Boya était furieux.
Il était rare qu'il soit à ce point en colère. Plus rare encore qu'il le soit après QingMing.
Ce n'était pourtant pas la faute de QingMing. Enfin, pas complètement.
D'accord, Boya avait un peu manqué de se faire massacrer et QingMing n'avait pu s'empêcher de voler à son secours. Et QingMing d'être grièvement blessé. Comme d'habitude !
Maintenant que les deux maitres étaient à l'abri, pansés et qu'ils ne pissaient plus le sang comme des cochons, ils pouvaient discuter de leurs erreurs.
Enfin… de discussion, il n'y avait point.
C'était juste Boya qui était très occupé à hurler comme un putois sur son ami depuis une bonne heure.
Le chasseur y mettait toutes ses ressources (limitées) de tragédien.
Les sourcils froncés, son petit nez bien droit s'agitait comme celui d'un lapin colérique.
QingMing n'écoutait pas vraiment les paroles. Il sentait la colère de son ami. Il sentait sa peine aussi. Boya détestait le voir blessé. Il détestait encore plus se sentir responsable de ses blessures.
"- Je vais bien, Boya. Tu m'as soigné."
QingMing reconnu l'erreur technique immédiatement. Boya serra les lèvres. Elles étaient rouges sous le coup de la colère, légèrement humide de salive. Boya avait cette habitude de passer sa jolie petite langue rose sur ses lèvres pour les humidifier avant de se mettre à crier. Machinalement, il se mettait dans les meilleures conditions possibles pour hurler.
Et QingMing en profitait comme un sale.
Il adorait les lèvres de Boya.
Il vènerait son sourire, aussi doux que timide et aurait tué à son ordre lorsqu'il avait ce rare sourire un peu sadique lorsqu'il allait se battre.
Mais son moment préféré était quand ses lèvres étaient comme ce soir, roses, pulpeuses, humides et frémissantes.
Il aimait encore plus quand elles étaient autour d'une partie de son anatomie bien sur, comme il adorait les voir entrouvertes alors qu'un petit filet de salive en coulait parce que Boya n'était plus capable de s'en soucier sous l'étreinte enthousiaste du nordiste.
QingMing aurait pu regarder les lèvres de Boya pendant des heures. Des jours peut-être.
S'il n'avait pas fait exprès d'être blessé, voir l'énervement de Boya était un plaisir réel.
Se retenir de l'attraper par la nuque pour presser ses lèvres sur les siennes était une épreuve.
Les sentir s'entrouvrir sous les siennes, sentir leur chaleur, l'humidité de sa bouche, sa langue qui effleurait la sienne alors qu'elle forçait son chemin entre les lèvres du chasseur qui tenterait de protester. Boya savait parfaitement lui coller un coup de genou dans l'entrejambe si ses avances du moment était malvenues et ne s'en privait jamais. C'était même un jeu quelque part.
Boya aimait sentir QingMing se plier en deux de douleur alors qu'il reprenait manuellement le contrôle de la situation. QingMing le savait. Il sentait ses lèvres sourire, leur baiser changer pour se soumettre à la direction de Boya. QingMing aimait quand Boya le violentait gentiment.
"- … Tu m'écoutes ?" Finit par siffler Boya. "
QingMing eut un petit sourire.
"- Je suis désolé mon Boya. Je n'arrive pas à faire autre chose que regarder tes lèvres."
Le chasseur s'empourpra affreusement. Il leva la main pour donner une tape sur son ami mais se retint, incapable de savoir où le taper pour ne pas lui faire mal à cause de ses blessures.
Il finit par l'attraper par le col pour écraser ses lèvres sur les siennes. Puisque QingMing aimait à ce point ses lèvres, qu'il en subisse le courroux.
