Finalement et après plusieurs mois d'absence, je fais mon come back !

Excusez-moi pour la longue absence, néanmoins vous serez content d'apprendre que ce ne sera pas le seul chapitre du mois. En effet, j'ai prévu 7 ou 8 chapitres pour vous ce mois-ci (la plupart seront postés cette semaine)

Du coup, bonne lecture;)


L'eau passait à travers les tuyaux, chauffant à une température agréable et chutait sur mes épaules tendues. Aussitôt le contact avec l'eau chaude et relaxante, mes épaules se détendirent et je poussais un soupir d'apaisement. Je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis longtemps. Qui plus est je reprenais les cours dans quelques jours à peine. Et entre deux avec le marathon Disney que nous comptions faire chez moi, rien ne pouvait s'aligner aussi bien que maintenant.

Après m'être lavée de partout, je coupais l'eau et essorai mes cheveux avant de sortir de la douche. Je me sentais bien, relaxée, détendue et rien ne pouvait me faire enlever cette béatitude.

« Dis Diana tu saurais pas où j'- » Intervint Esmeralda en ouvrant la porte comme si de rien n'était. Elle s'arrêta en plein milieu de phrase quand ses yeux tombèrent sur mes parties intimes avec de gros yeux et un sourire aux lèvres. « Ohhh… Tu n'as pas à mendier toi hein ? Même mon ex en a une plus petite » Et elle se mit à ricaner.

Ce compliment ne faisait qu'attiser la rougeur sur mes joues et ma gêne. Je cachais du mieux que je pouvais mon engin en m'accroupissant. « ESME DÉGAGE ! » Lui criai-je en lui lançant ma serviette dessus mais elle fermait la porte juste à temps pour qu'elle ne se la reçoive pas sur le visage.

Putain, elle respecte plus rien !

Je suis sûre qu'elle l'a fait exprès, elle l'a fait exprès !

Après avoir ramassé ma serviette, je soupirai et me massais la nuque, mon regard sur la partie inférieure de mon corps.

Si ce qu'Esmeralda affirme était vrai, je pourrai peut-être convaincre Phoebus de passer un pari avec moi sur celui qui a la plus grosse bite, et celui qui perd devra faire messe basse toute sa vie sans agresser qui que ce soit.

Mais je ne pouvais pas faire ça, il serait capable de m'émasculer.

Je m'essuyais et enfilais mes vêtements avant de sortir de la salle de bain embuée. Arrivée dans le salon, je vis le frigo ouvert depuis là où j'étais et une petite tête dépassait du plan de travail devant.

« Esme, on doit avoir une discussion » Lui dis-je et elle me disait d'attendre, ramassant un truc quelconque dans le bas du frigo. Dans la main elle avait une pomme, la dernière pomme que j'avais soit dit en passant. Elle fermait ensuite le frigo et se coucha sur le canapé en croquant dedans.

« Qu'est chquiya ? » Elle mâchait la pomme, du jus descendant de ses lèvres et vint s'écouler sur son menton et elle l'essuyait d'un coup de main rapide. Une petite pensée salace s'immiscer mais je la dégageai aussitôt, reprenant mon sérieux.

« Je croyais qu'on avait fixé des règles si tu restais chez moi et je ne vais pas les répéter tout le temps alors c'est la dernière fois ok ? Quelle est la première règle ? »

« Ne pas envahir ton espace privé..C'est bon j'ai compris la première fois que tu me l'as rabâchée » Dit elle en roulant des yeux et en mâchant une deuxième bouchée de pomme.

« Ah bon, tu en es sûre ? Comme i minutes à peine ? » Dis-je avec scepticisme, ce à quoi elle répondit avec un roulement des yeux.

« Oui bon, accident ! J'ai cru que t'étais habillée »

« Un accident tu dis ? » J'ai haussé un sourcil, l'air nonchalante et incrédule. « Et tu appelles ça un accident quand tu t'es mise à fouiller tous mes placards pour trouver quelque chose qui n'existait pas ? »

« Mmh » Elle avala ses morceaux de pomme. « Ça aurait pu exister. Tous les hommes ont un vagin artificiel caché dans leur placard. Je voulais savoir si tu en avais un c'est tout. D'ailleurs je suis la première surprise et j'y pense encore, c'est triste de n'avoir que sa main pour se soulager »

« Eh bien je ne suis pas un homme, premièrement. Et deuxièmement, qui te dis que j'aurais voulu fourrer mon pénis dans un jouet artificiel ? » à cela elle a simplement haussé les épaules et j'ai soupiré. « Donc règle numéro un, ne pas envahir mon espace privé, ce qui concerne mes affaires et moi. La règle numéro deux c'est laquelle ? » Elle faisait mine de réfléchir et j'étais vraiment accablée quand je voyais qu'elle ne connaissait toujours pas les règles. « Si tu finis un truc, tu le remplaces »

« Oui le remplacer, je savais ! » Souffla-t-elle avec une fausse indignation.

« Règle numéro trois et c'est sans doute la plus importante. Ne dis à personne que tu vis ici. Personne » Finis-je. « Compris ? »

«Compte sur moi pour respecter ce dernier point » Je pense qu'elle tenait suffisamment à sa vie et elle a un minimum de conscience pour respecter ce dernier point. Après tout et à ce stade, je doute que Phoebus me laisse en vie s'il venait à découvrir que je créchais Esme. Et maintenant les points les plus importants établis, je me plongeais sur le canapé et prit mon téléphone en main en regardant mes messages. Entre deux, un groupe ''Des muscles d'acier contre l'amitié !'' avait été créé, logeant Eugène, Raiponce et moi-même. Avec ce groupe j'avais découvert que le père de Raiponce était un policier haut gradé. Heureusement et prenant la sécurité des gens très à coeur, il a accepté d'enquêter sur Phoebus mais plus au sujet des enregistrements de surveillance du collège qui avaient mystérieusement disparu. Si tant est que ces enregistrements aient bel et bien existé au départ…

Quoi qu'il en soit, l'enquête venait à peine de commencer que je voulais qu'elle s'arrête. Le groupe passait ce week-end pour voir des films et il y avait toujours le problème Esme. La laisser traîner seule dehors n'est pas une solution mais est-ce que dire la vérité au groupe en était une ? Je voulais leur dire. Terriblement. Ça m'éviterait à devoir cacher Esme si je venais à inviter le groupe souvent. Je voulais leur dire, mais un mot pouvait très vite glisser de la bouche de l'un d'eux et ça pourrait créer des dégâts irréparables. Je ne voulais pas qu'ils se blessent en voulant m'aider.

Alors personne n'en saura rien.

« Je t'ai dit que le groupe venait chez moi pour un marathon Disney, non ? » Informais-je ma semi-colocataire.

« La bande de gamins avec qui tu traînes là ? Et pis quoi ? Un marathon Disney ? » Elle roulait ensuite des yeux tout en marmonnant le mot ''barbant''.

« De 1. Ce n'est pas une bande de gamins et de 2. Mon appart, mes règles. Et bref, ils viennent ce week-end et avant ça je voulais qu'on trouve une solution pour toi »

« Tu veux me virer la journée c'est ça ? » En déduit-elle tout de suite.

« Crois moi te laisser seule dehors ne me plaît pas. Mais Raiponce ne me lâchera pas pour ce marathon. Alors je ne sais pas, si tu pouvais t'occuper jusqu'à 23h00 au moins.. » Esmeralda soupira.

« Bien, je n'ai pas le choix de toute façon. J'irai faire du shopping, j'ai bien un ou deux pigeons qui voudront m'acheter des trucs..»

« Esme, fais profil bas d'accord ? Utilise ton argent par exemple »

« J'aimerais bien mais je n'en ai pas. Tout ce que j'ai c'est 50 centimes dans la poche arrière de mon jean » Elle m'avouait et je soupirai, sortis mon portefeuille et lui tendit un billet de 200.

« C'est tout ce que je peux te donner. Et tant que tu peux, récupère tes vêtements chez le type chez qui tu vivais » Elle m'arrachait le billet des mains avec joie et le glissa dans la poche du training.

« Bien ! »


C'était aujourd'hui, le jour de la journée cinéma. J'avais tout préparé pour que ce soit parfait. J'avais déjà pris un compte chez Disney + et étais passée à l'épicerie du coin pour prendre des boissons, alcoolisées et non, ainsi que des pop-corn aux micro-ondes et à la casserole avec plusieurs goûts différents. Pour ceux qui voulaient d'autres choses, j'avais acheté des chips nature et paprika et enfin des biscuits.

Chez moi, avec la non-participation d'Esmeralda pour ne pas changer, je cachais tout ce qui pourrait leur révéler mon secret, fermé dans un tiroir à clé qui était caché dans une des boîtes au fond de mon placard. Autant dire que tout était parfait. J'avais aussi nettoyé l'appartement et malgré l'ouragan Esmeralda (d'ailleurs une règle à propos de l'ordre que je rajouterais dans la liste) je parvins à mettre l'appartement dans un état plutôt correct.

Esmeralda était partie il y a deux heures déjà, me laissant le temps de prendre une douche avant d'accueillir les invités. La veille je leur avais envoyé l'adresse et Mérida ne cessait de me dire que j'avais de la chance de vivre dans ce quartier parce qu'il était proche de tout et qu'il était très beau. Il y avait aussi eu une petite dispute entre Eugène et Raiponce. Eugène était un peu vexé parce que sa petite amie lui avait dit que son appartement n'était pas très bien organisé et qu'il laissait traîner beaucoup de babioles qui je cite ''n'étaient pas à lui''.

Après avoir pris ma douche, je vis qu'il me restait tout juste assez de temps pour tout mettre en place et je m'habillais d'un training noir à bande blanche sur le côté et un t-shirt gris.

J'allais ensuite chercher les chips dans la cuisine pour les placer sur la table basse devant la télévision avec des bols vide et autres biscuits. Et au même moment que j'allais commencer à faire les pop-corn, j'entendis la sonnerie de la porte d'entrée s'enclencher. Jetant un œil au judas, j'aperçus un gros œil vert sauter avec anticipation.

Et j'eus à peine le temps d'ouvrir que la rousse fraise pénétra dans la pièce, me saluant au passage.

« Woow c'est si beau ici ! J'aimerais avoir un appartement comme ça un jour ! » Dit Anna en s'émerveillant devant mon appartement. Kristoff pénétra juste après en secouant la tête de désespérance et enfin Elsa. Elle était absolument ravissante comme toujours, ses joues un peu tintées à cause du froid. Elle me lançait un petit regard timide et s'excusa pour sa sœur. Je me suis mise à rire en lui disant que tout était ok.

« Et les autres ? » M'enquis-je. Kristoff fut celui qui répondait et tout le monde retirait leur veste, me laissant admirer la façon dont Elsa était habillée. Elle portait un leggings noir moulant, affinant ses longues jambes et un pull bleu clair avec une manche qui tombait, me laissant une vue d'ensemble sur son épaule claire et Dieu...

« Eugène et Raiponce sont allés chercher Mérida au passage et ils arrivent » Me répondit-il et à ça je hochais juste la tête, déglutissant encore en jurant des petits mots dans ma tête pour éviter de penser à autre chose que ''Je veux toucher son épaule''. Je leur ai fait signe de s'installer dans le salon comme ils voulaient et j'entendis encore la voix d'Anna s'écrier devant la nourriture dans le salon.

« J'allais commencer à faire le pop-corn mais vous pouvez attendre ici si vous le souhaitez » Leur criais-je depuis la cuisine. Puis après avoir commencé à cuir le pop corn, j'allais vers eux.

« Vous voulez boire quelque chose ? J'ai de la boisson sucrée et alcoolisée pour ceux qui voudrait » Proposais-je.

« Oh de l'alcool ! » Dit Anna pour se faire directement couper par la négation de sa sœur et je poussais un rire à la déception évidente de la plus petite.

« Je vais vous chercher du coca-cola » J'ai affirmé et avant d'y aller, Elsa me proposa de l'aide, que j'acceptais. Maintenant dans la cuisine, je sentais présence derrière moi et je ne pouvais qu'être un peu stressée. Me regardait-elle ? Ou peut-être le décor ? Pourquoi m'avait-elle proposé son aide ? Je déglutis, repensant à la discussion que nous avions eue il y a plusieurs jours. Je sortais trois verres et les posai sur la table de travail derrière moi à côté d'Elsa, qui guettait ma cuisine et les pièces adjacentes d'un coup d'œil.

« Ton appartement est bien soignée et vraiment beau » Elle me lançait un compliment, ce à quoi je bégayais :

« M-merci. Je n'aurais pas osé vous inviter dans une porcherie. Même après avoir tout rangé, j'ai vérifié 5 fois si tout était parfait » Et aussi vérifier si mes caleçons ne traînaient pas.. Elsa se mit à pousser un rire.

« Tu n'as pas à t'en faire pour ça et même si ça n'avait pas été parfait, nous ne t'aurions pas jugé » Puis elle ne pencha vers moi en murmurant. « Entre nous, je pense que ton appartement ne pouvait pas être autant en vrac que celui d'Eugène »

« Est-ce que son appart est aussi horrible que ça ? » Demandais-je, crédule quant à son rangement.

« Tu veux vraiment la réponse ? » Rétorquait-elle avec un sourcil levé. Tout de suite, ma question me semblait débile parce que la réponse semblait être marquée sur son doux visage. Quand je ne répondis pas au bout de quelques secondes, elle continua. « La dernière fois que nous sommes venus chez lui, Anna s'est fait engloutir par un tas de babioles » Je me suis mise à rire en imaginant la pauvre petite sœur se faire manger par des objets. Elsa me rejoignit aussitôt.

Après le fou rire, je lui répondis tout en cherchant le coca-cola dans le frigo. « Dans ce cas, laisse-moi te rassurer en te disant que je n'ai pas de babioles chez moi. À vrai dire, je ne collectionne pas grand-chose » Je ne suis pas du genre à avoir la fièvre de l'acheteur et donc les seules choses que je pouvais avoir chez moi sont quelques vêtements et des jeux vidéo.

« Tu m'as rassuré » Dit-elle en souriant.

J'allais verser le coca dans les verres, mais c'est ensuite que j'ai pensé qu'Elsa n'en voulait peut-être pas. « Je ne t'ai pas demandé, mais est-ce que le coca ça va pour toi ? J'ai aussi du thé froid ou de l'eau » Lui proposais-je et elle chassait mes doutes d'un signe de la main.

« Le coca va très bien » Je hochai la tête et versais dans trois verres le contenu de la bouteille. « Alors...l'autre jour tu m'avais dit que tu aimais quelqu'un ? Qui est l'heureux élu ? Je le connais ? » Sa phrase m'avait fait remplir le troisième verre avec plus de liquide qu'il n'en fallait, le coca se renversant sur la table alors que mes joues devinrent rouges d'embarras.

Et je bégayais une excuse tout en essuyant ce qui débordait. « J-j'ai hum..Ah oui j'ai dit ça ? » Je détournais son regard interrogateur en refermant la bouteille et la replaçant dans le frigo. À vrai dire, tout ce qui pourrait me faire éviter son regard insistant fera l'affaire.

« Oui... Alors qui est-ce ? » Demanda-t-elle avec curiosité.

« C'est..J- » Vite il fallait que je trouve un subterfuge ! « je..te le dis seulement si tu me dis ton secret » Un petit sourire au coin de mes lèvres alors que je voyais le visage d'Elsa se tordre dans la gêne, baissant son regard sur le sol, vaincue.

« Bien, tu as gagné je ne te poserais plus la question.. » Elle avait l'air presque déçu de dire ça et pour moi c'était un soulagement qu'elle n'ait pas été plus curieuse. Ma tension se baissait et je poussais un soupir de soulagement. Son visage était encore rouge et elle n'osait plus me regarder. Pendant un instant, je me demandais ce que pouvait bien être son secret pour qu'elle rougisse ainsi. Je lui tendis ensuite un verre et prenais les deux autres, menant le chemin jusqu'au salon. Et juste après avoir déposé les verres sur la table, le bruit de la sonnette d'entrée retentit.

« Ah ils sont là ! » S'écria Anna en clappant ses deux mains avec enthousiasme. J'ouvrais alors la porte et Eugène, Raiponce et Mérida étaient tous trois là avec le sourire aux lèvres.

« Hallo ! » Dit vivement Eugène. Leur petit nez rouge me montrait que l'hiver montrait le bout du sien et l'air extérieur me le prouvait tout autant.

« Salut, entrez » Répondis-je joyeusement.

« Mmh, ça sent le pop-corn ! » S'empressa de remarquer Raiponce alors que ses yeux s'émerveillaient à la bonne odeur. Je souris et n'ai pas eu la peine de leur montrer où se trouvait le salon puisqu'Anna et ses grands cris de joie le faisaient à ma place.

Pendant qu'ils discutaient avec gaieté là-bas, je me permis de déposer leur veste dans la penderie et de récupérer le pop-corn qui grillait pour les mettre dans un bol et les mélanger avec du sel. Je préparais ensuite la deuxième fournée, que j'enduis de sucre cette fois ci. Et pendant le moment de préparation, je pouvais déjà entendre Raiponce s'exclamer à propos de la petite sirène à voir, tandis qu'Anna optait pour la princesse et la grenouille. Au final, Mérida trancha les deux parties en choisissant le Roi lion et tout le monde accepta.

Quand je revins avec le pop-corn, Raiponce se permit de commenter mon appart.

« Il est vraiment soigné ton appartement, j'aime beaucoup »

« Ouais, vraiment cool. Un jour, j'espère vivre toute seule » Continua Mérida. « À la maison il y a beaucoup d'ambiance et j'aime beaucoup ma famille, mais parfois c'est si bien d'être toute seule et d'avoir un peu de calme ! »

« Je suis d'accord » Rajouta Raiponce.

« Mais il y a un truc qui manque à ton appart' ! » s'exclama Anna et tout le monde la regardait, s'interrogeant. « Des photos ! »

« Ah, maintenant que tu le dis... » Murmura Raiponce en se triturant le menton. « C'est vrai qu'il manque un peu de décoration »

« Tu as percé mon secret, Anna » Répondis-je en jouant le jeu.

« Hehe » Ricana-t-elle fièrement. « N'aie crainte, nous ferons en sorte de rajouter de la couleur à ton appartement avec des photos de groupe » Anna leva son index au ciel avec un grand sourire sur son visage. Et tout le monde était d'accord là-dessus. Alors je leur souris.

« Bon, on commence ce marathon ? » Leur demandais-je. Et personne n'a dit non. Alors tout le monde trouva de la place sur le canapé et sur les fauteuils et nous commencions notre marathon.


Au bout de plusieurs films, j'ai remarqué plusieurs choses. La première était que tous avaient une voix magnifique et que je ne l'avais jamais remarqué. Ils chantèrent tout aussi bien que les doubleurs et j'étais au milieu à ne rien comprendre de la situation, à croire qu'ils avaient eux-mêmes tourné dans les films.

Deuxièmement, inviter la bande à la maison était en réalité moins flippant que je ne l'aurais cru. Bien sûr j'avais toujours cette alerte au fond de ma tête qui me disait de faire attention, mais si je passais outre cette sensation, je devais avouer que c'était l'une des meilleures journées depuis longtemps.

Et enfin troisièmement, entendre la voix d'Elsa chanter à côté de mon oreille était très dangereux. Plus encore, savoir que son épaule nue est juste à ma droite me faisait frémir. Je devais me concentrer pendant toute la durée des films sachant qu'il y avait une déesse juste à côté de moi. Mais vraiment difficile quand nous nous touchions accidentellement.

Après avoir regardé Mulan, Hercule, la petite sirène, la belle au bois dormant et Vaiana, tous les en-cas avaient été mangés, ne restant que des miettes au fond des bols. Les boissons elles aussi avaient été liquidées, moins que la nourriture néanmoins. Seules les boissons alcoolisées étaient intactes, en partie parce qu'Eugène ne pouvait pas boire à cause du fait qu'il devait ramener tout le monde en voiture après.

Nous nous approchions de la fin du dernier film, lorsque je sentis une pression sur mon épaule droite qui persistait. Mon estomac s'est tout de suite mis à se rouler et le sang me monter à la tête quand je voyais que la tête d'Elsa reposait maintenant sur mon épaule. Ses yeux étaient fermés, ses longs cils frôlant ses joues pâles et douces et ses lèvres entrouvertes, expirant lentement de l'air. Elle dormait.

Trop mignonne !

Si je ne m'étais pas retenue, mes bras se seraient enroulés autour d'elle et un baiser aurait été déposé sur le haut de son front. L'envie est là, persistant chaque seconde à la contempler.

Maintenant que j'y pense, l'ambiance du groupe s'était tamisée. J'ai jeté un coup d'oeil dans le salon, pour voir qu'Anna s'était endormie très gracieusement avec la bouche grande ouverte, des petits ronflements s'échappant de celle ci de temps en temps. Kristoff avait pratiquement tout le temps les yeux posés avec amusement sur Anna, même si l'émotion principal avait été de la pure affection. Raiponce quant à elle s'était emmitouflée dans les bras d'Eugène et Mérida, par une inexplicable façon, dormait la tête à l'envers.

Quand je vis que nous nous approchions de 23h, je commençais à comprendre pourquoi tout le monde était k.o. Le générique de fin défilait lentement sur l'écran et nous l'avons laissé défiler jusqu'à la fin sans y apporter une attention. Après tout, tout le monde dormait, ou du moins presque. Raiponce s'est mise à bailler.

« Fatiguée ? » Chuchotais-je au groupe. La brunette s'extirpa des bras de son copain et s'étira.

« Un peu je dois t'avouer » Répondit-elle.

« On ne va pas tarder » Ajouta Eugène. « La route est longue si je dois ramener tout le monde »

« Tu as raison » Confirmais-je. Puis je regardais Kristoff et avec un air taquin, je lui dis « Tu devrais réveiller ta belle au bois dormant et tu sais comment faire » J'avançais mes lèvres en avant en les tapotant avec mon index gauche. Je pense que ça aurait été plus facile pour lui de l'embrasser si elle n'avait pas de la bave qui coulait sur le coin de sa bouche. Kristoff face à ma réponse est devenu tellement rouge qu'il aurait pu se fondre dans un champ de tomates s'il l'avait voulu.

Eugène et Raiponce se sont mirent à rire et en entendant les rires mesquins, Mérida s'est réveillée en marmonnant « de qui on se moque ? » Toute étourdie, sa crinière de lion cachant la moitié de son visage. Alors que le couple et Mérida parlaient ensemble, Kristoff me fit un geste avec ses yeux qui ne passait pas inaperçu. Il me regardait d'abord, puis la forme endormie d'Elsa tout en articulant très clairement « Tu devrais toi aussi » Puis il fit le même geste que moi avec ses lèvres. Je rougis autant que lui. Je ne sais pas s'il est le seul à avoir découvert mon secret ou si les autres ont eux aussi une petite idée. En tout cas, l'envie était là.

Je me raclais légèrement la gorge afin d'éloigner la rougeur sur mes joues « En tout cas préparez-vous déjà, la penderie se trouve vers l'entrée. Kristoff et moi allons réveiller les filles » Mérida était d'accord avec ça et elle passa faire un tour aux toilettes alors que Raiponce fouillait déjà dans la penderie avec Eugène. Kristoff secouait légèrement la tête endormie et la première fois elle répondit en ronflant. Ce n'est qu'au bout de la troisième fois qu'il parvint à la réveiller. Quant à moi, je n'osais pas. Elsa était absolument magnifique et je ne voulais pas la déranger, d'autant plus que la sensation de sa tête sur mon épaule ne me déplaisait guère. Ça me faisait sentir confortable, forte, et cela m'enfonçait davantage dans mon engouement pour elle. Mais malgré le fait que je veuille qu'elle reste pour toujours, je ne pouvais pas. Alors je secouais très légèrement son épaule gauche et soufflais son prénom entre mes lèvres. « Elsa... Elsa réveille-toi » Elle marmonnait doucement, frottant sa tête contre mon épaule, réveillant la sensation de flottement dans mon estomac. La scène de la belle au bois dormant sonnait encore fraîchement dans ma tête en plus de la recommandation de Kristoff et je rougis. Je suis sûre que l'embrasser ressemble au paradis. Le goût, la douceur de ses lèvres se rapproche à l'inimaginable et même imaginer au meilleur des baisers n'a aucune comparaison face à la vraie sensation de ses lèvres sur les miennes. C'est ce que j'imagine du moins.

Que j'aimerais être quelqu'un de spécial pour elle. Si seulement je pouvais l'être...

Mais ça me ferait trop mal de penser que mes désirs pourraient m'éloigner d'elle. Si je venais à lui avouer ce que je ressens et que cela la fasse reculer de moi reviendrait à déchirer, piétiner, tordre et broyer mon cœur et mon être. Une vie sans elle, n'est que souffrance et n'a qu'un arrière-goût amer, sans saveur. Je ne veux pas qu'elle disparaisse de ma vie.

Et puis j'avais déjà décidé que j'allais garder ces sentiments enfermés dans une boîte, bien, bien profond.

« Elsa » Murmurais-je en secouant encore une fois. Cette fois-ci elle se réveille, lentement ses yeux s'ouvrent et découvrent où elle se trouve. Puis elle les écarquilla, surprise avant de se dégager de mon épaule, bien droite, bien éveillée.

« D-désolée, je me suis endormie » Répondit-elle. Ses joues étaient un peu rouges d'embarras et je secouais la tête en lui donnant un petit sourire.

« Pas besoin de t'excuser, c'est normal. Pour te dire, tout le monde a piqué un petit somme » En parlant du loup, ils se sont tous ramenés dans le salon. Mérida, Raiponce et Eugène étaient déjà prêts.

« Dormir avec des musiques de Disney en fond, c'est la base » Répondit Mérida avec un sourire satisfait aux lèvres.

« Être avec ses amis pour regarder les films Disney c'est la base » Ajouta Raiponce avec le même sourire.

« J'espère que cette journée vous aura plu. On n'a pas pu regarder tous les films malheureusement » Dis-je.

« Tu plaisantes, cette journée était super ! » S'exclama Raiponce.

« Et c'est une occasion en plus pour nous inviter encore une fois » Dit Eugène en me faisant un clin d'oeil. « Bien sûr, cette fois ci je pourrais enfin toucher à l'alcool promis » Je poussais un rire et hochais la tête.

« Je garderais cet alcool pour toi » Lui répondis-je. Suite à ça, je raccompagnais tout le monde à la porte. Anna encore assommée par le sommeil, ne put à peine aligner trois mots. Heureusement, Kristoff était là pour traduire et gardait ses bras autour d'Anna au cas où elle tomberait de sommeil. Finalement, tout le monde est parti. J'ai soupiré, le changement entre le bruit et le silence s'est vite fait sentir. Avant de laver les bols j'ai envoyé un message à Esme et 5 minutes après, elle s'est permise d'entrer avec le double de la clé que je lui avais donné.

« Yo » Marmonna-t-elle depuis l'entrée. « Tes crétins d'amis sont partis ? »

« Ce ne sont pas des crétins » J'ai grogné « Mais oui, ils sont partis » Elle marmonnait un truc incompréhensible en retour et guettait dans le frigo.

Quand elle vit qu'il y avait de l'alcool dans le frigo, elle murmura « Oh des bières, super » et en prit une d'office. Bon, cet alcool finira dans le ventre d'Esme finalement.

« Je ne veux pas te voir bourrée, compris ? » J'ai soufflé.

« Avec des bières ? Aucun risque » Dit-elle simplement. Après mûre réflexion, elle en prit 2 de plus et se posa dans le salon. Au bout d'un moment, je l'entendis crier « ARGH C'EST MOUILLÉ ! » Quand j'ai entendu ça, je me suis mise à rire. C'était probablement la bave d'Anna. « Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?! » Je ne répondis pas et continuais à rire. Merci Anna.

Quand j'ai terminé de laver la vaisselle, je m'installais à côté d'Esme, qui avait déjà monopolisé la télécommande. « Alors comment s'est passé ta journée ? » M'enquis-je alors qu'Esme buvait 5 gorgées de bière d'affilée en changeant de chaîne. Finalement, elle a laissé sur une chaîne où passait une veille série.

« Juste après que tu m'aies chassée d'ici tu veux dire ? » Je roulais des yeux. « Oh ça c'est bien passé. Difficile de faire profil bas quand on a un corps de rêve mais néanmoins je ne pense pas avoir attiré trop de regard et heureusement, je n'ai pas croisé ce connard dégénéré » Je savais exactement de qui elle parlait mais on s'était dit que nous n'allions plus le nommer par son prénom.

« Tu as utilisé tout mon argent je parie ?» Elle termina la première cannette et en commença une nouvelle.

« Il me reste un peu d'argent, mais j'ai pratiquement tout dépensé. Pourquoi, tu le veux ? » Je secouai la tête.

« Garde ça pour toi » répondis-je. « On ne sait jamais, peut-être que tu en auras besoin pour appeler un taxi »

« Vous êtes trop aimable mademoiselle » Roucoula-t-elle en caressant la partie sous mon menton. « Et toi qu'as tu fait ? Oh j'oubliais ''films Disney''... »

Je ne pris pas son ton à mal et souris narquoisement « Quoi tu es jalouse ? »

« De toi ? » Elle pouffa de rire. « Pff non, m'installer avec des débiles c'est très peu pour moi » J'y sentais de l'animosité dans son ton, comme du venin et cela me posait quelques doutes. Pourquoi était-elle aussi méchante avec eux ? Serait-elle jalouse de la relation qu'ils ont entre eux ? De leur amitié ? Ou bien de la facilité avec laquelle je me suis approchée d'eux ? Ou bien...

« Alors tu es jalouse d'eux ? » Demandais-je.

« Pardon ? » Ses joues se sont un peu tintées.

« Tu es jalouse d'eux qu'ils aient passé du temps avec moi ? »

« Tu es sûre que tu n'as pas bu à ma place ? »

Je souris. « Je suis ta seule soi disant amie, c'est normal si tu venais à être jalouse » Lui dis-je. Elle détourna son regard, fixant la télévision.

Puis elle marmonnait alors que sa bière collait ses lèvres. « Tu dis n'importe quoi.. »

« Tu veux regarder un film Disney ? »

« T'en as pas marre de ces films ? »

« Jamais » Répondis-je. « Alors ? »

Elle grogna « Si tu veux » J'avais gagné. Un sourire gagnait aussitôt mes lèvres et je mettais Disney +, visionnant Les mondes de Ralph.

Au bout d'un moment au milieu du film, je me suis mise à parler. « Tu sais, je n'avais jamais regardé ce genre de film quand j'étais enfant. Encore moins avec des gens » Lui avouais-je.

Au bout de quelques secondes, elle me répondit avec désinvolture « Ah ouais ? »

« Mmh » Acquiesçais-je. « Mes parents ne m'accordaient jamais rien. Alors ces films étaient trop loin de ma portée. Je ne savais même pas qu'ils existaient jusqu'à cette année » Dis-je en poussant un rire. « C'est Elsa et les autres qui m'ont fait découvrir ce nouvel univers et avant eux, je n'avais pas d'amis »

Malgré son désintérêt, elle continua « Pourtant j'aurais cru l'inverse. Tu as l'air de vite te faire des amis » Dit-elle en buvant une gorgée.

« Ça n'a pas toujours été le cas. Avant eux, avant cette année, j'étais toute seule. J'avais peur de m'approcher des gens, parce que pendant toute mon enfance, mes parents m'ont répété encore et encore je ne pouvais pas avoir d'amis. Que je devais rester toute seule. Que je ne devais pas faire savoir que je suis différente. Alors je les ai écouté, je l'ai fais aveuglément en me disant qu'ils avaient raison et pendant plus de 16 ans, j'étais toute seule. Mais maintenant que je sais ce que ça fait d'avoir des amis, d'être heureuse, je ne veux plus qu'on m'arrache ça. C'est comme une sorte de drogue, je ne pourrais plus vivre sans ça » Un silence. « Enfin bon..Tout ça pour dire que je sais ce que tu ressens. Je sais ce que tu vis. Quand je t'ai récupéré l'autre jour pendant le trajet en taxi, je me suis surprise à penser que toi et moi on se ressemblait, en quelque sorte. Je n'essaye pas de te faire avouer quoique se soit parce que je sais déjà. Je veux juste te dire que je ne te lâcherais pas. Parce que personnellement, je ne voudrais pas qu'on me lâche » Encore un autre silence, mais j'avais en quelque sorte aperçu Esme prendre une grande respiration.

« Tes parents » Commença-t-elle avant de boire une gorgée de plus « Ce sont des enculés » Je poussais un rire sec.

« Tu m'étonnes. Mais au moins, ils m'ont offert cet appart' et me payent une rente chaque mois pour garder mon sale secret »

« C'est déjà ça de gagné » Répondit-elle. « Et pour ton secret… si jamais il venait à se savoir sache que…Bon ma parole ne vaut sûrement pas de l'or pour toi, mais sache que si tout le monde te rejette, je serai là » Je la regardais un instant, incrédule, ébahie.

Puis un sourire se dessina sur mes lèvres et je lui murmurais « Merci » avant de me replonger dans le film. Juste après, elle déposa sa tête sur mon épaule. Et nous continuâmes de regarder autant de films que je voulais.

Fin du chapitre

YOOOOOO ! FINALLY I FINISHED THIS CHAPTER !

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