Encore une fois j'ai beaucoup trop traîné pour poster ce chapitre et je m'en excuse. Mais le voici alors bonne lecture;)
Je longeais un trottoir éclairé par des lampadaires sur des centaines de mètres, regardant ce que mon gsp m'indiquait. Plus loin, j'étais entre les caravanes et bungalows qui occupaient la place remplis de gravats et de sable. Ce n'était pas le quartier le plus chic de la ville et je me demandais bien ce qu'Esmeralda faisait ici. Il paraît qu'il n'y avait que des drogués et des toxicos ici, alors je suspectais qu'elle ait pris une autre substance que l'alcool.
Je n'étais plus très loin de sa position maintenant et observais les alentours pour voir si je pouvais l'apercevoir. Avec ces lumières je ne devrais pas la manquer et pourtant, je ne la voyais nulle part.
J'étais maintenant sur le point de sa position, proche d'une zone où occupait un chien qui ne cessait d'aboyer, l'odeur du cannabis emplissait l'air et camouflait celle de l'urine.
Où pouvait-elle bien être ?
Quand je pensais qu'elle était partie autre part et que j'allais rebrousser chemin, j'entendis un petit bruit provenant d'entre deux caravanes plus loin. Un chat qui miaulait en faisant sûrement tomber un couvercle de poubelle, puis une petite voix à peine plus perceptible qu'un murmure. Je me glissais au travers pendant quelques mètres et chuchotais « Esmeralda ? » Après quelques secondes, un petit grognement émit derrière un tas d'ordures contre une paroi d'un bungalow. Je suivis le son pour la retrouver par terre, à côté des poubelles, les yeux mi-clos avec ses cheveux ébouriffés. Elle avait l'air...en très mauvais état. Aucun signe apparent de maltraitance, c'était juste..un déchet parmi tant d'autres. Je m'agenouillais près d'elle et lui claquais légèrement le visage. « Esme, c'est moi »
« Salut, moooi » Glissa-t-elle entre deux rires. Je roulais des yeux en voyant à quel point elle avait été bourrée. Au moins si elle veut être bourrée qu'elle le fasse chez elle…
« Sérieux Esme » Soufflais-je. Elle ouvrit les yeux et dès qu'elle me vit, elle les détourna.
« Ah, c'est toi.. » Dit-elle avec déception. Je soupirai, agacée.
« Comment ça ''c'est moi'' ? C'est toi qui m'as demandé de venir » Quand j'ai vu qu'elle ne me répondait pas, évitant mon regard, je me relevais avec frustration. « Bien, je rentre chez moi, débrouille toi toute seule » Je faisais quelque pas loin d'elle mais me fit stopper par sa petite voix d'effroi.
« Attends...D...Attends, aide-moi »
«….C'est quoi le mot magique ? » Autant profiter de son moment de faiblesse pour lui soutirer ces mots-là. Son visage se tordait dans la colère alors qu'elle me regardait, des éclairs dans ses yeux. À l'inverse, un petit sourire victorieux ornait mes lèvres. « C-Connasse » Grogna-t-elle. Et c'est après que je l'ai aidé à se relever du mieux que je pouvais et sans trop à travailler sur ma côte.
« Je vais te ramener chez toi, où est-ce que tu vis ? » Demandais-je.
« Peux plus...J'ai..Je sais pas »
« T'es bourrée à ce point là ? » Soufflais-je pour moi-même, réalisant à quel point elle était tombée bas. J'étais encore plus étonnée lorsque j'ai vu son accoutrement. Elle portait un skinny jean plus si propre à cause du fait qu'elle ait traîné par terre. Son haut blanc était léger et découvrait son épaule droite et d'après ses grelottements, elle devait avoir froid. Alors sans autre, je retirai ma veste et l'enroulais autour de ses épaules et elle balbutiait de nouveau des mots incompréhensibles. Au fur et à mesure que mon regard était posé sur elle, je savais qu'il n'y avait qu'une seule possibilité.
Et je sentais que j'allais regretter la prochaine chose que j'allais faire.
« Allez, viens.. » Tout en aidant Esmeralda à marcher jusqu'à la route, j'appelais un taxi et me plaçais dans une zone bien visible pour lui. Au bout d'une quinzaine de minutes, le taxi nous parvint et je lui donnais mon adresse. Tout en regardant la ville défiler sous mes yeux, je vis dans le reflet de la vitre Esmeralda. Sa tête était calée contre la portière avec un regard perdu, vidée de toute émotion.
Je ne savais pas ce qui l'avait poussé à boire autant au point de ne plus se souvenir de son adresse, ni même si c'était aussi grave que ça paraissait et encore moins si le lendemain elle me racontera ce pour quoi elle était comme ça, mais je ressentais de la pitié pour elle. Après tout, la seule personne qu'elle appelait quand elle était comme ça était une personne qui ne l'aimait pas et elle savait que je ne la portais pas dans mon coeur. Et de savoir que c'est moi qu'elle a appelé au lieu d'un ami me fit poser plusieurs questions. Avait-elle même des amis ? Ou est-ce qu'elle usait tellement de ses charmes pour obtenir ce qu'elle voulait qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'avoir de vrais amis en communiquant ?
Je me plaignais de ma situation de fille seule, mais on dirait que je ne suis pas seule dans ce cas et Esmeralda était plus touchée qu'elle ne le laissait paraître.
Et j'étais vraiment courroucée à la réalisation que ce démon manipulateur et moi étions semblables.
En poussant un petit soupir, je me suis demandé comment allais-je faire pour aborder le sujet avec Eugène et Raiponce… Ou même s'il est sûr d'aborder le sujet.
Eugène serait probablement en colère contre Esme parce qu'elle a fini par solliciter mon aide, de nouveau. Raiponce essayera probablement de trouver une solution. Dans tous les cas, les deux voudront éloigner Esme de moi afin d'éviter une autre bagarre. Mais pour l'instant et à défauts d'une raison valable, je n'allais pas impliquer Eugène et Raiponce, bien que les deux aient déjà affirmé leurs places dans l'enquête avec Phoebus plus tôt dans la journée...
J'étais arrivée à l'adresse qu'Eugène m'avait donnée sans trop de difficulté. J'étais même arrivée un peu en avance alors j'ai prévenu Eugène de mon arrivée. Il m'a appelé juste après en me disant qu'il était déjà à l'intérieur du café avec Raiponce au deuxième étage. En entrant, je suis directement allée à l'étage sans passer commande.
« Diana ! » S'écria Raiponce en levant la main pour attirer mon attention. Je me dirigeai vers eux, au fond du café dans le coin. Ils avaient choisi la place la plus discrète du café, est-ce-que je devais me soucier de la discussion que nous allions avoir ? Je ne sais pas mais je suppose que j'allais bientôt le découvrir.
« Salut » Leur ai-je dit en m'asseyant. « Alors, de quoi vouliez-vous me parler ? » Je ne voulais pas tourner autour du pot. Si Eugène et Raiponce voulaient discuter, alors qu'on en finisse, qu'importe le sujet.
« Ah tu ne veux pas commander d'abord ? » S'enquit Raiponce, mais elle se reprit rapidement « Bien, si tu veux, alors » Elle se racla la gorge. « Si on t'a demandé de venir c'est pour un sujet assez sensible, peut-être que tu te doutes déjà de ce dont on va parler.. » Du fait qu'Esme me tienne en laisse ? Parce que c'était bien la seule chose dont je ne voulais pas parler. J'ai fixé Eugène un instant en espérant qu'il comprenne l'intention que j'avais dans ce regard.
Est-ce qu'il lui en avait parlé ?
Il m'a répondu indirectement « C'est par rapport à la bagarre » J'expirais l'air que je ne savais même pas que je retenais. Ce n'est pas par rapport à Esme alors. Tant mieux. « Voilà j'ai quelques doutes par rapport à l'identité de ton agresseur »
« On n'a pas vraiment parlé de ce qu'il s'était passé mais est-ce que tu te souviens de ce qu'il t'est arrivé ce jour-là ? » Demanda timidement Raiponce, ne voulant certainement pas réveiller une douleur trop fraîche. Mais de la douleur je m'en fichais. Le mal était déjà fait.
«C'était Phoebus » Leur ai-je répondu. Ils ont tous deux hoché la tête.
« C'est ce qu'on pensait » Répondit Raiponce. « Enfin, Eugène a supposé ça le premier vu que les deux se sont côtoyés un temps. Quoi qu'il en soit nous devons faire quelque chose pour l'arrêter. Personne n'est à l'abri d'un type comme lui»
« Il y a aussi autre chose. Il n'était pas seul, il y avait aussi deux de ses larbins mais je ne connais pas leurs noms » Ajoutais-je. Finalement, j'aurais peut-être dû commander quelque chose. Je voulais avoir quelque chose en main que je puisse serrer. À la place je me suis contentée de serrer mes mains en dessous de la table.
« Ce connard n'a pas agi seul ? » Souffla Eugène avec colère en serrant les poings.
« Oh Diana... » Chuchota Raiponce avec peine et si elle avait pu, elle m'aurait étreinte. Mais la table nous séparait.
« Ce n'est rien » Ai-je répondu « Ils se sont juste contentés de me maintenir en place, ils ne m'ont pas...frappé » Eugène était tellement énervé et Raiponce si triste qu'elle en a presque versé des larmes.« Les gars, je vais bien maintenant, non ? »
« C'est sûr mais.. » Commença Raiponce. « ça a dû être difficile pour toi et personne ne mérite ça »
« Ce type ne voit vraiment aucune limite, amener deux autres personnes alors que tu étais seule » Grogna Eugène dans sa barbe.
« Eugène nous en avons déjà parlé » Dit Raiponce en posant une main sur son épaule. « Pas de violence. Ça ne résoudra rien »
« Raiponce a raison. Tu finiras en chair à pâté » Lui ai-je dit, puis j'ai pointé mon visage. «Et je sais de quoi je parle »
« C'est vrai, mais savoir qu'une amie a subi ça je-...je supporte mal et je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger » La torsion de son visage me prouvait qu'il se sentait terriblement mal. Alors je lui donnais le sourire le plus convaincant que j'avais.
« Tu ne pouvais rien faire, ils étaient assez nombreux pour nous mettre tous les deux à terre. Tant qu'à faire j'ai préféré être battue seule, je n'aime pas non plus le fait que mes amis se mettent en danger pour moi. C'est pourquoi nous devons agir en toute discrétion pour arrêter ce connard »
« Alors tu es avec nous ? » S'enquit Raiponce. Est-ce que je voulais éloigner Phoebus et protéger tous les gens que j'aimais ? Est-ce que je voulais reprendre une vie normale sans risquer de me faire battre à mort ?
« Bien évidemment, mais pour ça il nous faut un plan. Est-ce que vous avez déjà cherché quelque part ?» J'ai demandé. Suite de ça les deux tourtereaux se sont regardés.
« Eh bien.. » Commença Raiponce d'un air embêté. Puis Eugène continua.
« En revenant sur la scène de crime on a aperçu une caméra sur le bâtiment du collège alors on s'est dit qu'elle avait peut-être pu filmer quelque chose. Demander directement au directeur n'aurait pas eu l'effet escompté alors on a décidé d'entrer en douce dans son bureau afin d'obtenir les enregistrements, seulement il n'y avait rien »
« Rien ? » J'ai répété, surprise en me penchant sur la table. « Rien comme quelqu'un les a volé ou rien dans le sens rien ? » Eugène a haussé les épaules.
« On ne sait pas. Peut-être que la caméra était là juste pour faire peur, ou sinon Phoebus a activé ses neurones et a piqué les enregistrements »
« Dans tous les cas notre enquête repart de zéro et on a attendu que tu te réveilles pour avoir plus d'informations » Ajouta Raiponce. J'ai repris place au fond de ma chaise en soupirant.
« Eh bien vous en avez mis du temps pour m'en parler, ça fait quand même quelques semaines depuis que je me suis réveillée » Puis je regardais Eugène, me rappelant du jour où je me suis réveillée de l'hôpital. « C'est de ça dont tu voulais me parler à l'hôpital ? Tu semblais vouloir me dire quelque chose » Eugène acquiesçait.
«Tu venais de te réveiller alors c'était peut-être pas la meilleure discussion à avoir. On voulait attendre quelques jours de plus le temps que tu te remettes sur pieds » Répondit-il. « Finalement ça a pris plus de temps que prévu. Mais tant qu'il n'a rien à te reprocher, Phoebus ne s'approchera pas de toi »
« Je suis désolée de vous apprendre que je n'ai rien contre Phoebus » Répondis-je en haussant les épaules.
« Pas même un petit témoin ? Je ne sais pas, peut-être que pendant la bagarre tu as vu quelqu'un passer ? » Songea Raiponce avec espoir, mais je secouais la tête.
« Désolée, mais personne ne passait par là, du moins j'étais trop occupée à essayer de respirer pour voir qui que ce soit. J'aurais voulu vous aider mais pour ce qui est de la bagarre je ne peux rien vous fournir »
Soudain, Eugène proposa « Et si l'un des deux sbires qui ont aidé Phoebus se retournait contre lui et témoignerait, ça pourrait le faire non ? » Mais j'ai directement coupé son idée.
« C'est non » J'ai rejeté d'une voix stricte. « Si l'un d'eux le balance à Phoebus, qu'est ce que tu crois que Phoebus fera ?» Eugène croisa les bras et détourna légèrement la tête avec une petite moue au visage.
« Il voudra faire taire celui qui investigue sur lui » Souffla Raiponce avec consternation, réalisant ce qui pourrait se passer. « Diana a raison. On ne peut pas se permettre de faire ça » Eugène soupira encore une fois, mais concéda.
« Bien, si ce plan tombe à l'eau alors qu'est ce qu'on a ? » Dit-il.
« On pourrait trouver autre chose sur lui » Murmurais-je dans ma barbe. Raiponce haussa un sourcil.
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » S'enquit-elle avec curiosité.
«Eh bien, on se focalise trop de l'inculper pour ce qu'il m'a fait pendant la bagarre. Et si à la place on l'inculpait pour un autre crime ? Je veux dire...Phoebus n'est pas tout blanc, il doit bien y avoir quelque chose contre lui » Raiponce et Eugène firent mine de réfléchir. Pendant quelques secondes, le silence. Puis, Eugène parla.
« Mmh, c'est pas un si mauvais plan, mais pour ça il faudrait le chopper la main dans le sac ou, encore une fois, avoir des gens qui seraient prêts à témoigner contre lui »
« Et puis il faudrait savoir de quoi on l'inculpe et pour ça, une observation plus approfondie devra se faire. Si bien sûr on n'a personne pour nous aider. Personne qui connaîtrait assez bien Phoebus et ses coups » Continua Raiponce. C'est là que je me suis souvenue d'un truc. Le paquet qu'Esmeralda m'avait fait transporter, peut-être qu'il contenait quelque chose d'assez dangereux pour faire enfermer Phoebus, s'il avait été le commanditaire du paquet…
Mais je devais en parler qu'à Eugène. Autrement Raiponce se posera des questions sur ma relation avec Esme.
« Oh vous avez vu l'heure ? » La voix de Raiponce me fit sortir de mes pensées. Quand je regardais l'horloge accrochée au mur, je me suis rappelé qu'on avait une sortie juste après. C'est vrai, nous sommes bientôt censés nous rejoindre pour regarder un film. Avec toute cette affaire, j'allais presque oublier la partie la plus amusante de la journée.
Raiponce s'est levée la première. « Nous ferions mieux d'y aller, mais gardons cette discussion en tête et décidons de quoi faire pour notre plan. Je lui ai déjà trouvé un nom ''Des muscles d'acier contre l'amitié !'' » J'ai froncé des sourcils. Elle n'est pas sérieuse ?
J'ai regardé Eugène un moment et il ne semblait pas surpris du nom. En fait, il avait un petit sourire sur son visage. « Pourquoi on aurait besoin d'un nom de plan ? » J'ai demandé.
« C'est plus amusant comme ça, et puis il faut bien qu'on nomme cette mission, non ? » Raiponce pencha sa tête d'un côté, son visage ne montrant aucune gêne. J'ai de nouveau regardé Eugène et je lui ai demandé :
« Tu es d'accord avec ça ? »
Ce à quoi il haussa les épaules. « Je suis toujours d'accord avec elle, et le nom correspond plutôt bien » Bon, là-dessus je ne pouvais pas lui contredire. Mais- Bon-
Finalement, j'ai cédé avec un petit sourire aux lèvres « Bien, si vous voulez » Raiponce leva son poing en signe de victoire et poussa un petit cri.
« Oui ! Allez en route ! » Puis elle mena le chemin, Eugène et moi étions derrière. Juste assez de distance pour que je lui parle du paquet.
« Eugène je voulais te parler d'un truc »
« Dis moi tout »
« Bon, tout d'abord ça concerne Esme et..mon lien avec elle, donc s'il te plaît, n'en parle pas à Raiponce » Il hocha la tête. « Bien. Je me souviens que je devais faire des livraisons parfois pour Esme, et ces livraisons c'était des paquets »
« Tu sais ce qu'il y avait dedans ? » J'ai secoué la tête en signe de négation.
« Non, je lui ai demandé mais elle ne m'a pas répondu. Quoi qu'il en soit, celui qui gérait les transferts était peut-être Phoebus. Je ne suis pas sûre, mais ça vaut le coup de voir »
« Tu as raison, merci pour la piste j'y jetterai un coup d'oeil. Si tu te souviens de quoi que ce soit d'autre comme celui à qui tu faisais les livraisons hésite pas à me le dire. J'ai gardé quelques contacts avec certains à qui je pourrais soutirer des informations »
« Bien »
C'est ainsi que c'était terminé notre petite réunion de groupe.
Malgré le fait que les deux tourtereaux veuillent m'aider, ce serait injuste pour eux de se retrouver dans une mauvaise posture par ma faute. Je sais que je ne me le pardonnerai jamais s'il venait à leur arriver quelque chose.
Tout ce que Phoebus veut, c'est de garder la main sur Esme. Alors quitte à souffrir de nouveau, je protégerais mes amis en les éloignant d'Esme.
Après une dizaine de minutes de trajet, le chauffeur s'arrêta en bas de mon immeuble et je lui donnais le montant indiqué sur son compteur avant de partir avec Esmeralda sur mon côté. Je l'aidais à atteindre mon appartement et elle titubait, manquant de se casser la gueule à plusieurs reprises dans les escaliers.
À l'intérieur, la première chose que je faisais était d'allumer la lumière ce qui me permettait de l'emmener jusqu'à ma chambre, où je la plaçais sur mon lit. « Reste éveillée je t'apporte de l'eau » Et elle hochait la tête machinalement, la masse de ses cheveux cachant son visage.
J'arrivais quelques secondes plus tard avec un grand verre d'eau et elle ne but qu'une gorgée, ne me remerciant même pas pour lui avoir apporté ce verre, ni même pour l'avoir emmené chez moi. Mais bon, je pensais bien que c'était trop demandé pour elle, alors je décidais de la laisser tranquille. Pour l'instant.
Maintenant que je pouvais la contempler, son maquillage était dans le même désordre que ses cheveux et ses vêtements et je ne sais pas depuis combien de temps elle ne s'était pas lavée, mais elle ne sentait pas la rose.
Je partis fouiller dans le placard un linge et un pyjama, puis dans un des tiroirs de ma salle de bain une brosse à dents et j'entreposais le tout sur la machine à laver dans la salle de bain. Je pris ensuite le verre de sa main avant qu'elle ne le fasse tomber et le posais sur la table de nuit. « Prends ta douche, c'est la salle juste à côté. J'y ai déposé un pyjama et une brosse à dents. Ne vide pas toute ma bouteille de gel douche, compris ? Dès que tu auras fini donne-moi tous tes vêtements, j'irai les laver » Elle hochait la tête et je la laissais dans la chambre, laissant la porte ouverte au cas où je l'entendais glisser ou pire. Je profitais de ce temps de pause pour prendre le médicament que j'aurais dû prendre il y a deux heures de ça. Mon oreille traînait du côté d'Esme pendant plusieurs secondes alors que je l'entendis prendre sa douche. Et quand je n'entendis rien d'alarmant, je suis allée sur mon téléphone, voyant déjà plusieurs messages laissés.
Raiponce : À refaire, c'était trop bien ! Et hâte de cette soirée Disney Diana!(Je ne te lâcherais pas avec ça)
Anna : Ouais moi aussi je te lâcherais pas, une promesse est une promesse !
Moi : Hahah je pense bien xD
Moi :Et j'ai aussi aimé la sortie d'aujourd'hui, c'était gentil à vous de m'inviter
Eugène : Tu fais partie de la bande maintenant, tu ne pourras plus échapper aux sorties de groupe
Et je souris au mot ''bande''. J'étais vraiment heureuse de faire partie de quelque chose. Ma joie était d'autant plus forte lorsque je savais qu'Elsa faisait partie du groupe.
En parlant d'Elsa, elle n'avait pas l'air dans son assiette à la fin de la journée. Je devrais sûrement m'excuser pour être partie de cette façon..
Sans plus tarder, je lui envoyais un message privé.
Moi : Elsa, je tenais encore à m'excuser par rapport à aujourd'hui. J'espère que tout va bien ? Vous êtes bien rentrées ?
Après quelque minutes j'entendis l'eau se couper. Esmeralda devait sûrement avoir fini de prendre sa douche. J'ai attendu encore un petit moment avant de voir où elle en était. Je frappais à la porte de la salle de bain. « Esme, tu as fini ? » J'ai attendu une seconde, puis deux, avant que la porte ne s'ouvre et que je tombe nez à nez avec elle. Elle avait l'air mieux. Plus de maquillage et ses cheveux mouillés descendirent le long de son dos. Elle portait le pyjama que je lui avais donné et ses mains étaient remplies de ses vêtements, qu'elle me refourguait dans mes mains. Je lui laissais de l'espace pour passer et mettais ses vêtements dans la machine à laver. Après avoir configuré la machine de sorte à ce qu'elle lave pour le lendemain, je quittais la salle de bain pour voir Esmeralda assise sur mon lit en buvant de l'eau.
Je m'asseyais à côté d'elle, hésitante à lui demander ce qu'elle avait. Je ne l'aimais peut-être pas, mais je ne voulais pas qu'elle garde ses mauvaises pensées pour elle. Finalement c'est elle qui commençait à parler.
« Tu..tu ne vas pas profiter de mon état pour me faire du chantage ? » Murmura-t-elle.
« Je ne suis pas comme ça. Je n'attaque pas les gens par leur faiblesse et tu devrais faire de même. Tu verras que tu auras beaucoup plus d'amis »
« J'ai..des amis »
« C'est faux » Et elle ne contesta pas mes mots, elle se pinçait juste les lèvres. « C'est pour ça que tu m'as appelé, c'est parce que je suis la seule personne qui ne profitera pas de toi sexuellement même dans cet état. Parce que tu sais que je ne t'aime pas mais que je ferais n'importe quoi pour que tu gardes mon secret » De nouveau elle ne dit rien, confirmant tout ce que je venais de dire. Je me levais pour me faire retenir par une main empoignant mon avant-bras.
« Reste avec moi, s'il te plaît » Elle avait l'air si désespérée que j'en venais à hésiter sa demande. Mais je n'étais pas assez idiote pour accepter.
« Je dormirais sur le canapé du salon, tu peux prendre ma chambre pour cette nuit » Elle lâchait ma main quand elle su que je n'allais pas dormir avec elle et je la laissais dans ma chambre. J'installais une couette sur le canapé et je pris mon téléphone. Un message d'Elsa.
Elsa : On est bien rentrée, merci de t'en inquiéter
Moi: Tant mieux:)
Moi : C'est normal, après tout on est amies comme tu me l'as dit avant.
Moi : Tu sais, je ne pensais pas devenir amie avec une bande comme la votre avant
Au bout de quelques minutes, elle me répondit.
Elsa: Comment ça ?
Moi : Avant je m'empêchais d'appartenir à un groupe d'amis à cause de ce que mes parents disaient..à propos de ma différence. Alors cette peur a grandi en moi et je bloquais dès que je commençais à être ami avec quelqu'un. J'ai très vite abandonné tout lien avec quiconque. Mais maintenant que j'ai eu la chance de goûter au vrai bonheur, je ne peux plus m'empêcher de vouloir aller plus loin. Et tout ça a commencé grâce à toi, alors merci
Elsa : Je ne veux pas être trop envahissante en te demandant ça mais… Est-ce que ta différence est aussi horrible que tu le laisses entendre ?
Moi : Oui
Elsa : Au point de te priver d'êtres chers ?
Moi : Tant que ma différence reste bien cachée je peux faire exception. Mais j'ai toujours peur que ça puisse foirer ma relation avec vous tous..Et qu'un jour tout le monde le sache..
Elsa : Tu sais tout le monde a ses secrets et je ne pense pas que le tien soit aussi effrayant que celui des autres. On a juste cette impression que si on le dit, tout le monde pourrait se moquer de nous
Moi : J'aimerais te dire que tu as raison, mais c'est bien mon cas..De nombreuses personnes se moqueront de moi pour ça. Irais-je même jusqu'à dire dégoûtés. Tout comme mes parents l'ont fait. Avec le temps je m'y suis habituée, mais la peur reste présente et me tétanise
Elsa : Et moi j'aimerais pouvoir te faire savoir que peu importe ce que tu me diras, tu ne me feras pas fuir
Elsa: À part si tu as commis un meurtre, là je peux faire exception..
Son message me fit sourire, l'angoisse dans laquelle je me trouvais quand je lui écrivais disparaissait un peu.
Moi : Non ce n'est pas un meurtre xD
Elsa: Ah, ouf tu me rassures hahaha
Elsa : Ce que je veux savoir, c'est à quel point tu te prives de bonheur à cause de ce secret. Je n'aimerais pas que l'un de mes proches vive triste toute sa vie à cause d'une peur immatérialisée
Moi : Tu veux vraiment le savoir ?
Elsa : Oui
Moi : Je me prive de bonheur au point où…
Moi : Au point où je ne peux vivre pleinement mes sentiments pour la personne avec qui je veux tout partager
Mon coeur battait dans mes oreilles pendant que j'écrivais le message et même après. Je savais qu'avec ce simple message elle ne comprendrait pas que la personne dont je parlais était elle, mais peut-être qu'elle avait remarqué certain regards que je lui lançais et que par ce fait, mon message allait lui mettre la puce à l'oreille. En ce moment, je voulais voir son visage pour savoir comment elle réagissait, s'il y avait une quelconque réaction.
Au bout d'un certain moment sans réponse, je lui renvoyais un message.
Moi : Elsa ?
Elsa : Oui, désolée.
Elsa : Tu ne devrais pas penser comme ça. Tu passes à côté d'une vie que tu pourrais avoir, une meilleure vie que la tienne. Tu dis que tu t'es habituée à ta différence avec le temps, c'est déjà un pas en avant. Maintenant tout ce que tu as à faire c'est de faire confiance à ton entourage et de faire un autre pas. En commençant pas l'assumer auprès de tes proches et ainsi de suite. Je ne veux pas te pousser au dessus d'une falaise, mais si tu veux vraiment être heureuse et je te le souhaite vivement, tu vas devoir faire avancer les choses et ça commence par éloigner tes peurs en les affrontant
Et elle avait raison. Un jour ou l'autre, il va falloir que je confronte mes peurs.
Moi : Merci:)
Moi: Tu sais la confiance sa fonctionne dans les deux sens. Et autant que j'apprécie ton aide en ce qui concerne ma vie, je n'ai pas vraiment entendu parler de la tienne
Elsa : Tu veux que je parle de moi ?
Moi : Oui:)
Moi: Si tu dis que tout le monde a un secret, alors toi aussi ?
Elsa :….
Elsa : Oui, même moi
Moi : Tu sais, je me suis posé la question une fois si tu avais un secret, et si oui, lequel pourrait être le tien
Elsa : Ah bon ?
Elsa : Et tu as trouvé ?
Moi : Non haha..qu'est ce que pourrait cacher la Reine des glaces ?
Elsa : Mon dieu arrête tout de suite avec ce surnom hahaha xD
Moi : Tu ne l'aimes pas ? Pourtant il te décrit bien xD
Moi : Dans le sens où tu dis ce que tu penses
Elsa : J'avais compris, tu n'as pas besoin de te justifier
Elsa : À quel point veux-tu le savoir ?
Moi : À partir de quel point peux-tu me le dire ?
Elsa : Mmh...Pas au point où je peux tout te dire
Moi : Attends, qu'est ce que ça veut dire ça ?
Elsa : Hahaha xD
Elsa : En tout cas pas aujourd'hui
Moi: Quoi ? Tu m'as chauffée pour rien
Elsa : Tu sais en tant qu'Ice Queen, j'aurais plutôt dû te refroidir
Elsa : Dans le sens où je suis froide
Moi : Oui, j'avais compris merci !
Et avec ça je riais toute seule devant mon écran.
Elsa : J'ai des craintes tout comme toi… Mais si un jour j'ai le courage de te dire mon secret, je le ferai
Avec un petit sourire, je répondais :
Moi: Moi aussi
En réalité j'avais deux secrets. Le premier était que j'avais une membre masculin entre mes jambes.
Et le deuxième était que j'étais éperdument amoureuse d'Elsa.
FIN du chapitre
Des impressions ?
