PDV DIANA

« Je sais ce qu'il me reste à faire » J'ai alors déclaré en me levant. J'ai ensuite mis mes chaussures et ma veste et suis partie chez Elsa. J'entendais Esme me crier bonne chance depuis le canapé et je lui en ai remercié. Après tout j'en avais grandement besoin.

Pendant tous le long du trajet, j'étais déterminée. J'imaginais toutes sortes de scénarios positifs et bien qu'il y en ait des mauvais qui passaient dans ma tête, j'essayais au mieux de les étouffer avec une bonne pensée. Rien ne pourrait mal se terminer, juste se faire remballer c'est tout...

En toquant à la porte, j'attendis patiemment que quelqu'un me réponde. J'entendais Olaf aboyer avant qu'Anna ne lui dise de se calmer. Puis je fis face à la rousse alors qu'elle m'eut ouvert la porte.

« Diana ? Qu'est ce que tu fais ici? » Me demanda-t-elle avec surprise. Ah c'est vrai, je ne lui ai pas prévenu que j'arrivais.

« Ah désolée » Lui dis-je en me grattant l'arrière de la tête d'un air penaud. « J'ai oublié de te demander si je pouvais venir. Je…S-si je suis là c'est pour Elsa. Enfin je sais que tu m'as dit qu'elle n'était pas au top de sa forme et peut-être que je n'aurais pas dû venir finalement. Mais je n'en pouvais plus de rester à ne rien faire. Alors si je peux aider d'une quelconque façon...Même si je ne pourrais probablement rien faire, on sait jamais, peut-être que- »Je bégayais tellement dans mes mots qu'Anna avait fini par me stopper, à mon plus grand soulagement.

« Attends une seconde, prends une grande respiration tu veux ? » Me proposa-t-elle avant de faire signe d'entrer. « Viens, entre et assieds-toi » J'ai accepté sa demande et suis entrée, me dirigeant vers le canapé du salon, Anna me suivant de peu.

« Tes parents ne sont pas ici ? » M'enquis-je en regardant tout autour pour voir s'il y avait un quelconque signe de vie, à part Olaf qui s'était assis juste à côté de moi en remuant la queue.

« Heu non, ils devaient partir rendre visite à de la famille, tu te souviens ? » Ah oui, le fameux voyage… « Ils étaient prêts à rester pour Elsa et j'ai dû carrément les obliger à partir de force » Dit-elle en poussant un petit rire. J'ai esquissé un sourire, mais il se fana très vite.

« Désolée je n'ai plus la notion du temps depuis quelques jours » Lui répondis-je avec une mine fatiguée.

« Tu t'inquiétais pour Elsa ? » M'a-t-elle dit et c'était plus une affirmation qu'une question, pourtant j'ai hoché la tête.

« Désolée d'être passée à l'improviste mais je n'aime pas rester chez moi en sachant qu'Elsa va mal. Et lui écrire en message me semblait impersonnel alors j'ai préféré venir ici et lui parler. Bien que ce soit sûrement inutile puisqu'elle t'a toi, je voulais être sûre qu'elle sache que je serais là, peu importe la raison »

Le sourire d'Anna revint, une pointe de tristesse l'accablait mais c'était plus de la joie. « Tu n'es pas inutile, tu comptes pour elle autant que moi. Et je pense qu'elle a besoin du soutien de ses amis, plus maintenant que jamais alors si tu veux aller lui parler, tu peux monter. » Je n'ai pas compris pourquoi ou comment je peux être plus importante pour Elsa que sa propre sœur mais j'ai quand même hoché la tête. Puis je me suis levée et j'ai gravi les escaliers qui me semblaient plus longs et plus froids que d'habitude. La seule chose chaleureuse dans le couloir c'était les lumières mais le reste semblait mort ou figé dans le temps.

Et je commençais à ressentir une pression alors que j'avais une vue sur la porte d'Elsa. Et si je n'arrivais pas à lui parler ? Si elle me criait dessus de ne plus jamais venir ? Si je lui faisais du mal sans m'en rendre compte ? Peut-être qu'elle voudrait juste rester seule et que si j'avais attendu, elle m'en aurait parlé ?

Peut-être que j'envahis son espace personnel ?

Bon Diana...tu ne peux plus revenir en arrière, tu es devant sa porte, autant y aller…

En prenant une grande respiration, j'ai fini par donner trois petits coups à la porte et les secondes qui suivirent furent d'autant plus une torture alors qu'elles semblaient éternelles. Puis quand je n'ai pas eu de réponses, j'ai commencé à parler.

« Elsa ? » J'ai commencé à une petite voix. Puis je déglutis, attendant une nouvelle fois. « Je m'inquiétais beaucoup alors je suis venue. Je-Ce n'est peut-être pas une raison pour que je vienne jusque chez toi et maintenant que j'y pense c'était idiot de venir sans t'en parler parce que tu veux sûrement être seule mais... » En rassemblant mes mots, j'ai finalement lâché ce que j'avais sur le coeur. « Je n'aime savoir que tu es comme ça et que je ne peux rien faire pour t'aider alors si jamais tu as besoin de quelqu'un, je suis là et je serais toujours là pour toi » C'était bizarre de parler à une porte mais j'espère avoir fait passer le message à Elsa. En attendant sa réponse, ma main a trouvé chemin sur la porte, la paume contre le bois lisse, attendant patiemment une réponse. Et au bout d'un moment qui semblait durer une éternité, sa voix passait à travers la porte qui nous séparait.

« Je vais bien, tu n'as pas à t'en faire » M'avait-elle répondu et sa phrase ne collait tout simplement pas avec le ton de voix qu'elle prenait. Elle tremblait légèrement, je pouvais même entendre à travers sa voix bouchée qu'elle avait passé la plupart de son temps à pleurer. Et ça m'avait déchiré le coeur de penser à elle, dans sa chambre que j'imagine sombre et éclairé par la lumière terne de l'extérieur, toute seule, recroquevillée sur elle-même avec pour seuls compagnons ses mauvaises pensées et ses larmes.

J'étais tentée de répondre à son affirmation, de pousser la discussion mais j'ai finalement abandonné. Forcer n'est jamais une bonne chose. Alors j'ai laissé glisser ma main sur la porte, reprenant sa place initiale le long de mon corps et j'ai poussé un petit soupir.

« D'accord… Eh bien je reviendrais, ok ? D'ici là prends soin de toi et comme je l'ai dit plus tôt, je suis là pour toi » Puis je me suis tournée et j'ai quitté sa porte. En bas des escaliers je voyais Anna me lancer un sourire triste et compatissant, comprenant à mon visage que je n'avais pas réussi à la faire sortir.

« Le résultat n'était pas concluant ? » M'a-t-elle demandé, ce à quoi je secouai la tête.

« Non en effet. Mais je n'abandonnerai pas, parce que je ne veux pas la perdre » à mon affirmation, Anna sourit.

« J'espère bien ! »

« Je suis désolée encore de ne pas t'avoir prévenu. Je repasserai demain si ça te va » Anna hocha la tête en levant le pouce et elle me raccompagna jusqu'à la porte, et je quittais la maison en lui faisant un signe de la main.

Bon, je m'attendais à moitié de la réaction d'Elsa. J'étais aussi fière d'avoir pu lui parler et vider ce que j'avais sur le coeur. Maintenant il ne me restait plus qu'à persévérer et attendre qu'un résultat resurgisse.

Avant que je ne puisse me diriger vers l'arrêt de bus, j'entendis une voix parler assez fort derrière moi.

« Alors comme ça c'est ici qu'Elsa habite ? » à la mention d'Elsa, je me suis retournée, me demandant à qui appartenait cette voix, bien qu'elle me semblait un peu familière, je ne pouvais pas y placer un nom. C'était elle, Honey Maren. Cette dernière regardait la maison avec un sourire aux lèvres. « Je devrais peut-être lui rendre visite »

« Ne pense pas une seule seconde à t'approcher d'elle » Lui prévins-je d'un ton protecteur. Et je serrai les poings et les dents afin de ne pas céder à mes pulsions de l'étrangler sur place.

Elle était légèrement surprise. « Si tu me parles ainsi c'est que je suppose qu'elle t'a tout raconté à mon sujet ? » Soupçonna-t-elle en croisant les bras. Mais lorsqu'elle vit mon regard changer du tout et pour tout, se transformant de colérique à confuse, un sourire mesquin traversait ses lèvres. « Alors tu ne sais rien. Elle ne t'a pas raconté ? » Puis elle poussa un rire. « Et tu lui donnes malgré tout une confiance aveugle ? » Je me suis un peu sentie mal à l'aise sous son regard mais tentais malgré tout de garder la tête haute.

« Je me fiche de ce qu'il s'est passé, quoi que tu aies fait à Elsa, ne recommence pas » Lui répétais-je. Elle roula ensuite des yeux.

« Tu te voues à elle exactement comme ces soi-disant nouveaux amis » Marmonna-t-elle avec ennui. « Tu ne le ferais pas si tu savais ce qu'elle était » Elle mit l'accent sur le dernier mot avec dégoût et plissait légèrement des yeux. Et son dégoût était si puissant qu'il m'a pris de court. J'étais décontenancée par autant de haine dans une personne et je me demandais un instant si les gens réagiraient comme ça s'ils venaient à découvrir mon secret. La pensée m'avait traversé l'esprit, mais est ressorti aussitôt. Parce que dans la situation présente, ce n'est pas moi qui suis victime du dégoût de cette femme mais Elsa. Et comment Honey pouvait dire ce genre de choses avec ce genre de ton sur Elsa ? Elle était parfaite comme elle est. Je n'ai pas besoin d'en savoir plus. Et encore moins si cela venait à sortir de la bouche d'Honey.

J'ai finalement haussé les épaules et me suis avancée vers elle.

« On a tous nos secrets et si Elsa n'est pas prête à me parler d'elle je respecterai son choix » J'ai soufflé en lui lançant un regard acéré. « Et si tu emmerdes une seule fois Elsa je ne serais pas aussi gentille que maintenant » Elle eut un moment de déstabilisation. Ses yeux se sont légèrement écarquillés et j'espère lui avoir fait passer le message. « Maintenant si tu veux bien m'excuser j'ai d'autres choses à faire » Puis je me suis retournée et commençais à marcher en direction de mon appart. Mais Honey m'a de nouveau arrêté, me crachant quelque chose qui m'avais figé sur place.

« Tu savais qu'Elsa était lesbienne ? » Sa voix résonnait à travers l'air froid, se figeant lui aussi dans le temps. Comment ça elle aimait les filles ? En ne me voyant pas bouger, Honey continua sur sa lancée, et d'après le timbre de sa voix je pouvais suspecter qu'elle portait sur ses lèvres un sourire victorieux. « Je prévoyais de te l'annoncer en même temps que les autres élèves de ce collège mais je pense que tu mérites la vérité plus qu'un autre parce que tu sembles t'être accrochée à cette fille. J'étais amie avec elle dans son ancien collège et comme bonne personne, il fallait que je la dénonce auprès de tout le monde. J'ai bien cru que j'allais vomir quand elle m'a embrassé. C'était répugnant et quand elle est partie j'avais passé la prochaine demi-heure à me laver les dents et les lèvres. Mais ça en valait la peine parce que j'ai pu prendre une photo que j'ai placardé la nuit même dans le bahut. Le lendemain je l'ai vu partir en courant les larmes aux yeux. Mais je n'ai fait que l'aider à se rendre compte que ce qu'elle faisait était dégueulasse » Mes poings étaient toujours serrés le long de mon corps, digérant à peine ce qu'elle venait de me dire. « Il faut se rendre à l'évidence, elle n'est rien d'autre qu'une digue répugnante et je n'ai fait qu'aider les autres en leur avouant sa véritable nature. Tu devrais me remercier aussi de t'avoir dit la vérité. Maintenant il n'est pas trop tard pour que tu t'éloignes d'elle »

OK, maintenant je ne peux plus digérer ses conneries. Ça me restait en travers de la gorge, ça me donnait envie de péter un câble et de la tuer sur place.

« C'est dégueulasse » Répondis-je d'un petit grognement sourd.

« Oui je sais ! Elle est totalement dégoûtante ! » S'exclama-t-elle en poussant un rire dégoûté.

« Non pas elle. C'est ce que tu viens de dire qui est dégueulasse » Déclarais-je en me retournant. En entendant mes mots, les yeux d'Honey triplèrent de volume.

« Je te demande pardon ? »

« S'il y a bien une chose qui est dégueulasse dans tout ce que tu viens de dire c'est ton comportement » J'avais un tel dégoût dans ma voix rempli de venin en parlant à Honey que cette dernière recula un peu, choquée. « Putain mais de quel droit tu te permets de révéler à tous ces gens les préférences d'Elsa alors qu'elle devrait être la seule à le faire?! » J'ai avancé juste assez proche d'Honey pour que mon ombre l'envahisse. « Est-ce que tu t'es entendu parler ?! Ton attitude est répugnante et tu penses que je vais rejeter l'amitié qu'Elsa m'a offerte ? » Ma voix avait fini par hausser de ton, lui criant dessus en crescendo au fur et à mesure que je lui crachais la vérité en face. En la regardant droit dans les yeux, je lui ai expulsé les faits. « Il faut vraiment être la pire des salopes pour faire ce que tu as fait à Elsa »

Honey me regardait dans le choc le plus complet. Peut-être que personne n'avait osé la traiter comme je l'avais fait mais au diable les bonnes manières, inutile de les gaspiller pour une fille qui pense ainsi. Finalement au bout de quelques instants, la fille semblait avoir repris conscience, son expression nouvellement repassée de confiance en soi.

« Tu n'es qu'une conne à ne pas écouter mes conseils, mais tu sais quoi ? Tant pis. Inutile de convaincre une débile mentale » Rétorqua-t-elle. « Les autres seront au courant bien assez tôt »

C'est à ce moment que j'ai ri. « Inutile de t'en donner la peine » Et j'avais tellement été sûre de moi qu'elle était perplexe.

« De quoi tu parles ? »

« Oh tu ne sais vraiment pas dans quelles histoires les jeunes de ce collège ont traîné, non ? Alors laisse-moi t'expliquer. Dis-toi qu'i mois de ça, la Reine de ce bahut a eu une histoire avec une autre femme et spoiler Les homophobes comme toi n'ont pas osé ouvrir leur gueule. En fait, beaucoup d'entre eux étaient jaloux que l'autre femme ait réussi à se la farcir dans le bureau du concierge » En entendant ça, Honey était vraiment dégoûtée, montrant du pur mépris sur son visage.

« Ton histoire n'est pas vrai » Finit-elle par dire avec choc. J'ai haussé un sourcil avec défiance.

« Le copain de la Reine du bahut a frappé la fille à mort parce qu'elle avait eu une aventure avec sa copine et la fille est restée 11 jours dans le coma » J'ai ensuite retiré ma veste sous le regard perplexe d'Honey. Puis j'ai levé mon pull assez haut pour qu'elle puisse voir la cicatrice sur mon côté. « Et cette personne c'est moi. Et dis-toi que l'histoire qui a fait le plus de carnage c'était mon coma et ma bagarre et pas le fait que j'aie eu une histoire homosexuelle avec la Reine. Alors remets-toi à la page un peu et soit plus tolérante. Les gens différents ne sont pas malades ni même une anomalie. Cela fait partie d'eux. De ce qu'ils représentent en tant qu'humain et ils ne sont certainement pas des monstres répugnants » J'avais à peu près repris la phrase qu'Elsa m'avait dite la première fois que je lui avais dit que je me sentais comme un monstre et maintenant les rôles étaient inversés. Ce n'était pas Elsa qui me protégeait et m'avait assuré que je n'avais rien d'anormal. C'est moi qui l'ai fait, qui l'ai dit en face de son gourou principal. Cette dernière semblait complètement sous le choc, néanmoins elle avait été plus sûre de mon histoire qu'avant. « Maintenant inutile de te fatiguer plus longtemps avec tes explications de merde et n'emmerde plus Elsa, compris ? »

« Et si tu n'as toujours pas capté le message on en a d'autres pour toi » Avec cette agitation, je n'avais pas remarqué le groupe qui venait d'arriver derrière moi. Avaient-ils tous entendu ce que je venais de dire ? Depuis quand étaient-ils ici ?

J'avais comme l'impression qu'Honey était sur le point de pleurer, son visage tordu dans des émotions négatives « Vous-..Vous êtes tous » Bégayait-elle. « Vous êtes immonde, cette ville est immonde ! Et toi ! » Dit-elle en me pointant avec dégoût. « D'avoir eu cette histoire avec cette autre femme tu es-.. »

« Oh non laisse moi deviner, je suis une digue répugnante ? Quel malheur » Dis-je en faisant semblant d'être choquée. « Mais au fait, c'est pas toi qui as eu cette histoire avec Elsa et qui l'a embrassé ? Je ne savais pas que t'étais lesbienne, bienvenue dans la communauté ! » Le sarcasme coulait à flots sur mes mots et je pouvais voir le visage d'Honey devenir tout rouge. Avec cette expression j'avais l'impression qu'elle allait imploser. La ''traiter'' de lesbienne avait été son achèvement, la pire des choses que je puisse lui dire. J'entendais le groupe derrière moi se moquer légèrement et Honey poussa un cri de fureur, passant à côté de moi et se dirigeant hors de notre vue.

« VOUS ÊTES TOUS IMMONDE ! » Cria-t-elle lors d'une dernière plainte.

« Eh bien, je ne savais pas que tu pouvais te montrer sauvage et fourbe à la fois » Me complimenta Eugène, l'air fier et surpris à la fois.

« Ouais, tu lui as vraiment balancé la vérité au visage » Continua Raiponce avec un grand sourire en posant ses mains sur ses hanches.

« On est sûrs qu'avec ce que tu lui as dit, elle remettra plus les pieds ici » Ajouta Kristoff en riant.

« T'étais vraiment trop cool Diana ! » S'exclama Mérida avec des étoiles dans les yeux. « Cette réplique était digne d'un film »

Mes joues brûlèrent au compliment. « Merci les amis, mais vous êtes là depuis quand ? »

« Oh depuis pas très longtemps » Répondit Kristoff avec un petit signe leste de la main. « Mais je suis presque déçu de ne pas être arrivé plus tôt. Ça pourrait peut-être nous expliquer pourquoi ta veste est sur le sol » Juste après, la porte des Winters s'était ouverte et Anna est arrivée avec beaucoup de couches de vêtements.

« Les amis !J'ai entendu quelqu'un crier, tout va bien ? » S'enquit Anna avec inquiétude.

« T'en as mis du temps pour arriver » Taquina Kristoff en voyant l'amas d'Anna.

« Tu as raté l'embrouille du siècle ! » S'exclama ensuite Mérida. « Honey était là et Diana l'a remballé elle et ses propos homophobes et je crois que je suis fan de Diana » J'ai ri à l'enthousiasme de Mérida en me grattant l'arrière de la tête.

« Ce n'était rien, elle le méritait » Ai-je dit avec timidité. Anna m'a regardé, sous le choc.

« Elle...t'a raconté ce qu'il s'est passé alors ? » Me demanda la plus petite des Winters et j'ai hoché la tête avec un petit sourire peiné.

« Je suis désolée de l'avoir appris comme ça..J'aurais voulu qu'Elsa me le dise d'elle-même... »

« Ce n'est pas de ta faute si Honey t'a tout dit » M'a rassuré Anna.

Puis en levant les yeux vers la porte des Winters, elle était là. Silencieuse, me fixant avec plusieurs émotions confondues. Il y avait de la tristesse, de la surprise, mais surtout du soulagement.

« Elsa ? » J'ai dit à haute voix, la regardant. Et la prochaine chose que je savais c'est qu'elle courait dans ma direction, entourant ses bras autour de moi en enfouissant son visage dans mon cou. Je n'ai pas hésité à l'enlacer moi aussi. De toutes mes forces, avec tout mon amour. Je sentais son corps se secouer dans mes bras alors qu'elle pleurait. Et j'étais tellement soulagée qu'elle soit là, avec moi, contre moi. J'étais soulagée et je ne pouvais que sourire de joie en l'entendant dire le prochain mot.

« Merci » M'a-t-elle soufflé.

« Ne me remercies pas… » J'ai répondu en chuchotant, mes mains caressant son dos avec douceur. « Je suis tellement désolée que tu aies dû traverser tout ça. Tellement, tellement désolée » Elle levait son visage vers le mien et je pouvais enfin la voir correctement. Elle avait beaucoup pleuré et j'étais peinée qu'elle ait versé des larmes pour cette connasse d'Honey, alors j'ai vite éloigné l'humidité de son visage d'un coup de pouce avec un sourire « On est là maintenant, et si Honey continue son plan de merde d'homophobe, saches que tu n'es pas toute seule, on est là avec toi. On est tous ici » Elle regardait les autres derrière moi, puis son regard revint sur moi avec soulagement et elle hochait la tête. Finalement son sourire avait été si mignon que j'en oubliais presque le froid glacial de l'extérieur. En fait, j'en oubliais presque la fonction de mes jambes qui était de me faire tenir debout. Sa proximité avait aussi été quelque chose que j'appréciais grandement et pour une fois en l'espace de quelques jours, je me suis sentie utile, à ma place, heureuse, épanouie. Et puis j'ai remarqué que je la fixais depuis un certain temps déjà, un sourire aux lèvres. Afin de tenter d'alléger la tension, je regardais un peu partout sauf son visage. Et mes yeux sont tombés sur le pull fin qu'Elsa portait et j'ai commencé à m'inquiéter. « Tu vas avoir froid comme ça ! Tiens, prends ma veste, tu tremblais avant » Dis-je en prenant ma veste sur le sol.

« Je tremblais parce que je pleurais ! » M'a-t-elle répondant avec un rire, refusant gentiment mon offre « Toi tu trembles, tu dois la prendre » Puis elle repoussait la veste que je lui tendis contre moi.

« Je tremble de joie ! » J'ai nié. Je tremble surtout de froid parce que je n'ai plus le corps d'Elsa qui me tient au chaud, mais je n'allais pas le lui dire. Un coup de vent glacial soudain venait de me faire claquer des dents et j'avais tenté en vain de camoufler ma réaction au froid. « Je claque des dents parce que je suis contente, ne te méprends pas » Personne ne m'a cru. Tout le monde rit. Et j'ai fini par rire avec eux.

« Et si on rentrait plutôt ? » Proposa Anna d'une voix un peu bouchée avant qu'elle ne renifle et avec toutes ces couches de vêtements, ça m'étonne qu'elle ait choppé un coup de froid.

« Anna tu as pleuré ? » Dit soudain Kristoff en s'approchant de la rousse. Cette dernière nia en bégayant.

« N-non pas du tout, c'est... un flocon de neige qui a atterri dans mon œil, oui, un flocon » Camoufla-t-elle en essuyant une larme.

Mais Kristoff a démenti toute cette histoire. « Il ne neige même pas » Et Anna l'a ensuite frappé par manque de tact avant de diriger tout le monde vers la maison. Nous suivions tous de peu et même pour un petit trajet comme celui-ci, je ne pouvais pas quitter ma main de celle d'Elsa. Je ne voulais plus la lâcher.

Mais nous faisions à peine un pas dans la maison que je sentais Elsa s'affaiblir. J'ai pu l'aider à se rattraper à temps, mais je savais que quelque chose n'allait pas. « Elsa tu vas bien ? » Lui demandais-je avec affolement. Ma demande fit se retourner tout le monde. Elsa hochait légèrement la tête avec un petit sourire.

« Oui, je suis juste un peu fatiguée » Mais sa réponse ne me soulageait pas. En fait, mon inquiétude ne fit que s'accentuer. Depuis combien de temps n'avait-elle pas passé une bonne nuit ? Depuis combien de temps n'avait-elle pas bu ou manger ? S'était-elle affamée ? Toutes ses peines avaient marqué son visage.

« Tu as faim ou soif ? Nous devrions peut-être te préparer quelque chose pendant que tu te reposes » J'ai proposé avec une petite mine.

« Raiponce et moi on peut se charger du repas » Dit Anna. Et tout le monde l'avait regardé en haussant un sourcil, incrédule. On m'avait mentionné les horreurs qu'Anna pouvait faire dans une cuisine et si la cuisinière ne prenait pas feu alors c'était un miracle. La petite rousse rit penaud. « Eh bien je regarderai, mais Kristoff nous aidera »

« Avec joie » Répondit enthousiasmant le jeune homme.

« Tu vois on s'occupe de tout, pourquoi tu n'aiderais pas Elsa à aller jusqu'à son lit » M'a dit Anna en faisant un signe de la main. Et j'ai hoché la tête.

« Bien, faisons comme ça » Acceptais-je tout en dirigeant Elsa jusqu'à sa chambre. Je regardais tous ses faits et gestes comme si elle pouvait tomber d'un moment à l'autre. Et mon inquiétude semblait l'amuser.

« Tu sais que je ne vais pas tomber ? On croirait que tu surveilles un enfant » Dit-elle en poussant un rire. Ce à quoi je fis la moue.

« Je n'aimerais pas qu'il t'arrive quelque chose en ma surveillance. Anna m'a confié une tâche et je compte l'accomplir sans soucis » Et Elsa rit sous cape. Finalement et à mon plus grand soulagement, nous avons fini de grimper les escaliers et nous dirigions dans la chambre de la blonde platine. Je n'ai pas attendu avant de la placer dans son lit et de l'emmitoufler dans ses couvertures.

« Je te remercie Diana » Dit-elle. Je lui ai souri.

« Ne me remercie pas, pour une fois que je prends soin de toi et pas l'inverse »

« Je ne-...Je ne parlais pas du fait que tu m'aies ramené dans mon lit. Bien que ce soit grandement apprécié- » Elle s'arrêtait pour prendre une grande inspiration. « Je te remercie de m'accepter telle que je suis »

« Oh ça » Haletais-je. « Vraiment, il n'y a que les personnes stupides qui ne le feraient pas et Honey n'était vraiment…pas sympa de t'avoir traité de la sorte. Je suis désolée que tu aies dû traverser tout ça, qu'on t'ait obligé à te dévoiler... » J'ai grimacé un peu en pensant à la possibilité qu'il m'arrive la même chose. Je ne pense pas que je pourrais le supporter si on venait à me rejeter comme les élèves de l'ancien collège d'Elsa l'avaient fait. C'est tellement abominable que je n'ose imaginer la chose.

« Iana...-Diana ? » J'ai levé mon regard vers Elsa, qui était clairement inquiète. « Tu vas bien ? »

« Ah, o-oui je vais bien » J'ai tenté de la rassurer mais moi-même je ne croyais pas en mon mensonge. J'ai fini par secouer la tête, chassant les mauvaises pensées et je me suis concentrée sur Elsa. « Dans tous les cas je suis heureuse que tu ailles mieux. Et comme je te l'ai dit plus tôt, je serais toujours là pour toi » Cette fois-ci mon sourire était purement sincère et reflétait celui d'Elsa. « Eh bien...J'étais prête à faire exception si tu avais commis un meurtre » À la mention de ce qu'elle m'avait écrit par messages il y a quelque temps de cela, nous nous mettions à rire.

« Non, ce n'était pas un meurtre » Sa main devant sa bouche rendait son rire beaucoup plus gracieux et élégant. « En voyant ta réaction maintenant, je me dis que j'aurais dû t'en parler plus tôt au lieu de m'enfermer. Mais j'avais tellement peur de ce que tu pouvais penser que j'ai fini par faire la même erreur qu'i an...Et puis aussi le fait que je ne voulais pas que ça se termine comme ça c'était déjà terminé dans mon ancien lycée. Mais je me sens mal maintenant de ne pas t'avoir fait confiance... » Je ne voulais pas qu'elle se sente coupable de m'avoir tenu à l'écart de son secret, alors je me suis agenouillée et j'ai pris ses mains en tentant au maximum de la rassurer.

« Je comprends parfaitement ta réaction et c'est totalement normal d'avoir peur de ça. Tu n'as pas à culpabiliser parce que tu voulais te protéger. Et puis ce qui est fait est fait, on ne peut plus rien changer, pas vrai ? »

Un petit sourire ornait ses douces lèvres. « Tu as probablement raison »

« Bien ! Parce que ce qui compte pour le moment c'est le présent et ce qu'on compte faire pour le futur. Enfin un autre futur, parce que tu dois aller te reposer » J'ai lâché avec déception ses mains pour m'apprêter à la laisser dormir, mais elle semblait ne pas vouloir le faire. Ses doigts s'agrippèrent aux miens alors qu'elle me regardait avec timidité.

« Est-ce que… » Elle se racla la gorge et ses joues s'empourprèrent. « Est-ce que ce serait trop te demander de rester ici, avec moi ? Le temps que je m'endorme c'est tout » À la demande rapide et timide, j'ai senti mon visage se chauffer.

Comment ça ici ? Où ici ? Dans sa chambre sur une chaise ? Ou par terre ? Ou sur son lit ?

« Je-..Je peux oui, mais tu...tu veux que je me mette sur ton lit ou.. ? » Je me suis gratté l'arrière de la tête d'un air gêné et voyant que je pataugeais dans mes mots, Elsa me répondit.

« OH heu..oui? Seulement si ça te va bien sûr »

AH !

AH…

Me demander si ça m'allait était justifié. Enfin, bien sûr que ça me va. Mais est-ce que mon coeur allait le supporter ? Ou bien les autres parties de mon corps ?

Bon, de toute façon elle a dit le temps qu'elle s'endorme, non ? Alors aucun problème. Non, j'irai bien.

Pas vrai ?

« O-oui pas de problème » J'ai répondu en souriant. L'illumination soudaine sur le visage d'Elsa rendit sa mine beaucoup plus fraîche et elle n'a pas attendu un moment avant de me laisser suffisamment de place, son dos collé au mur pour que je me couche.

Tout va bien Diana, tout va bien

Je me suis couchée sur le dos et un peu plus en hauteur de sorte à ce que j'aie une tête de plus qu'Elsa, mon visage face au plafond. Elsa était tournée face à moi et malgré le fait qu'elle doive dormir, je pouvais très clairement sentir son regard sur moi. Et avant que je ne puis dire quoi que ce soit à ce sujet, son rapprochement soudain me fit taire. Les joues en feu et l'estomac flottant, je pinçais mes lèvres ensemble.

Tout ne va pas bien, tout ne va pas bien !

Elle avait posé sa tête juste à côté de mon épaule et j'avais peur que depuis cette distance, elle puisse entendre mon coeur battre. Cependant et si ça avait été le cas, elle n'y avait fait aucun commentaire.

« Tu sais... » A-t-elle commencé avant de laisser un temps de pause. « Je ne m'attendais pas à ce que tu dises toutes ces choses à Honey. J'avais peur que tu ne puisses pas m'accepter alors j'ai fini par m'isoler de nouveau, mais quand je t'ai entendu me défendre toute la pression en moi s'était effondrée. Je n'ai jamais entendu quelqu'un me défendre autant que tu l'as fait aujourd'hui. Et ça m'a rendu heureuse de savoir que je pouvais aussi compter sur toi »

« Bien sûr que tu peux compter sur moi, je te l'ai dit avant, non ? » Elle avait suffisamment levé sa tête pour avoir un contact visuel avec moi alors que je lui offris un sourire. « Je serais toujours avec toi » Ses yeux en réponse avaient été si expressif, comme si elle voulait m'envoyer par un seul contact toutes ses pensées. Son soulagement, sa bonne humeur, sa gratitude.

Et finalement elle m'a étreinte, enveloppant ses deux bras autour de moi.

« Merci.. » Dit-elle dans un souffle, son front appuyé sur mon épaule. Je me suis tournée de sorte à être face à elle et j'ai posé ma tête sur la sienne.

« Tu n'as pas à me remercier, c'est ce que font les amis » J'ai répondu en caressant du pouce le haut de son dos.

Et nous sommes restées comme ça pendant un moment avant que je ne rende compte qu'elle s'était endormie dans mes bras.


Fin du chapitre

Bon cet arc de douleur était plutôt rapide...Néanmoins la chose n'aurait pas pu traîner plus. Ou peut-être que si...Mais mon coeur ne l'aurait pas supporté…

Dernier chapitre du jour, mais j'en posterai d'autres par la suite.

Sinon des impressions ?