Je me réveillais avec le son de plusieurs voix à côté de moi. Qui était-ce ? Je ne sais pas, mais l'une d'elles semblait très inquiète, l'autre légèrement remontée et à cause du son étouffé je ne pus tout de suite placer des noms sur les personnes présentes dans la pièce.
Enfin mais avec difficulté, j'ouvris les yeux et il m'avait fallu un petit temps d'adaptation à la lumière des ampoules dans la salle. Et quand finalement je pouvais voir, je remarquais le visage familier des sœurs Winters au pied de mon lit et entendais leur discussion. Kristoff se trouvait juste à côté d'Anna et son visage ainsi que celui des autres étaient tricotés dans une préoccupation visible.
Pourquoi étaient-ils tous chez moi ?
Maintenant que j'y pense, ça ne ressemble pas à ma chambre. Où étais-je alors ? Cela me semblait si familier..
« J'ai si peur...et si elle ne venait à jamais se réveiller ?! » J'entendis Elsa crier avec effroi et je n'avais jamais entendu sa voix déchirée de la sorte. Il était maintenant évident que quelque chose la rendait folle et de la voir aussi triste me donnait envie de la réconforter. J'essayais de tendre ma main vers elle mais j'étais automatiquement prise d'une douleur intense.
« Ne dis pas ça. Pour l'instant espérons qu'elle aille mieux par la suite, d'accord ? » Répondit la voix calme de sa petite sœur, mais d'après son visage, elle semblait aussi soucieuse de la situation.
J'avais du mal à déglutir mais lorsque je sentis ce goût métallique descendre le long de ma trachée, je me suis souvenue.
Ah.
La bagarre, Phoebus. Puis j'ai essayé de me lever et après plus rien…
Une lancée imprégnait tout le haut de mon corps et avec ça, impossible de me lever, la douleur me paralysant comme un choc électrique.
« C-c'est de ma faute..Si elle avait été avec nous elle n'aurait jamais été dans cette situation, elle n'aurait pas..été battue à mort ! » Dit Elsa. Elle se sentait coupable ?
Non..Non ce n'est pas de ta faute !
Il fallait que je me lève, que je leur dise que tout allait bien, que je les rassure. Mais je n'y arrivais pas, je ne trouvais pas la force pour le faire.
« Hé ! Ce n'est pas de ta faute okay ? Rien de tout ça n'est de ta faute et j'en suis convaincue, tu dois l'être aussi ! Ce n'est pas toi qui l'as battue à mort et ceux qui l'ont fait, qui que ce soit, auront ce qu'ils méritent ! Ne penses pas que c'est de ta faute, plus jamais tu m'entends ? » Réprimanda Anna avec sûreté.
Bien joué Anna...
Mes paupières se sont soudainement senties très lourdes et mes yeux se sont à nouveau fermés, la fatigue m'emportant à nouveau dans l'inconscience...
Je me suis réveillée avec un bruit assez agaçant qui s'émettait régulièrement dans la pièce. L'odeur stérile de désinfectant imprégnait mes narines et un brouhaha incessant s'accompagnait au loin.
Où étais-je ?
J'ai doucement ouvert les yeux et tout était blanc. Les murs, les lumières, la porte, ma couverture…
Un hôpital.
Depuis combien de temps avais-je été ici ?
J'ai à peine bougé que j'eus des frissons sur tout le long de mon corps suivit d'une souffrance paralysante. Peut-être que bouger n'était pas une bonne idée, en tout cas pour l'instant.
« Oh vous êtes réveillée à ce que je vois » Dit une infirmière en brisant le silence dans la salle. Je n'avais même pas remarqué qu'il y en avait une. Elle s'approchait de moi avec une lumière et me forçait à la fixer, chose à laquelle mes yeux étaient réticents. « Vos réactions semblent normales »
« Que s'est-il passé ? » Lui demandais-je de ma voix enrouée. Elle me tendit un verre d'eau et une pilule que je pris sans hésiter.
« On a dû vous transporter dans un hôpital suite aux graves blessures sur votre corps. Heureusement, quelqu'un nous a appelés au bon moment. Sans un contrôle total vous auriez pu avoir des séquelles. Vous rappelez vous de quelque chose ? Que s'est-il passé ? » Je n'avais pas trop de mal à me rappeler de la scène puisque la douleur était encore inscrite sur moi.
« Des gens m'ont battu... J'ai réussi à me lever pour atteindre les couloirs du collège mais après plus rien... » Je tentais à nouveau de me lever malgré les protestations de mes muscles mais l'infirmière me replaça doucement contre le lit avec une petite pression sur les épaules.
« Vous ne devriez pas vous lever. Suite à cette bagarre vous avez eu une côte cassée, une foulure du poignet et une cheville fêlée, un œil au beurre noir, quelques égratignures et de gros hématomes importants sur votre abdomen et votre dos. On peut dire que ceux qui vous ont fait ça ne vous ont pas loupé. En tout cas vous avez eu de la visite tous les jours. Principalement celle d'une belle jeune femme aux cheveux blonds. Votre petite amie peut-être? » Elle me sourit de manière taquine et j'étais confuse. La seule personne que je connaissais et qui correspondait parfaitement à la description était Elsa.
À cette réalisation, mon visage se mit à rougir et je me sentais toute chaude. Pour vite dissiper le malentendu, je balbutiais une réponse « N-non une amie » Elle hochait simplement la tête et ma rougeur s'était dissipée. Je jetais ensuite un œil aux fleurs sur la petite table à côté de mon lit, un magnifique ensemble de fleurs dont je ne connais quasi pas le nom et vu la façon dont elles étaient disposées, cela me laissait penser qu'elles devaient provenir d'un fleuriste de renom. « Je suis restée inconsciente combien de temps ? » Demandais-je en levant mon regard vers elle.
« 11 jours » Wow, autant ? « Avec les dégâts causés vous auriez pu rester deux semaines au moins dans le coma, plus si l'on croit le médecin qui vous a opéré. D'ailleurs histoire de vous prévenir, vous aurez une jolie cicatrice sur l'abdomen. Beaucoup de personnes trouvent ça attirant » Elle me lança un petit sourire auquel j'ai tenté en vain de cacher ma rougeur. Que penserait Elsa si elle voyait cette cicatrice ? « Si tout se passe bien, vous pourrez sortir dans 2 jours sous signature tout en faisant attention à ce que vous faites »
« Je pense qu'après ça je ne ferais pas de grande folie. Mais juste pour être sûre, faire attention comment ? » Lui demandais-je avec un petit sourire.
« Votre côte prendra en tout cas 6 semaines pour guérir et pendant les jours qui suivront vous ne devrez ni porter des choses lourdes ni faire des mouvements brusques et encore moins être impliqué dans une bagarre. » Je souriais légèrement. « Un médecin vous prescrira des médicaments pour que la douleur soit plus supportable et la douleur pourrait survenir les 12 semaines qui suivront la guérison. Vous arriverez à tout retenir ? »
« Je pense que ça devrait aller. Merci beaucoup » Elle me sourit et me laissa ensuite seule en me disant que si besoin, je pouvais l'appeler en appuyant sur le bouton à côté de mon lit.
J'étais à présent dans mes pensées, une tête blonde les accaparait alors que les mots de l'infirmière résonnaient dans ma tête.
Alors comme ça Elsa était venue tous les jours ?
Un sourire se formait sur mon visage. Je n'aimais pas le fait qu'elle m'ait vu dans cet état, mais penser qu'elle est venue tous les jours réchauffait mon coeur, le plongeant dans une piscine de bonheur. Et maintenant que je savais ça, j'étais impatiente de la voir. Juste pour la sentir présente à côté de moi, juste pour voir ses yeux bleus, juste pour voir son sourire.
Mais et si elle ne le faisait pas ?
Si elle voyait que j'allais mieux, s'éloignerait-elle encore une fois ? Si elle ne voulait plus me parler comme avant ? Je ne voulais pas que ça arrive.
Quand je la voyais aussi loin je sentais mon coeur se serrer et mon estomac se tordre. Je ne pouvais penser qu'au fait qu'elle ne soit pas là avec moi et l'imaginer loin de moi, je ne pouvais plus. Je voulais qu'elle soit à mes côtés à chaque instant, je voulais entendre son rire qui illumine mes journées, je voulais la voir tous les jours, la voir sourire, s'émerveiller, rougir, mais je voulais plus.
Comme sentir son doux parfum de vanille, sentir son corps chaud à côté du mien, sentir ses longs doigts fins sur ma joue ou à d'autres endroits que je n'osais citer. Je la voulais elle, dans son entièreté,
je la voulais.
Oh..
C'est plus qu'un simple engouement physique ce que je ressentais pour elle. C'est plus qu'un simple béguin sans lendemain. Elle était plus.
Je l'aimais. J'étais amoureuse d'elle. J'étais amoureuse d'Elsa.
Oh
À cette réalisation, au lieu de sentir mon cœur s'alléger il s'est alourdi. Je ne pouvais pas.
Je ne pouvais pas la faire devenir mienne. Ce n'était pas possible, pas avec le sexe que j'avais. Elle ne m'accepterait jamais. Et puis elle n'aimait pas les femmes alors c'était bien vite vu..
Alors une femme avec un pénis ? Impossible.
Quand j'ai fini d'être dans mes pensées, le soleil était déjà sur le point de se coucher, enveloppant la ville dans son halo orange et remplissant la pièce de l'hôpital d'une couleur chaleureuse.
Que pouvais-je faire d'autre ? Sinon laisser faner cet amour ?
« Diana ? » À la voix douce et harmonieuse, je tournais mon visage pour voir celui de la blonde platine au pas de la porte, de grands yeux me fixant avec stupeur. Et elle n'avait jamais paru aussi belle. Ses cheveux avec les reflets du soleil rendaient la femme encore plus magnifique.
Rien. Je ne pouvais rien faire. Juste l'admirer. Juste l'aimer de loin jusqu'à ce que mon coeur ne cesse de s'enflammer en sa présence.
« Elsa » Soufflais-je. Elle avait l'air dépité, de petites poches sous ses yeux mais même avec les vagabonds sous ses iris bleus, je la trouvais superbe. Elle courut vers moi et m'étreignit. Du mieux que je pouvais, je lui rendis son câlin mais avec ces câbles et ma côte cassée je peinais, une petite douleur sonnant encore à l'arrière de mes abdos. La chaleur de son corps contre le mien me mit dans un cocon confortable et je rêvais que cette étreinte dure éternellement. En ouvrant les yeux je voyais Anna et Kristoff vers la porte, tous deux avec un sourire, Anna avec les larmes aux yeux.
Au bout d'un certain temps, Elsa lâchait son étreinte et ses yeux remplis de larmes rencontrèrent les miens. « J'ai eu si peur » Elle se permit de lâcher les larmes qui menaçaient de tomber et avec le bout de mes doigts je les essuyais.
« Ça va, je vais bien. Je suis désolée de vous avoir fait peur, vous n'avez pas à vous inquiéter » Anna et Kristoff se sont rapprochés et chacun leur tour ils m'ont fait un câlin.
« Tu es restée dans le coma pendant plus d'une semaine, évidemment qu'on s'est inquiété ! » S'exclama Anna.
« Et vu l'état dans lequel on t'a retrouvé, je pense qu'on n'aurait pas pu réagir autrement » Continua Kristoff.
« C'est vous qui m'avez retrouvé dans les couloirs du collège ? » M'enquis-je.
Elsa hochait la tête. « On...Tu..- Tu étais par terre et tu saignais. Ton visage était déformé, tu pouvais à peine te relever et au final c'est Kristoff qui t'a porté jusqu'à l'infirmerie. Mon Dieu c'était si affreux Diana.. » Dit Elsa, de nouveau aux bords des larmes. Je lui fis un sourire apaisant.
« Ça va, je vais bien maintenant et c'est grâce à vous, merci. L'infirmière est venue avant et m'a dit que quelqu'un avait appelé juste à temps les ambulanciers. » Je manquais volontairement de divulguer la partie où j'aurais pu avoir de graves séquelles si personne n'avait appelé. Ils n'avaient pas besoin d'être encore plus inquiets qu'ils ne le sont.
« À vrai dire c'est l'infirmière qui a appelé l'ambulancier » Dit Kristoff.
« Oui mais si on ne m'avait pas emmené à l'infirmerie, elle ne l'aurait jamais appelé. Alors merci quand même » Puis je réfléchissais à la situation. Jamais je n'aurais été dans cet état si Esmeralda avait étouffée cette rumeur.
Il fallait que j'aie une sérieuse discussion avec la femme dès que je sortirais d'ici...
« Diana, tout va bien ? » Me demanda Elsa, soucieuse et je hochais la tête.
« Oui, je...réfléchissais à quelque chose c'est tout » lui expliquais-je. Puis Elsa regarda dans la direction d'Anna et cette dernière se racla la gorge.
« On va chercher des collations avec Kristoff, on revient dans 5 minutes » Elle nous dit. Kristoff fronça des sourcils en disant qu'il était bien ici mais Anna lui a donné un coup dans le ventre et le prit par le bras en l'emmenant dehors.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer ?
« Diana » Maintenant Elsa avait toute mon attention. Elle fuyait du regard au début, regardant le sol avec insistance. « Je voulais m'excuser...pour mon comportement » Oh « Je...eh bien ce n'était pas très mature de ma part de m'éloigner de toi de cette façon et j'aurais dû discuter avec toi de la chose au lieu de simplement vouloir qu'elle disparaisse » Oh..
J'aurais voulu lui dire que ça ne faisait rien, que ça ne m'avait pas blessé, mais ce serait mentir et je ne voulais pas lui mentir. Cependant, je ne pouvais pas non plus lui en vouloir de réagir comme ça.
« Tu feras ça la prochaine fois ? » Ma question semblait la prendre de court et elle bégayait l'incompréhension.
« Qu-quoi ? »
« Promets-moi que tu me parleras la prochaine fois que quelque chose te préoccupe, surtout si ça me concerne »
« Je le promets » Et elle me lança le sourire le plus radieux que j'ai vu depuis longtemps. Je répondais bien évidemment à son sourire et la regardais avec un air béat. Puis elle dévia son regard. Et le prochain sujet qu'elle abordait me mit plutôt mal à l'aise. « En tout cas félicitations »
Je fronçais des sourcils. « Pourquoi ? »
« Eh bien... » Commença-t-elle en se triturant les doigts. « Tu sais les rumeurs vont vite et il paraît que tu sors avec Esmeralda alors...bravo »
« Esme et..moi ? » Alors la rumeur était allée jusqu'à elle. Bien sûr… Et est-ce qu'Esmeralda avait daigné taire cette rumeur depuis le temps ? Avait elle respecté mon souhait ? Pff, évidemment que non. Mais bon, si je pouvais faire taire cette rumeur auprès de mes amis, autant commencer maintenant avec Elsa. « Elsa toute cette situation est un malentendu. Esme et moi..on ne sort pas ensemble, je ne suis pas attirée par elle » Même si mon petit soldat pense autrement.. « je ne suis pas avec elle »
C'était au tour d'Elsa d'être confuse. « Mais… tout le monde vous a vus sortir du bureau du concierge et.. Esmeralda ne dit pas le contraire et les phot-» Je voyais très bien où ses pensées menaient et je comptais bien la mettre au courant de la vraie vérité. Alors je la coupais.
« Évidemment qu'Esme ne va pas dire le contraire, ça lui plaît d'avoir l'attention sur elle ! D'ailleurs ça lui a planté une écharde au pied quand tu es sortie de nulle part et que tu as commencé à attirer le regard de tout le monde.. Pour les photos ce n'est pas du tout ce que tu penses. Elle.. voulait faire des choses et a profité de mon inattention pour tenter un rapprochement. Quant au bureau du concierge, elle m'a demandé de l'aider à récupérer quelque chose et on devait passer par le bureau du concierge pour ça » Elsa paraissait soulagée quand elle entendit ces mots de ma bouche.
« C'est tout ? »
Je lui souris. « C'est tout. Honnêtement, Esmeralda est très belle mais pour ce qui est du reste, c'est une grosse manipulatrice doublée d'une menteuse »
« Pourquoi être avec elle alors ? » Je pinçais mes lèvres ensemble. Je ne pouvais pas lui dire, ce n'était tout simplement pas le bon moment et je ne me sentais pas prête. Je ne me sentirai sûrement jamais prête pour ça.
« Je...Je ne peux pas te dire. La seule chose que je peux affirmer c'est que je ne sors pas avec Esmeralda et je ne l'aime pas » Lui dis-je. Je ne sais pas si elle était satisfaite de cette réponse, mais en tout cas elle ne poussait pas plus loin.
« Je le savais ! » S'exclama une voix au pas de la porte. C'était Anna qui s'était ramenée avec des paquets de chips et des boissons dans la main, des tonnes et des tonnes, peut-être même un peu trop. Elle se précipitait vers nous suivit de Kristoff avec un sourire aux lèvres. « Vraiment, toi sortir avec Esmeralda ? Pff ! La blague. Elle est trop elle et tu es trop...toi ! Enfin tu comprends quoi ! »
Je levais un sourcil d'un air amusé. « À vrai dire pas trop, tu m'as perdu… » J'ai poussé un rire, chose que je regrettais aussitôt à cause de ma côte. Les pensées d'Anna étaient une vraie énigme parfois, que dis-je, un labyrinthe.
« Vous ne collez pas assez ensemble » Dit Kristoff et Anna poussa un soupir de joie, remerciant Kristoff d'avoir pu éclairer les lanternes de tout le monde.
« Ooh » J'ai simplement répondu. J'hésitais à lui demander avec quel type de personne elle me verrait mais j'ai finalement abandonné l'idée. Peut-être une autre fois.
« Tu sais quand tu sors ? » Demanda Kristoff.
« D'après l'infirmière qui est venue plus tôt, dans deux jours je pourrais rentrer chez moi » Lui répondis-je et Elsa émit le plus beau sourire suite à cette nouvelle. Elle était agréablement surprise et pour ma part, j'étais agréablement surprise de voir autre chose que de l'inquiétude sur son visage. Son sourire m'avait affreusement manqué.
Anna entre deux avait ouvert un paquet de petits gâteaux au chocolat qu'elle n'avait pas hésité à dévorer. « Ech qu'ew ka gi ocre choje ? » Demanda-t-elle la bouche pleine, et je n'avais presque pas saisi les mots ''Est-ce qu'elle t'as dit autre chose'' qui sortaient de sa bouche jusqu'à ce qu'Elsa me répète ce que sa sœur avait dit, suivit d'une petite réprimande.
« Que ma côte allait prendre du temps pour se réparer. Six semaines en tout. Je ne dois pas non plus porter de choses lourdes ou faire des mouvements trop brusques »
« Maintenant, question à un million » S'enchanta la rousse en finissant sa nourriture. D'un air tout à fait émerveillé, elle claquait ses mains ensemble et avec une miette qui pendait sur le côté de sa bouche, me demandait « La cicatrice, elle est où ? » Je rougis légèrement à la question et Elsa criait le prénom de sa sœur avec réprimande.
« ANNA ! »
« Pourquoi t'extasier sur une cicatrice ? » Demanda Kristoff en croisant les bras avec une curiosité presque jalouse. Oh Kristoff..Pensais-je, amusée.
« Les cicatrices c'est comme, le fantasme de certaines femmes tu vois » Expliqua Anna avec énergie. Mais ensuite elle haussait les épaules, reprenant un air sérieux « Mais bon, tu ne peux pas comprendre, tu n'en es pas une » Je sentis Kristoff se froisser légèrement, une moue contrariée sur son visage. Je ris sous cape et Kristoff balbutiait une réponse incompréhensible dans la frustration.
« Alors ? » Anna me demanda de nouveau et je soupirais, me grattant l'arrière de la tête.
« L'infirmière dit que j'en aurais une oui, mais je n'ai pas regardé où elle se trouvait » Avouais-je, gênée. Je regardais ensuite Elsa en me souvenant de ce que l'infirmière disait à propos des femmes et des cicatrices. Et ma déclaration m'avait permis d'admirer la vue d'une Elsa aux joues vraiment rouges, aux regards perdu sur le sol avec une morsure de lèvres très, très sexy. Je mentirai si je disais que cette scène n'avait pas provoqué une excitation en moi. Mais je pris du mieux que je pouvais sur moi cette montée de désir charnel et tentais d'effacer ces pensées perverses. Et je me suis perdue à la regarder alors que j'entendais Anna me parler.
« Quoi t'as pas regardé ? Moi c'est la première chose que j'aurais faite.. » Dit-elle dans ses pensées.
« Mais toi t'es bizarre » Déclara Kristoff simplement, larguant une bombe qui n'avait pas laissé Anna indifférente. D'un air fou, elle se défendait et les deux s'embrouillèrent de nouveau.
Elsa faisait cette tête parce qu'elle était gênée ou il y avait-il plus ?
Dans tous les cas, elle était affreusement attirante.
« Alors il y a une petite fête ici et personne ne nous a prévenu ? » La voix soudaine d'Eugène coupa toute dispute entre Kristoff et Anna. Derrière Eugène il y avait Raiponce et Mérida, qui sont vite passées en premier plan pour m'étreindre.
« Ah vous êtes arrivés ! » S'exclama Anna. « Qu'est ce qui vous a retenu ? »
« À part les petits frères de Mérida qui voulaient pas la lâcher deux secondes tu veux dire ? » Répliqua Eugène.
« Ces trois-là je te jure... » Soupira Mérida en quittant mon étreinte. « Je leur ai parlé de mon amie qui était à l'hôpital et ils étaient tous les trois excités en disant qu'ils voulaient voir à quoi ressemblait quelqu'un dans un mal état. J'ai dû les enchaîner à la table avant de venir ici »
« Tu ne les as pas vraiment enchaînés… si ? » Ai-je demandé avec scepticisme, imaginant la scène pas très commune. Mérida mit ses mains sur ses hanches.
«Eh bien c'était soit ça soit je les enfermais dans leur chambre mais va savoir comment, la dernière fois que j'ai fait ça ils ont réussi à s'enfuir » Puis elle se tritura le menton, en marmonnant dans sa barbe concernant les façons dont ils auraient pu s'échapper.
« Alors, de quoi parliez-vous pour que ça éclate en dispute entre Kristoff et Anna ? » S'enquit Raiponce.
« De cicatrices » Répondit Anna. « Diana va en avoir une » Là, Raiponce avait la même énergie qu'Anna en entendant la nouvelle.
« Oh sérieux ? Où ? »
Kristoff fronça des sourcils. « Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi?! » Puis le débat reprit. Entre deux Eugène s'approcha avec une boîte de chocolats et la déposa sur la table. Mais elle n'a pas fait long feu puisque la plus petite Winters se l'accapara (aussi discrètement que possible).
« Ça fait plaisir de te voir vivante » Dit-il en me décoiffant légèrement d'un coup de main, un sourire aux lèvres.
« Ça me fait aussi plaisir de revoir vos visages » Souris-je en retour. « Et pis il en faut plus pour m'abattre »
« J'espère bien ! Sinon crois-moi c'est moi qui viens te chercher pour t'achever ! » À cette blague non moins affectueuse j'en ris, mais ma douleur aux côtes me rappelait qu'il fallait que je me calme un peu.
« Et si on arrêtait les blagues un instant tu veux ? » Rétorquais-je.
« Je vais essayer » Dit-il avec un petit sourire, ses deux mains sur ses hanches.
« Nous devrions te laisser te reposer » Ajouta Elsa avec inquiétude.
« J'ai envie de vous voir mais tu as probablement raison, je ne dois pas me surmener » Lui ai-je répondu avec un petit sourire. Ce à quoi, tout le monde a conclu qu'ils allaient revenir demain. Eugène était le dernier à partir.
« Oh Diana, je... » Il ouvrait la bouche une ou deux fois au pas de la porte en me regardant et au vu de l'expression de son visage et de sa posture, il voulait aborder un sujet.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Lui ai-je demandé en penchant un peu ma tête sur le côté. Mais il a finalement secoué la tête.
« Non rien, remets-toi vite, okay ? » Me répondit-il en souriant. Puis il est parti comme les autres en me saluant. Et j'eus toute la nuit pour me demander.
Qu'est-ce qu'il voulait bien me dire ?
FIN du chapitre
Voilà, Diana est debout yayy ! Et Ça m'a pris moins de temps pour poster le chapitre, double yayy !
Avez-vous des impressions sur le chapitre ?
