Ok je vous préviens déjà, il y aura de l'homophobie dans ce chapitre et putain que ça m'a fait mal de l'écrire.
Alors...courage
~Pdv Elsa~
Au début, je ne faisais pas grand-chose. Je ne me faisais pas remarqué non plus. J'étais juste une fille qui travaillait seule dans son coin avec pour seule amie sa sœur. Oui, dans cette ville Anna avait été la seule avec qui je parlais. Même si l'envie était là de me faire des amis, j'étais beaucoup trop timide pour parler à qui que ce soit.
Et puis les gens ont commencé à me remarquer. La première fois c'était en cours d'arts plastiques. Quelqu'un avait vu mon travail et avait été impressionnée. Ce jour-là je crois bien que mes joues étaient teintées de rose toute la journée tellement j'étais gênée par le commentaire. Et puis j'avais croisé cette fameuse personne à la cafétéria. J'étais juste derrière elle à la file et elle n'avait pas assez d'argent pour payer son déjeuner. Alors je lui ai gentiment proposé de le lui payer et elle a accepté. On a commencé à parler suite de ça et on s'est rendu compte que nous étions pratiquement tout le temps dans la même classe. Alors on a décidé de s'asseoir tout le temps ensemble lors de nos cours partagés et on discutait de nos résultats et de l'école principalement. Le lendemain, elle n'avait de nouveau pas assez d'argent pour son déjeuner et je lui ai de nouveau proposé de lui payer. Ça avait duré plusieurs jours. Parfois elle n'avait tout juste pas assez, d'autres fois elle n'avait rien. Dans tous les cas, j'étais toujours là pour l'aider.
Suite de ça elle m'a présenté son groupe. Parce que oui, elle s'était faite des amis. Ils avaient l'air tous sympas mais parlaient souvent de mode, chose à laquelle je ne m'intéressais pas vraiment. Mais parfois leurs discussions étaient plus lourdes, des critiques vestimentaires des autres élèves. Ils discutaient aussi des potins de l'école et en bref, ce groupe est très vite devenu populaire. Et bien que ma timidité ait un peu disparu quand je traînais avec eux, je ne me sentais pas vraiment à ma place. Et à chaque fois que je restais avec eux, il y avait toujours cette fameuse phrase.
« Ah mince, mes parents ont oublié de me donner de l'argent...Au fait Elsa, tu n'aurais pas un peu de sous à me prêter par hasard ? Promis je te rends ça demain »
Les promesses se sont entassées et résultat, je n'avais été que leur porte monnaie portative.
Et le pire dans tout ça ce n'est pas qu'ils m'aient pris pour un porte-monnaie. Non. Le pire dans tout ça c'est que j'ai été trop bête et naïve pour croire un seul instant qu'ils me côtoyaient pour autre chose que mon argent. Il faut dire que c'était complètement de ma faute… Après tout c'est moi qui avais commencé à prêter de l'argent et ils n'ont fait que prendre la perche que je leur avais donné. Ils avaient réussi à me berner pendant plusieurs mois en me disant sans cesse que je faisais partie intégrante de leur groupe. Parfois même je devais demander un peu plus d'argent de poche à mes parents.
Et un jour alors que j'avais oublié un livre en classe, j'ai entendu le groupe parler de moi.
« J'arrive pas à y croire » Commença l'un des garçons en riant. « Il suffit de demander de l'argent à Elsa pour qu'elle accepte » une des filles suivit, poussant à son tour un rire.
« Ouais, et pour d'aussi bons résultats en cours on pourrait croire qu'elle est intelligente mais la pauvre cruche ne sait même pas qu'on l'utilise parce que sa famille est riche. Cette fille est vraiment stupide » Et un amas de rire s'ensuivit. Et la première fille avec qui j'étais devenue amie s'est mise à parler.
« Estimons-nous heureux qu'elle ne s'en soit pas rendu compte plus tôt, ça nous évitera de gaspiller de l'argent » Dit-elle.
« J'en ai presque pitié pour cette pauvre Elsa » Se moqua un garçon. « Mais bon ses parents sont riches alors autant en profiter non ? »
« ça tu l'as dit ! » S'exclama une fille. « D'ailleurs demain c'est à mon tour de lui demander de l'argent »
Après avoir entendu de tels propos je suis restée figée 5 bonnes minutes. Je me remémorais les passages où ils me demandaient de l'argent et c'est comme si tout était devenu clair. Et j'étais accablée. Accablée parce que je ne pensais pas que de telles personnes puissent faire ça. Je me sentais accablée et utilisée. Je me sentais mal.
Le jour d'après le groupe me reparlait comme si leur discussion secrète de la veille n'avait jamais eu lieu et encore la même question.
« Tu aurais de l'argent à me prêter ? »
C'est à ce moment-là que j'ai dit non et c'était comme si je faisais face à de nouvelles personnes. J'avais déjà vu leur vraie facette, mais jamais je n'avais vu de visages aussi hautains et déçus. Celle avec qui je m'étais liée d'amitié en premier fronça les sourcils « Mais tes parents ont assez d'argent non ? Ils te donnent suffisamment pour en faire partager alors s'il te plaît tu nous sauverait la vie si tu nous prêtais cet argent » Avec la pression des regards et les supplications j'étais tentée de céder. Mais je me suis rappelée de leur propos la veille et j'ai finalement refusé. Ils m'ont un peu grogné dessus en me disant que je n'étais pas une vraie amie et que je ne méritais pas leur amitié. Chacun leur tour ils ont commencé à faire pression sur moi. L'une d'elles m'a poussé au sol et était à deux doigts d'user de violence. Quant à moi je ne savais pas quoi faire. J'étais prise au dépourvu, triste mais à la fois en colère. En colère contre moi-même à ne pas savoir me défendre correctement face à leurs mots aiguisés comme des lames. Je m'étais fait bousculer en plein milieu de la cafet et personne n'avait réagi. Tout le monde pensait que je n'étais qu'une radine qui ne savait pas partager et tout le monde laissait faire. Pendant plusieurs semaines on me traitait de radine, on me poussait. Ça m'est arrivé des fois où on me rackettait.
Et puis Honey Maren est apparue. Elle m'a défendu contre ce groupe qui était jusqu'à maintenant mes soi-disant amis et contre les tyrans qui me faisaient du mal. Après les avoir chassés, elle m'a tendu la main et ma douleur était partie alors que je vis son grand et beau sourire. Et je me souviens de la pensée qui traversait mon esprit la première fois que je l'ai vu. J'avais déjà ce genre de pensées, mais avec elle c'était différent.
Elle est belle.
Et je ne parlais pas que de la beauté physique. Eh bien oui, au début c'était ça. Mais elle avait cette prestance que j'admirais tout particulièrement, cette démarche qui montrait qu'elle était au-dessus des critiques que les gens pouvaient leur balancer par jalousie.
Quand elle a fini par traîner avec moi sans me demander de l'argent ou un autre service j'ai commencé à la connaître. Elle était douce, gentille, aimable et tellement courageuse que j'en suis venue à l'admirer. Et puis cette admiration s'est transformée en quelque chose de plus fort. Son rire me faisait chaud au coeur, cette petite touche à mon épaule qu'elle me faisait parfois quand je n'étais pas rassurée faisait vibrer mon être et je me sentais tout simplement bien en sa présence. Et puis une nuit j'ai rêvé d'elle. Et pas des rêves d'amitié, mais plus. Bien plus que ça.
Je savais que j'étais différente. Je savais depuis petite ce que je ressentais quand je regardais certaines filles de mon école mais pour une raison ou une autre je n'en ai parlé à personne, j'étais la seule au courant et ça avait duré plusieurs années. Mais depuis que je connais Honey Maren et que ces sentiments semblent ne pas se taire comme à mon enfance, je me suis dit qu'il serait peut-être temps d'en parler à quelqu'un. Et qui de mieux que ma petite sœur pour lui dire que j'ai des sentiments pour une fille de mon collège ?
Au début je ne savais pas comment lui annoncer que j'avais rencontré une fille que j'appréciais tout particulièrement. Elle avait remarqué que je semblais d'autant plus heureuse et elle m'avait demandé une fois ou deux si j'avais un amoureux au lycée. Mais j'avais toujours répondu par la négative. Et puis un soir alors que nous nous étions installé sur mon lit pour faire nos devoirs je lui ai dit.
« Je crois que j'aime Honey Maren » Le silence après fut lourd et je savais que balancer la nouvelle comme ça sans amorce n'avait pas aidé. D'autant plus en plein milieu de devoirs qui donnaient la migraine à Anna.
Et puis cette dernière d'un instant à l'autre a viré tous nos devoirs sur le sol et gesticulait dans tous les sens en criant.
« Anna, nos devoirs ! » M'écriais-je de surprise.
« On s'en fiche des devoirs ! » Son enthousiasme m'avait surprise un instant et je tentais tant bien que mal de comprendre son allégresse pure. « Oh mon Dieu OH MON DIEU ! Je ne pensais pas que ce moment arriverait de sitôt ! Elsa je suis trop contente pour toi je savais que tu l'aimais bien ! » S'enthousiasma-t-elle.
« Tu n'es pas fâchée contre moi d'aimer les filles ? » J'ai demandé, timide. J'avais regardé sur internet qu'être homosexuelle n'était pas bien vu et certains peuvent même très mal le prendre. Et je fus surprise de voir que ma sœur n'en avait rien à faire.
« L'amour c'est l'amour ! On s'en fiche de qui s'est, une fille, un garçon, c'est la même chose ! »
« Heu Anna ? » J'ai dit en poussant un rire, amusée par sa comparaison entre les hommes et les femmes. « Les filles et les garçons ont des différences »
« Mais qu'est ce que l'amour a à voir avec les genres ? Rien ! Et c'est tellement formidable d'aimer ! Je suis tellement contente pour toi ! » Dit-elle.
« Je suis contente que tu le prennes comme ça. J'étais un peu stressée à l'idée de te le dire »
« Tu n'avais pas à l'être, je suis sûre que si tu le dis aux parents ils vont aussi être heureux pour toi »
Elsa grimaça. « pour l'instant je préférais que ça reste entre nous si ça ne te dérange pas »
« Non, bien sûr je comprends ! » Puis elle soupira joyeusement en joignant ses mains sur sa joue droite. « Si tu te mets avec Honey on pourrait faire une sortie à 4, Honey, toi et Hans et moi »
« Tu n'es pas encore en couple avec lui tu le sais ? » Taquina légèrement Elsa et Anna fit la moue à la remarque de sa grande sœur.
« Je le sais...Mais bientôt dans un futur très proche on sera le couple le plus populaire « Puis elle soupira joyeusement « Quoi qu'il en soit il faut que tu me racontes tout de A à Z. Comment tu es tombée sous le charme d'Honey »
Et c'est ainsi qu'une longue discussion a démarré, nos devoirs avaient très vite été oubliés sur le sol alors que je racontais comment Honey m'avait sauvé, comment je commençais à ressentir certaines choses et tout du long Anna poussait les cris les plus enthousiastes que je n'avais jamais entendus.
Elle m'avait bien évidemment poussé à avouer ce que je ressentais mais une peur résidait toujours au fond de moi. Je ne voulais pas imposer mes sentiments à Honey alors j'ai passé plusieurs mois à côtoyer Honey avec les mêmes sentiments, dans le silence le plus complet.
Mais à chaque fois ce que je ressentais devenait plus grand et au fur et à mesure de nos interactions je pensais qu'il pouvait y avoir plus.
Et c'est un soir alors que j'étais chez elle que je lui ai dit. Je lui ai avoué comment je me sentais. Je lui ai dit que je l'aimais. Cette nuit même nous nous étions embrassées pour la première fois. Une fois. Un baiser timide et chaste mais qui m'avait néanmoins rendue tellement heureuse que je pensais ne plus pouvoir respirer correctement. Elle m'a fait remarquer suite de ça qu'il était tard et que je devais probablement y aller mais que nous nous verrions le lendemain. Pendant tout le long du trajet de retour chez moi j'ai souri. Même après le sourire n'avait pas quitté mes lèvres et je n'ai pas hésité à en parler avec Anna, qui était d'autant plus heureuse que j'aie pris mon courage à deux mains. Et toute la nuit j'ai repensé à ce moment, à notre baiser.
J'aimais Honey et elle m'aimait.
Mais ce que je pensais qui n'allait jamais arriver arriva.
Elle a fini par retourner sa veste, comme les autres. Le lendemain j'étais heureuse quand je suis arrivée dans le bâtiment parce que ça allait de nouveau être une journée passée avec elle, avec celle que j'aimais.
Mais ça ne s'est pas passé comme ça. Des photos de moi embrassant Honey avaient été placardées sur tous les casiers avec pour mots ''Elsa est une sale lesbienne''. Ce baiser que nous avions partagé n'était rien pour elle. Elle avait tout orchestré pour ensuite le montrer à toute l'école. Et elle se tenait là, fièrement à l'entrée entrain de raconter la façon ''dégoûtante'' avec laquelle je l'avais embrassé et avoué mes sentiments. Quand elle me vit arriver, c'est avec un tout autre regard qu'elle m'accueillait. Elle avait ce dégoût pur sur son visage et les gens autour ne m'épargnaient pas non plus ce regard.
En voyant que chaque regard qui m'étaient adressés était rempli de dégoût ou dégoulinant de moqueries je n'ai pas pu réagir autrement que de partir en courant. Les larmes aux yeux, j'ai quitté le lycée à toute vitesse, ma respiration saccagée à force de courir. J'avais mal au coeur, mal à la gorge et aux poumons mais malgré mon manque de souffle j'ai continué à courir jusque chez moi et je me suis enfermée chez moi, dans ma chambre, dans un coin. Et j'ai pleuré. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J'ai pleuré jusqu'à l'épuisement et malgré ma petite sœur qui n'arrêtait pas de frapper à la porte, je ne lui ai pas ouvert. Je suis restée dans ma chambre, toute seule, à écouter Anna me supplier d'ouvrir la porte jusqu'à ce qu'elle en ait assez. Mais même quand elle arrêtait de parler, je pouvais la sentir respirer de l'autre côté de la porte, adossée et attendant patiemment. Mais je suis restée dans ma chambre. Ça a duré un jour, puis deux et trois. Je sentais mon estomac se creuser mais je ne faisais rien pour changer ça. Mes parents étaient tout aussi inquiets qu'Anna et venaient très fréquemment me demander comment j'allais. Et puis ils ont commencé à travailler à la maison au lieu d'aller sur leurs lieux de travail pour être à mes côtés si besoin.
Ce n'est qu'au bout du cinquième jour que je suis sortie. Entre autres parce que j'étais assoiffée. Et Anna et mes parents se trouvaient là, devant ma porte en se serrant les uns contre les autres, en attendant, en espérant. Ils avaient tous les yeux fermés, certainement endormi. Enfin c'est ce que je supposais.
Les yeux de mon père se sont ouverts et à ma vue, il avait cette compassion dans son regard, cette tristesse sur son visage. Il me tendit la main avec l'esquisse d'un sourire rempli d'espoir. Je me suis effondrée silencieusement à ses côtés en ne voulant pas réveiller les autres et j'ai pleuré. Mon père m'a chuchoté que tout allait bien, qu'il n'y avait aucun mal, qu'il m'aimait et qu'il était là pour moi. Et j'étais tellement absorbée dans ma propre tristesse que je n'avais pas remarqué ma mère se réveiller et m'enlacer en me disant exactement la même chose. Et de savoir que mes deux parents m'acceptaient était un soulagement, comme un immense poids qui se dégageait enfin de mes épaules. Malgré le fait que ma tristesse était toujours là, ça me rassurait un peu de savoir qu'ils étaient là pour moi.
C'est à ce moment qu'Anna s'est réveillée et qu'elle pleurait toutes les larmes de son corps en m'étreignant si fort que j'avais l'impression qu'elle avait cassé mes côtes.
Cette cinquième nuit, je l'ai passé avec ma famille à leur raconter ce qui s'était passé et même s'ils savaient déjà ce qu'il m'était arrivé au collège, ils m'ont écouté.
Après avoir passé des heures à discuter, mes parents ont finalement conclu qu'il était préférable pour moi de continuer l'école à domicile, du moins jusqu'à la fin de l'année scolaire et qu'on allait très certainement déménager dans une autre ville.
Heureusement pour nous, nous avions déjà une idée d'où aller. C'était assez loin de notre ville actuelle et là-bas nous connaissions déjà certaines personnes dont notre cousine, Raiponce. Elle venait chez nous parfois pendant les vacances et une fois même elle avait amené toute sa bande, avec laquelle Anna s'entendait merveilleusement bien. Pour ma part je n'avais pas été aussi sociable que ma petite sœur et préférais rester seule. Elle nous avait fait connaître sa meilleure amie, Mérida, puis son copain Eugène, et lui-même avait un meilleur ami sous le nom de Kristoff.
Pendant les vacances d'été suivant ma tragédie, Anna me les avait correctement présenté et pendant toutes les vacances j'ai fini par m'attacher au groupe. Raiponce aimait tout et tout le monde et était aussi énergique qu'Anna. Mérida était courageuse et impulsive. Eugène était le genre fougueux et légèrement narcissique mais très attachant. Enfin Kristoff, très gentil avec les autres et fait parfois de mauvaises blagues, néanmoins il est amusant et j'ai remarqué dès le début qu'il avait un immense béguin pour ma sœur.
Ils ont fini par découvrir mon histoire les uns après les autres, chacun par hasard alors qu'ils m'ont dit qu'ils étaient cool avec mon orientation. Raiponce m'a même avoué que ça lui était arrivée d'avoir des penchants pour les filles.
Quoi qu'il en soit, j'ai fini avec un groupe qui était tout le contraire de ceux avec qui j'avais traîné et je me sentais enfin à ma place.
Nous avions déjà tout déballé dans notre maison et quand le jour de la rentrée vint, j'ai demandé à mes parents si je pouvais faire l'école à domicile, l'histoire de quelques semaines au moins. Et quand j'étais suffisamment en confiance, j'ai fini par aller au collège après un mois. Le groupe était toujours avec moi et avec eux, je ne pouvais que me sentir en confiance.
C'est là que ma nouvelle vie avait commencé. Nouvelle ville, nouveau collège, nouvelles fréquentations et nouvelle Elsa, sûre d'elle et inatteignable. Je m'étais assurée d'être aussi loin des personnes que je ne connaissais pas, par sécurité au cas où quelqu'un oserait me faire ce que ceux de mon ancien lycée me faisaient. Et en aucun cas j'allais révéler mon orientation.
« Bonjour, je m'appelle Elsa Winters, ravie de faire votre connaissance » était la phrase que je disais à chaque fois que je devais me présenter. Mais une fois que quelqu'un essayait de me parler, la plupart du temps c'était des garçons, je faisais en sorte qu'ils comprennent que je n'étais pas intéressée et que je ne voulais pas de leur amitié. Personne ne m'intéressait et à vrai dire, le groupe que j'avais m'allait très bien.
Et puis une semaine après mon arrivée, en cours de philosophie, des gens devaient présenter leur exposé et c'est là que je l'ai aperçu. Mme Nanaka m'a dit qu'étant donné que j'étais nouvelle, je n'avais pas besoin de rendre un sujet alors j'ai simplement regardé les gens passer. La fille passait en troisième position et semblait terriblement stressée. Et je ne l'avais pas remarqué jusqu'à ce jour, certainement parce qu'elle était vraiment discrète. Sa feuille tremblait légèrement dans ses mains et je voyais qu'elle était terriblement mal à l'aise en voyant tous les regards posés sur elle. Et ça me faisait rappeler à quel point j'étais timide à l'époque. Et j'ai peur de m'avancer trop vite mais je crois que j'étais pire.
Le sujet c'était ''Savoir, est-ce ne rien croire ?''
Après avoir pris une grande respiration, elle commençait à parler, expliquant son point de vue plutôt intéressant. Mais à chaque fois qu'elle terminait un point, Mme Nanaka lui posait la même question et l'expression de la fille changeait du tout et pour tout. Elle avait cette incompréhension chargée de frustration et son visage était vraiment à se tordre de rire. Pour une fois et sans la présence du groupe, j'étais sur le point de rire. Je me suis évidemment retenue mais avec un effort considérable. À la fin de son exposée, elle se dirigeait vers sa place et je la suivais du regard jusqu'à son bureau au fond de la classe, où elle s'assit en faisant une moue légère, tout en fixant sa feuille. Elle n'avait même pas remarqué que je la regardais, beaucoup trop absorbée dans ses pensées. Et c'est la première fois depuis longtemps qu'une certaine pensée traversait mon esprit.
Elle est mignonne.
Avant même qu'une autre pensée ne se développe dans ce sens, j'ai détourné mon attention autre part. Partout, sauf sur ce terrain. Quand la sonnerie retentit, je me suis dirigée vers mon prochain cours et c'est avec un étonnement que j'ai vu que la fille et moi étions dans la même classe. Elle était assise au même endroit, toujours personne à ses côtés. Et alors que Monsieur Scar nous donnait des exercices à faire en silence, j'ai sans y penser jeté un coup d'oeil dans la direction de la fille, qui avait une drôle de tête lorsqu'elle réfléchissait. Et puis son visage a rayonné lorsqu'elle trouvait enfin la bonne réponse, chose qui n'a fait qu'accentuer ma première pensée au cours de philosophie.
Dans le courant de la semaine j'avais remarqué qu'elle et moi partagions plus de cours que je ne le pensais et quand elle n'était pas dans mes cours, je me suis surprise à me demander quelle tête elle ferait si elle était en classe avec moi. Parce que oui, son visage était expressif malgré le fait qu'elle soit timide.
Entre-temps je travaillais beaucoup de mon côté tout en repoussant toujours les demandes et les confessions. Personnes ne comprenaient pourquoi je réagissais de la sorte, aussi froidement, mais cela m'a valu un petit surnom la Ice Queen. Sans m'en rendre compte, j'avais fini par être populaire. Même le célèbre Jack Frost est venu me voir en me demandant de sortir avec lui, ce par quoi je lui ai répondu aussi froidement que désintéressée.
Et puis c'est ce jour même où Mme Nanaka a annoncé les binômes de philosophie et c'était celui que j'avais le plus redouté. Jusqu'à ce qu'elle cite mon nom avec celui de la fille que je regardais souvent.
« Et enfin Elsa et Diana » En entendant nos prénoms côte à côte, mon estomac s'est un peu retourné. Pas parce que j'avais la nausée. Eh bien oui, j'avais toujours cette peur dans mon ventre de côtoyer quelqu'un que je ne connaissais pas et qui pourrait me planter un couteau dans le dos.
Mais c'était tout autre. Et je ne sais vraiment pas ce qui m'avait attiré chez elle en premier lieu. Si c'était parce qu'elle était aimable et ne semblait pas faire de mal à une mouche ou parce qu'elle était seule à chaque fois que je l'apercevais mais mes barrières se sont vite écroulées. Et d'être son binôme avait été un soulagement. Parce que je n'aurais pas à travailler avec un des garçons qui voulaient autre chose que ma participation à l'exposé. Je n'aurais pas non plus à côtoyer ces filles qui me regardent de travers parce que leur copain ne sont pas fichus de garder leurs yeux autre part que sur moi. J'étais avec la fille qui évitait tout regard mais sur lequel son visage révèle tout de sa personnalité.
Et en la voyant fuir de la classe après que la sonnerie ait retenti, cela ne faisait aucun doute qu'elle ne voulait en rien me faire du mal. Alors je l'ai de ce pas rattrapé et lui ai parlé pour la première fois.
Et depuis ce jour j'ai appris à la connaître, je lui ai proposé de manger avec nous à la cafétéria. Nous avons parlé, ris, partagé des avis et à l'inverse défendu ce sur quoi nous croyions et puis j'ai appris beaucoup plus d'elle.
Et puis je suis tombée amoureuse, à nouveau.
Ça m'avait fait peur au début. Terriblement même. Parce que je ne voulais pas répéter l'histoire. Je ne voulais pas qu'elle sache que j'avais des penchants uniquement pour les filles par peur qu'elle me rejette et qu'elle soit dégoûtée.
Il y a eu au bout d'un moment des rumeurs entre elle et Esmeralda, la fille la plus populaire du collège. Et d'avoir entendu ces rumeurs m'avaient mis dans un brouillard le plus complet. J'étais heureuse mais terriblement accablée en même temps. Je n'arrêtais pas de me dire que si les rumeurs étaient vraies, alors cela voudrait dire qu'elle aimait les filles et que par ce fait, j'aurais une chance. Mais ensuite la pensée qu'elle sortait avec une autre fille me rendait affreusement triste. Je me sentais terriblement mal et ne pouvais penser qu'au fait que si j'avais dit ou fait quelque chose nous aurions pu peut-être sortir ensemble.
Et puis après son coma elle m'a révélé que cette histoire était fausse et qu'elle ne sortait pas avec Esmeralda. Encore une fois j'étais soulagée et heureuse qu'elle ne sorte pas avec une autre fille, mais ces sentiments se sont très vite étouffée par la crainte qu'elle n'aime tout simplement pas les filles comme je le faisais. Alors j'ai continué à me taire. Je me suis tus et j'ai continué à l'aimer en silence avec cette crainte qu'elle me repousse si elle venait à savoir pour ma différence.
Et maintenant que Honey Maren est de retour, je suis sûre et certaine que mon secret finira par être révélé et par ce fait, Diana saura. Et pas qu'elle. Le lycée le saura bien assez tôt. Mais ce qui me faisait le plus peur était la réaction de la fille que j'aime.
Je suis donc restée assise sur le sol, les jambes remontées jusqu'à ma poitrine et ma tête dans mes bras tout en imaginant les pires scénarios possibles.
Au bout de quelque temps, trois coups ont frappé sur ma porte et je pouvais déjà éliminer la possibilité que se soit Anna puisqu'elle avait l'habitude de toquer à ma porte d'une façon particulière. Mes parents étaient partis, alors qui cela pouvait-il être ? Dans tous les cas je ne voulais répondre à aucun d'entre eux.
Et puis je l'ai entendu.
« Elsa ? » Diana était de l'autre côté de la porte, prononçant mon nom avec une douceur que je ne méritais pas. En pinçant mes lèvres je me suis tus et j'ai attendu qu'elle parte. Les larmes qui avaient pris du temps pour partir revenaient à la charge et je me sentais de nouveau inondée par l'accablement. « Je m'inquiétais beaucoup alors je suis venue. Je-Ce n'est peut-être pas une raison pour que vienne jusque chez toi et maintenant que j'y pense c'était idiot de venir sans t'en parler parce que tu veux sûrement être seule mais... » Une pause. « Je n'aime savoir que tu es comme ça et que je ne peux rien faire pour t'aider alors si jamais tu as besoin de quelqu'un, je suis là et je serais toujours là pour toi »
Être là pour quoi ? Elle ne savait pas ce que j'étais. Elle ne savait pas qu'Honey avait fait de ma vie un enfer. Elle ne savait pas que cette tristesse était due en partie parce que j'avais peur qu'elle ne veuille plus me côtoyer une fois qu'elle saura. Et même si elle a pris les rumeurs entre Esmeralda et elle assez bien, qui me dit avec certitude qu'elle ne changera pas une fois qu'elle saura que j'aime les filles ?
Encore un silence. La lumière du couloir me montrait qu'elle était toujours là, de l'autre côté de ma porte et je me sentais m'effondrer d'une profonde affliction au fur et à mesure que le temps avançait.
Il fallait que je la fasse fuir. Je le devais. Autrement elle entendra mes pleurs.
« Je vais bien, tu n'as pas à t'en faire » J'ai lancé avec la voix la plus sûre que je pouvais faire, même si elle tremblait à la fin. J'ai ensuite pincé mes lèvres ensemble, tentant en vain de me persuader que tout ceci n'était qu'un cauchemar.
Au bout d'un certain temps, je l'entendis soupirer tristement. « D'accord… Eh bien je reviendrais, ok ? D'ici là prends soin de toi et comme je l'ai dit plus tôt, je suis là pour toi » Puis l'ombre sous la porte disparut et ce n'est que lorsque j'entendis la porte d'entrée se fermer que je me suis permise de lâcher un sanglot qui avait été retenu trop longtemps.
Entre deux sanglots j'avais l'impression d'entendre quelqu'un parler devant chez moi. Et puis une deuxième fois et j'aurais pu reconnaître cette voix entre mille puisqu'elle appartenait à celle qui avait changé ma vie en enfer.
Honey Maren.
Fin du chapitre
Que du bonheur dans ce chapitre hein ? Et je vous fais lire ça le jour de Noël...xDDD
J'ai pas aimé écrire ce chapitre, cela dit c'était inévitable:/
Sinon, des impressions ?
