1 mois et demi. 1 MOIS ET DEMI ? Comment ça ? Désolée... Bref, entre beaucoup de travail et un gros manque de motivation, j'ai eu beaucoup de mal à avancer sur cette fic. J'ai des chapitres d'avance mais je ne voulais pas les publier sans savoir si j'allais réussir à trouver une fin qui me plaise vraiment. Et comme je commence à entrapercevoir une idée qui me plait (ENFINNNN). Je ne vais pas reprendre le rythme d'un chapitre par semaine tant que la correction et l'écriture ne sont pas finis mais on avance petit à petit.
Alors voilà le chapitre 12.
Bonne lecture !
Chapitre 12
"Si votre cerveau n'était pas un tel désordre, vous pourriez être une occlumens compétente." Dit Snape alors qu'il tenait toujours Hermione dans ses bras.
Un rire rauque sortit de sa gorge.
"C'est un compliment ?
— Votre folie déteint un peu trop sur moi."
Il la relâcha un peu, s'éloigna un peu d'elle pour la regarder. Quand il avait vu Bellatrix lever sa baguette sur la jeune femme terrorisée mais dont le regard ne démordait pas de courage, il avait voulu l'assassiner de la pire des manières. Sa mort avait été bien trop douce et qu'est-ce qu'il aurait aimé le faire lui-même. La folie de cette femme était sans limite.
Il leva sa main à la hauteur de son visage pour remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Se rendant compte de son geste, il s'arrêta, sans pour autant être capable de s'éloigner. La jeune femme remettait tout entre ses bras. Cette confiance aveugle qu'il voyait dans ses yeux lui fit peur. Ses yeux descendirent un instant sur ses lèvres qui lui parurent d'une douceur irréelle. Il reprit ses esprits et se releva, tendit une main à la jeune femme qui la prit, lui envoyant une multitude de frissons par la même occasion.
"Que faisons nous maintenant ?" Demanda-t-elle.
Elle essuya ses yeux d'un revers de manche.
"Nous allons travailler sur ce souvenir et d'autres que j'ai vus.
— Je vais devoir refaire ça à nouveau ? Demanda-t-elle, le tremblement trahissant sa peur dans sa voix.
— Le fil qui bloque votre magie est constitué de peur. Et cette peur vous gouverne. Nous allons tenter de vous en détacher pour que le souvenir n'ait plus d'impact sur vous.
— N'y a-t-il aucune autre solution ?
— Ne dit-on pas que le meilleur moyen d'affronter une peur, c'est de s'y confronter ?"
La douceur dans les yeux de Snape devait faire partie des plus belles choses qu'elle n'ait jamais vues de sa vie. Il y avait encore quelques minutes, elle était effondrée dans ses bras et il l'avait tenue, sans crispation. Ce n'était pas la première fois qu'il la rattrapait, depuis le jour où il s'était souvenu d'elle, mais cette fois-ci, c'est comme si tout cela lui était venu naturellement. Son odeur avait envahi son nez, son cœur qui battait contre elle à un rythme lent l'avait reposé. Sa peur s'était comme enfuie alors qu'elle était protégée. Il était devenu un pilier de sa vie sans qu'elle ne le veuille, sans qu'elle ne s'en aperçoive, il avait pris une place si importante qu'elle ne savait même pas comment elle pourrait vivre s'il décidait d'un coup de l'abandonner.
"Il se fait tard, finit-il par dire, imposant à nouveau cette distance entre eux.
— Vous avez raison, je vais aller me coucher et vous devriez faire de même."
Elle aurait aimé passer sa main sur sa joue, sur le contour de ses yeux pour apaiser ses tourments à lui aussi. Peu importe ce qu'ils étaient, cet homme ne méritait pas l'air malheureux marqué sur son visage.
"Revenez demain après mes cours. Pendant la journée, faites les exercices de respiration que je vous ai montrés."
Elle acquiesça puis s'éloigna, tournant le dos à Snape, et sortit.
Allongée dans son lit, elle n'arrivait pas à fermer les yeux, les souvenirs étaient remontés bien trop fort pour qu'elle soit capable de les affronter seule dans cette petite chambre. Elle n'avait même pas réussi à éteindre la cheminée alors qu'il faisait pourtant bon dans la pièce, car chaque fois que l'obscurité arrivait, elle sentait un flot de terreur remonter. Les yeux grands ouverts, elle chercha autre chose pour s'occuper l'esprit.
Concentrez-vous sur votre respiration, entendit-elle la voix de Snape dans sa tête. Expirez. Elle se concentra dessus, la soirée se repassa dans sa tête. La fatigue sur le visage de l'homme, son énervement puis le calme. La peur des souvenirs, qu'elle chassa rapidement, et enfin l'apaisement, dans ses bras. Ce mouvement doux et sincère, sa main qui avait glissé contre sa joue et ses doigts qui était passée derrière son oreille. Son autre main dans son dos, qui l'avait maintenue contre lui. Leurs genoux côte-à-côte, leurs corps si proches dans l'étreinte qui lui avait permis d'apaiser son esprit. Et enfin, ses yeux sombres comme deux puits sans fond qui l'avaient invitée à s'y perdre, si noirs mais qui lui avaient paru tellement expressifs à cet instant.
C'était peut-être lui qui l'aidait à retrouver sa vie mais elle aurait tout fait pour l'apaiser. Il était parfois si dur et froid qu'il était difficile de passer au-dessus de sa carapace. Mais ce soir, elle l'avait vu, elle avait vu au travers de lui et tout ce qu'elle avait trouvé était un homme solitaire.
ooOOoo
Cela faisait plusieurs jours qu'ils travaillaient sur les souvenirs d'Hermione. Ils avaient commencé par des peurs plutôt mineures qui lui avaient permis de mieux appréhender l'intrusion de Snape dans sa tête. Elle sentait qu'elle était capable de plus. De faire mieux que simplement se laisser tomber dans le vide ou affronter McGonagall en colère.
"Bonjour Professeur," dit-elle en entrant dans la pièce alors que les quatrièmes années de Serdaigle et de Poufsouffle étaient encore en train de travailler, une idée en tête gardée dans un coin de ses pensées à l'abri du regard de Snape. "J'ai lu quelques petites choses cette après-midi et je suis allée faire un tour à Pré-au-Lard."
Il lui lança un regard noir, ne pouvant pas lui crier de déguerpir ou lui lancer un sort cuisant alors qu'elle l'interrompait pendant un cours. Elle l'ignora tout simplement. Elle s'avança entre les tables en faisant attention de ne percuter personne et continua de parler tout en faisant des commentaires sur les potions des élèves.
"Je vous le dis Monsieur, ne testez pas cette potion, elle risque de vous empoisonner en moins de quelques secondes. Enfin bref, j'ai trouvé quelques livres sur la méditation et d'autres sujets en rapport. J'aurais dû m'y intéresser plus tôt, c'était passionnant."
Après l'énervement, Severus avait tout simplement décidé de l'ignorer, l'écoutant d'une oreille distraite. Il s'était bien rendu compte qu'elle avait juste besoin de parler.
"J'ai lu quelques nouvelles techniques que je pourrais utiliser pour me détendre avant de réessayer de rentrer dans mes souvenirs. J'ai même trouvé des techniques pour s'endormir, je vous les transmettrai, cela devrait vous intéresser aussi."
Elle le vit hausser un sourcil et une expression de "je ne vous ai pas demandé votre aide ni votre avis" passa rapidement sur son visage.
"Oh, ne faites pas cette tête, vous avez l'air aussi épuisé qu'un hippogriffe qui se serait pris le Poudlard Express," rit-elle en reprenant son expression. Elle s'arrêta de marcher derrière une fille aux cheveux blonds. "Cette potion-ci mérite au moins un Effort Exceptionnel, si ce n'est plus. Regardez ce violet, il est parfait, ni trop rose, ni trop bleu."
Snape s'avança vers la fille et regarda au-dessus de son chaudron. Hermione était juste à côté de lui.
"Allez, dites-le Monsieur. Dites-lui que c'est bien "
Elle pouvait bien jacasser comme elle le voulait, mais elle dépassait un peu les bornes cette fois. Elle n'avait pas besoin de lui dire comment effectuer son travail.
"Miss ? Dit-il.
— Monsieur ? Répondit la jeune fille. J'ai fait quelque chose de mal ?"
Il regarda brièvement Hermione qui lui fit un signe de tête vers la jeune fille.
"Non, continuez."
Il acquiesça d'un simple signe de tête mais la fille eut le sourire jusqu'aux oreilles jusqu'à la fin du cours.
"Bon, ce n'est pas tout à fait ça, mais c'est un début. Vous savez, il suffit de dire la vérité, pas simplement de grogner un « Correct ». Je vous attends dans votre bureau." Dit Hermione en se faufilant.
Elle attrapa sa baguette et dégagea le bureau et la paillasse sur le côté, prit deux chaises qu'elle installa comme la veille et s'assit sur l'une d'entre elles. Bien, elle était prête.
Snape allait probablement arriver, en lui criant dessus une multitude d'insultes ou en la maudissant. Elle était une Miss-Je-sais-tout Gryffondor insupportable d'après lui et elle savait parfaitement comment l'énerver. Mais quand il entrerait plein de rage, elle ne devrait pas bouger d'un iota. Si elle voulait affronter ses peurs, il fallait déjà qu'elle soit capable de garder son calme. Et à vrai dire, c'est peut-être la manière la plus drôle de le faire. Elle en avait plus que marre de pleurer comme une madeleine toutes les semaines, ce n'est pas comme cela qu'elle allait la faire avancer. Bon, ce n'était pas non plus la bonne manière de casser la carapace de Snape, mais un problème à la fois.
Alors, les deux pieds parallèles, les genoux en angle droit, les épaules droites mais pas tendues, comme elle l'avait lu, elle avait commencé à respirer. Une première inspiration, puis une expiration. Petit à petit, elle sentit son esprit se calmer, ses sens se développèrent autour d'elle. Elle avait l'impression de pouvoir percevoir le bruit d'une souris marchant de l'autre côté du mur. Inspirer, expirer, retenir sa respiration quelques secondes puis recommencer. Elle entendit Snape mettre les élèves à la porte, bien, il allait bientôt arriver d'une humeur massacrante. Inspirer, expirer, retenir sa respiration quelques secondes et recom - boum ! La porte s'était ouverte dans un fracas bruyant.
"Non mais vous vous prenez pour qui petite idiote ! Par le slip de Merlin, je ne vous ai pas permis de déambuler dans mon cours en papotant comme si c'était l'heure du thé !"
Il se tenait devant elle alors qu'elle avait toujours les yeux fermés, concentrée sur sa respiration. Inspirer, expirer, retenir sa respiration quelques secondes, recommencer.
"Mais que faites-vous ? Demanda-t-il, comme stoppé dans son élan par le calme de la jeune femme.
— Je médite.
— Vous méditez ?"
Granger était devenue totalement folle. Il y a encore un quart d'heure, elle babillait comme une folle et quand il la retrouvait, elle méditait !
Elle ouvrit un œil puis l'autre et regarda Snape.
"J'essaye de garder mon esprit sous contrôle. Vous m'avez dit de respirer, alors je respire.
— Bien, alors nous allons voir si votre petit cinéma a été utile. Legilimens !"
Il ne l'avait même pas prévenue. Il s'était infiltré dans son esprit profitant du calme pour s'imposer comme une force. Tout y était si bien ordonné qu'il remonta rapidement le fil de ses pensées puis de ses souvenirs. Il se rendit compte qu'elle avait compris en partie comment ralentir son esprit, mais une chose lui manquait : une protection.
Il s'arrêta alors qu'il était devant le manoir Malfoy, n'allant pas plus loin. La tête de la jeune femme était déjà dans un état d'alerte suffisamment important pour que le début du souvenir soit difficile.
"Miss Granger ?" L'appela-t-il.
Elle apparut à côté de lui.
"Je ne gagnerais jamais ?
— À vous de voir."
Elle regarda l'immense bâtisse et frissonna.
"Sommes-nous obligés de faire ça ? Questionna-t-elle.
— Non, c'est à vous de voir. Ce ne sont pas mes peurs mais les vôtres.
— Bon, j'imagine qu'il faut que je rentre.
— Ce serait mieux pour nous deux. Je n'ai pas envie de passer des heures sur cette partie...
— Parce qu'il y en a encore d'autres ? Mais vous avez prévu de me faire revivre tous mes traumatismes jusqu'au dernier ? Vous êtes complètement malade ! Ce n'est pas possible, je vous promets qu'une fois sortie de la et réapparue je vous...
— Hermione ! La coupa-t-il, sa voix résonnant dans sa tête. Reconcentrez-vous.
— Je... oui."
Elle pouvait toujours sentir la présence de Snape dans son esprit mais cette fois-ci, elle avait réussi à l'accepter. Elle était préparée, elle avait gardé son calme, plus ou moins... mais toujours était-il qu'elle devait maintenant entrer dans le manoir.
"Je ne peux pas ! Dit-elle, énervée. J'en suis incapable. Je sais ce qu'i l'intérieur, je n'ai pas besoin d'y retourner.
— Vous avez une autre solution ?"
Elle souffla par le nez. Elle avait l'impression d'être à nouveau la jeune fille terrorisée en cavale. Peut-être l'était-elle toujours cette jeune fille ?
"Bien, à trois alors. Un, deux, trois."
Elle avança un pied sur la dalle de pierre froide devant la porte d'entrée qui s'ouvrit d'un coup sec, emportant Hermione dans un flou de souvenirs jusqu'à ce qu'elle atteigne une nouvelle porte. Snape se tenait toujours droit à côté d'elle.
"Je vais simplement vous demander d'entrer.
— Elle est derrière cette porte. Je ne peux pas. C'est vraiment au-dessus de mes forces.
— Elle ne sera pas là. Cette projection vient de mon esprit, les souvenirs associés des vôtres.
— Comment avez-vous fait ? Demanda-t-elle.
— Ce n'est pas le moment, je répondrais à vos questions plus tard. Pour l'instant, contentez-vous d'entrer.
— Vous promettez qu'Elle n'est pas derrière la porte ?
— Tant que vous gardez votre calme, Elle n'y sera pas." Répondit-il.
Inspirer, expirer, retenir sa respiration quelques secondes, puis recommencer.
Elle avança un bras, sa main toucha la poignée en métal froide, l'abaissa et poussa la grande porte en bois. Quand elle entra, le salon ne ressemblait à rien qu'elle n'avait pas déjà vu. La froideur de la pièce était toujours là mais l'ambiance glaçante n'y était plus. Tout était bien plus propre, les carreaux lustrés filtraient la lumière, les cadres en or n'étaient pas recouverts de tissu, la grande table centrale était dressée avec des couverts brillants tant ils avaient été nettoyés.
"Cela ne ressemble en rien à mon souvenir, dit-elle doucement.
— Avant d'être un endroit lugubre et dangereux, le manoir Malfoy était un endroit de réception. Le bon goût n'y était pas toujours mais les objets luxueux, oui.
— Drago a vraiment grandi avec une cuillère en argent dans la bouche, alors.
— Vous en doutiez ?
— Pas vraiment..."
Ils firent le tour de la grande pièce. Hermione examina le souvenir, il avait l'air si réel, si tangible qu'elle se demandait comment Snape était capable de faire cela.
"Vous y arriverez peut-être un jour.
— Vous redevenez gentil.
— Ne m'insultez pas."
Ils sortirent doucement de l'esprit d'Hermione et furent à nouveau dans le bureau de Snape.
