C'est le bruit des aiguilles a tricoter et des braises crépitantes dans la cheminée qui finirent de la réveiller.
Elle ne comprit pas immédiatement ce qui se passait et elle se sentait bien, emmitouflée et compressée sous le poids des épaisses couvertures. Elle se sentait également sale et poisseuse, ce qui ne lui plaisait pas du tout.
Elle tenta de se redresser et fronça les sourcils quand elle comprit ou elle se trouvait. Sa chambre d'enfançon.
- Comme c'est étonnant, souffla une voix rocailleuse à son chevet
Tournant la tête à s'en faire mal, elle cligna des yeux en reconnaissant Vieille Nan. La femme était comme dans ses souvenirs, petite et ratatinée et toujours aussi laide.
Ce n'était pas possible….ou bien, étais-ce l'une de ces vieilles histoires auxquelles il fallait rendre visite de temps à autres comme l'affirmait la vieille femme ? Est-ce que tout cela avait été un rêve ? Un effroyable rêve ? Ou était-elle en train de rêver, de se perdre dans ses souvenirs d'enfance.
Avant qu'elle ne perde tout et que la meute ne se sépare.
Clignant à nouveau des yeux, Sansa se redressa sur les oreillers et fixa la femme.
- Qu'est-ce qui est étonnant ? Fit elle d'une voix enrouée.
La vieille lui jeta un regard et ses mains se stoppèrent sur son ouvrage.
- Et bien, le sang du loup n'as jamais semblé aussi fort en toi, jeune fille, c'est bon signe.
Seulement, jamais Vieille Nan ne lui avait adressé de telles paroles, au contraire, la vieille femme avait l'habitude de lui dire le contraire, elle avait tout d'une Tully, le sang du loup n'avait jamais était perceptible en elle.
Sur le point de demander des détails, elle fut interrompue par le grincement de la porte. Celle-ci s'ouvrit sur Mestre Luwin, fatigué et sa robe grise sales.
Elle se figea en même temps que l'homme soupira de soulagement en la voyant.
- Lady Sansa, vous me voyez soulagé de vous voir rétablie, sourit le mestre en s'approchant, Permettez que je vous ausculte.
Docile et encore perturbée, elle laissa l'homme la manipuler avec douceur, s'étonnant de ne pas ressentir de dégoût à son contact. Elle n'acceptait plus les contacts physiques depuis longtemps mais peut-être était-ce du à la profonde affection qu'elle portait à l'homme qui changeait les choses ?
Mestre Luwin ne saurait jamais lui faire le moindre mal, il était un membre de la meute, en quelques sortes. Elle lui faisait confiance.
- Mestre Luwin, que s'est-il passé ?
- Vous ne vous souvenez pas ? Sûrement la fièvre, marmonna l'homme de sciences, Vous avez été frappée par l'épidémie et nous avons longtemps cru que vous ne vous réveilleriez pas. C'est un soulagement, répéta l'homme en la laissant se réinstaller.
- l'épidémie à-t-elle pu être enrayée ?S'inquiéta Sansa
Le mestre et la vieille nourrice se regardèrent un moment, ayant comme une discussion intérieure avant que le Mestre ne reprenne la parole :
- Oui, Lady Sansa, néanmoins, je pense que le seigneur votre père seras plus à même d'en parler avec vous.
Le seigneur, son père ? Mais son père était mort décapité à Port Réal, que racontait donc le Mestre ? Avait-il été touché par la maladie et avait perdu ses esprits ?
Tout à ses pensées, elle ne remarqua pas quand le Mestre sortit, aidant du mieux qu'il le pouvait, Vieille Nan à se retirer elle aussi. Elle ne le remarqua que lorsqu'elle entendit à nouveau la porte grincer à nouveau.
Il était là. Vêtu de sa lourde cape doublée de fourrure et fermée aux moyens d'une broche frappée d'un loup géant.
Elle fondit en larmes avant même qu'il n'atteigne le lit et que ses bras ne se referment sur elle, l'enveloppant d'une douce et aux combien rassurante chaleur qu'elle pensait avoir oublié.
Son père, Lord Eddard Stark, Gouverneur du Nord et Seigneur de Winterfell.
- Je …je suis désolée père, tellement désolée, je, fit-elle en larmes
- Chuuuuut tout vas bien Sansa, tout vas bien mon enfant, je suis là, ce n'est pas de ta faute si tu as attrapé la maladie.
Calmée, elle ne pouvait s'empêcher de l'observer sous toutes les coutures, tentant de retenir chaque détails de sa personne.
- Allons, es-tu calmée ? T'es frères et ta sœur ont grande hâte de te voir et nous pourrons célébrer tes 9 ans, comme prévu.
Attendez…ses 9 ans ? Quoi ?
