J'ai pensé poster dans le vide puis j'ai vu que j'avais quelques stats sur le dernier chapitre donc me voilà avec la suite. Le prochain chapitre sera enfin la rencontre de Legolas. J'espère que ça vous plait au moins un peu jusqu'ici :)
Chapitre 4 : Les compagnons :
Le jour où Neniel rencontra Samwise Gamgee était de ces jours qu'elle devait garder dans sa mémoire des siècles durant avec le sourire. Elle était en train de vérifier que Frodo avait tout ce dont il avait besoin, lorsqu'un jeune hobbit fit irruption avec fracas dans la chambre de soins, essoufflé. Il se figea lorsqu'il la vit et rougit profusément.
-Bien le bonjour, dame elfe, s'inclina-t-il poliment. Mon nom est Samwise Gamgee et Monsieur Frodo est mon maître.
-Je suis Neniel, répondit-elle avec un demi-sourire surpris.
Il semblait profondément intimidé par sa présence mais il soutint bravement son regard. Il fut cependant incapable de parler plus, comme si sa voix lui échappait. Neniel décida d'écourter sa souffrance.
-Votre maître se repose encore, voudriez-vous vous installer un instant ?
Elle tira un siège au chevet de Frodo et indiqua à Sam qu'il pouvait s'asseoir. Il parut hésitant, ne la quittant pas des yeux. Elle le vit furtivement arrêter son regard sur la pointe de ses oreilles, mises en évidence par la natte qu'elle avait nouée.
-Je suppose que vous n'avez pas vu d'elfes souvent ? sourit-elle en comprenant soudain.
-Mes excuses, gente dame, marmonna-t-il en baissant les yeux.
-Sommes-nous si intimidants à vos yeux maître Gamgee ? Rit-elle alors qu'il rougissait. Vous pouvez être rassuré dès maintenant, ma mère était humaine, je ne vais pas vous jeter de sort...
-Pardonnez mon franc parler, dame elfe, mais vous avez la beauté des elfes, pas celle des hommes.
Elle rit un peu plus, surprise par le compliment inattendu.
-Vous gagnez rapidement la place de Hobbit favoris maître Gamgee, Bilbo n'a qu'à bien se tenir.
-Vous connaissez m'sieur Bilbo ?
-J'aime à penser que nous sommes bons amis.
-Comment va monsieur Frodo ? Demanda-t-il abruptement, plus à l'aise à la mention de Bilbo.
-Il n'a pas encore repris connaissance mais le seigneur Elrond a bon espoir pour lui, il devrait vous revenir bientôt. Et sa blessure devrait guérir.
Sam parut satisfait et soupira de soulagement. Elle insista pour qu'il s'assoit aux côtés de son maître alors qu'elle finissait son inspection. Sam lui posa quelques questions sur l'état de Frodo et elle répondit avec prévenance, le rassurant. Elle finit par s'asseoir avec Sam pour l'écouter raconter leur périple à travers un pays nommé Comté, puis la Vieille Forêt à l'ouest de Bree, où habitaient le curieux Tom Bombadil et les dangereux Galgals. Il parla également de leur rencontre avec Grands-pas (que Neniel reconnut en tant qu'Aragorn) au Poney Fringant, ainsi que les attaques des Neuf et leur course pour sauver Frodo. Sam semblait ravi de pouvoir conter ses aventures et d'avoir une audience si attentive et noble à ses yeux.
Lorsque Neniel quitta la chambre de Frodo quelques heures plus tard, elle se sentit moins prisonnière et plus légère. Elle venait de gagner un ami.
oOo
La journée avait bien avancé et les jumeaux et Neniel étaient installés dans la cour qui servait aux entraînements. Ils avaient échangé quelques coups avec bonne humeur et partageaient maintenant un instant de calme en buvant à la source qui coulait le long du terrain. Elladan était allongé sur le muret de la source, les yeux clos et un sourire satisfait sur son visage fin. Elrohir conversait avec Neniel qui avait laissé sa main dans l'eau, ravie de sentir la fraîcheur courir sur ses doigts. Ils furent interrompu par l'arrivée d'Arwen accompagnée d'un homme brun souriant.
-Aragorn ! S'exclama Neniel en le reconnaissant.
Elle traversa la cour et se jeta à son cou en riant. Il rit en retour et referma son étreinte sur son amie elfe. Elle s'écarta en souriant, ravie de revoir son ami.
-Cela fait trop longtemps, chère Neniel, dit-il.
-Je commençais à croire que tu allais m'abandonner à mon sort seule ici, plaisanta-t-elle.
Des protestations bougonnes s'élevèrent derrière elle et elle lança un clin d'œil moqueur aux jumeaux. Neniel s'écarta d'Aragorn qui récupéra la main d'Arwen avec douceur.
-Quelles nouvelles de l'Ouest nous apportes-tu ? S'enquit Neniel en retournant à sa place entre les jumeaux.
Aragorn et Arwen s'assirent sur le banc à côté d'eux et il commença son récit. La plupart était déjà connue de Neniel grâce à Sam, mais elle comprit d'autant plus l'ampleur de l'inquiétude d'Elrond au fur et à mesure qu'Aragorn décrivait la traque qu'ils avaient subi. Les neuf cavaliers semblaient redoutables et impossibles à semer.
-Revenir par ici devrait leur coûter, lança Elladan à la fin du récit.
-Nous avons retrouvé certains de leurs chevaux morts des suites de l'épisode de la rivière, expliqua Elrohir. Je ne pense pas qu'ils se montreront à pieds, encore moins aux portes de Fondcombe.
-Cela devrait nous donner un peu de répit jusqu'au conseil de votre père, acquiesça Aragorn.
Neniel échangea un regard inquiet avec Arwen mais aucune d'elles ne prit la parole. Elles furent soulagées lorsque les jumeaux proposèrent un tournoi improvisé d'archers et se joignirent à l'activité en laissant derrière toute idée d'ombre.
oOo
Il fallut peu de jours pour que Gandalf s'éveille. Il se leva presque immédiatement et Neniel dut négocier la prise de quelques derniers traitements. Le vieux magicien accepta en grommelant mais son corps encore engourdi le rappela à l'ordre et il obtempéra.
-Je dois parler au seigneur Elrond, dit-il une fois sa cape sur ses épaules.
-A cette heure de la matinée, il est sûrement avec Frodo, indiqua Neniel.
-A-t-il repris conscience ?
-Pas encore, regretta Neniel. Mais il se rapproche de notre monde chaque jour un peu plus, le rassura-t-elle. Il sera bientôt parmi nous de nouveau.
-Très bien. Merci pour votre aide, dame Neniel.
Neniel s'inclina légèrement avec un sourire et lui ouvrit la porte. Il voulut partir d'un pas décidé mais ses courbatures le rappelèrent à l'ordre et il ralentit légèrement sans se tourner.
-Mithrandir, pouvez-vous me promettre une chose ? Le rappela-t-elle.
Il se tourna brièvement, attendant qu'elle parle.
-Prenez mieux soin de vous. Quelle que soit votre quête, elle n'ira pas bien loin si vous n'êtes plus en état de suivre. Je sais que parfois certaines causes nous dépassent, mais le corps est aussi important que l'esprit, et il a des limites.
-Il semblerait que toutes ces années auprès du seigneur Elrond ont été utiles après tout, sourit le magicien. Vous voilà en train de parler comme une vraie guérisseuse.
-Et pourtant, c'est ici votre amie qui exprime son souhait, répondit-elle.
Il acquiesça, soudain sérieux, et elle pensa déceler un peu de gratitude dans son regard gris. Il lui fit signe d'approcher et elle essuya ses mains sur son pantalon avant de prendre son bras pour le guider vers la chambre de Frodo, ravie qu'il reconnaisse un peu de vrai dans ce qu'elle avait osé lui dire.
Elrond était sur le point de quitter la chambre lorsqu'ils arrivèrent, il finissait juste de rassurer Sam et Bilbo au pied du lit. Il parut ravi de voir son ami magicien sur pied, il en fut de même pour les deux hobbits qui manifestèrent leur joie bruyamment.
Une fois les retrouvailles célébrées, Neniel invita Bilbo et Sam à la suivre pour déjeuner pendant qu'Elrond et Gandalf s'entretenaient. Elle se doutait que peu d'oreilles pouvaient assister à leur discussion, et elle n'avait pas envie de se battre.
oOo
Le soleil n'était pas encore levé. Après une nuit sans pouvoir trouver la paix, Neniel avait fini par aller se percher sur les toits de la maison de soin pour voir le ciel. Elle y avait observé les étoiles longuement, se souvenant des leçons de son père lorsqu'elle n'était qu'une jeune elfe. Il lui avait enseigné à reconnaître les astres très tôt. Elle en était restée fascinée et n'avait jamais arrêté, même alors qu'il était parti depuis des siècles. Cela lui avait valu son deuxième nom : « Tinwendil », amoureuse du ciel étoilé. Elle ne l'utilisait plus, désormais qu'il était parti. Il arrivait encore que quelques elfes plus vieux s'en souviennent, comme le seigneur Elrond. Mais elle préférait le garder privé, comme une blessure qui n'avait jamais vraiment cicatrisée.
Le ciel étoilé était légèrement voilé, elle savait qu'il annonçait la période troublée qui approchait. Mais elle était soulagée de constater que la plupart des lueurs brillaient toujours aussi fort. Elle y voyait une résistance à l'ombre, du réconfort.
Lorsque le soleil commença à envahir le ciel à l'est, elle réalisa que tout espoir de repos devrait attendre. Elle descendit des toits habilement et atterrit sur le balcon de sa chambre dans un mouvement souple. Le livre du jour avait déjà été déposé par Elrond et elle sourit, le seigneur elfe ne dormait-il donc jamais ?
Après avoir enfilé une tenue plus adéquate (comprendre : son pantalon le moins abîmé), elle s'installa dans le fauteuil près du balcon pour entamer sa lecture, bercée par le chant des oiseaux qui s'éveillaient. Elle aurait presque pu croire qu'elle n'était pas retenue ici depuis des années contre ses désirs tant l'atmosphère était accueillante. Et si les nouveaux arrivants n'étaient pas rentrés blessés, elle aurait pu se croire au début des festivités d'automne normales à Fondcombe, quand des elfes venaient rendre visite de tout coin de la terre du milieu pour chanter, danser, et célébrer la nature.
Sa tranquillité ne devait cependant pas durer car elle fut sortie de son paisible matin par quelqu'un qui frappa à sa porte. Elle fut surprise de découvrir un Sam penaud derrière.
-Bien le bonjour dame Neniel, s'inclina-t-il. Pardonnez mon intrusion matinale mais je ne savais pas trop où m'adresser. M'sieur Gandalf est endormi dans la chambre de mon maître et je ne connais pas grand monde ici.
-Qu'y a-t-il Sam ? Demanda-t-elle en le rassurant d'un sourire.
-Ce sont mes compagnons : Merriadoc Brandebouc et Peregrin Touque, ils s'entraînaient ce matin et ils se sont blessés. Rien de bien grave, mais on ne sait jamais que je leur ai dit...
Neniel interrompit Sam gentiment et lui intima de lui montrer où trouver ses deux amis. Sam acquiesça, reconnaissant mais toujours embarrassé.
Lorsqu'ils entrèrent dans la cour des archers, deux jeunes hobbits se disputaient. Sam les interrompit avec impatience et ils se tournèrent, se tenant chacun le bras.
-Sam, nous t'avions dit que ça ne nécessitait pas de déranger qui que ce soit, protesta celui qu'on nommait Merry. Désolée gente dame elfe, notre ami s'inquiète pour rien.
-Nous étions juste en train de pratiquer notre tir à l'arc, ce n'est rien de grave, confirma l'autre, plus jeune, qu'on nommait Pippin.
-Ces arcs sont bien trop grands pour vous, maîtres hobbits, sourit Neniel en s'approchant d'eux. Je suppose que vos bras ont été éraflés par la corde ?
Merry et Pippin semblèrent gênés mais hochèrent la tête pour confirmer.
-Je suis Neniel, se présenta-t-elle. Je suis l'une des guérisseuse du seigneur Elrond, je peux vous aider si vous l'acceptez. Sam m'a déjà vu à l'oeuvre, j'ai aidé à soigner votre ami Frodo.
-Merriadoc Brandebouc, pour vous servir, s'inclina le premier hobbit. Mais vous pouvez m'appeler Merry, tout le monde m'appelle Merry.
-Peregrin Touque, suivit le second. Mes amis m'appellent Pippin, je suis un cousin de Frodo, merci pour votre aide, belle dame elfe.
Elle rit et leur fit signe de montrer leurs bras. Elle observa un instant puis leur ordonna de ne pas bouger alors qu'elle allait chercher de quoi les soigner. Elle s'affaira sur leurs bras alors qu'ils l'observaient, curieux.
-Peut-être pourriez-vous envisager des entraînements plus abordables pour des hobbits ? Suggéra-t-elle alors qu'elle entamait les bandages.
-Les hobbits ne sont pas très forts dans les arts de la guerre, observa Pippin avec regret.
-J'ai entendu dire par Bilbo que vous êtes redoutables en jet de cailloux.
Pippin parut soudain très fier.
-Il est vrai que notre lancer n'a pas son pareil, confirma-t-il.
-Nous voulons apprendre à nous battre comme le seigneur Grand-Pas, précisa Merry.
-Pourquoi ne pas lui demander ? Il peut vous aider à utiliser une épée, et je peux vous montrer comment soigner de petites blessures, proposa-t-elle.
-Sauf votre respect, dame Neniel, intervint Sam. Je ne pense pas que ces deux-là ont besoin d'encouragement à causer plus de trouble.
-Tais-toi Sam, tu ne sais pas de quoi tu parles, se vexa Pippin. Nous voulons faire notre part, et défendre Frodo.
-M'sieur Frodo n'a plus besoin de défense, nous sommes chez les elfes maintenant.
-Tu as vu les cavaliers noirs Sam, ils ne vont pas s'arrêter à si peu.
Neniel les interrompit pour les rassurer. Ils étaient en effet à l'abri du danger, mais si Merry et Pippin le désiraient, elle pourrait inciter Aragorn à les aider. Ils acceptèrent avec joie et Sam leva les yeux au ciel.
-Ne désespérez pas Sam, l'encouragea-t-elle, je vous apprendrai à reconnaître les plantes médicinales, comme ça vous pourrez apporter votre effort au groupe vous aussi.
Il parut ragaillardi par cette annonce et la remercia profusément. Elle fut ensuite invitée à les suivre pour le petit déjeuner et elle les accompagna avec joie. En peu de temps, Neniel avait découvert une véritable fascination pour la joie de vivre des hobbits. Ils faisaient de merveilleux compagnons.
