne me dites pas qu'elle était contre cette fouille et qu'elle fait encore la tête ?
-Je n'avais pas le temps de me préoccuper des caprices d'une vieille chatte, s'irrita Severus.
Tous sourirent. Les prises de bec entre Minerva et Severus étaient légion depuis le début de l'année quand il avait été désigné directeur à sa place.
-Nous avons autre chose à faire que de la prendre en compte, grogna Severus. Je vais résumer l'histoire. En début de journée, Fenrir a senti l'odeur de l'amortensia, potion réglementée devant la loi, vers la table de Gryffondor. Je lui ai donné l'autorisation avec Moïra de fouiller la tour pendant que j'ordonnais la fouille des sacs de cours. Très vite, Moïra et Fenrir ont trouvé la potion ainsi que plusieurs autres réglementées qui n'auraient jamais dû se trouver entre les mains de mineurs. Ils ont également trouvé une correspondance qui impliquait des élèves de d'autres maisons, d'où la fouille générale. Voici ce que nous avons trouvé …
Le sort de désillusion fut levé et tous écarquillèrent des yeux devant la quantité de fioles réunies en une seule fouille générale. Ce trafic était donc vraiment très important.
-Si vous ne vous étiez pas inquiété, on serait vraiment passé à côté … haleta Filius.
-C'est ça qui me dérange, avoua sombrement Severus. Vu la quantité, ce trafic n'est clairement pas récent. J'ai également eu le temps d'examiner certaines potions et elles ne n'ont pas été brassées par les élèves.
-Vraiment ? s'étonna Moïra
-J'ai enseigné les potions pendant quinze ans, rappela Severus. Je connais les erreurs généralement faites par les étudiants et les écueils évités par les bons brasseurs. Ce ne sont pas des élèves de Poudlard qui les ont brassés, j'en suis certain.
-Et des élèves doués ? proposa Pomona
-J'en ai eu très peu et ils ont des petites habitudes que j'ai soigneusement enregistré, par précaution, indiqua Severus. Non, ces potions sont fraîches et n'ont pas été brassées par des adolescents.
-Alors cela veut dire qu'ils ont trouvé un moyen que nous ne connaissons pas de se les procurer, fit Filius.
Tandis que le groupe se répandait en théorie plus ou moins plausibles, Severus plongea dans ses pensées. Sirius lui avait fait part du trafic au centre duquel se trouvaient ses propres potions et il sentait que c'était lié à ce qu'il venait de découvrir.
-S'il vous plait, fit Severus. Pour le moment, peu importe comment ces potions sont arrivées jusqu'ici, le plus important est qu'elles ne puissent plus le faire.
Il les regarda tous un à un et savait que ce qu'il allait dire allait obtenir leur assentiment.
-Nous devons agir avec prudence, décréta Severus. Nous devons mener l'enquête à notre niveau et prendre les mesures qui s'imposent dans la plus grande discrétion si nous voulons garder notre liberté d'action.
Tous hochèrent la tête, même Fenrir. Que ce soient les agents du ministère ou les mangemorts, tous avaient en tête leur satisfaction personnelle plutôt que le bien-être des élèves ou même l'avenir du monde sorcier. Severus ne comptait plus le nombre de fois où il avait entendu Fenrir s'énerver contre la volonté de Voldemort d'utiliser sa meute pour ses propres intérêts alors que son adhésion était conditionnée au fait qu'elle ne devait pas être impactée, de gré ou de force. Pour le ministère … l'exemple de Dolores Ombrage se passait de commentaires !
-Une idée ? demanda Severus
-Rien qui ne soit pas totalement illégal, souffla Moïra. Avec cette fouille, ils vont être sur leurs gardes pendant un certain temps.
-Sauf si on leur fournit une raison de croire que c'était un coup de chance, songea Pomona. Nous pouvons coller à la réalité, c'est une fiole d'amortentia oubliée dans un endroit quelconque qui nous a poussé à contrôler tous les élèves car les conséquences de l'utilisation de cette potion pourraient être catastrophiques.
Tous hochèrent la tête et louèrent la prévenance de leur nouveau directeur car Severus avait demandé qu'à chaque fiole de potion réglementée voire interdite trouvée, elle soit remplacée par une copie contenant de l'eau colorée avec la plus ou moins même texture.
-Et pour les élèves isolés ? demanda Fenrir
-Idem, une nervosité exacerbée en guise d'effet secondaire, proposa Severus.
-Mais cela voudrait dire qu'on mettrait Poppy Pomfrey dans la confidence, fit Pomona.
-Ou pas, corrigea Severus. Nous savons tous qu'elle ne trouvera aucun résultat pour un empoisonnement à l'amortentia et il s'agit d'un sort spécifique. Si elle cherche autre chose avec ce sort, elle ne trouvera rien.
Le directeur ne voulait pas impliquer l'infirmière dans un éventuel complot, en sachant que c'était déjà limite quand elle avait créé l'ouverture pour découvrir le trafic dont ses potions faisaient l'objet.
-Nous avons donc un plan, décréta Severus. Je vous demanderai donc de ne pas ébruiter ce que nous venons de comprendre aujourd'hui à qui que ce soit et je vous propose de nous revoir sur le sujet une fois l'affaire un peu tassée.
Tous acceptèrent avant de se séparer pour vaquer à leurs occupations. Severus fut le dernier à partir mais attendit d'être dans ses appartements pour soupirer lourdement.
Comme s'il n'avait que ça à faire !
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Depuis qu'ils étaient tous les deux professeurs, Andromeda Tonks et Sirius Black se voyaient très régulièrement. Même en étant reniée, la sorcière avait une éducation sang pur et mieux, une éducation Black. Si Sirius avait été longtemps l'élément le plus prometteur de sa génération avant qu'il ne claque la porte du clan, Andromeda, même si elle n'était que la cadette, avait porté tous les espoirs de la branche secondaire de faire briller leur famille. Les deux brebis galeuses de la famille s'étaient donc retrouvées avec plaisir et quand elle ne donnait pas des cours d'histoires passionnants, elle indiquait à son cousin les sorts qui pouvaient le plus choquer les sangs purs et les nés de sorciers, quand les nés de moldus n'allaient pas jusqu'à trouver une correspondance avec ce qu'ils connaissaient déjà.
Si chacun était accueilli dans les appartements de l'autre avec grand plaisir, Sirius fut surpris de voir sa cousine écumant littéralement de rage quand il arriva.
-Quelle blague me reproches-tu aujourd'hui ? plaisanta Sirius
Malgré tout, Andromeda rit. En effet, malgré leurs six années de différence, elle avait été victime de l'esprit farceur de son cousin, esprit qui avait été la base de la création des Maraudeurs quelques années plus tard.
-Tu me dois encore une robe neuve, en parlant de ça, renvoya Andromeda. Je n'ai jamais réussi à enlever cette tâche de vin d'elfe parce que tu avais imaginé que ce serait drôle de glisser un pétard dans la carafe de vin.
-Je soutiens que c'était Kreattur le fautif ! s'indigna Sirius
L'évènement avait eu lieu pendant sa neuvième année et lui avait valu une correction mémorable, puisqu'elle avait eu lieu lors d'une réunion de famille. Le pire était que le responsable était Orion Black lui-même qui n'avait pas trouvé mieux comme cachette la fameuse carafe de vin alors vide pour cacher le pétard confisqué à la jeune Narcissa, âgée de treize ans et d'humeur rebelle.
-Sirius Orion Black règle toujours ses dettes, affirma Sirius. Mais ça ne sera pas aujourd'hui. Qu'est-ce qui te met d'aussi mauvaise humeur ?
-Les fréquentations de Nymphadora, grogna Andromeda.
-Ta fille est grande, hésita Sirius.
-Oui, et elle est même auror, siffla Andromeda. Mais si j'avais pu accepter qu'elle s'entiche de n'importe quelle autre créature magique ou même d'un moldu, j'aurais vraiment voulu qu'elle évite le chien de Dumbledore !
Sirius sursauta. S'il y avait bien une chose dont pouvait se vanter l'Ordre du Phénix, c'était bien de n'accueillir presque exclusivement que des sorciers. Cette discrimination « involontaire » lui avait valu la catégorisation de « courant de pensée alternatif » de la part du conseil international magique au lieu du très envié « groupe national armé » qui lui aurait valu une certaine reconnaissance internationale assez recherchée par Dumbledore pour leur donner un aspect légal. Parmi les caractéristiques de l'Ordre, l'absence manifeste de créatures magiques autres que des sorciers, mis à part le fameux chien de Dumbledore, ou autrement dit Remus Lupin.
-Mon Rémus Lupin ? s'étonna Sirius
-Tu en connais d'autres, des imbéciles qui ne voit, ne boit et ne respire que les paroles d'Albus Dumbledore ? cingla Andromeda
Malgré leur amitié dans leur adolescence, Sirius ne pouvait que concéder ce qu'était devenu Remus Lupin. Le loup garou, après une scolarité complète à Poudlard alors que tout non sorcier en était méthodiquement écartée, était resté les années suivantes dans le giron étroit de l'ancien directeur, ne cherchant jamais à en savoir plus sur sa nature qu'il avait impitoyablement réprimé depuis son enfance et suivant scrupuleusement ses ordres, ce qui lui avait valu le surnom de « chien de Dumbledore », aussi bien en Grande Bretagne – aussi bien par les détracteurs que par les membres et sympathisants de l'Ordre du Phénix – qu'à l'international, surnom malheureusement justifié s'il devait se fier à leur dernière rencontre.
-Que s'est-il passé ? demanda Sirius en s'asseyant
-Quelques amis ont vu Dora et Lupin en train de dîner en tête à tête et ça n'avait pas l'air d'être un fardeau pour eux, grogna Andromeda. Elle m'avait dit qu'elle fréquentait quelqu'un et j'espère seulement que ce n'est pas lui.
S'il y avait bien une chose qu'il pouvait reconnaître à Andromeda, c'était bien son réseau d'informations. Il était aussi bien fourni voire plus que celui de Lucretia Black, leur grand-tante, et ce, avant même qu'elle ne quitte Poudlard. Contrairement à ses parents, Druella et Cygnus, ou encore les siens, Walburga et Orion, Meda vérifiait toujours ses informations. Donc si elle affirmait que sa fille fréquentait Remus Lupin, c'était vrai.
-Qu'est-ce qui te dérange dans cette histoire ? demanda Sirius
-Je n'ai rien contre son statut de loup garou, si c'est ce que tu demandes, aboya Andromeda.
-Au moins, ça aura le mérite d'être clair, temporisa Sirius.
-C'est vrai, soupira Andromeda. Mais cet imbécile ne voit pas plus loin que le bout de sa truffe, ou plutôt, ne voit que ce que Dumbledore veut qu'il voie. Par exemple, je sais de source sûre qu'il ne sait même pas à quoi sert exactement la potion Tue-loup.
Sirius hocha la tête. Lui-même avait toujours cru que cette potion permettait d'endormir la partie loup d'un loup garou jusqu'à ce que Severus le lui explique réellement : dérivé de la potion Loup calme, la Tue-loup ne servait que lors des pleines lunes exceptionnelles, comme celles qui accompagnaient les grandes marées, ou les lunes bleues ou rousses, qui influaient grandement sur la magie et déchaînaient particulièrement les créatures sensibles au mouvement de la Lune. En temps normal, les loups garous devaient prendre plutôt la potion Loup calme, qui permettait de tempérer assez le loup pour que son sorcier puisse ne faire qu'un avec lui mais Remus Lupin était abreuvé de la Tue-loup depuis que Severus avait breveté sa version de la Loup calme et c'était la pire chose à faire. Haïssant son loup et ne prenant jamais contact avec, ses transformations étaient vraiment douloureuses, ce qui dégradait de manière funeste son organisme. Même Fenrir était étonné qu'il soit encore en vie alors qu'il biberonnait cette potion depuis une quinzaine d'années !
-Et donc ? fit Sirius
-Tu me connais, j'imagine toujours une situation dans son ensemble, grogna Andromeda. Qu'est-ce qui arrivera si un loup garou psychologiquement instable s'unissait avec une sorcière magiquement instable ?
-Une bombe humaine, comprit sombrement Sirius.
Si l'enfant en question n'avait aucun contrôle sur sa partie loup parce que son père n'en avait pas lors de sa conception, en ajoutant le don héréditaire de métamorphage qui déréglait la magie de son porteur jusqu'à sa deuxième maturation magique au moins, alors ses déflagrations magiques à la moindre contrariété seraient volcaniques, au bas mot.
-En sachant que tu n'as jamais caché le fait que tu aurais aimé me réintégrer mais que ce n'était pas possible et que c'était une question de temps avant que tu ne le fasses avec ma fille … fit Andromeda.
-Et puisque sans enfant de ma part et sans désigner d'héritier, si je réintègre Dora, le prochain héritier Black serait son enfant, en déduisit Sirius. Mais si son père reste autant soumis à Dumbledore, ce vieux fou aura un pied dans notre clan.
-Heureusement, ça n'arrivera pas, souffla Andromeda.
-Pourquoi ? s'étonna Sirius
-Parce que quand j'ai compris que ma propre fille écoutait plus un sorcier sorti de nulle part plutôt que sa propre famille, j'ai décidé de la mettre sous contraceptif, avoua Andromeda. Et non, elle n'est pas au courant.
-C'est … extrême, hésita Sirius.
-C'est réversible, tranquillisa Andromeda. Mais au moins, je suis sûre que Dumbledore ne trouvera pas la solution pour avoir sa propre marionnette métamorphage, j'ai utilisé une potion très fiable.
-C'est radical, félicita Sirius. Mais qu'attends-tu de moi ? A part ne pas réintégrer Nymphadora, cela s'entend.
-Je pense que tu serais la seule personne dont il accepterait d'entendre les critiques, fit Andromeda. Je ne suis pas folle, je sais parfaitement que tant que cela ne sera pas confirmé par son maître, tout ce que tu pourras lui dire entrera dans une oreille et sortira par l'autre. Non, ce que je voudrais, c'est que tu l'écartes de Dora assez longtemps pour que je la mette à l'abri.
-Pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ? s'étonna Sirius
-A cause du contrat de travail de Dora, soupira lourdement Andromeda. Tu sais, je n'ai appris qu'elle était auror qu'après qu'elle ait eu son diplôme. Elle n'a plus donné signe de vie après avoir terminé Poudlard et elle savait que même si je n'étais pas totalement d'accord avec son choix de carrière, j'aurais aimé qu'elle le fasse après une année sabbatique pour mûrir son choix et pour faire une cure pour maîtriser son don. Quelqu'un a dû lui faire croire que ce n'était pas nécessaire. Donc maintenant, j'arrête de lui demander son accord alors qu'elle est si influençable et je fais ce qu'i faire.
-Quel rapport avec son contrat ? demanda Sirius
-Il y avait une clause dans son contrat qui disait qu'elle ne pourrait quitter le corps des aurors avant sept ans, révéla Andromeda. Elle n'aurait aucun droit de démissionner ou d'être licenciée pendant cette période sauf avec l'accord d'Albus Dumbledore. Pas le chef des aurors, la directrice de la justice ou même le ministre. Albus Dumbledore en personne. C'est une clause parfaitement illégale noyée dans la paperasserie administrative dans un contrat magique. J'ai donc dû prendre mon mal en patience et attendre que l'instant exact où le contrat s'est terminé pour que Ted et moi déclarions avec une plume de sang qu'en tant que chef de famille, nous refusions qu'elle poursuive ce contrat. Ça a été acté devant la magie et il me reste trois semaines avant que je puisse la faire disparaître.
-D'où le fait de la débarrasser de son prétendant, railla Sirius. Je vais voir ce que je peux faire. Sois tranquille.
-Merci, souffla Andromeda. Je suis désolée d'écourter notre soirée mais est-ce que tu pourrais …
-Te laisser rejoindre ton mari pour lui dire que votre plan pour sauver votre fille a de très grandes chances de marcher ? sourit Sirius. Vas-y, c'est bien plus important.
Il se leva, embrassa sa cousine et quitta ses appartements pour rejoindre les siens. Mais à mi-chemin, il changea de route et frappa à la porte de quelqu'un d'autre. Il ne fallut pas longtemps pour qu'un Fenrir Greyback torse nu ouvre la porte, particulièrement séduisant aux yeux du lord. Le loup garou ne manqua pas la lueur de désir dans son regard.
-Tu n'es pas mon type, Black, railla Fenrir. Tu n'es pas assez … soumis pour moi. Mais je ne dirais pas non à un autre quatre-heures.
Sirius reprit ses esprits en levant les yeux au ciel. Ce n'était un secret pour personne qu'il partageait régulièrement des nuits avec Moïra Zabini.
-On en discutera un autre jour, fit Sirius. Est-ce qu'on pourrait parler de ta nature ? J'ai quelques interrogations et j'aurais peut-être un projet à te proposer.
-Vas-y, entre, accepta Fenrir en ouvrant en grand la porte.
Sirius entra et se dit que son collègue serait certainement curieux de savoir précisément pourquoi son ancien ami avait eu le droit d'être scolarisé alors que les autres loups garous non.
