Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 139e nuit du FoF sur le thème "Congé".

Un énorme merci à Merlin et Oohfemmeluxieuse pour leurs review !


Comme bien souvent, ils sont les derniers réveillés de la caserne. Même Hanji les as quitté pour rejoindre son lit une heure plus tôt, en baillant et en leur conseillant de faire pareil – rester debout aussi tard tout le temps comme ça, ce n'était pas bon pour la santé. Mais Erwin tout comme Livai s'étaient contentés de hausser les épaules tout en lui souhaitant bonne nuit ; ils savaient très bien qu'ils n'étaient pas prêts d'aller se coucher. La réunion de la soirée avait certes été productive, il n'en restait néanmoins pas une tonne de paperasse à finir. Certes, l'administratif était plutôt de la compétence d'Erwin, mais Livai, dans un élan charitable – et pour éviter de se trouver seul – avait décidé de l'aider.

Au bout d'une heure et demi passée à lire divers documents et à jouer les grattes papiers, Erwin poussa un profond bâillement.

- Tu devrais aller dormir. T'as la gueule d'un déterré, fit remarquer Livai.

- Comme toujours, tes compliments me vont droit au cœur, ironisa Erwin. Mais non, je ne peux pas aller me coucher, je dois finir tout ça pour demain.

- Tss...

- Quoi ?

- Quoi « quoi » ? demanda le brun en posant sa plume.

- Quoi « tss » ?

- Rien. Simplement... tu passes peut-être trop de temps sur tous ces rapports. Tu prends jamais de congés ni rien.

Erwin le regarda, une incompréhension visible dans ses yeux bleus.

- Des congés ?

- Ouais, tu sais, les trucs que les gens normaux prennent une fois ou deux par-ci par là et où ils en profitent pour rien faire d'autre que se reposer et se détendre ? Le truc que tu ne fais jamais ?

- Je me détends, protesta le blond. Avant-hier, j'ai dormi 4 heures !

- Ça, c'est s'assurer le minimum vital de sommeil. Je te parle d'un truc où tu es réveillé mais où tu fais rien de productif. Bah ça, ça te manque.

- Parle pour toi, grommela un Erwin apparemment vexé de savoir qu'il lui manquait quelque chose.

- Moi, je sais me détendre. Je fais chauffer du bon thé et je ne fais rien d'autres que la savourer, ou parfois je prends un bain plus long que nécessaire. Toi, dès que tu fais une pause, c'est pour faire quelque chose de rentable ou utile. Tu devrais parfois penser à toi ; on n'a qu'une seule vie, et elle est plutôt courte en ce bas-monde. Tout ne devrait pas être consacré au travail.

Puis, comme si de rien n'était, le brun retourna à sa rédaction, laissa son blond perdu dans ses pensées, perplexe. Après quelques minutes, il se leva brusquement et quitta la pièce sans que Livai n'ait pu dire quoi que se soit pour le retenir.

Lorsqu'il revint une demi-heure après, il demanda à Livai de le suivre.

- Ecoute, si je t'ai vexé, je suis désolé. je...

- Tu ne m'as pas vexé. Maintenant viens.

Sans trop comprendre ce qu'il se passait, Livai suivit Erwin. Celui-ci lui fit traverser une série de couloirs obscurs, jusqu'à arriver devant l'escalier qui donnait accès au toit terrasse de la caserne. Erwin fit signe à Livai de le gravir et le brun s'exécuta, interdit.

Lorsqu'il arriva sur le toit, une vision étrange s'offrit à lui : le sol de ciment avait été recouvert d'une couverture où étaient disposés une bouteille de vin, une théière et deux verres à pied.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? Fronça des sourcils Livai.

- Un congé, répondit Erwin derrière lui. Une pause dans le travail où nous n'allons rien faire d'autre que boire tranquillement en regardant les étoiles. Ça te plaît ?

Pour toute réponse, Livai lui donna un coup de poing dans l'épaule.

- Mais ça va pas ! S'écria Erwin.

Il n'avait pas eu vraiment mal, Livai ayant mesuré sa force, mais comme même – c'était comme ça qu'on le remerciait ?

- Désolé, répondit le brun. J'avais besoin de vérifier que t'étais bien Erwin Smith et pas un titan qui t'aurait bouffé puis pris ton apparence. Avec ces nouveaux déviants qui débarquent, on sait jamais. Très bonne, ton idée. C'est du thé noir ?

- Oui... grommela Erwin en se massant l'épaule.

Décidément, il ne s'habituerait jamais à Livai. Mais comme il était sûrement légèrement suicidaire, il s'assit quand même à ses côtés pour partager avec lui un verre de minuit.

Ils passèrent ainsi le restant de la nuit assis l'un à côté de l'autre, à savourer respectivement le vin et le thé. Une fois les boissons terminées, n'ayant plus rien pour se réchauffer, Livai s'enroula en boule près de Erwin qui le prit dans ses bras. Ils regardèrent alors en silence la voûte céleste au-dessus d'eux jusqu'à ce que les dernières étoiles du matin disparaissent.