En passant : C'est gentil de l'encourager ! Cette drama queen a besoin d'encouragements pour tout X,)
Emilie Narya : Avec plaisir, voici une confrontation avec Kieran Price !
Eiilys : Ahaha, tkt pour la fic, je compte bien arriver au bout ! Mais j'avoue que ffnet m'inquiète... Là, pas de gros problème depuis la semaine dernière, mais... Bon, on est jamais trop prudent.
Bon, par contre, je suis pas sûre que le fait que Harry joue les exhibitionnistes suffise à se remettre Drago dans la poche X,D
77Hildegard : J'avoue que si ffnet ferme ou crashe ou fait une purge, je serais super triste aussi... Quand j'ai cherché à publier, j'ai pas réfléchis longtemps : pour moi, c'était ZE site pour ça... Enfin, tant qu'il tient, on va tenir, hein !
Drago réapprend à faire confiance à Harry, et ça va un peu plus vite que la première fois ^^
Ysa : Ahaha, je suis pas cruelle au point de faire durer les choses avec Price trop longtemps. D'ailleurs, pas de smut avec lui, pour protéger nos chastes yeux.
Drago est en effet une sacrée tête de mule, mais tu remarqueras qu'il finit quand même toujours par se calmer X,D
(avant de repartir encore plus débile)
Draco n'était pas du genre à agir sans avoir mûrement analysé la situation, calculé les risques et prévu les multiples scénarios pouvant découler de chaque prise de décision, ainsi que la façon d'y réagir. Kieran Price l'avait manifestement cherché et attendu et était désormais en colère. La discussion qu'il avait anticipée, apaisée et autour d'une boisson chaude, dans un lieu calme et neutre, ne pourrait pas avoir lieu.
Il s'avança tout de même et, avec une voix basse et lente, il proposa :
« Est-ce que tu veux qu'on aille discuter de…
— Tu étais avec qui, cette fois ? »
Drago jeta un coup d'œil gêné à la porte de l'infirmerie. Pour le moment, Kieran Price n'avait pas élevé la voix, mais ses sourcils froncés et son débit laissaient peu d'espoir sur le fait que la situation puisse se poursuivre.
« Vas-y, cracha-t-il. Je ne voudrais pas t'empêcher d'aller passer un bon moment avec quelqu'un d'autre.
— Nous devrions parler de tout ça ailleurs, décréta Drago avec une voix ferme.
— Je ne pense pas qu'on ait besoin de parler. Tu t'es bien amusé avec moi ? Tu voulais juste t'envoyer en l'air, en fait. J'espère que t'as bien kiffé. »
Drago se mordit la langue pour s'empêcher de répondre quelque-chose de désobligeant. À la place, il annonça :
« Tu avais raison. Cette relation n'était pas une bonne idée. »
Le silence qui suivit était bien plus glacial que son escapade matinale entre les icebergs.
« J'aurais dû écouter ce qui se disait. »
Drago haussa les épaules :
« Il y a toujours du vrai dans ce qui se dit.
– T'es vraiment une merde. »
·
Si entretenir une relation avait toujours ressemblé à une magie hors de sa portée, mettre un terme à celles-ci était une habitude qu'il avait prise à Poudlard. À l'époque, il rêvait du Prince Charmant mais craignait les on-dits.
À l'époque, il n'avait cependant fréquenté que des garçons comme lui, qui se cachaient dans les salles désertes et qui ne tenaient pas plus que lui à se faire remarquer, encore moins en mal par l'héritier Malfoy.
Kieran Price n'était plus un garçon et Drago n'avait plus rien d'un héritier.
Il n'imposa pas sa présence et son retard à Nguyen. Il alla s'enfermer dans son bureau pour se concentrer sur le courrier de Potter. Le pauvre était devenu une icône gay, et s'il recevait donc désormais deux fois plus de lettres d'admirateurices, il récoltait également quelques menaces, insultes et propositions de thérapie de reconversion supplémentaires. Certaines enveloppes étaient piégées – éclats de verre ou empestine – certaines dissimulaient des beuglantes, d'autres encore étaient accompagnées de délicats présents, tels des préservatifs usagés et autres joyeusetés… Drago avait réclamé une paire de gants d'Auror et Potter avait signé le bon de commande.
Répondre à ces agresseurs comme s'il avait été lui-même insulté mais en sachant qu'il ne risquait absolument rien était presque divertissant.
En fin de matinée, on frappa à sa porte et il ignora le bruit : la clepsydre du couloir indiquait parfaitement son indisponibilité. La poignée s'abaissa, et la porte accusa un à-coup sans s'ouvrir : la chevillette était en place. Drago leva la tête, vaguement curieux. Les coups reprirent et il ne réagit pas davantage. Enfin, le responsable du dérangement ne fut plus un mystère, puisque le Patronus messager de Potter apparut à ses côtés.
« Me force pas à bricoler un nouveau sortilège de restriction. J'ai pas le temps pour ça. »
Drago hésita, la plume à quelques millimètres du parchemin, en observant la petite sphère lumineuse qui flottait doucement. Celle-ci ne disparaissait pas. Quand la voix de Potter s'éleva à nouveau, on pouvait deviner qu'il parlait entre ses dents, qu'il essayait d'être discret :
« Drago, steuplait… »
Drago soupira, se leva et partit déverrouiller la porte. La sphère dans son dos recommença à parler au moment où il ouvrit celle-ci :
« Drago, je suis inquiet, je… Ah putain, Merlin soit loué. Tu vas bien ? »
Drago grimaça devant le changement de ton et l'écho désagréable quand la voix du Patronus et de son propriétaire se chevauchèrent un instant, puis il répondit.
« Tout va bien, Potter. Si ce n'est que tu me déranges.
– T'as plaqué Price ?
– Par Morgan, le couloir était désert ! s'exclama Drago en retournant s'asseoir. Est-ce-que ce sont les rats qui partagent les commérages par ici ?!
– Ah, j'ai une histoire marrante sur un rat. Mais non, c'est Wihelma qui était dans la salle d'attente de Nguyen, expliqua Potter en entrant et en refermant derrière lui.
– Celle-ci est la pire de tous ! Et laisse cette porte ouverte, s'il te plaît. »
Potter obéit sans rechigner, puis il fit apparaître une chaise de l'autre côté du bureau avant de s'y asseoir.
« C'est ma faute ?
– Non, Potter, soupira Drago en retournant à son travail. Le monde ne tourne pas autour de toi et il arrive que des événements se produisent sans que tu les aies provoqués, et surtout, sans qu'ils ne te concernent.
– Certes. Mais très rarement. »
Drago leva les yeux pour constater – sans surprise – l'éclat rieur dans les iris verts.
« Si t'es de nouveau dispo, je peux t'inviter à manger avec moi, mardi soir ?
– Non, Potter, répondit Drago en se concentrant de nouveau sur ses documents.
– Pourquoi ?
– Parce que je n'ai pas à te donner de raison, et parce que le fait que je sois disponible ou non ne change rien au fait que je ne t'aime pas.
– T'es dur. »
Drago haussa les épaules et ouvrit une enveloppe d'un geste vif. Un coup d'œil : réponse nécessaire mais non urgente.
« Je pensais que tu serais déprimé par ta rupture. J'espérais qu'on puisse se bourrer la gueule et pleurer sur nos malheurs respectifs.
– Et bien tu vas devoir pleurer seul.
– Qu'est-ce-que tu ferais si je te disais que c'est bien mon programme ? »
Drago hésita, puis leva de nouveau les yeux. Potter avait posé son coude sur le bureau et sa joue sur son poing. Il semblait parfaitement satisfait de la situation. Peut-être avait-il prévu la rupture, tout comme il avait prévu la jalousie de Price.
Drago le fixa sans répondre, espérant ainsi lui exprimer à quel point son chagrin l'émouvait peu et son assurance ne le déstabilisait pas. Le temps passa.
Au bout d'un moment, Potter ouvrit la bouche :
« Tu connais cette théorie comme quoi regarder une personne dans les yeux pendant quatre minutes la fait à tous les coups tomber amoureux de toi ? »
Drago ne put retenir un sourire :
« Je suis presque certain que nous pouvons faire mentir la science.
– Cap », affirma Potter, et son sourire s'élargit d'un cran.
Drago hésita, puis rompit le contact oculaire :
« Pas moi. J'ai du travail. Sors de mon bureau, s'il-te-plaît.
– Demain, on refait un tour de balai, toi et moi ?
– Certainement pas.
– Je vais poser une orbe de surveillance sur place. Comme ça, je pourrais venir te chercher si je vois que les pingouins sont là. »
Drago soupira. Une orbe de surveillance permanente, à cette distance ? Même quand on avait la puissance de Potter, ça paraissait un gaspillage de magie phénoménal.
Il ne savait plus trop si ce déballage constant l'agaçait, le charmait, ou continuait à le rendre aussi jaloux qu'il l'avait toujours été.
« Tu pourrais quand-même me commander une Pensine ? Je me suis renseigné sur ce qui se faisait, mais j'ai pas trouvé ce que je voulais.
– Ta vie privée ne me concerne pas, Potter. S'il ne s'agit pas d'une commande pour le pénitencier, alors débrouille-toi seul.
– Pardon ?! Elle date de quand, cette nouvelle règle ? T'as toujours adoré te mêler de ma vie privée et dépenser mon or, peu importent les raisons.
– Sauf quand il s'agit d'acheter quelque chose qui vise à me manipuler, et tu le sais très bien.
– Merlin, donnez-moi la patience. Te manipuler ? J'essaye de t'aider. Et puis merde, c'est même pas pour toi, finalement : J'ai juste envie d'investir dans une Pensine, j'ai pas le droit ? J'ai cru comprendre que ces merdes prenaient continuellement de la valeur. Et c'est même pas pour moi, d'ailleurs, c'est pour Azkaban tout entier. Je me suis dit que… »
Potter poursuivit son babillage un bon moment, malgré les réponses monosyllabiques et de plus en plus rares de Drago. Il n'accepta de quitter les lieux que parce qu'un gardien vint réclamer une explication de Drago concernant sa fiche de paie. Drago l'observa saluer joyeusement le nouveau-venu, se lever d'un mouvement souple et s'éloigner d'une démarche chaloupée, presque dansante.
« Potter, l'interrompit-il.
– Hum ? » fit l'autre en se retournant.
Drago se mordit les lèvres en réalisant la faute de politesses devant témoin mais décida que souligner ce manquement à l'ordre n'était pas une bonne idée.
« On a… Nous n'avons pas parlé des travaux de l'aile Ouest. Vous vous rappelez ? Ils pourraient commencer en concomitance de…
– Ah ! Ouais mais nan. J'ai encore la chambre d'Ekrizdis à nettoyer. Je devrais pas en avoir pour plus de quelques semaines, maintenant que je peux me concentrer là-dessus à cent pour cent. »
Drago sentit sa bouche s'assécher et ses oreilles bourdonner. Il entendit à peine la fin de la phrase. D'une voix rauque – on aurait dit le raclement de phalanges sur la surface d'une pierre tombale – il demanda :
« Tu n'as pas encore désenvouté les lieux ?
– T'inquiète : le Maléfice est hyper localisé, y-a rien à craindre. »
Drago sentit un frisson glacé lui parcourir l'échine. Il jeta un coup d'œil dans son dos. Seule Lady Rowena somnolait sur la rambarde de son balconnet. Ce qui signifiait qu'il n'y avait aucun danger, pas vrai ? Deux albatros auraient pu y tenir côte-à-côte confortablement, et en cas de besoin, ils se seraient serrés les uns contre les autres pour le prévenir.
« Parfait », prétendit-il doucement. Puis d'une voix atone, il ajouta : « Surveillant Foley, je vous écoute ? »
Ça n'avait rien à voir avec l'attraction que le Détraqueur avait provoquée chez lui.
Drago passa la journée complète à analyser ses émotions et ses sentiments.
Il était évidemment curieux : impossible que les Sortilèges d'Ekrizdis se soient évaporés tout seuls. Encore plus inenvisageable était l'idée que quelqu'un d'autre que Potter ait pu s'en occuper. L'hypothèse la plus probable voulait que Drago ait disposé d'un objet qui lui aurait servi de talisman. Il faisait donc méthodiquement le tour des possessions qui ne le quittaient jamais : ses robes, ses sous-vêtements, sa clochette d'or, sa baguette, sa manchette de cuir… Rien n'avait l'étoffe d'une amulette protectrice.
La curiosité le poussait à retourner sur place, mais il la combattit sans avoir à fournir le moindre effort, simplement en faisant preuve de sa couardise habituelle et de réflexion : rien ne pressait. Et puisque sa curiosité n'était pas anormalement élevée, on pouvait conclure qu'elle n'était pas anormale tout court.
Le soir venu, il s'empara de sa plume, de son encre, et à genoux sur son lit, il nota sur son calendrier « aller vérifier la chambre » deux jours plus tard. La date avait été choisie avec soin : ni trop proche, ni trop lointaine, savamment étudiée pour lui laisser le temps de poursuivre la réflexion. Après quelques minutes, il ajouta même : « à 11h ». En plein jour, juste après avoir quitté Nguyen et peu avant que son travail de secrétaire ne l'appelle. S'il devait arriver malheur, on s'en rendrait compte.
Il se coucha ensuite et, avant de s'endormir, troqua son heure de lecture quotidienne contre une séance de réflexion. Il ferma les yeux et dressa sur le noir de ses paupières l'habituel tableau en quatre cases : arguments pour et contre, de parler à Potter du problème et de se taire. Il quitta la conscience sans être parvenu à trouver plus de trois ou quatre mots.
Bien-sûr, les commérages reprirent. L'occasion était trop belle. Pour la plupart des Surveillantes, exception faite de Wihelma Vine et de la Major Mullan, Potter avait de nouveau ravi son cœur et les cours de Patronus ne tarderaient pas à le voir revenir. Les hommes, plus pragmatiques ou cruels, supposaient qu'il avait été acheté avec un manteau neuf. Comme toujours, leurs moqueries n'avaient pas pour but de le blesser, mais elles y parvenaient tout-de-même. Le surlendemain, il trouva dans son bureau un porte-manteau habillé d'une douzaine de vêtements plus ou moins abîmés. Le cadeau ressemblait à une menace et il fut incapable de quitter la pièce de l'après-midi, ne serait-ce que pour aller aux toilettes.
Durant ces deux jours, il croisa de nouveau Kieran Price et eut bien du mal à analyser les regards blessés, dégoûtés, colériques ou déçus que celui-ci lui adressa.
Plus gênant, l'équipe de Bâtisseurs eut vent des rumeurs. Cette fois, aucun doute n'était permis sur le mépris qu'il leur inspirait. Sa « mise en couple » avec Potter coïncidait trop bien avec l'annonce de la bisexualité du héros pour être un hasard, et il était évident que le cupide prisonnier Malefoy cherchait à profiter de la notoriété et de la richesse du jeune et ingénu Monsieur Potter.
L'après-midi que Drago passa enfermé, il réalisa une nouvelle « interview de Monsieur Potter » pour mettre fin aux rumeurs avant que celles-ci n'atteignent la Grande Bretagne. Il stipula noir sur blanc que jamais, au grand jamais, il n'avait entretenu ou envisagé d'entretenir une liaison avec l'un ou l'une des prisonniers dont il avait la garde, et seule l'homophobie, la haine et la jalousie étaient responsables de ces calomnies.
Potter débarqua à la fin de son cours de Patronus avec la lettre en question, que Drago lui avait envoyé à signer.
« Ça va pas être possible, déclara-t-il en déposant le parchemin sur son bureau et en s'affalant dans le fauteuil.
– Pourquoi ? Ça ne serait pas ton premier mensonge.
– Yep. Mais y a des trucs sur lesquels j'ai aucune intention de mentir et le fait que je t'aime en fait partie. »
Drago récupéra le courrier pour le relire et trouver comment reformuler les choses. Le silence s'installa entre eux.
« Qu'est-ce-que c'est que ce truc ? demanda Potter au bout d'un moment, et Drago vit qu'il désignait le nouveau porte-manteau.
– Tu t'en doutes, non ?
– Qui ? »
Drago haussa les épaules. Étant donné le nombre de vêtements, le cadeau était collectif.
« Tu veux que je leur dise de te laisser tranquille, ou je te laisse te débrouiller ? »
Draco pesa le pour et le contre avant d'admettre :
« Si tu pouvais me débarrasser de cette chose, ça me libérerait d'un poids. »
Il eut à peine terminé sa phrase que l'encombrant porte-manteau avait disparu en emportant son chargement.
« Donc, marmonna Potter à voix basse, il en reste ici qui t'ont… »
Il ne termina pas sa phrase mais il n'y en avait pas besoin et Drago étouffa un ricanement.
« Tu pensais sincèrement avoir viré tous ceux qui m'avaient touché ? »
Potter ne répondit pas, mais la tristesse de son regard était éloquente.
« Donc… reprit Drago en espérant profiter de la situation. Cette lettre… ?
– Donne-moi ça », soupira Potter, et la missive reçut sa signature.
Et là, vous vous dites : "hm. je commence à la connaître, la wekake, c'est trop facile."
hm.
