Nouvelle semaine, nouveau chapitre.
Bonne lecture !
Chapitre 7
Elle s'apprêtait à entrer quand elle entendit des voix. Elle s'approcha de la porte du bureau restée entrouverte.
"Severus, vous devez vous reposer.
— Tout va très bien Minerva."
Elle voyait à travers l'embrasure la directrice soucieuse.
"Vous ressemblez presque à un mort.
— Cela ne change pas de d'habitude. Répondit-il.
— Vous n'êtes peut-être pas toujours très agréable avec tout le monde...
— Si votre but est de m'aider, je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution.
— Mais en ce moment, c'est pire que d'habitude. Finit la sorcière. Vous ne dormez pas assez, cela se voit. Que se passe-t-il ? Je suis sûre que vous avez encore perdu du poids. Un café et vos trucs moldus ne suffisent pas pour vivre.
— Ne faites pas comme Albus. Devant le regard interrogateur, il développa. Ne commencez pas à me sortir des phrases toutes faites, pleines de bons sentiments. Je n'ai pas besoin de cela. Retournez à vos chats et vos aiguilles Minerva.
— Severus...
— Arrêtez. Je n'ai pas besoin de votre aide, je n'en ai jamais eu besoin.
— Mais enfin...
— Minerva, sortez, puis il ajouta, s'il vous plaît.
— Bien. Mais cela ne s'arrêtera pas là. Vous ne pouvez pas continuer comme cela."
La directrice s'avança vers la porte et Hermione recula rapidement. Quand elle fut sortie, Hermione entra à son tour.
Snape était assis à son bureau. Deux doigts pincèrent l'arête de son nez.
"Miss Granger. Dit-il.
— Bonjour."
Devant son air dur et fatigué, elle n'osa pas tout de suite s'installer.
"Si ce n'est pas le moment, je peux revenir plus tard...
— Installez-vous, vous n'avez pas fini le travail d'hier soir."
Elle s'assit devant le bureau, sortit ses parchemins et ouvrit le livre à la page où elle l'avait laissé. Snape était très silencieux. Il finit par sortir et elle l'écouta faire son cours.
Une routine commença à se mettre en place. Hermione venait dans le bureau de Snape juste avant son premier cours et commençait à travailler sur les suppositions qu'ils avaient faites la veille. Elle quittait parfois les cachots pour aller manger ou simplement prendre l'air. Puis le soir, elle finissait toujours par s'endormir dans son bureau. Quand il la réveillait pour la renvoyer chez elle, elle traînait les pieds sachant très bien ce qui s'y passerait. Elle regardait pendant des heures le plafond, incapable de dormir.
Elle n'avait pas osé lui redemander une potion de sommeil. Alors, elle attrapait la carte du Maraudeur et regarda le nom Severus Snape. Souvent, elle le voyait simplement rester dans son bureau encore une ou deux heures, puis il se mettait à faire des rondes dans le château. Parfois, elle s'endormait avant qu'il ne revienne chez lui, d'autres fois, elle le voyait simplement disparaître derrière le mur de son bureau.
Le mois de mars approchait, la neige avait fondu depuis peu, et le printemps commençait à pointer le bout de son nez. Ils n'avaient pour l'instant obtenu aucun résultat concluant, mais Snape lui avait dit qu'il travaillait sur une potion. Elle avait tenté d'en savoir plus, cependant, il n'avait pas voulu lui dire quoi que ce soit.
"Je ne veux pas que vous vous fassiez de faux espoirs, lui avait-il dit.
— Mais je peux peut-être vous aider, ou vous pourriez me montrer, s'il vous plaît ? Si vous avez une piste, je peux quand même être mise au courant, c'est de mon existence qu'on parle.
— Miss Granger, je ne sais pas si cette potion marchera. Je préfère que vous vous concentriez sur...
— Non ! J'ai besoin de savoir ! J'ai lu ces livres des dizaines de fois, même plus. Ils ne donnent rien. J'en ai marre d'accord ! J'en ai assez d'être impuissante, vous devez me montrer. Elle s'était levée, les mains posées à plat sur le bureau en face d'elle et fixait Snape.
— Je ne vous dois rien. Dit-il froidement.
— C'est de ma vie dont il s'agit. Avait-elle répliqué.
— Je ne vous ai rien promis. Je vous ai mise au courant par simple politesse, maintenant, si vous pourriez faire ce que je vous ai demandé, c'est-à-dire la liste de tous les sorts pouvant arriver à la disparition d'une personne, cela nous servira peut-être.
— Peut-être ! S'exclama-t-elle, c'est bien ça le problème. Je vis comme cela depuis des mois ! Mes amis ne me reconnaissent plus, mes professeurs ne me reconnaissent plus ! Vous êtes le seul. Et tout ce que vous savez faire, c'est me mettre à l'écart quand vous avez une idée.
— Si n'est pas à votre goût, Granger la porte est grande ouverte !
— Bien."
Elle attrapa ses parchemins, récupéra sa cape et sortit en claquant la porte. Rageusement, elle ouvrit la porte de sa chambre et jeta son travail. Elle avait envie de le tuer. Ne pouvait-il pas comprendre que tout cela était difficile ?
Elle passa les deux jours qui suivirent seule, et elle se rendit compte combien ces moments avec Snape lui avaient permis de revivre ces dernières semaines. Mais, elle ne pouvait pas aller le voir et s'excuser, elle n'avait aucune raison de s'excuser ! Pourtant, elle ressentit comme un pincement dans la poitrine. Il prenait de son temps pour l'aider, pas toujours de la façon dont Hermione le voudrait, mais il était là.
Environ une semaine après leur dispute, cela commença vraiment à lui peser. Et surtout, elle avait terriblement envie de savoir quelle découverte avait faite Snape. Elle devait réussir à mettre son ego de côté. Ce n'était pas lui qui viendrait la chercher, et si elle ne voulait pas de nouveau devenir presque folle, elle devait parler à quelqu'un. Et la seule personne avec qui elle le pouvait en ce moment, c'était ce casse-pied de Snape. Elle devait bien admettre qu'il pouvait parfois être une présence, pas agréable, mais reposante.
"Allez Hermione, pensa-t-elle, il ne va pas te manger. Elle toqua à la porte du bureau.
— Entrez, entendit-elle."
Elle poussa la porte et entra la tête baissée.
"Bonsoir", dit-elle, pas sûre d'elle et ne sachant pas trop quoi dire d'autre.
Il lui retourna un "bonsoir" puis lui fit signe de s'installer. Elle s'assit devant le bureau, sur cette chaise qui était presque devenue sa place. Elle le remercia presque de ne faire aucune remarque sur ce qui s'était passé la dernière fois. D'un accord commun, ce fut comme s'ils avaient décidé de mettre ça de côté.
"J'ai retrouvé cela dans ma bibliothèque personnelle, j'aimerais avoir votre avis", dit-il en se levant.
Il contourna le bureau et s'arrêta derrière Hermione. Elle prit l'ouvrage volumineux qu'il lui tendait : "Blocage émotionnel et phénomènes inexpliqués, ou comment l'esprit peut modifier votre magie."
Elle l'ouvrit à l'endroit du marque-page et lut. Snape la regarda simplement ne bougeant pas d'un iota de sa position. Elle pouvait sentir sa présence, son regard sur elle et presque sa respiration. Ses épaules se contractèrent, puis au fur et à mesure de sa lecture, se détendirent.
"Je ne vois pas bien le lien entre ma situation et cela. Dit-elle.
— J'ai un peu étudié le fonctionnement de l'esprit entre les deux guerres. Notre magie est en lien direct entre nos émotions, certains sorts se nourrissent même de nos souvenirs et de notre vécu.
— Comme le Patronus ?
— Tout à fait ou bien comme tous ceux qui sont devenus des Cracmols après avoir vécu un traumatisme. Il se pourrait que votre disparition soit en lien avec ce que vous avez pu vivre ces dernières années.
— Mais disparaître de l'histoire, des souvenirs de tous, il faut une quantité énorme de magie non ? Je ne pense pas être capable d'un phénomène aussi grand.
— La magie fait parfois des choses inexpliquées et imprévisibles. Il y a encore beaucoup d'événements que nous n'arrivons pas encore à comprendre.
— Alors vous pensez que... que la guerre a pu avoir un impact plus profond sur moi que je ne le pensais et que la magie a décidé de me faire disparaître. C'est un peu dur à croire.
— Je sais. Mais c'est la seule piste un tant soit peu valable que nous ayons."
Il la regardait toujours d'en haut. Elle frissonna sous son regard. Puis d'un mouvement un peu étrange, il s'éloigna. Elle se tourna plus franchement vers lui.
"Et la potion dont vous aviez parlé, a-t-elle un lien avec cette théorie ?
— Pas vraiment. Je ne vous en ai pas parlé avant car je ne savais même pas si j'allais réussir à la finir et à la faire fonctionner.
— Et vous avez réussi ? demanda-t-elle avec une lueur d'espoir.
— Oui."
Il se dirigea vers une étagère et récupéra une petite fiole de couleur argentée. Celle-ci scintillait comme si des millions d'étoiles froides avaient été mises dans un flacon ridiculement petit par rapport à leur puissance.
"Elle pourrait me faire revenir ?
— Non.
L'espoir d'Hermione s'effrita un peu.
— ...Elle va nous permettre de savoir si vous avez été touchée par une malédiction, un sort, ou une potion, ou n'importe quoi d'autre que nous ne connaîtrions pas en lien avec votre magie.
— Je pensais que nous avions déjà écarté ces possibilités ?
Elle ne comprenait pas bien en quoi cela serait différent cette fois. Toutes les potions et sorts de détection n'avaient rien donné.
— En fait, je n'ai pas totalement écarté cette possibilité et avant de passer à l'étape de la psychologie, je voudrais vérifier une dernière fois.
— En quoi est-ce différent cette fois ? Elle se leva et regarda la fiole avec minutie. En fait, ce n'était pas vraiment des étoiles, cela ressemblait presque à ce qu'elle imaginait de la magie si celle-ci était visible.
— Cette potion est plus puissante que ce que nous avons essayé auparavant. Elle va nous montrer l'ensemble de ce qu'on pourrait appeler votre historique magique, de votre naissance jusqu'à maintenant. Nous allons pouvoir voir chaque fois que vous avez utilisé la magie, que quelque chose de magique vous a touché, que vous avez fait ou bu une potion. Chaque fois que vous avez été en lien avec la magie directement ou indirectement.
— Où l'avez-vous trouvée ? Je n'ai jamais entendu parler d'une potion comme celle-ci.
— Je l'ai inventée."
À cet instant, elle sut au fond d'elle, que Severus Snape était un génie. Qui, à part lui, pouvait créer quelque chose d'aussi beau et puissant dans une si petite chose ?
