Merci de tout coeur à Dalaenor, ta review m'a fait un immense plaisir ! Et merci aux lecteurs qui ont pris le temps de s'abonner à cette histoire. :)
J'espère que cette première rencontre vous plaira...
Chapitre 5 : La rencontre :
Neniel fut dérangée dans sa lecture du matin par un grand éclat de rire, suivi de cris de joie. Elle se leva, intriguée, et se laissa guider par le son des réjouissances, qui la mena à la chambre de Frodo. Elle sourit, soulagée de constater que le hobbit venait de reprendre conscience entouré de Gandalf et ses trois amis hobbits. Elle s'approcha du lit avec bonne humeur.
-Bonjour maître hobbit, je suis Neniel, se présenta-t-elle. Puis-je jeter un œil à votre blessure ?
Frodo s'inclina, visiblement impressionné, et la laissa faire. Merry et Pippin s'étaient déjà lancés dans un grand récit de leurs aventures à Fondcombe sous les yeux rieurs de Gandalf et désapprobateurs de Sam.
-Je vais prévenir le seigneur Elrond que vous allez mieux, l'informa-t-elle une fois qu'elle eut examiné son état. Il voudra sans doute s'en assurer lui-même avant de vous laisser quitter la maison de soins.
-Merci beaucoup, dame Neniel, remercia poliment Frodo.
Elle lui sourit et sortit après avoir serré brièvement la main de Gandalf qui semblait irradier de joie et de soulagement. Elle se promit de prévenir Bilbo après le seigneur Elrond, le vieux hobbit allait être heureux de découvrir son neveu remis. Elle était elle-même ravie de voir Frodo éveillé, il était visiblement entouré de gens qui l'aimaient et se trouvaient un peu perdus sans lui. Il semblait porter le poids de bien des choses sur ses frêles épaules de semi-homme... La période de l'ombre n'était pas sans sacrifice, mais Neniel préférait les limiter. Elle avait bien vu que les trois jeunes hobbits s'inquiétaient et erraient sans but la plupart de la journée. Maintenant que Frodo était remis sur pieds, tout irait mieux.
oOo
La matinée touchait à sa fin lorsque Neniel se mit à la recherche de Bilbo. Le seigneur Elrond avait confirmé que Frodo allait beaucoup mieux, puis avait dû s'éclipser pour accueillir un représentant des hommes du Gondor qui était arrivé à grand galop. N'ayant pas l'intention de déranger les hobbits en pleine retrouvailles, Neniel décida qu'informer Bilbo de la bonne nouvelle ne pouvait guère attendre plus.
Elle commença par le hall où il aimait observer les peintures mais elle ne l'y trouva pas. L'entrée avait dû être trop bruyante avec l'arrivée des invités d'Elrond. Le hobbit s'était sûrement installé ailleurs, déduisit-elle. L'elfe brune allait reprendre sa marche lorsqu'elle fut attirée par un vacarme tonitruant à la porte. Elle s'y précipita en entendant des armes s'entrechoquer.
Lorsqu'elle arriva devant la grande porte, elle vit les gardes elfes en plein conflit avec un groupe de nains peu avenants. Des jurons échappaient ainsi que des grognements alors que les elfes tentaient de les repousser hors de l'entrée.
-Ça suffit ! Intervint Neniel en arrivant à leur hauteur.
-Neniel, ne t'en mêle pas, aboya Demdir, aux prises avec un nain particulièrement hargneux qui le menaçait du bout de sa hache.
-Ces nains sont les invités du seigneur Elrond ! Rétorqua-t-elle vivement. Arrêtez tout de suite et laissez les entrer !
Les soldats elfes baissèrent leurs armes instantanément et reculèrent, même Demdir obéit, un rictus énervé sur les lèvres. Neniel se tourna vers les nains et s'inclina.
-Toutes mes excuses, maîtres nains pour cet accueil si peu digne. Nous avons essuyé quelques épisodes inquiétants ces derniers jours et Fondcombe se doit de redoubler de vigilance... Je suis Neniel, je travaille avec le seigneur Elrond, soyez les bienvenus.
-Bienvenu est un mot peu adéquat, grommela l'un des nains. Je suis Gloïn et voici mon fils, Gimli. J'ai connu meilleur accueil dans la demeure du seigneur Elrond...
-Et vous m'en voyez désolée, regretta l'elfe brune. J'étais cependant à la recherche de quelqu'un que vous connaissez, car je l'ai déjà entendu vous nommer dans ces histoires...
-Bilbo est ici ? Sourit soudain Gloïn.
-Puis-je vous indiquer la salle de déjeuner pour que vous puissiez vous reposer de votre voyage ? Le seigneur Elrond vous recevra bientôt et j'informerai Bilbo de votre arrivée dès que je l'aurai trouvé.
Gloïn parut satisfait et fit signe de suivre le garde que Neniel choisit pour les escorter. Son fils, Gimli, s'attarda pour la regarder d'un œil suspicieux, mais comme elle répondit d'un simple sourire, il ne dit rien et rejoignit le groupe.
-De biens tristes jours s'annoncent si nous sommes obligés d'appeler la racaille à la rescousse, ironisa Demdir lorsqu'ils furent partis.
Quelques gardes pouffèrent mais reprirent leur poste. Neniel fusilla Demdir du regard.
-Ils sont tout aussi braves que n'importe lequel d'entre nous, riposta-t-elle. Tu ne sais pas grand chose du monde extérieur si tu penses qu'ils en sont la racaille.
-C'est vrai que le monde extérieur n'a aucun secret pour toi, Neniel, se moqua-t-il en retour, le regard méchant. Oh non, j'oubliais, tu ne sors jamais sans tes gardes du corps... A se demander quels étaient tes crimes pour qu'on te fasse si peu confiance... Si ça ne tenait qu'à moi tu pourrirais dans une cellule.
Neniel allait répondre, ses poings étaient déjà serrés, mais elle fut surprise par un hennissement. Elle tourna la tête et vit un cortège d'elfes arriver par la porte. Ils étaient tous blonds et vêtus d'un vert sombre elle ne reconnut aucun d'entre eux, ce qui la perturba légèrement. Demdir reprit sa place, déçu que Neniel ne lui prête plus attention. Elle dévisagea les nouveaux venus qui descendaient de cheval et les confiaient aux gardes. Elle déduisit qu'ils venaient d'une cité qu'elle n'avait jamais visitée, leur identité lui échappait complètement.
Elle fut d'autant plus perturbée quand elle vit celui qui semblait être leur chef descendre de cheval et atterrir souplement près d'elle. Il était grand, et ses longs cheveux blonds balayaient un visage fin où elle trouva un regard bleu intense. Elle ne connaissait aucun elfe disgracieux, mais jamais encore elle n'avait eu le souffle coupé par la beauté de l'un d'entre eux. Si elle n'avait pas eu des années d'entraînement à cacher ses émotions humaines embarrassantes, elle aurait sûrement rougi. Elle recula légèrement lorsqu'il tourna son regard vers elle. Il la dévisagea, visiblement surpris, et sembla soudainement distrait de sa mission. Une exclamation joyeuse rompit le charme :
-Legolas !
Neniel se tourna, reconnaissant la voix d'Aragorn, et elle le vit traverser la cour. Le dénommé Legolas détacha son regard d'elle pour accueillir l'arrivée de l'homme d'un sourire. Ils se saluèrent comme deux amis de longue date, ce qui intensifia la curiosité de Neniel.
-Soyez le bienvenu à Fondcombe, sourit Aragorn en lui tapotant l'épaule. Voici Neniel, elle est notre guérisseuse, ajouta-t-il en désignant son amie.
-Le seigneur Aragorn exagère, intervint Neniel, je ne suis que l'apprentie du seigneur Elrond.
Elle sentit le regard bleu intense se poser sur elle et baissa les yeux.
-Elle est modeste, plaisanta Aragorn, l'œil moqueur. Neniel, voici le prince Legolas Greenleaf de Mirkwood, il est le fils du roi Thranduil, et mon bon ami.
Neniel s'inclina. Un prince ? Voilà qui expliquait l'aura de l'elfe blond. Il était de la noblesse. Lorsqu'elle se redressa, il s'inclina à son tour avec un sourire poli mais ne dit rien. Aragorn ne nota pas leur échange silencieux, enthousiaste de voir un ami.
-Venez donc manger un morceau, invita-t-il. Vous nous donnerez des nouvelles de la grande et majestueuse Mirkwood.
Il indiqua aux autres elfes blonds de le suivre et ils lui emboîtèrent le pas.
-Neniel, déjeuner ? Lança-t-il en haut des marches quand il vit qu'elle ne suivait pas.
-Je dois encore trouver Bilbo, répondit-elle.
Il acquiesça et emmena les elfes avec lui, laissant une Neniel perturbée au centre de l'entrée. Elle se reprit rapidement et repartit en direction de ses recherches, oubliant même que Demdir avait été une fois de plus insultant à son égard.
oOo
Les retrouvailles de Frodo et Bilbo mirent du baume au cœur de tous ceux qui y assistèrent. Sam emmena Merry et Pippin plus loin pour leur laisser de l'intimité après les premières plaisanteries échangées et Neniel suivit Gandalf vers la cour aux roses.
-Que va-t-il se passer maintenant, Mithrandir ? Interrogea Neniel alors qu'ils s'asseyaient sur un banc à l'ombre.
-Le seigneur Elrond a convoqué un conseil exceptionnel pour prendre les décisions qui forgeront notre futur.
-Est-ce à dire que le rôle des hobbits s'arrête ici ? Ils ont déjà tant aidé.
-J'aimerais dire que oui, soupira le magicien. Mais mon cœur me dit que le destin de la terre du milieu est lié à eux plus que je ne le souhaiterais.
-Est-ce vrai ce qu'on murmure ? Osa-t-elle demander. L'anneau unique aurait été trouvé par les hobbits ?
Gandalf soupira et lui offrit un regard grave.
-J'en ai bien peur, confirma-t-il à mi-voix.
-Pauvre Frodo, murmura-t-elle en retour. Si la magie qu'on prête à cette... chose... est vraie, il a subi bien des tourments... J'espère qu'il sera vite sorti d'affaire.
-C'est aussi mon souhait, confirma le magicien avec un triste sourire. Puisse-t-il s'exaucer rapidement et sans détour.
Neniel acquiesça, elle connaissait assez Gandalf pour savoir qu'il ne glisserait pas plus d'informations que le strict nécessaire.
-Et vous ? Qu'allez-vous faire, Dame Neniel ? Demanda-t-il soudain.
Elle haussa les épaules et regarda au loin, songeuse.
-Le seigneur Elrond ne pourra pas vous garder ici éternellement, insista Gandalf.
-A-t-il seulement le choix ? Rétorqua-t-elle.
-Je vous ai connu plus combative, plaisanta le vieil homme. Combien de fois a-t-on dû vous récupérer aux Havres Gris ces dernières décennies ?
-Beaucoup trop, regretta-t-elle dans un faible sourire. Cairon se fait trop vieux pour mes bêtises, et c'est dire beaucoup d'un elfe. Il ne me laisse pas embarquer pour autant.
-Mais j'ai ouï dire qu'il vous laisse explorer les ruines désormais.
-A quoi bon ? Je n'y vais que dans l'espoir d'embarquer pour rejoindre les miens. Rien ne me retient ici.
Gandalf soupira et posa une main ridée sur la sienne, immaculée.
-Votre temps viendra, promit-il doucement. Vous avez encore un rôle à jouer ici, parmi vos amis.
-Peut-on vraiment appeler ses geôliers des amis ? Ironisa-t-elle.
-Je suis sûre que le seigneur Elrond et sa famille seraient blessés de vous entendre penser ainsi.
-C'est pourtant la vérité, se défendit-elle. Ils me tolèrent ici, mais j'ai passé plus de temps enfermée que parmi eux.
-Cela a plus avoir avec votre tempérament court qu'avec leur désir de passer du temps avec vous, corrigea Gandalf.
Elle fut bien obligé de reconnaître qu'il avait raison. Son penchant pour la bagarre était connu de tous. Elrond l'en tenait éloignée le plus possible.
-Vous pensez donc que je devrais me joindre au combat? Reprit-elle soudain.
-Je ne pense pas que votre rôle soit sur les champs de bataille, rectifia-t-il. Mais je sais que le seigneur Elrond est persuadé que vous aurez un rôle à jouer avant la fin.
Neniel soupira et ferma les yeux un instant, plongeant dans ses pensées. Elle n'était pas sûre de vouloir se mêler de guerres avec les ténèbres et d'anneaux magiques. Ses années d'aventures étaient derrière elle, et elle n'en voulait plus tellement d'autres, non merci.
Le calme fut interrompu par des éclats de rire familiers et l'elfe brune rouvrit les yeux pour constater que Gandalf avait disparu. Elle vit les jumeaux s'approcher d'elle en riant et ils s'installèrent chacun d'un côté d'elle sur le banc.
-Les deux jeunes hobbits sont très drôles, commenta Elrohir pour expliquer leur rire.
-Ils ont demandé si on pouvait les entraîner à l'arc, ajouta Elladan.
-Ils sont mauvais, mais leur cœur est hardi et ils n'abandonnent jamais.
-Je ne vois pas de quoi rire, rétorqua-t-elle.
-Ils ont failli éborgner Demdir, explicita Elrohir.
-Dommage qu'ils aient loupé, marmonna Neniel.
-C'est exactement ce que nous disions, rit Elladan.
Neniel leur sourit, amusée par leur hilarité à son tour. Ils l'invitèrent à les rejoindre pour s'entraîner mais elle insista pour retourner finir le livre que leur père lui avait assigné. Elle leur promit de les rejoindre plus tard. Après une journée au contact d'autant de personnes, elle avait besoin de calme.
J'essaie de poster lundi, n'hésitez pas à vous fâcher si je faillis !
